Batman v Superman : film ultime de super-héros, ou ratage atomique ?

La Rédaction | 28 novembre 2020 - MAJ : 30/11/2020 14:36
La Rédaction | 28 novembre 2020 - MAJ : 30/11/2020 14:36

Avant Justice League et le Snyder Cut, Batman v Superman : L’Aube de la justice de Zack Snyder a passionnément divisé le public. Retour sur ce combat de titans.

Wonder Woman 1984 en coup de poker pour une sortie exceptionnelle en décembre, The Suicide Squad en août 2021, The Batman, The Flash et Aquaman 2 en 2022, sans oublier Zack Snyder's Justice League sur HBO Max... la guerre sera sur tous les fronts (univers étendu ou pas, cinéma ou SVoD).

Mais tandis que la machine de guerre DC avance, il y a un film qui continue d'alimenter des débats des années après : Batman v Superman. Ridicule, grotesque et boursouflé pour les uns, épique, passionnant et complexe pour les autres, le film de Zack Snyder est un sujet sans fin. Comme le public (et la critique), l'équipe d'Ecran Large n'est pas d'accord sur le sujet.

Après notre critique enthousiaste de la version cinéma, et encore plus heureuse de la version longue, retour sur ce gros morceau super-héroïque de 3 heures en ultimate cut.

 

photo, Henry CavillSur le banc des accusés

 

OUI : LE DÉBUT 

Dans les comics, en dessin animé, en jeu vidéo, au cinéma... on ne compte plus les relectures du trauma originel de Bruce Wayne, qui vit ses parents assassinés sous ses yeux dans une ruelle lugubre. Autant dire qu’on pensait en avoir soupé. Mais c’était sans compter sur le goût de Zack Snyder pour les ouvertures léchées, son amour des cadres sophistiqués et d’une symbolique un peu lourdaude. 

Une recette qui lui permet de revisiter ces images pourtant connues et d’y apposer sa marque, son style, quand sous nos yeux, le jeune Bruce endeuillé, nimbé de chauves-souris, s’élève soudain du sol, pour mieux nous annoncer les ténèbres à venir et l’appétit avec lequel Batman s’y plongera. Cette introduction quasi-mystique est prolongée par une seconde, beaucoup plus rugueuse et matérielle, qui sert de contrechamp au climax de Man of Steel. 

Wayne tente d’y sauver ses collaborateurs dans un Metropolis devenu champ de bataille stellaire, alors que deux Kryptoniens la pulvérisent pour régler leurs différends. Allégorie du 11 septembre, nouveau trauma pour Bruce, et la naissance d’une froide résolution : neutraliser Superman. Cette deuxième couche offre au film une entrée en matière immersive, à la gravité stupéfiante. 

 

photoLa chute du pur

 

TRÈS BIEN : combat mythologique et politique

Zack Snyder a beau entrechoquer ses représentations mythologiques avec la finesse d’un enfant en crise d’hyperglycémie, l’entreprise réussit, grâce à la cohérence des figures qu’il convoque. Tous ses personnages reviennent à la matière première de ce qui fait la spécificité de DC Comics : traiter les super-héros comme des déités précipitées parmi les hommes. Ce souhait de puissance, cette volonté de se dépasser, situe tous ces fous-furieux dans un commentaire nietzschéen beaucoup plus nuancé que d’habitude chez le réalisateur. 

Car la confrontation des valeurs entre Superman et Batman le contraint à envisager le Dark Knight pour ce qu’il est devenu : une allégorie de l’impérialisme américain, qui considère toute remise en cause de ses acquis ou de ses intérêts matériel (tant l’exergue est mis sur les dégâts causés à l’entreprise Wayne) comme une menace inacceptable. Batman est la guerre préventive, quand Superman renvoie à une autre tare : l’accusation d’impureté idéologique. Peu importe que Batou combatte pour le bien et obtienne des résultats, ses méthodes ne sont acceptées par le Kryptonien qui veut obtenir sa soumission. Un choc des philosophies et des civilisations qui passionne Snyder. 

 

photo, Henry CavillDeux symboles s'affrontent

 

BOF : un duel artificiel

Superman a peut-être sauvé le monde entier, mais il a cassé plein d'immeubles et causé beaucoup de victimes, donc Batman a un problème avec lui. Batman, lui, essaie peut-être de sauver Gotham en l'expurgeant de ses gangsters et trafiquants d'humains, mais comme il n'hésite pas à être violent et faire régner la peur, Superman a un problème avec lui.

Si les enjeux de BvS peuvent être à ce point simplifiés, pour devenir ridicules et grossiers, c'est parce que le film ne les creuse pas - ou pas assez. Ils sont établis comme des faits, des évidences, que le spectateur doit accepter. Batman v Superman, c'est le titre, c'est l'enjeu, c'est comme ça. Il faudra plus ou moins se contenter de l'intro du film et quelques répliques pour comprendre la colère de Bruce Wayne, et même si c'est plus étalé côté Superman, ça reste léger. En quelques scènes, Clark découvre Gotham, découvre Wayne, découvre Batman, et décide que c'est un ennemi à stopper, ou abattre si nécessaire.

