Le Hobbit : 5 raisons de préférer la version longue de La Bataille des cinq armées

La Rédaction | 27 octobre 2020 - MAJ : 27/10/2020 18:13
La Rédaction | 27 octobre 2020 - MAJ : 27/10/2020 18:13

Le Hobbit, oui, mais en version longue : environ 20 minutes de plus pour La Bataille des cinq armées.

Alors que France 2 rediffuse la trilogie de Peter Jackson, adaptée de J.R.R Tolkien, on revient sur les versions longues de chaque épisode, pour dire pourquoi elles sont largement préférables.

 

photo"Will you follow me, one last time ?

 

Un peu plus de smaug

Entrée en matière épique et furibarde, l'affrontement entre Bard et Smaug était un des morceaux de bravoure les plus attendus de la trilogie. Et après une conclusion laissée en suspens dans le précédent chapitre, les spectateurs étaient chauffés à blanc, préparés à ce que le mythique dragon laisse sa fureur enflammée s'abattre sur Lake Town. Si à l'évidence cette introduction intensément spectaculaire n'a pas été bouleversée par ce nouveau montage. On trouve à peine trois nouveaux plans, mais, signe du perfectionnisme de Peter Jackson autant que de la précision de sa mise en scène, ils apportent quelques transformations notables.

Le temps de nous laisser voir Bard progresser de toit en toit, effectuer une glissade spectaculaire, puis d'observer une nouvelle fois le cracheur de feu céleste enflammer les artères de la cité lacustre, c'est tout ce qu'il faut au cinéaste pour rééquilibrer sa scène à la perfection, mais aussi lui redonner une meilleure gestion de l'espace. En effet, avec cette greffe d'une poignée de secondes, on saisit mieux comment le héros incarné par Luke Evans se meut, tandis que la menace draconique gagne encore en létalité et en intensité.

 

VLL'art du décapage

 

un peu plus de sauron

Le retour de ce "nécromancien", dont l'identité ne faisait pas de doute, n'avait cessé de se préparer en arrière-plan lors des films précédents. Il était temps de l'affronter. Et la version cinéma est déjà très impressionnante lors de la scène de Dol Goldur, où les plus sages des vioques de la Terre du Milieu bottent le popotin de Sauron

La version longue est cependant bien plus intéressante. Au détour de plans supplémentaires ou de prises alternatives, Galadriel apparait plus confiante, tandis que l'Anneau de feu détenu par Gandalf (toujours le flamboyant Ian McKellen) est à deux doigts de se faire subtiliser par les orcs. La diversité des ajouts qui suivent est assez unique et fait presque figure de leçon de montage. Le combat est un peu rallongé de partout, par petites touches, et certains effets spéciaux sont même modifiés, pour une expérience pas beaucoup plus longue par rapport à la version cinéma, mais indéniablement plus riche.

 

VLC'est mal barré

 

Comme souvent dans ce film, ce sont les bastons qui ont été coupées. Ici, les puristes du montage objecteraient que la version longue perd en rythme ce qu'elle gagne en fluidité. Notre amour pour les gestes guerriers d'Elrond l'emporte largement face à ce raisonnement. 

Après ce combat plus transformé que totalement étendu, un minuscule dialogue entre Gandalf et Radagast amène encore un peu plus de cohérence dans la suite des évènements. Le plus stone des magiciens de la Terre du Milieu confie son bâton au mage gris, ce qui explique sa présence lors de la bataille. Pas bête, le Jackson.

 

photoRadagast met des bâtons dans les roues des Orcs

 

beaucoup plus de Bad Thorin

La trilogie du Hobbit ne lui aura pas valu une reconnaissance à la hauteur de son talent, mais Richard Armitage est bien la révélation qui électrise le récit de Peter Jackson. Et le comédien a droit à une séquence charnière, alors qu'il est toujours sous l'emprise de l'Arkentstone. La séquence se situe juste avant que le chaos s'empare du film et que Jackson nous dévoile son véritable plan, à savoir, livrer une des plus épiques chansons de geste jamais vues sur grand écran. Mais pour y parvenir, le cinéaste ne peut exclusivement se reposer sur des effets spéciaux déments, des chorégraphies créatives et autres artifices spectaculaires. Il faut que l'embrasement général ait un impact émotionnel, soit mû par des enjeux dramatiques dignes de ce nom.

