Le Hobbit : 5 raisons de préférer la version longue du Voyage inattendu

Mathieu Jaborska | 13 octobre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Mathieu Jaborska | 13 octobre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Le Hobbit, oui, mais en version longue : environ 13 minutes de plus pour Un voyage inattendu.

Alors que France 2 rediffuse la trilogie de Peter Jackson, adaptée de J.R.R Tolkien, on revient sur les versions longues de chaque épisode, pour dire pourquoi elles sont largement préférables. Le Hobbit : Un voyage inattendu à 21h05 sur France 2 ce mardi 13 octobre.

 

photo, Martin FreemanRun, Bilbo, run

 

The lore of the Ring

Inutile de se voiler la face : ce premier épisode de la nouvelle trilogie de Jackson est l'opus le plus avare de la saga en scènes coupées, les six films compris. D'autant plus que quelques rajouts de cette version longue ne visent qu'à s'attarder plus longtemps sur des lubies déjà un peu lourdes dans la version cinéma. C'est par exemple l'occasion de creuser encore un peu plus les liens avec Le Seigneur des Anneaux, histoire de se poser en bon vieux prequel hollywoodien.

L'introduction de l'histoire par Ian Holm est notamment allongée, avec une référence visuelle aux fameux feux d'artifice de Gandalf. La voix off explique que les dragons ne sont alors que des effets festifs (les connaisseurs de La Communauté de l'anneau savent de quoi il parle), et un tout jeune Bilbon fait son apparition, émerveillé par les explosifs.

 

Version longueAprès Bébé Yoda, Bébé Bilbon

 

Le conseil à Fondcombe est également plus long. Les trois patrons de la Terre du milieu débattent sur le 7e anneau des nains. Gandalf s'inquiète de la perte de cet atout, et Saroumane explique que rien ne peut se passer si l'anneau unique est perdu. Vous l'avez ?

Heureusement, on en apprend également un peu plus sur l'univers du Hobbit et sur les enjeux au coeur des trois films. Toute l'introduction, dédiée à résumer les péripéties du peuple sous la montagne, jouit d'ajouts bienvenus. Déjà, l'arkenstone est évoquée implicitement, puisqu'on voit Thranduil désirer une forme de paiement supérieure. De plus, on peut voir Giron louper Smaug une fois encore.

 

Version longueSugar daddies

 

Toujours plus de comté

Ce n’est pas qu'on n'aime pas le fromage, mais la description de la Comté, déjà très présente dans Le Seigneur des Anneaux, prend également une grosse place dans Un Voyage inattendu, ce qui enrage ses détracteurs, lui reprochant une exposition trop appuyée. La version longue ne leur donne pas tort, puisqu'une grosse partie des scènes supplémentaires se déroule dans ce charmant pays. Outre la scène des feux d'artifice, quelques séquences sont légèrement modifiées.

Mais surtout, on peut voir le hobbit de Martin Freeman interagir avec ses semblables lors du marché de son patelin. L'occasion pour l'acteur de s'amuser un peu et pour le réalisateur de prolonger les scènes de vie dans la Comté qui proliféraient dans la version cinéma de La Communauté de l'Anneau, et pullulaient dans la version longue. Enfin, on peut y retrouver certains visages familiers puisque la scène permet quelques caméos de hobbits déjà connus des habitués de la première trilogie.

 

Version longueUn voyage attendu

 

Fondcombe de fond en comble

Fondcombe et ses décors spectaculaires ont toujours été des lieux appréciés par Jackson, qui peut y expérimenter sa mise en scène du merveilleux. Dans cette version longue, il en rajoute une couche, s'attirant les moqueries de la chaine Youtube Honest Trailer. Celle-ci explique que se procurer la version longue permet avant tout de se taper encore plus d'errements dans des décors vides. En effet, ces séquences accentuent, comme souvent dans ce premier film d'aventure pur, le plaisir de la découverte. Avant de se réfugier dans la demeure elfe, Bilbon dit à Gandalf sentir un air de magie qui approche, ce que le magicien confirme directement. Difficile de faire plus explicite.