C'est d'autant plus frappant que BvS est un film qui privilégie la parole à l'action, et passe énormément de temps à écouter ses personnages. Il y avait donc toute la place pour expliciter ces colères, ces peurs, et montrer les déchirements moraux des personnages. Un peu de temps consacré à l'évolution et les étapes du "v" entre Batman et Superman aurait certainement donné plus de chair à leur affrontement.

 

photo, Ben Affleck, Henry CavillJ'aimerais que tu me beurres la biscotte, Bruce

 

NON : l'évolution trop rapide de Superman

Si Batman est la nuit (il est d'ailleurs filmé au début comme un monstre de film d'horreur), Superman est le jour, et le porteur d'espoir. Clark Kent l'incarne aussi, notamment lorsqu'il découvre la réalité de Gotham City, loin d'être aussi propre que Metropolis. Et la détermination de cette figure du Bien sera mise à rude épreuve face à Batman : il voit un grand danger dans ce justicier qui n'hésite pas à frapper, torturer et punir pour nettoyer les rues. Pour le monsieur propre de Krypton, l'homme chauve-souris est forcément un ennemi.

Mais comment écrire ce Superman qui va aller jusqu'à affronter un simple humain, alors qu'il avait hurlé de douleur en devant tuer Zod (certes son copain de planète, mais clairement devenu un monstre) ? C'est l'une des nombreuses facettes compliquées du scénario de BvS. Superman accepte de redescendre sur Terre et se présenter au sénat, pour rendre des comptes aux citoyens. Arrêter Batman, qui se place lui aussi au-dessus des lois, va dans ce sens. Mais Superman décide très (trop) vite de s'opposer violemment à Batman.

La colère et la frustration de Superman ont du sens dans sa trajectoire, mais elles sont un peu trop survolées dans l'intrigue. D'autant que contrairement à Batman, lui a déjà eu droit à sa présentation dans Man of Steel, ce qui a certainement pesé dans la balance pour BvS.

 

photo, Henry CavillStarlight, I will be chasing a starlight...

 

OUI : le choix de Ben Affleck

Choisir Ben Affleck n’a absolument rien d’anodin. Comédien reconnu, son expérience du côté des super-héros (avec Daredevil) a été un cuisant échec, et malgré l’électricité autour d’Argo, il est de notoriété publique que l’artiste lutte depuis plusieurs années avec de lourds problèmes d’addiction, qui ne l’ont pas aidé à gérer au mieux sa carrière. 

Un passif que Ben Affleck porte avec lui, et qu’il offre à Bruce Wayne. Malgré son indéniable puissance physique, on sent l’homme fatigué, prêt à basculer dans la méchanceté et le cynisme. Sa gloire passée n’est plus perceptible que par instants. C’est donc une véritable pulsion de mort qui habite le protagoniste, et en fait une incarnation unique du personnage, que l’ombre menace sans cesse d’engloutir.

 

photo, Ben AffleckAttention à la Bat-bonne-humeur

 

BOF : l'écriture de Batman

Dans BvS, Batman passe son temps à vouloir tuer Superman, en rageant de ne pas y arriver, et en culpabilisant de n'avoir pu sauver tant d'innocents écrasés dans Man of Steel. Dans Justice League, il passera son temps à regretter la mort de Superman, en rageant et en culpabilisant de n'avoir pu le sauver. La mécanique est répétitive, et enferme Bruce Wayne dans un nuage de tristesse un peu artificiel, comme s'il portait une pancarte "Droopy en thérapie" autour du cou.

Un sentiment exacerbé par la construction du personnage dans Batman v Superman, qui traverse un musée de traumas du début à la fin. Non seulement la mort de ses parents est remise en scène dès le début, mais le film alourdit le tableau par la suite. Un costume de feu Robin, une référence à Gotham qui abîme les meilleurs d'entre nous, et le milliardaire semble porter toute la misère du monde sur ses épaules carrées.

Sauf que le film passe finalement peu de temps à explorer, justifier et mettre en scène ces douleurs, préférant les poser comme des faits dans le décor. Si Batman en est là, c'est parce qu'il a coché toutes ces cases de a tragédie. Le scénario de David S. Goyer et Chris Terrio oscille ainsi entre les gros sabots (la mort des parents, à grands coups de ralentis et effets-chocs) et la simple évocation, avec une expression grave sur le visage de Ben Affleck pour insister. D'où la sensation d'un drame artificiel et forcé, voire crispé, qui condamne le personnage à avancer sur la même ligne droite de colère-désespoir, forcément monotone sur trois heures.

