Spider-Man : Marvel en serait-il là sans ce film culte, bien avant Avengers ?

Elliot Amor | 5 décembre 2020 - MAJ : 05/12/2020 14:41
Elliot Amor | 5 décembre 2020 - MAJ : 05/12/2020 14:41

Aujourd'hui, on a envie de vous parler du Spider-Man de Sam Raimi, sorti en 2002, pour vous expliquer en quoi ce chef-d'œuvre est un modèle d'origin story pour le cinéma de super-héros, en particulier pour les films du Marvel Cinematic Universe.

 

photo, Tobey Maguire, Willem Dafoe« Ton pire ennemi, c'est moi, d'accord ? C'est pas Sony ! »

 

Une genèse compliquée

L'idée de voir Spider-Man au cinéma, ça remonte à très loin. Au milieu des années 80, la société Cannon Group achète les droits d’exploitation du tisseur et commence très vite à se pencher sur le projet. Vous connaissez probablement Cannon, ils ont produit de nombreux films de genre à petits budgets dans les années 1970, 1980. On leur doit par exemple la suite de Massacre à la tronçonneuse, les suites de Death Wish ou encore Superman IV

Le problème, c'est que la société est mangée par Pathé en 1988, pour finalement disparaître en 1994, quelle histoire. Mais, bien heureusement, les droits de Spidey ont été transférés en 1989 à la 21st Century Film Corporation, à l’origine d’un certain Captain America (on en parle ici). Marvel décide de décaler la production du film, mais entre temps, une entité très puissante se mêle de l’affaire : la Metro-Goldwyn-Mayer, qui rachète 21st Century. La MGM ne veut pas entendre parler de ce projet, elle vend une partie des droits de Spider-Man à Viacom et une autre partie à Columbia Pictures, qui appartenait déjà… à Sony.

Sachez d’ailleurs qu’entre temps, Marvel qui tenait vraiment à faire ce film avait travaillé avec la société Carolco pour le réaliser. Carolco, c’est Rambo 12 et 3, Angel HeartTotal Recall et surtout Terminator 2 : Le Jugement dernier. Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que James Cameron a longtemps travaillé sur un film Spider-Man, eh bien c’était à cette époque-là avec Carolco. Le studio ferme définitivement en 1996 après les accidents industriels de Showgirls et L'île aux pirates.

 

Photo JK Simmons« Rangez ce projet de film pour enfants au fond du tiroir sur votre droite »

 

Ce n’est qu’en 1999 que Columbia et Sony obtiennent les droits d’exploitation du personnage. On peut commencer à travailler et chercher un réalisateur, vu que James Cameron n’est plus intéressé. Et si on vous raconte tout ça, c'est pour vous dire que le petit contentieux de 2019 entre Marvel et Sony concernant Spider-Man n’est rien à côté de cette décennie d’incertitude à laquelle le projet a fait face. On pourrait d’ailleurs se dire que le destin a tout fait pour empêcher l’existence du héros au cinéma, mais ces années de conflit sont en fait une bénédiction, on y reviendra.

Ce qu’il faut également savoir, c’est que Marvel était au bord de la faillite dans les années 90. La direction propose pendant un temps à ses auteurs de faire un peu tout et n’importe quoi pour susciter de l’intérêt. C’est notamment comme ça que Kevin Smith, réalisateur de cinéma à qui on doit des comédies comme Clerks ou Dogma, a commencé à écrire des comics Marvel. Donc à partir de là, les gens qui ne lisent pas de comics commencent un peu à s’y intéresser.

On a ensuite, en 2000, l’arrivée de la ligne de comics Ultimate Marvel qui se déroule dans un univers parallèle à l’univers régulier et dont est issu Miles Morales, ce qui a donc permis à énormément de néophytes de tous les âges de se lancer dans la lecture de comics. Autre chose qui arrive en 2000, c’est la sortie de X-Men de Bryan Singer dont le succès retentissant donne le feu vert à Spider-Man

 

Ultimate Spider-Man tome 1Merci pour le coup de pouce, Miles. Repasse en 2018 !

