The Descent : la recette de la terreur par Neil Marshall

Mathieu Jaborska | 9 décembre 2020
Mathieu Jaborska | 9 décembre 2020

Nous avions consacré un dossier à Dog Soldiers, le délirant film de loup-garou de Neil Marshall. Impossible de ne pas continuer sur cette lancée pour évoquer un des longs-métrages d'épouvante les plus malins et efficaces des années 2000, The Descent, qui a fait de son auteur une star du genre avant de rester comme son meilleur essai.

Et si la deuxième partie de carrière du cinéaste est à réévaluer (retrouvez notre défense de Doomsday ici), il va sans dire que cette descente aux enfers est d'une puissance qu'on le voit mal atteindre à nouveau. Pourquoi ? Parce qu'elle dispose d'ingrédients de choix. Comment ? On vous livre la recette, juste ici, en trois étapes.

 

photo, Natalie MendozaNatalie Mendoza, increvable

 

Faire preuve d’humilité

Dog Soldiers était bien complètement fauché, et The Descent n’est pas beaucoup plus friqué, contrairement aux idées reçues et à l’impression qu’il renvoie. Avec 3,5 millions de livres de budget (contre 2,3 millions pour Dog Soldiers), impossible d’invoquer les sept portes de l’enfer, et c’est donc sous la contrainte que la petite production fut façonnée.

Mais n’est-ce pas la marque des grands films d’horreur, la particularité du genre, de savoir s’accommoder de rien et transcender ses maigres deniers ? De Halloween à Saw, ils sont nombreux à ne pas avoir juste pallié leur manque de moyens par une inventivité sans faille, mais carrément à avoir tiré leur génie de leur pauvreté. En clair, les meilleurs films d’épouvante ne se font souvent pas malgré la disette économique, mais grâce à la disette économique.

La capacité d’adaptation exigée par un budget serré (aux abonnés absents dans Hellboy, par exemple) pousse à la réussite, tel Baudelaire s’imposant une forme fixe. Et même si Marshall n’est clairement pas le Baudelaire du cinéma d’horreur, il a très bien compris ce principe. Dog Soldiers profitait de son humilité pour rendre hommage à tout un pan de la série B américaine. Plus réfléchi encore, The Descent met sa modestie au service de son concept, de ses effets spéciaux, de sa narration et surtout de son rythme, une des grandes spécialités du metteur en scène.

 

photo, Shauna MacdonaldShauna Macdonald, persévérante

 

Le film a tout du « high concept », un terme popularisé par Blumhouse, petits malins ayant institutionnalisé et industrialisé cette idée, souvent avec moins de talent. Mais il n’a pas fallu attendre la terrible machine marketing Paranormal Activity pour voir des productions qui misent tout sur un concept. C’est ainsi que sont nés bien des sous-genres, et c’est ainsi que Marshall a conçu son opus magna : curieusement peu exploitée au cinéma d’horreur (comme les abysses), mais pourtant terrifiante en puissance, car reposant sur les deux angoisses principales de l’Homme – l’inconnu et l’enfermement – (comme les abysses), la spéléologie est un terrain de jeu parfait pour artiste malin et particulièrement sadique.

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commentaires

Ozymandias
10/12/2020 à 00:03

J'avais adoré, faudrait que je le remate un jour !

Flash
09/12/2020 à 22:39

Kyle @ visionne Dog soldier et Doomsday, c''est de la bonne série B

Un idiot passant par là
09/12/2020 à 22:21

un commentaire désuet

Tuk
09/12/2020 à 22:00

Magnifique survival fantastique.... Un must !

Kyle Reese
09/12/2020 à 21:37

Chef-d’œuvre du survival horrifique.
Excellente analyse du film. La claustrophobie ressenti pendant le film en salle était terrible pour ma part. Et pourtant je ne suis pas sujet à ça normalement. (le dernier en date à m'avoir fait un effet proche fut le récent superbe CutterHead)
Tout semblait si vrai dans The Descent que je ne m'étais même pas posé la question d'un éventuel décor artificiel. Les créatures sont bien faites et réellement effrayante.
Immersion totale du début à la fin, et quelle fin bordel, quelle fin. Un incroyable cauchemar.
Pas vu les autres films du réal, je reste sur cette pépite que je n'ai d'ailleurs pas revue depuis.

Flash
09/12/2020 à 18:15

Voilà exactement ce q'un film d'horreur doit être : sombre, violent, désespéré.
Pas ce genre de film ou les effets de surprises sont grotesques entre deux blaguouses, ici on tremble pour les protagonistes et on devine que ça va très mal se passer.

Mx
09/12/2020 à 15:01

Non, c'est juste qu'il est en dessous du premier, c'est tout.

Raptor
09/12/2020 à 14:13

Un classique instantané. Revu il y a une semaine, il vieillit très bien. Le 2 est bien naze en revanche...

Hawaii
09/12/2020 à 13:48

Un chef d oeuvre de l horreur ce film. J'avais pas ressenti ça devant un film d horreur depuis longtemps a l époque

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