 

Photo Ben AffleckAlerte trauma

 

OUI : Lex Luthor

Bien des spectateurs ont été décontenancés par cette vision de l’ennemi juré de Superman. Pourtant, elle est à bien des égards fidèle à la nature profonde du personnage. Grand capitaliste ivre de pouvoir, humain désireux de s’élever jusqu’à l’Olympe, symbole de réussite sociale et grand complotiste devant l’éternel. 

Mais plutôt que de dupliquer simplement son apparence issue des comics, ou de singer les performances de Gene Hackman et Kevin Spacey, Snyder s’amuse à décliner ses principes à son époque. Lutor n’est donc plus uniquement un industriel, mais un petit génie de l’entrepreneuriat numérique et de l’innovation, une sorte de dark Zuckerberg qui flirte allègrement avec la caricature. Il est sauvé par le premier degré du réalisateur, qui ne veut jamais le tourner en ridicule, mais plutôt dévoiler sa dimension pathétique. 

Une relecture réussie également grâce à Jesse Eisenberg, qui met une invraisemblable foi dans son interprétation. Toujours sur le fil du surjeu et du cabotinage, il parvient à faire de son Lex une victime de son propre égo, un mégalomane sur le point d’implose et capable de distiller un authentique malaise, comme lors du discours exalté qu’il tente de donner lors d’un gala de charité. 

 

photo, Jesse Eisenberg"Sympa cette green lantern"

 

Oui : la musique

N'en déplaise aux oreilles fatiguées par les mélodies de Hans Zimmer (qui a inévitablement fini par se répéter vu son omniprésence), la bande originale de Man of Steel qu'il avait en partie composée avec Junkie XL était déjà une petite merveille, avec des morceaux fantastiques comme Arcade. Pour BvS, le duo s'est retrouvé, et c'est idéal : deux titans s'affrontent à l'écran, et la symphonie de ce duel est orchestrée par deux artistes très différents. Si Hans Zimmer représente l'archétype du compositeur hollywoodien émérite, à la trajectoire parfaite, Junkie XL est la nouvelle garde, venu de l'électro et la new wave.

Cette association a donné lieu à une musique extrêmement riche, qui contribue à la complexité de BvS. Grandiloquente, sensationnelle, mélancolique, explosive, la bande originale de Batman v Superman est à l'image d'un film qui déborde d'envie, et va dans plusieurs directions.

Difficile de ne pas s'attarder sur le thème inattendu de Wonder Woman, qui tranche avec le reste par sa légèreté, et les sonorités du violon électronique de Tina Guo. Mais il y a aussi le thème de Lex Luthor, avec The Red Capes Are Coming, qui traduit brillamment la folie un peu baroque du personnage, ou encore New Rules, un morceau plus sobre, mais très beau.

 

  

OUI : le sens du "Martha"

Pour beaucoup, la carte Martha a eu des airs de joker malvenu, de deus ex machina sorti du chapeau. C’est pourtant la clef (et quelle clef) de la superstructure imaginée par Snyder. Colosses aux pieds d’argile, dieux adolescents, Batman et Superman se sont laissés emporter par une spirale égotique et violente, quitte à être manipulés par celui qu’il prenne pour un vermisseau. 

Et quand tous deux s’affrontent, prêts à en découdre et causer la mort de leur adversaire, la seule chose qui peut les ramener sur terre, l’unique disjoncteur à cette machine folle, tient en 5 lettres. Si “Martha” calme si promptement leurs ardeurs, c’est parce que le patronyme dévoile leur vraie nature : deux orphelins traumatisés qui ont utilisé leur volonté de puissance à la manière d’une béquille, ici rompue par l’évocation de leur mère. 

En outre, il est plutôt malin de la part de Sndyer d’avoir ainsi recours aux figures maternelles, quand les mythologies respectives des personnages ont souvent mis l’emphase sur les legs paternels. Une manière de surprendre, mais aussi d’ancrer ces héros dans une humanité plus identifiable et concrète. 

 

photoUne perle cette Martha

 

MOYEN : lE SURJEU SUR "Martha"

Comme souvent dans BvS, il y a un gouffre entre l'intention et l'exécution. L'humanisation express de Bruce et Clark a beau avoir du sens dans le scénario, elle est écrite et mise en scène avec la finesse des chaussures compensées de Batman. Les dialogues lourdingues ("Find him ! Save Martha !"), les flashbacks lourdingues (la tombe, la mort, le collier, la douleur), l'interprétation lourdingue ("What did you say that name ?!"), et bien sûr l'arrivée de Lois pour sous-titrer la scène, le tout emballé dans une petite musique larmoyante... il y a quelque chose de lourd et grotesque, dans cette scène.

Après 18 mois de haine cocotte-minute contre Superman, il aura suffi d'un instant à Bruce Wayne pour baisser les armes, et ouvrir les yeux. Derrière le demi-dieu, il y a un homme. Qui a une maman. Et un petit coeur, comme lui. Cet ennemi n'était qu'un frère, et cette bataille, une bêtise.