Mais le gros des scènes rajoutées à Fondcombe se situe vers la fin du séjour de la troupe. Deux passages en particulier, atteignant à eux deux presque 4 minutes, rallongent l'expérience. Dans le premier, Bilbon se balade tranquillement dans ce nouvel environnement, toujours dans une logique très émerveillée... et très référencée. En effet, le fan-service pointe vite le bout de son nez, puisque notre héros découvre une fresque mettant en scène Sauron et la lame brisée de Narsil. Il tape ensuite la discut' à Elrond, qui lui propose de rester sur place.

 

Version longueFaut dire que la vue est sympa

 

Dans le second, Bilbon surprend une discussion entre Elrond et Gandalf, débattant des répercussions de la quête de Thorin. L'aventure dans laquelle le jeune hobbit s'est engagé prend tout de suite une autre tournure pour lui. C'est bien à Fondcombe que lui et le spectateur prennent conscience des vrais enjeux de ce voyage, bien plus important qu'une simple quête d'or.

S'attarder plus précisément sur l'endroit magique permet également de caractériser encore un peu plus la compagnie des nains, en l'opposant au flegme pincé des elfes. En plus de ce plan étrange où les collègues de Thorin se baignent nus dans une fontaine, causant le désarroi de leur hôte, la scène du diner est largement augmentée et comporte encore plus de réflexions des invités sans gêne à propos d'une race qu'ils aiment moquer. De là à y voir une tentative d'auto-dérision de la part de Jackson, parodiant l'image de l'elfe précieux qu'il a lui-même instaurée, il n'y a qu'un (petit) pas.

 

Version longueNon, non, ce n’est pas la parodie porno

 

Bilbo le hobbit : le musical

C'est le principal ajout, et celui qui divise le plus. En l'état, c'est également celui qui donne encore plus de personnalité au film. Si la fameuse scène de la chanson dans la cuisine a autant fait réagir, c'est aussi parce qu'elle était un peu seule. Le montage étendu montre l'orientation générale du long-métrage, pensé comme un conte au sens contemporain du terme. En d'autres termes, Jackson se sert de son Hobbit pour composer un véritable hommage aux films d'animation Disney et consorts, à mi-chemin entre le divertissement émerveillé et la comédie musicale.

La version longue ajoute donc deux chansons supplémentaires, remarquablement bien intégrées au récit. D'une part, le séjour à Fondcombe est une bonne occasion de pousser les vocalises, avec un chant enjoué élevant le bazar incommensurable que provoquent les nains chez les elfes au rang d'art décadent. Encore une fois, Jackson s'amuse comme un petit fou à profaner la mythologie à laquelle il a donné vie.

 

Version longueUn diner presque parfait

 

Mais la meilleure chanson - certains oseront dire la meilleure scène - du film, c'est la traditionnelle "chanson des méchants" entonnée par le roi des gobelins, alors que la compagnie est capturée par ses sbires. Au-delà de la composition du morceau en elle-même, redoutable et entêtante, elle donne un sens aux partis-pris esthétiques de la scène, et même du film dans son ensemble. Si les gobelins d'Un Voyage inattendu ne ressemblent en rien à leurs cousins du Seigneur des Anneaux, c'est aussi parce qu'ils s'inscrivent dans une narration moins grave, prompte à en faire - littéralement - des méchants de dessin animé.

Pourrait-on voir dans cette composante musicale (unique dans la saga) un renvoi aux techniques employées ? En faisant ouvertement du pied à un genre qui n'a rien à voir avec l'épopée tragique de la première trilogie, le cinéaste rappelle que son histoire est adaptée d'un conte pour enfants et que son artificialité en découle logiquement. Conceptuellement, c'est osé. Pour ce qui est de l'exécution, les débats sont toujours ouverts.