Et c'est précisément ce à quoi sert cette séquence, qui nous montre que même face à une possible alliance, alors qu'une résolution autre qu'un conflit total se présente, Thorin n'est plus en mesure de saisir la main tendue. Alors que ceux qui devraient être ses alliés tentent une ultime fois d'obtenir de lui qu'il ouvre les portes de sa cité, tienne son serment, et permette enfin à la paix de triompher, c'est peine perdue, le seigneur nain ne parvient à échapper aux torrents d'avidité qui ont assombri son âme.

Scène et dialogues grandiloquents, il fallait tout le talent de Richard Armitage pour capturer l'essence brutale et tragique de ce personnage, qui laisse ici voir sa dimension tragique, mais aussi la formidable énergie qui l'habite, et présentement le consume. Notons que cette séquence, au-delà de sa force interne, fonctionne en écho avec le début de la fameuse bataille, elle aussi amputée au cinéma, puisque c'est l'arrivée de Dain qui inspire à Thorin cette ultime défiance, cette démence qui précipite la Terre du Milieu dans le chaos. En seulement 54 secondes, Jackson parvient à démultiplier la puissance fataliste de son film.

 

photo, Richard ArmitageL'héritage d'Armitage

 

La chevauchée de Dain

Le montage cinéma de La Bataille des Cinq Armées a été privé d'un de ses passages les plus épiques (et nécessaire à la compréhension de ce grand opéra guerrier). En effet, si Thorin ose défier tous ses alliés, c'est parce qu'il sait son indéfectible soutien, Dain Ironfoot, sur le point de le rejoindre. Or, son débarquement, avec ses troupes en armure et à dos de bouquetins des enfers constituent un des passages les plus impressionnants du film, tant au plan technique qu'artistique. Leur chevauchée comble donc le mystère qui entourait leur arrivée dans le premier montage du film.

Mieux, il est l'occasion d'un échange délirant entre les elfes, qui tentent de les stopper de leurs flèches, et les nains, qui projettent dans les airs un dispositif les réduisant en allumettes. Soit une manière bien inattendue et diablement cinégénique de renouveler les scènes d'archerie, vues et revues depuis une vingtaine d'années au cinéma. Et non content de nous donner ce beau morceau de spectacle, Jackson en rajoute une couche à l'impact, alors que les troupes de Dain percutent violemment les soldats elfiques. 

Jouant de tous les effets à sa disposition, enchaînant longs plans, inserts brutaux, jeux de perspectives et travellings impossibles, le metteur en scène réussit un début de bataille simultanément complexe, jubilatoire, surprenant et pour ainsi dire jamais vu. Un exploit, quand on sait que sa précédente trilogie, celle du Seigneur des Anneaux, fut à juste titre considérée comme un sommet de spectacle belliqueux, avant d'être largement copiée à son tour. Mais rien n'y fait, l'enthousiasme de ces premières minutes d'affrontement est irrésistible et n'a toujours pas été dépassé depuis.

 

photoUne bataille qui rend chèvre

 

Une bataille époustouflante 

On en vient à la toute première raison de se laisser tenter par ce montage. Des six films de Peter Jackson se déroulant dans l'univers de Tolkien, La Bataille des cinq armées est peut être celui dont la version longue est la plus indispensable. Car si les séquences évoquées précédemment apportent une profondeur, une fluidité et un souffle épique bienvenus, c'est bien au coeur de la gargantuesque bataille du titre (longue d'à peine quelques pages dans le roman !) que la mise en scène de Jackson se laisse aller à la folie pure, embarquant dans un tourbillon de mouvements de caméra hallucinants et de violence un spectateur ébahi.

La saga s'éloigne de plus en plus du texte de Tolkien, et le cinéaste l'assume totalement et frontalement dans cette gigantesque baston qui n'est rien d'autre qu'un terrain de jeu pour ses expérimentations visuelles, toujours inégalées à Hollywood. On se demande pourquoi New Line s'est décidé à couper les scènes rajoutées, tant elles tendent au divertissement pur, sans limites.

 

photoLa scène qui vaut à elle seule le visionnage de la version longue

 

La piste principale reste leur niveau de violence. Dans la plupart des scènes qui seront détaillées un peu plus bas, les têtes volent comme des bouchons de liège et les monstres ennemis se font broyer sous la puissance armée de la compagnie naine, proprement invincible tant qu'elle sillonne le champ de bataille. Ou peut-être que l'absurdité de certains effets, initiée avec les lances tournoyantes de Dain, rebutait trop des producteurs déjà échaudés par l'accueil méfiant des amateurs de littérature sur les opus précédents.