Encore une fois, l'idée n'a rien de problématique dans le principe. Mais ce moment a beaucoup marqué, car c'est un possible point de rupture ultime : pour ceux qui étaient gênés par l'écriture, le ton et les enjeux, c'est la goutte d'eau. Celle qui amène à se demander pourquoi Superman n'a pas essayé de mentionner Lex à un moment ou un autre, pourquoi ce combat s'éternise alors que les yeux lasers auraient très bien pu cramer la chauve-souris très vite, ou pourquoi le film s'appelle Batman v Superman si leur affrontement n'est même pas l'apothéose, et est réglé en 30 secondes avec la mention de maman.

 

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BOF : le climax laid de Doomsday

On a beaucoup critiqué l’affrontement final opposant Batman, Superman, Wonder Woman et Doomsday, comme étant un exemple de ce que les blockbusters contemporains ont de pire à offrir en matière d’orgie numérique. Et si indiscutablement, cette longue scène d’action tranche avec l’illusion de réalité tangible qui a traversé tout le récit jusqu’alors, elle est loin d’être intégralement à jeter. 

Tout d’abord, si déluge d’effets numériques il y a, ils sont globalement d’excellentes factures, à mille lieues des scènes d’action rarement finalisées du Marvel Cinematic Universe. Dès la naissance de Doomsday, les jeux de perspective, le travail sur les masses et le rendu organique de la créature impressionne. Une fois le monstre à l’air libre, Snyder peut se plaire à mélanger les francs hommages à Dragon ball Z et l’imagerie de catho-apocalypse qu’il affectionne. Visuellement, le résultat est souvent splendide, et intensément spectaculaire. Reste la question de la direction artistique, à savoir l'apparence de Doomsday, sorte de petit-déjeuner digéré à la va-vite, qui jure avec ce qui a précédé.

Malheureusement, ce pauvre Doomsday n’est pas un personnage, même pas un symbole, et à peine un levier scénaristique utilisé pour conclure le récit. Par conséquent, il ne peut provoquer de conflits ou d’enjeux émotionnels dignes de ce nom. Un constat d’autant plus frappant que le film en vient à maltraiter une nouvelle fois le personnage de Lois, condamnée à aller récupérer la fameuse lance à Kryptonite, lors d’une séquence artificielle qui fait une fois de plus du personnage une demoiselle en détresse ajoutée vainement à l’ensemble. 

Le constat est d’autant plus rageant que l’enchaînement d’images fortes, la maîtrise technique de l’ensemble et l’ambition visuelle de Snyder laissent rêver à ce qu’aurait pu donner un film pensé pour narrer l’avènement de Doomsday, qui aurait laissé libre cours à l’inventivité de son réalisateur et à la veine catastrophiste de son intrigue. 

 

PhotoLa gueule de bois, une allégorie

 

BOF : BvS avec un climax sans Batman v Superman

Pour le spectateur qui s’impatientait de découvrir Batman v Superman, le blockbuster risque de déboucher sur une sacrée désauce. Dans Batman v Superman, l’affrontement entre Batman et Superman... n’est pas du tout le point d’orgue de la relation entre Batman et Superman. Et mine de rien, ce choix risqué joue à plusieurs niveaux contre le film et son impact sur le public. 

Le film n’a-t-il donc pas compris nos attentes ? S’en est-il moqué ? Difficile d’y voir clair dans cette dichotomie entre le programme annoncé et celui auquel nous avons. Il y avait pourtant tant à raconter autour de ces deux figures, et l'intrigue l'avait joué avec tant de force, d'emphase, jusqu'alors. On peut imaginer pourquoi le studio souhaitait une conclusion qui ouvre véritablement sur le film suivant déjà programmé pour être fabriqué à marche forcée, mais cette orientation abîme beaucoup la valeur du résultat final.

Le procédé donne l’impression que toute la progression dramatique opposant les deux super-héros a été parfaitement stérile, et qu’en fin de compte, ce scénario ne savait pas bien quoi nous raconter. Tout aussi embêtant, il contraint les nouveaux enjeux ainsi balancés dans le récit (l’alliance, le sacrifice, et la nécessité de former la Justice League) à se précipiter à toute vitesse, et dans le désordre. 

 

photo, Henry CavillQuelle idée de se battre en Bretagne aussi

 

NON : Lois LANE (ou lame)

Le moment Martha a tellement généré de colère et blagues que la nullité de Lois Lane dans la dernière partie du film a presque été oubliée. Certes, ce personnage de super-journaliste super-charmante super-naïve-qui-ne-reconnaît-pas-Clark-avec-ses-lunettes n'a jamais été le plus simple à écrire dans les adaptations de Superman, et la version incarnée par Amy Adams est certainement l'une des plus solides. Le choix d'une actrice si talentueuse, et si loin de la potiche, n'y est pas étranger.