 

Version longueDown down down to Goblintown

 

Goblinville 2.0

Les quelques scènes coupées d'Un Voyage inattendu se tiennent dans les deux premiers tiers, et ne concernent pas le climax. Tout ce qui se déroule après ne diffère pas, et Goblinville est bien le dernier lieu à être approfondi. Il bénéficie ainsi de quelques transformations mineures. Mais ce repaire putrescent et littéralement au bord de la chute est clairement l'un des décors les plus inspirés des trois longs-métrages. Y passer un peu plus de temps n'est pas de refus. Toute la partie où les nains sont déplacés du piège où ils ont atterri au trône est agrémentée de quelques plans supplémentaires.

Le passage où ils se font dépouiller est aussi plus long, puisqu'un des nains se voit délesté de plusieurs objets volés à Fondcombe. Les guerriers sont aussi bien plus bavards quand il s'agit d'énerver le suzerain de ces tunnels, dans une séquence alternative plus cohérente avec sa soudaine colère. Au-delà de ça, plus rien ne différencie les deux versions, et tant mieux, parce que l'échappée délirante et la confrontation avec Gollum qui s'ensuivent restent de grands moments de cinéma populaire.

Tout savoir sur Le Hobbit : Un voyage inattendu

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commentaires
JJG
15/10/2020 à 17:37

Plus je vois Le Hobbit et plus j'aime ce film.
C'est aussi bien que le SDA voire meilleur encore pour ma part.

Lionel
14/10/2020 à 20:40

Wouah que vous êtes fort en cinéma des vrais bêtes mais pourquoi à part vomir votre bile insipide vous ne faites pas des film pour nous faire mourir de tristesses les super techniciens

MANOLETINAS
14/10/2020 à 16:22

Gandalf dit à un moment : "ils vivèrent...". Bravo à la société chargée de la version française du film !!! "Ils vécurent" serait plus approprié, n'est-ce-pas ? Décidemment, dans ce pauvre pays, on pense toujours avoir touché le fond mais, on s'aperçoit qu'on en est encore loin!!!

Myst
14/10/2020 à 10:54

Trilogie longue, qui ne respecte pas le matériel originale qui, non seulement l'étire et l'étire mais essaye de raccorder avec le seigneur des anneaux de façon maladroite. Et surtout, tout est très très laid visuellement. Le glow sur l'ensemble des plans est atroce, les cgi beaucoup trop voyants et la mise en scène inutilement chaotique. Le hobbit, a oublier.

Gégéleroutier
14/10/2020 à 10:38

@Cépafo

Le Hobbit a été publié en 1937 soit 17 ans avant le Seigneur des Anneaux, pas 2-3 ans. Pour en revenir aux films on peut considérer que c'est déjà une version longue vu le nombre de pages du livre, il n'y avait pas besoin d'en rajouter.

Teemo1977
14/10/2020 à 08:29

Ou comment l'appât du gain dénature un texte et donne trois films plutôt insipide. Bilbo n'a pas la portée du Seigneur des Anneaux, ce n'est pas les mêmes personnes qui sont visés dans ces deux textes.
Il manque tellement de chose, et des rajouts tellement superflus... Cette trilogie est à oubliée.

Ozymandias
14/10/2020 à 00:38

Mouais pas emballé non plus par cette trilogie, c'est pas mal mais on est loin de celle du Seigneur des Anneaux...

Tbag3812
14/10/2020 à 00:08

Fondcombe pas fontcombe

Sébastien
13/10/2020 à 22:41

Autant la trilogie du SDA est culte pour moi, autant j'ai complètement oublié celle du Hobbit.

Cépafo
13/10/2020 à 22:02

Quelle déception cette trilogie. Le souci avec cette trilogie est la ''longueur'' du livre originel qui fait environ 300''longues'' pages.
De plus les thématiques du Hobbit sont beaucoup moins matures que LSDA. Le livre fut écrit 2 ou 3 avant la trilogie littéraire culte. Et ça se ressent sur pellicule. Où est l'intérêt de proposer une version longue du 1 er opus?? Est ce que les scènes coupées vont apporter quelque chose à l'intrigue ???

Je pense qu'il fallait laisser faire Guillermo del Toro qui aurait apporter un regard neuf sur l'univers de Tolkien.

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