 

Après que de nombreux réalisateurs aient été approchés par Columbia, dont Chris Columbus, David Fincher ou Roland Emmerich, le grand Stan Lee a suggéré au studio d’engager Sam Raimi. La raison ? Ils ont tout simplement déjà travaillé ensemble sur l’écriture de The Mighty Thor, film qui n'a jamais vu le jour, mais qui devait être réalisé par Sam Raimi, avouez que ça aurait été cool.

En 1990, Sam Raimi signait le formidable Darkman avec Liam Neeson (on lui consacre un dossier ici) qui valait au réalisateur une certaine légitimité pour être aux commandes de Spider-Man. Mais ce n’est pas la seule raison, Sam Raimi est quelqu’un qui a passé sa vie à lire des comics. Ce qui n’est par exemple pas le cas de Tim Burton ou Bryan Singer avant de réaliser Batman ou X-Men. Qu’on aime ces films ou pas, on ne va pas nier qu’ils s’éloignent plus ou moins de leurs produits d’origine.

 

Photo Sam RaimiSam Raimi et des gens sur le tournage d'un film

 

Spider-Maney

Spider-Man arrive le 3 mai 2002 dans les salles américaines et le 12 juin dans les salles françaises. S’il a rencontré un tel succès, plus de 820 millions de dollars au box-office pour un budget de 139 millions, il n'y a pas de secret : c’est principalement grâce à sa promo. La presse américaine parlait même de “Spider-Mania” avant la sortie du film.

Deux semaines après la sortie de Spider-ManStar Wars : Episode II - L'Attaque des clones arrive en salles, et réalise un score bien inférieur au box-office, environ 653 millions de dollars. Le public était donc, à l’époque, bien plus en phase avec l’Homme-araignée qu’avec la prélogie Star Wars. C’est peut-être toujours le cas...

 

photo, Tobey Maguire« On t'a donné trois semaines pour battre Star Wars et tu l'as étalé en deux »

 

Mais tout ceci n'explique pas pourquoi Sony a accordé un budget de 139 millions de dollars au film. En 2020, ça paraît normal à Hollywood de mettre une telle somme dans un film de super-héros. Spider-Man: Homecoming a par exemple coûté 175 millions. Mais au début des années 2000, c’est énorme, c’est même un record. Et pour vous faire une idée, X-Men a coûté 75 millions de dollars.

Il a donc fallu beaucoup de persévérance de la part de Sam Raimi le réalisateur et Laura Ziskin la productrice pour que Sony et Columbia acceptent de lâcher un peu plus d’argent à chaque nouvelle étape de production. Et bien sûr, des personnalités de Marvel Entertainment ont dû s’en mêler pour accélérer le processus, comme Avi Arad ou Stan Lee qui ont promis au studio que le film serait forcément un succès et que son héros avait un potentiel commercial gigantesque.

 

Spotlight« Votre batsignal raté fait super mal aux yeux, arrêtez. »

 

le héros qu'on mérite

Avec Spider-Man, c’était la première fois que les lecteurs de comics se sont dit « Ça y est, Hollywood a enfin compris ». Alors, même si quelques aspects narratifs diffèrent, Sam Raimi, le scénariste David Koepp et toute l’équipe artistique ne se sont pas contentés de s’inspirer des comics, ils s’en sont emparés.

Dans les comics, comme dans la trilogie de Sam Raimi, Spidey est un super-héros qui a beaucoup de problèmes personnels et surtout des problèmes financiers, chose qu’on avait à l’époque très rarement vue dans le cinéma de super-héros à gros budget. En plus de ça, le fait de montrer des épisodes de la vie de Peter Parker donne un côté teen movie, ce qui a donc pas mal plu au jeune public, mais aussi un côté comédie romantique. 

Et vous avez peut-être remarqué que, dans les comédies romantiques et dans les teen movies, l’argent est rarement un problème majeur dans le quotidien des protagonistes. D’ailleurs, l’acteur Tobey Maguire est quelqu’un qui a grandi dans une grande précarité, ce qui l’a beaucoup aidé à s’identifier au personnage.

 

photo, Tobey Maguire« Who am I? I'm Spider-Man. »

 

Aspect très important dans le film : la ville de New York. Elle est un personnage à part entière, on ressent également ça dans Spider-Man: Into the Spider-Verse dans les jeux d’Insomniac sur PS4 et PS5. Mais c’est d’autant plus impressionnant dans un film en prise de vue réelle qui a été tourné en Californie. Certes, l’équipe a tourné à New York pendant deux semaines, mais pour un tournage qui s’est étendu sur six mois, c'est peu.