Peu importe son humour, sa bravoure, son intelligence et sa carrière, Lois revient irrémédiablement au rôle d'éternelle demoiselle en détresse. Elle a alors tendance à finir menacée ou tuée par les méchants, utilisée comme un joli jouet par les scénaristes pour arranger l'intrigue (elle est kidnappée pour attirer Superman et Superman doit voler à son secours, elle est là au bon moment pour le regarder avec amour). Illustration magnifique de cette boucle infernale : la fameuse scène de la chute dans le vide et sauvetage de Superman, répétée dans Man of Steel et BvS.

 

photo, Amy AdamsAttention, ça va tomber

 

Mais ce n'est pas le pire dans BvS. Utilisée comme leurre par Lex, elle arrive pile-poil au bon moment du combat pour sauver Superman et expliquer le mot-clé Martha (ce qui est à peine moins grotesque que son arrivée dans la gare à la fin de Man of Steel). Ensuite, elle gère la fameuse lance de kryptonite. Parallèlement au chaos, elle va donc trouver un coin où s'en débarrasser, et la jette dans l'eau. Le temps qu'elle ressorte, le climax CGI a commencé au loin : elle comprend instantanément (et sans raison crédible) que Doomsday vient de Krypton, et que la lance pourrait le tuer.

La voilà donc repartie en arrière, à la pêche à la kryptonite. Sauf que tout s'écroule, qu'elle manque de se noyer, et que Superman vient la sauver. Il y aura aussi la scène d'adieux avant le sacrifice, et les larmes à la fin. Bref, le b.a-ba de la dramaturgie super-héroïque, pas forcément atroce, jamais vraiment intéressante, et parfois ridicule à souhait.

 

Amy Adams Henry CavillEt si tu restais chez toi avec un verre de vin ?

 

OUI : le style Snyder

Le cinéaste fait partie de ces créateurs d'images reconnaissables entre 1000. Son amour des ralentis, son désir d'entamer ses récits via des introductions stylisées à outrance, son rapport très emphatique à la musique, ses choix colorimétriques, tout concourt à en faire un des rares auteurs à encore pouvoir imposer leur patte au sein des blockbusters contemporains. Et quand vient l'heure de nous en mettre plein les mirettes, on retrouve tous les fondamentaux de l'artiste. Mais plus encore que du côté de la pyrotechnie, c'est dans ses séquences faussement calmes qu'il exprime toute sa verve.

Que Superman traverse les couloirs du Sénat, ou que Luthor reçoive dans son bureau une politicienne qu'il méprise, il parvient toujours à insuffler une force épique à l'ensemble, en dépit d'une grande quantité de personnages, de sous-intrigues, et d'un script qui ne lésine jamais sur les dialogues. La grandiloquence qui le menace toujours ne se départit jamais d'un ton terre-à-terre, totalement premier degré, qui permet à cette épopée de ne jamais perdre de son aura.

Mais ce qui achève de réjouir, ce sont les séquences les plus graves ou sombres, dans lesquelles Zack Snyder renoue avec une atmosphère quasi-horrifique, assez proche de ses trouvailles de L'Armée des morts. Ainsi, le cauchemar durant lequel intervient un alter ego de Batman évoquant Man-Bat ou encore la première scène à dévoiler le Dark Knight sont autant de profondes incursions dans l'horreur, qui tranchent puissamment avec les représentations actuelles des super-héros. Non seulement la grammaire cinématographique du metteur en scène est demeurée intacte face à ce bulldozer hollywoodien, mais ce sont toutes ses facettes qui sont ici convoquées.

 

photoL'heure de signer le constat

 

BOF : le style Snyder quand il va trop loin

Ceux qui aiment le cinéma de Zack Snyder en aiment les couleurs exagérées, les lumières éclatantes, les ralentis à l'extrême, et les effets de style outranciers. Et ceux qui détestent le cinéma de Zack Snyder citeront probablement les mêmes raisons. Batman v Superman a donc logiquement provoqué les mêmes crises dans ses excès, sans surprendre ses fans ou détracteurs.

Toutefois, même les âmes sensibles à son style peuvent trembler ou ricaner. Par exemple, dans l'intro où Bruce Wayne sauve une petite fille qui manque d'être écrasée par un poteau métallique en forme de croix, avant de regarder vers le ciel d'un air affecté. Ou face à Wonder Woman, mi-iconique mi-ridicule avec ses poses mettant en valeur son brushing ou sa moue.

Zack Snyder cherche perpétuellement à marier son amour des comics à celui du cinéma, pour retranscrire la beauté iconique des cases dans le mouvement d'un plan - c'était particulièrement évident et vivifiant dans Watchmen, précisément critiqué pour ça. D'où un maniérisme qui frôle parfois le grotesque, avec des acteurs réduits à des figurines dénaturalisées, où tout (le jeu d'acteur, le rythme, la cohérence) peut être sacrifié pour l'image et l'effet.