Reste que la version longue transforme un affrontement indigeste en un trip d'action incontrôlable. Passons sur les quelques plans supplémentaires montrant Thranduil et Dain défoncer dans une folie meurtrière particulièrement bien chorégraphiée orcs, gobelins et trolls. Ce sont vraiment les nains qui motivent toute l'action, à commencer par le duo Bombur Bofur, progressant à sa manière dans la vague d'ennemis. Le premier démontre une technique de combat... particulière, tandis que le second monte carrément sur un troll tout droit échappé des pires caves sadomasochistes berlinoises pour mieux le contrôler et faire basculer la baston dans une autre dimension, la dimension Jackson.

 

photo, Orlando Bloom15 secondes supplémentaires pour ce duel, de fait bien plus sanglant

 

Car vient une des séquences les plus dingues de sa filmographie : celle où plusieurs nains traversent littéralement le champ de bataille en direction d'Azog au volant d'un chariot détruisant tout sur son passage, faisant presque penser à une version tank de la tondeuse à gazon de Braindead. Difficile de décrire le chaos qui en résulte. La petite troupe découpe son chemin à travers ouargs, orcs et trolls. Tous finissent en charpie au cours de cette chevauchée fantastique dantesque qui convaincra même les plus déterminés des détracteurs de la trilogie.

Et c'est loin d'être fini, car la mort tant espérée de l'irritant Alfrid et le combat de crâne de Bifur (oui oui) suivent pour ajouter encore au délire. Enfin, le retour de deux personnages très appréciés vient apposer la cerise sur cet énorme gâteau sanglant. L'attaque de Beorn, présente dans le bouquin et dans une bande-annonce qui avait fait bon usage de ces séquences supplémentaires, est rallongée pour notre plus grand plaisir oursophile. Et surtout, la 6e armée de la bataille, Legolas, fait un carnage à Ravenhill, porté une fois de plus par une mise en scène qui l'affranchit des lois de la gravité. Dans la version longue, il s'accroche à une chauve-souris pour décapiter toute une rangée d'orcs. Fatality.

Résigné à ne plus s'agenouiller respectueusement devant chaque ligne de l'auteur qu'il adapte, Jackson use de son univers et ses personnages pour s'amuser avec sa mise en scène et les moyens colossaux mis à sa disposition. Et maintenant qu'on a assez râlé sur ce parti-pris, il est temps de s'assoir confortablement, attraper n'importe quoi de comestible et de gras, et profiter du spectacle.

Tout savoir sur Le Hobbit : La Bataille des cinq armées

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commentaires

Opale
28/10/2020 à 18:50

@Madolic c'est dommage, au prix de la place de ciné... Et puis il y a des tas d'autres films qui méritent de se barrer dès les 5 premières minutes, les Fast and Furious par exemple...

Clark
28/10/2020 à 09:52

Pour vous réconciliez avec le Hobbit,lisez le.

Madolic
28/10/2020 à 09:30

seul film où je me suis barré du ciné.
Entre les combats au coup de boule et Thorin qui glisse sur de l'or les cheveux au vent (possédé par Beyonce surement)
Franchement le fou rire.

coco
28/10/2020 à 08:45

Je n'avais pas trop apprécié cette 2eme trilogie mais en revoyant ce dernier épisode hier, en fait c'est pas si mal qd on compare avec nos production actuelles

Jango567000
28/10/2020 à 08:36

Du grand spectacle ! on en redemande, depuis rien n'est sorti d'aussi bien dans cette catégorie

Opale
28/10/2020 à 07:45

Pas un chef d'oeuvre mais le dessus du panier des blockbusters et de loin.

Myst
27/10/2020 à 22:36

On en parle de cette scène coupée ou Gandalf revisse la pierre magique au bout de son bâton comme une ampoule et ou le mec avec le mono sourcil fait tomber une pièce qui active la catapulte en l’envoie direct dans la bouche du troll ?????

Ce film est horriblement moche, de l'action non stop qui n'a aucun sens au milieu d'une marée de CGI trop visible pour que ce soit crédible !!!

Marty
27/10/2020 à 19:27

Une raison suffit ; le passage de la course poursuite en char .

Blue Walkers King
27/10/2020 à 18:55

Perso j'ai détesté les scènes de bataille (et c'est bien la moitié du film), c'est que des fx magie, d'où le rapprochement que font souvent les gens avec les jeux vidéos.

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