Si la ville de New York est si importante dans le film de Sam Raimi, c’est parce qu’elle l’est tout autant dans les comics. Quand Sam Raimi lit un comics et qu’il voit Spider-Man se balancer entre les gratte-ciels d’une vignette à l’autre, il a l’impression que les vignettes suivent le personnage, le cinéaste voit ça comme un travelling. Et dans le MCU, en particulier dans Thor, le réalisateur Kenneth Branagh découpe ses plans comme s’ils étaient des pages de comics.

Dans Spider-Man, ces travellings qui plongent rapidement au-dessus des rues de New York et remontent aussi vite vers le ciel, tout en montrant une doublure numérique qui tient la route, n'auraient pas été impossibles avec les moyens de la fin des années 80, mais ça n’aurait pas forcément aussi bien vieilli. C’est pour cela qu'on vous disait que cette décennie de litige a plutôt été une bénédiction.

 

Movie GIF
Ce n'est pas Cannon qui aurait produit ça

 

Et ces prouesses visuelles, on les doit notamment à John Dykstra. Intéressez-vous à lui si vous ne le connaissez pas, c’est un excellent concepteur d’effets visuels, le cinéma hollywoodien lui doit beaucoup. Il a notamment œuvré pour le premier Star Wars et le premier Star Trek. Et ce qu’il adore faire, comme beaucoup d’artistes à Hollywood, c’est mêler effets numériques et méthodes old school, Mary Jane est parfois accrochée à un mannequin.

Le compositeur Danny Elfman est quelqu’un qui a révolutionné le cinéma de super-héros à sa façon, en composant les bandes originales des Batman de Tim Burton, mais aussi en composant les musiques des deux premiers Spider-Man. Et il s’est récemment occupé de Justice League. Peter Parker et Spider-Man ont chacun leurs propres thèmes. Celui du Bouffon vert se manifeste durant des scènes très différentes. Et toujours de façon intelligente. Mais  ce qui a rendu cette BO culte, c’est son aspect vertigineux qui se marie très bien aux scènes où Spider-Man se balance dans la ville. Le film devient contemplatif.

 

Spidey movieLe gardien de New York

 

Un modèle d'origin story

Quand on y réfléchit, Spider-Man est la première vraie origin story super-héroïque montrée dans un blockbuster. Certes, dans le Superman de Richard Donner, Clark Kent devient Superman après trois quarts d’heure de film. Mais Superman évolue très différemment, car il a toujours su utiliser ses pouvoirs, il n’a pas eu de période d’apprentissage. En tout cas, elle n’est pas montrée dans le film de 1978.

Alors qu’un des intérêts du Spider-Man de 2002, c’est que pendant une cinquantaine de minutes, donc presque la moitié du film, on suit un adolescent précaire qui a une vie sociale très difficile. Peter se réveille un matin, son corps a changé, il apprend à utiliser ses nouveaux pouvoirs et il fait des choix qui vont le hanter toute sa vie. C’est durant cette phase cruciale qu’on s’attache beaucoup au personnage. 

On comprend très tôt dans le film que Peter est amoureux d’une fille, Mary Jane Watson. La tentative de construction d’une relation amoureuse fait partie du schéma d’origin story établi par le film. À part Thor: Ragnarok et Captain Marvel, il n'y a pas un film du MCU dans lequel le personnage principal n’a pas un semblant de relation amoureuse.

 

Spider-Man kiss, Tobey Maguire, Kirsten DunstL'amour, le vrai.

 

Parmi la plupart des héros qu’on voit au cinéma, ce qui permet à Spider-Man de sortir du lot, c’est sa motivation et la raison pour laquelle il est devenu un héros. « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » est la phrase sur laquelle va se fonder toute sa carrière. Après la mort de son oncle Ben, Peter Parker ressent le besoin d’être un héros. C’est une philosophie qu’on retrouve parfois dans le MCU, notamment dans Captain America : First Avenger. Et bien sûr qu'il soit profondément bon, mais Steve Rogers (Chris Evans) est très accompagné tout au long de son parcours initiatique. Spider-Man n’a pas cette chance, il est seul.