 

photo, Gal GadotPub pour après-shampoing ou moment héroïque ?

 

BOF : l'univers étendu, clé USB 

Pour dévoiler son univers étendu, le cinéaste a fait un pari audacieux : celui d’une séquence, connue sous l’appellation Knightmare, dont le statut est pour le moins flou, au cours de laquelle Batman mène une insurrection désespérée au beau milieu d’un monde post-apocalyptique. Parfaitement mise en scène, intrigante, spectaculaire et conclue par une petite introduction spatio-temporelle de Flash, la scène a de quoi impressionner, et surtout, ne prend pas le spectateur pour un bébé auquel il faut tout prémâcher. 

Sauf que voilà, pour un concept aiguisé et plastiquement abouti, il faudra également se fader une sous-intrigue interminable, qui voit Bruce hacker mollement les données de Lex-Corp, passer deux siècles à lire le contenu d’une clef USB, avant de nous balancer une série de micro-teasers. Le résultat visuellement immonde et narrativement hideux, renforce l’impression d’une interconnexion totalement foireuse et artificielle. Ce constat est d'autant plus criant que la pauvreté du montage, l'incohérence consistant à accompagner chaque nouveau perso d'une petite mélodie et d'un logo rappelle plus un épisode anecdotique de Mortal Kombat que la naissance d'une vaste mythologie.

 

photo, Jason MomoaAqua-caméo

 

SNIF : la frustration

A priori, le Snyder Cut ne pourra pas tout sauver, tout régler, tout achever. Si bien que BvS laissera probablement à jamais un sentiment de frustration, illustré largement par la fameuse séquence du Knightmare où Bruce a une vision d'un futur ravagé par Darkseid, et où Superman est devenu le monstre redouté. À son réveil, Flash apparaît et l'alerte : Lois est la clé, et il a raison de craindre Superman. Un moment inattendu qui interrompt le film, et annonçait de grandes choses.

Le "Est-ce que je suis venu trop tôt ?" de Flash est de circonstance. Zack Snyder avait de grandes ambitions pour le DCEU (n'oublions pas qu'à l'origine, Justice League était prévu en deux partie), et en plaçait les premières pierres ici. Mais l'accueil compliqué de BvS a incité Warner Bros. à changer leurs plans, et mettre sous le tapis cette apocalypse. David Ayer l'a encore confirmé récemment.

 

photoApocalypse Now (or Never)

 

Revoir BvS, c'est donc voyager dans le temps, vers une époque où le film devait ouvrir un grand univers. Zack Snyder a depuis laissé entendre que Lois devait bel et bien mourir, ce qui aurait mis Superman sur une pente glissante vers le côté obscur de la Force. Le réalisateur avait mentionné l'équation Anti-vie, un élément important des comics convoité par Darkseid, et qui permet de contrôler les esprits. De quoi imaginer un Superman affaibli, et manipulé par le vilain pour encadrer son invasion. Bref, des aventures épiques.

Sachant que Snyder avait visiblement prévu une aventure cosmique avec une trilogie Justice League, en partie dans l'espace et avec Green Lantern dans le coin, il y a de quoi regarder ce Knightmare en bavant et fantasmant. Reste à voir si le très attendu Zack Snyder's Justice League permettra de panser cette plaie... ou simplement la rouvrir, et ajoutant une pincée de sel.

Tout savoir sur Batman v Superman : L’Aube de la justice

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commentaires

Gloss
03/12/2020 à 10:39

@Flo
Ouais ça va, on a compris que t'aimais pas snyder, je respecte ton avis mais pas besion de creuser loin pour l'appuyer, j'imagine déjà ce que tu as dû faire pour pouvoir écrire toutes ces lignes.

Bref, peut être pas un chef-d'oeuvre, mais c'est l'un des meilleurs films de superhero selon moi (dans la version longue bien-sûr). Je le préfère à civil war,logan,wonder woman, age of ultron, voire endgame, même si ça n'arrivera jamais à la cheville d'infinity war.

Tous les soit disant "bof" dans l'article ont tous été comblés dans la version longue.Et comme un de votre équipe a déjà dit "ceux qui n'ont pas vu la version longue n'ont pas vu le film"

Racoons
02/12/2020 à 02:22

Ben Affleck en Batman rien à dire et Henry Cavill en superman il est parfait, j'ai bcp aimé les films les 2 ensembles et pour justice league y manquais de quoi, le seul point négatif c'est flash l'acteur ne la pas du tout j'aurai pris Grant à la place sans hésiter et Wonderwomen et Aquaman sont parfait aussi raison de plus qui me fait adoré la justice league bcp plus que les avengers !!!

Marc
30/11/2020 à 11:00

Film qui a quant même enchainé les Razzie Award et qui a été très démoli à sa sortie.

Pour autant, comme beaucoup, j'ai trouvé les critiques négatives excessives et, à vrai dire, tout le problème vient du fait que c'est une mauvaise version qui est sortie au cinéma.

Bien que la nouvelle version améliore le tout, sans pour autant gommer intégralement les défauts, il est difficile de faire changer le public qui est resté sur la version courte, quelque part c'est humain.

En ce qui me concerne, mon avis strictement personnel ne portera que sur la version longue.

Je pense, comme beaucoup que les avis sont trop extrèmes, entre navet et chef d'oeuvre, bien que toutes les opinions se respectent.

C'est un bon film dans sa version longue, avec une patte artistique (visuelle et au niveau musique), une volonté de construire quelque chose d'assez profond.Comment souvent dans ce genre de film, le casting est impeccable.
Malheureusement, le film s'éparpille à vouloir placer trop de choses en même temps. Ainsi, ce film aurait nickel, si on avait eu au moins un film solo de batman avant (de même que Wonder Wilman, sorti après, Aquaman et flash ) et une introduction de la justice league, au début de Justice league.
Le film reste confus et pas toujours bien écrit au niveau de la narration et de certains personnages. MAis c'est un défaut très Snyder (sauf quant il reprend un bd déjà écrite). Un défaut assez logique, car l'intéressé vient professionnellement de la publicité et du visuel.
Du coup, on a une histoire pas très fluide, des pseudos interrogations qui parfois sonnent un peu vide et une sensation de "trop plein".
Enfin, gros défaut qui est tout juste atténué par la version longue: on ne croit pas totalement en l'affrontement entre les deux super héros, de même qu'au revirement de Batman. Je garde cette impression que tout aurait pu être résolu en 5 minutes entre eux autours d'un café... De même, le plan et les motivations de Luthor, restent assez obscurs par moment.

Bref, je pense qu'il faut avoir raison gradé sur ce film, c'est à dire savoir le défendre, car effectivement c'est un bon film, mais arreter d'y trouver une sorte de chef d'oeuvre incompris par un public qui serait prétendument trop débile pour le comprendre.

EN ce qui me concerne, il est peut être meilleur qu'une grande partie des films de super héros, mais il est assurément plus faible, voir beaucoup plus faible, que des films comme Wtachmen, Dark Knight ou Joker (voir man of steel) Côté DC, Logan, Xmen 2 ou Day of future past, côté Fox (feu la fox), que Spiderman 2 ou spiderman into spiderverse côté Sony, ou encore qu'Avengers Infinity War, Winter Soldier, Gardiens de la Galaxie ou Avengers I côté Marvel. Comme ça j ai oublié personne et j'ai sans doute cité les films de super héros les plus solides..

BvS est supérieur à la moyenne, mais s'arrête juste à la limite de l'excellence et je pense, le plus objectivement possible, que c'est ici qu'il faut le placer.

Martin Gale
30/11/2020 à 09:43

Le film n'était ni mauvais ni exceptionnel, c'est sûr. En grande partie pour la liste évoquée dans l'article.
Une chose que je n'ai pas vu dans l'article (en espérant ne pas avoir lu trop vite), c'est le rapprochement que l'on pourrait faire entre les protagonistes de "Batman v Superman" et ceux des "Watchmen".
L'affrontement qui oppose Batman à Superman, ne pourrait-il pas être un prolongement de celui qui opposa à Rorschach au docteur Manhattan? C'est en tout cas l'impression que j'ai eu tout au long du film.

Romiche013
30/11/2020 à 09:41

Article qui tombe à pic, j'ai revu Man of Steel hier en prévision d'un revisionnage de BvS (version longue).
MoS :après revisionnage, je me rends compte que j'avais sous estimé Man of Steel. Loin d'être parfait, l'ambiance et les dilemmes de moralité de Clark sont pour moi bien représentés,
J'avais aussi envoyé Snyder au bûcher à l'époque prétextant que "Superman ne tue pas", mais cela rentre justement dans ces choix moraux que Superman se doit de faire.
BvS : mon souvenir est que le film ainsi que l'ambiance générale m'avaient plu (des frissons au moment du fameux "Do you bleed ?") sauf la dernière demi-heure (Doomsday). Je comprends qu'il faille un combat final pour "réconcilier" les 2 héros, mais là c'était juste too much. ça me faisait plus penser à du Michael Bay, avec CGI et explosions à outrance.