Spider-Man est seul, mais pas Peter Parker qui est entouré de personnes qu’il aime, tante May, Mary Jane (et Harry). Mais il apprend très vite que quand Spider-Man n’est plus seul, c'est-à-dire quand quelqu’un connaît sa double identité, son entourage est mis en danger. L’identité secrète devient donc quelque chose de très important dans sa carrière.

Et le film de Sam Raimi, ce n’est pas une, mais deux origin stories : celle de Spider-Man et celle du Bouffon vert. Bien sûr, on a beaucoup plus de scènes avec l’araignée qu’avec son némésis, son nom est le titre du film. Mais avez-vous remarqué que le super-héros et le super-vilain « naissent » la même nuit ? Là, Sam Raimi crée une complémentarité, une dualité entre les deux personnages qu’on retrouve souvent avec Batman et le Joker chez DC Comics.

 

I surrender« Elle m'a assuré qu'elle avait 18 ans ! »

 

Très souvent dans le cinéma de super-héros, et surtout dans les origin stories, le protagoniste est confronté à un ennemi qui a des particularités similaires aux siennes. C'est-à-dire une version malfaisante de lui-même. Iron Man combat des gens en armure, Thor affronte d’autres dieux, etc. Mais Spider-Man et le Bouffon vert, bien qu’étant les deux faces d’une même pièce, se différencient dans leurs méthodes : le méchant utilise plein de gadgets alors que le héros n’en utilise absolument aucun.

Rappelons que dans les comics, Spider-Man utilise au moins deux gadgets : les lance-toiles qu’il a à ses poignets. Sam Raimi fait bien le choix de ne pas intégrer ça dans son film pour cette raison et aussi, car les pouvoirs de Spider-Man sont une métaphore de la puberté. On vous laisse deviner ce que représente sa toile. Cette lecture continue dans les suites.

 

photo, Tobey MaguireLe symbiote de Spider-Man 3 est donc une métaphore de...

 

Le film respecte aussi une règle du côté du casting qui existe depuis Superman . Le super-héros en tête d’affiche est un acteur qui lance ou relance sa carrière au cinéma et le super-vilain est un acteur très connu. Mais si le super-vilain n’est pas incarné par quelqu’un de très connu, comme dans Ant-Man, eh bien la star un rôle de mentor. Cette règle s’applique à quasiment tous les films de super-héros. Par exemple, dans Iron ManRobert Downey Jr. sort de quelques cures de désintox et d’une traversée du désert, alors qu’en face il y a Jeff Bridges, suivi  de Mickey Rourke dans Iron Man 2 et de Ben Kingsley dans le troisième.

Autre exemple : le Spider-Man du MCU, incarné par Tom Holland, doit faire face à Michael Keaton dans Homecoming, tout en ayant comme mentor Robert Downey Jr. (devenu une star entre-temps). Et puis dans Far from Home, c’est Jake Gyllenhaal. Hollywood ne serait certainement pas encore autant attaché à cette « règle » si elle n’avait pas été appliquée dans Spider-Man.

 

photoUne super star

 

Dans la toile du MCU 

Parmi les vingt-trois films du MCU, il n'y a que cinq origin stories : Iron Man et Captain America, les deux leaders des Avengers, Doctor Strange et Captain Marvel, deux personnages surpuissants dont les univers peuvent raconter beaucoup de choses. Et Ant-Man, dont les origines sont très importantes, car les particules Pym, qui lui permettent de changer de taille, sont aussi la solution pour sauver le monde dans Avengers: Endgame.

On voit très clairement que Marvel choisit bien quels films doivent être des origin stories ou non. Il faut admettre qu’une origin story est un risque. Il peut se passer une demi-heure avant de voir le super-héros ou ses pouvoirs. Par exemple, dans Iron Man, la véritable armure (celle de l’affiche) arrive au bout d’une heure et quart.

Mais avant de nous montrer cette véritable armure, Tony Stark en fabrique une première avec les moyens du bords qui est assez loin du visuel final. Tout comme dans Spider-Man dont le héros se rend à son premier match de catch en pyjama. Ce genre de costume intermédiaire est aussi dans Captain AmericaCaptain Marvel, la série Daredevil, mais également dans Doctor Strange, même si ça se remarque moins. L’exception parmi les origin stories du MCU est Ant-Man, car ce dernier hérite d’une tenue.

 

photoDe plus en plus fidèles, ces cosplays de la Japan Expo.

 

Et maintenant, on aborde un élément très important hérité de Spider-Man qui concerne, au moins une fois, quasiment tous les héros du Marvel Cinematic Universe : la figure du mentor, du modèle à suivre, qui dérive parfois vers une figure paternelle ou maternelle et qui est souvent… Un traître. Il y a deux cas dans le premier Spider-Man, c’est à la fois son oncle Ben, un des personnages les plus importants dans la vie de Peter, le deuxième, c’est Norman Osborn, qui plus tard s’avère être le méchant.

Nous avons donc le mentor, le père ou la mère de substitution et le traître. Vous remarquerez qu’on a droit à au moins un de ces trois profils dans pratiquement tous les films du MCU. Et ils sont en général incarnés par des stars. Les seuls films où on n'a pas ce personnage sont Iron Man 3Captain America : Civil War et L'Incroyable Hulk.

 

photo, Cliff RobertsonOncle Ben

 

Et quand un personnage trahit le ou la protagoniste, il a tendance à en payer le prix fort. Hollywood perpétue cette manie de tuer les méchants. Rappelons que dans les comics, à la fin d’un arc, le méchant ne meurt pas. Ou s’il meurt, il y a de grandes chances pour qu’il revienne tôt ou tard. Mais les films sont meurtriers, surtout quand il s’agit d’origin stories. Même dans Batman Begins, dont le héros stipule très bien qu'il ne tue pas, le méchant meurt.

La seule origin story du MCU qui épargne des méchants est Captain Marvel, mais les survivants ne feront pas long feu dans Captain Marvel 2. Ils n'avaient qu’à assumer leurs rôles de mentors et de parents spirituels, car l’idée de « tuer le père » hante le cinéma de super-héros.

Mais dans la trilogie de Sam Raimi, Spider-Man ne tue pas directement les méchants. Que ce soit le Bouffon vert qui prend un gros risque avec son planeur, le Docteur Octopus qui se sacrifie ou Eddie Brock qui se jette dans une explosion parce qu'il est très intelligent, ils meurent d’eux-mêmes, souvent parce que leurs armes se retournent contre eux. Le Marvel Cinematic Universe reprend ça à de très nombreuses reprises, y compris avec Thanos à la fin d'Avengers: Endgame.

 

photo, Jude LawOn va encore voir Jude Law mourir

 

Nous abordons un dernier point avec lequel le MCU se détache complètement du Spider-Man de Sam Raimi : le maintien de l’identité secrète. On affirmait plus tôt que Spidey prend ça très à cœur dans sa trilogie, simplement parce que c’est fidèle aux comics. Mais le MCU semble très fier de n’en avoir strictement rien à faire. La toute dernière réplique du premier Iron Man, « Je suis Iron Man » était une surprise pour le public, c’était drôle, osé et ça faisait référence à la dernière réplique de Spider-Man ! Mais après, c’est parti en sucette.

Dans Captain America : Le Soldat de l'hiver, il y a une salle de musée qui nous explique que Captain America se nomme Steve Rogers, très bien. Dans L'Incroyable Hulk, Bruce Banner est en fuite justement parce que son anonymat est compromis. Même problème pour les personnages d’Ant-Man et la Guêpe. Concernant Doctor Strange, c’est limite si son nom et ses horaires de consultation sont rédigés sur une plaque à l’entrée du sanctuaire de New York.

 

photoSans commentaire

 

Et le plus flagrant dans le MCU, c’est justement Spider-Man. Dans Homecoming, le Vautour (Michael Keaton) devine sa véritable identité et ne meurt même pas. Il se fait griller par son meilleur pote et surtout par tante May dans le dernier plan du film. Tante May est la personne à qui il faut cacher cette information, mais le MCU trouve ça rigolo. Et ce n'est pas fini ! Vous vous souvenez de la fin de Spider-Man: Far from Home quand Mysterio révèle le secret au monde entier ?