Bref, vivement une relecture de ce BvS, histoire de voir si ma perception aura évoluée comme pour MoS

Flo
29/11/2020 à 12:16

(copier-coller) Le truc de Snyder, c’est un peu le même que Cameron… Il sait (sur)vendre le film et surtout la personnalité du réalisateur, comme si c’était lui qui faisait tout tout seul, de A à Z. Du coup, il passe pour un grand self made man, avec « une vision », et quelques images très travaillées aident à vous faire tomber dans la quasi idolâtrie… ne voyant pas que ses films ne montrent absolument rien d'original, que leur propos final reste assez simple, voir même cucul la praline. Y a certains hommes politiques qui arrivent à gagner des voix pour moins que ça… ;-)

L’autre truc, c’est aussi de reprendre des moments structurels qui sont relatifs à des films à succès précis (ce ne sont pas des archétypes universels de type « découverte, chute, reconstruction, héros révélé, baston finale, teasing d’une suite etc… »). Et ensuite les colorer avec sa propre « palette », à la Géricault:
– « Man of Steel », en plus de remaker les deux premiers "Superman" avec Christopher Reeve, reprenait complètement la structure et l'ambiance un peu naturaliste de « Batman Begins », avant de virer à la grosse baston censée surpasser « Avengers »;
– « Dawn of Justice » traitait Wonder Woman comme l’était Black Widow dans « Iron Man 2 » (un faux mystère que ce personnage), et les combats entre les héros comme ceux de « Avengers » (ce ne sont que des malentendus et manipulations de la part de Loki/Luthor, avec là aussi un cube mystérieux, un gros monstre "hulkien" en guise de Macguffin, un seigneur extraterrestre en guise de teaser, et un héros qui ne restera pas mort longtemps). Dommage, d'habitude ce sont plutôt les héros DC qui servent de base d'inspiration aux héros Marvel (moins stricts et un peu plus réalistes);
– « Justice League » utilise Steppenwolf comme l’était Ronan dans « Les Gardiens de la Galaxie »… Le Snyder Cut évolue vers ce qui semble plus un Méga Crossover Intertemporel, qu’un (premier) film d’équipe. Un peu comme « Avengers Endgame », mais avec le « Futur » à la place du « Passé » (à priori, c'était prévu avant Marvel cette fois ci).
Et le trailer actuel du Snyder Cut vise le statut « auteur », similaire aux versions noir et blanc de « Mad Max Fury Road », « Logan » ou « Parasite ». Ça peut ressembler au final à une pub pour parfum Calvin Klein, comme ça peut aussi être un superbe hommage aux vieilles séries B de SF (à cause de l’écran carré). :-)

Bref, beaucoup de calculs visant beaucoup à l’efficacité commerciale et critique, l’identité des comics d’origine devenant encore plus secondaire par rapport à la personnalité du réalisateur qui signe le film…
Lequel réalisateur ne s'excuse jamais des erreurs qu'il a pu faire, et que nombre de personnes ne cessent de pointer de manière argumentée. Ce qui devrait être suffisant pour glisser ne serait-ce qu’un tout petit mot de compréhension empathique de la part de Snyder. Plutôt que de continuer à laisser faire des divisions stériles (car elles ne font que tourner en rond), façon « team Kate ou team Meggan ? »…
Et en plus, autour de personnages qui sont reconnus totalement pour être fédérateurs, et pas sujets à polémiques – on n’est plus censés être au temps de Wertham, là.

Brad eastwood
29/11/2020 à 12:01

@Georgie: BvS le meilleur film de super héros jusqu'ici... euh non désolé, The Dark Knight, Spider Man 2 et Logan, sont meilleurs.

@Batou: Snyder a un amour incroyable pour les comics ? oui c'est sûr, surtout quand ils dit que dans The Dark Knight Returns, Batman tue tout le temps... ce qui n'est pas le cas, il ne tue pas une seule fois, si c'est ça le respect et l'amour des comics... et le fait que BvS soit une claque visuelle (et encore ça se discute) n'en fait pas pour autant un chef-d'œuvre, sinon Blade Runner 2049 serait un meilleur film que le premier Blade Runner, ce qui n'est pas le cas.

Batou
29/11/2020 à 10:29

Pour moi un chef d'œuvre !! Snyder fait preuve d'un amour pour les comics incroyable !! Pour moi ce film est une claque visuelle immense

Georgie
29/11/2020 à 10:22

BVS est évidemment un chef-d'oeuvre, le meilleur film de super-héros jusqu'ici. D'accord avec tout les points positifs évoqués, les points négatifs sont des détails, parfois issus il me semble de nos propres habitudes de spectateurs.
Quant aux critiques très narratives, qu'on peut faire au scenario, s'expliquent toutes sans exception, par la connaissance des personnages et des comics, mais ne sont pas forcément explicitées dans le film. Tout n'est pas dit dans ce film, Zack ne prend pas le spectateur par la main, le spectateur n'est pas un enfant, il doit faire un effort, désolé.
Cela dit personne ne niera que ce film tranche franchement avec les films de super-héros habituels, rien que pour ça il restera gravé.
Bien, lire cet article et les commentaires me donne envie de revoir cette peinture allégorique, à plus tard !

Monsieur Vide
29/11/2020 à 10:18

Ce ne sont pas 6 lettres plutôt pour Martha ?

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