Voilà, hormis pour ce dernier point, vous l’avez compris, les Avengers d’aujourd’hui doivent beaucoup à Sam Raimi. Et il est amusant d'observer que presque vingt ans après Spider-Man, à une époque où le MCU termine un cycle et va essayer de se renouveler, notamment avec le concept de multivers, Marvel et Disney font appel à Sam Raimi pour être aux commandes de Doctor Strange in the Multiverse of Madness. On a hâte.

Tout savoir sur Spider-Man

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Vous aimerez aussi

commentaires

Kastorspider
07/12/2020 à 22:52

C’est frais c’est fidèle au comics pas de fan service ou de politically correct des acteurs supers et une vraie trilogie avant qu’un reboot soit fait ! Bravo c’est une vraie merveille

Antoine
07/12/2020 à 18:53

Excellent dossier.

Je rajouterais qu en ce qui concerne hulk et le traitement du père traître cela a déjà été abodre dans le film de Ang Lee avec Nick Nolte. Donc Hulk étant un vraie/fausse suite l exception confirme la règle :)

Marvelleux
06/12/2020 à 23:23

Très bon article. J'ai cité x-men mais spider-man joue à jeux égal. Ma madeleine de Proust.

Shadow the Hedgehog
06/12/2020 à 17:08

@Dario 2 Palma

Ça marche

Dario 2 Palma
06/12/2020 à 16:49

@Shadow the Hedgehog

"Je ne sais pas quelle drogue tu prends... "

La potion magique de prenait Sam Raimi à ses débuts, quand il faisait encore de bons petits films délirants et inspirés!

Messageàlaredaction
06/12/2020 à 14:28

Bonjour, superbe article !

Vous ne trouvez pas également par contre que la violence dans ce film est un des points qui rend cette œuvre encore plus magistrale et donne de la profondeur ? En comparaison quasiment aucun film du MCU (aucun en fait) ne va aussi loin à ce niveau.

Par exemple jamais plus je n'ai revu dans le MCU une scène comme l'affrontement final dans le terrain vague avec le bouffon vert qui tabasse Spiderman, et Normal qui se tue lui même par inadvertance avec son planneur (on voit du sang)

Voila je veux pas faire le psychopathe mais je trouve que ce genre de scène, pas trop violente mais assez pour que ça soi prenant, manque cruellement dans l'ensemble des films du MCU et pour moi ça fait que aucun de ces films n'arrivent à la cheville de cette trilogie.

Shadow the Hedgehog
06/12/2020 à 10:40

@Dario 2 Palma

Je ne sais pas quelle drogue tu prends... Mais j'en veux !

Dario 2 Palma
06/12/2020 à 10:14

Le premier "Spider-Man" démarre sympathiquement, sa première partie fait illusion, mais dès qu'apparaît le Bouffon Vert le film s'effondre avec ce méchant qui fait basculer le film dans la série Z hilarante avec ces combats patauds et ce costume en plastoc embarrassants. Comme disait Christophe Lemaire à l'époque le film est plombé par sa romance "hamburger bio" et ces combats et ce méchant dignes de San Ku Kaï!
Le triste début du déclin artistique de Sam Raimi devenu homme d'affaires et honnête faiseur hollywoodien servile pondant suites de blockbusters, remake, et produisant des films d'épouvante dispensables. On peut regretter le bricolage inventif des "Evil dead" et "Mort sur le gril", à l'époque où Raimi était un peu moins sage.

Nico1
06/12/2020 à 09:08

@Pacino
Effectivement Campbell et son monomythe a été une grande source d inspiration pour Hollywood. Lucas a lu tous ses ouvrages , dont le célèbre "le héros aux milles visages " pour écrire Star Wars. Il avait même invité Campbell a visionner ses films dans son ranch ! Cette théorie a été utilisée jusqu'à plus soif dont le point d orgue est Matrix. On voit bien que Spider man obéit à ce même schéma du monomythe, mais comme Sam raimi est un artiste brillant , il a réussi à rendre une histoire somme toute classique en un film fascinant et passionnant.

zetagundam
05/12/2020 à 19:04

C'est marrant car j'ai toujours pensé que c'était les 4 fantastiques de Tim Story qui avait servit de moule au MCU (même humour discutable, même type d'enjeux (c.à.d. aucuns), même ambitions cinématographique (pas grand chose pour la plupart des films du MCU; etc...)

Plus

votre commentaire