Le Seigneur des anneaux : 10 raisons de préférer l'énorme version longue du Retour du roi

La Rédaction | 23 juin 2020 - MAJ : 23/06/2020 20:20
La Rédaction | 23 juin 2020 - MAJ : 23/06/2020 20:20

Le Retour du roi oui, mais en version longue.

Si un épisode de la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson mérite indubitablement sa version longue, c'est Le Retour du roi. Avec environ une heure inédite, la conclusion de l'épopée regorge de scènes et images inédites, qui en font un bouquet final fabuleux.

Après les raisons de sauter sur La Communauté de l'anneau en version longue, et Les deux tours en version longue, place au Roi.

 

Photo Elijah Wood, Sean Astin, Dominic MonaghanLes gars, remplissez votre gourde, on en a pour 4h au moins

 

SAROUMANE : LA CHUTE FINALE

Bien des spectateurs se sont demandés en sortant du Retour du Roi, quel était le sort de Saroumane. Ils auront dû attendre la version longue pour le découvrir, grâce à une scène coupée plutôt spectaculaire et graphique. Après sa lourde défaite concluant Les Deux Tours, le destin du mage et de son âme damnée Grima était laissé en suspens. Le réalisateur avait pourtant mis en scène leur sort funeste, alors que Grima poignarde le sorcier, avant d’être abattu d’une flèche. 

 

photo, Christopher LeeUn sorcier qui a les boules

 

Chutant de sa tour, Saroumane va s’empaler sur une roue à eau qui n’en demandait pas tant, à la faveur d’un plan qui n’est pas sans évoquer la mort du grand méchant du Temple MauditMême si Peter Jackson veille à conserver la tonalité grandiose de son film, on sent dans ce passage tout son amour pour l’emphase, voire le grand guignol, alors que Christopher Lee semble se régaler d’interpréter un nécromancien au bord de la crise de nerfsScène spectaculaire et satisfaisante, elle est néanmoins très différente de celle imaginée par Tolkien, qui ne dévoilait le sort du redoutable magicien qu’à la fin de son œuvre. 

En effet, lors de l’avant-dernier chapitre du texte, les Hobbits rentraient dans la Comté, pour découvrir avec effroi que leurs terres natales étaient tombées sous la coupe d’un mystérieux individu, Sharkey. Alors que les compagnons décident de sauver leurs terres natales, ils découvrent qu’il s‘agit de Saroumane, lequel finira égorgé par un de ses acolytes. Comme quoi, trahir les gentils pour leur envoyer une armée de milliers d’Orcs et d’Huru-Kaïs n’est jamais un bon plan de carrière. 

 

photoLa roue tourne

 

EOWYN L'HÉROÏNE

Arwen n'a pas eu ses grands moments de guerrière, un temps prévus pour Les Deux tours, mais Eowyn a pris le relais féminin. La nièce de Theoden incarnée par Miranda Otto a une des trajectoires les plus spectaculaires de la trilogie, puisqu'elle passe de demoiselle aux cheveux dans le vent à guerrière courageuse qui se lance dans la bataille finale, et parvient à tuer le Roi-Sorcier d'Angmar au milieu du chaos. Ce qui reste bien plus intéressant que ses histoires de cœur.

La version longue lui donne un peu plus de place, avec plusieurs petits moments et dialogues disséminés dans le film. Il y a notamment une scène entre Aragorn et elle, qui se réveille et raconte son cauchemar, où elle a vu une vague déferler sur le monde. Une vision hautement symbolique qui annonce l'apocalypse, mais également son courage pour l'affronter, avec cette force qui lui permet de rester debout malgré la peur. Le fait qu'elle ignore elle-même cette férocité rend le personnage particulièrement touchant.

Eowyn a également plus d'interactions avec Aragorn, notamment lorsqu'elle lui apporte à boire pour le draguer, ou qu'elle tente de le retenir quand il s'en va vers le chemin des morts, avec toujours plus de doux amour contrarié entre eux. Il y a aussi plus de dialogues avec Merry, son compagnon de baston. Une somme de moments, dialogues et silences qui donnent plus de corps au personnage.

 

photo, Miranda OttoDans le livre, son identité est cachée au lecteur jusqu'à la bataille

 

Eowyn gagne aussi quelques moments supplémentaires dans la bataille, entre un regard de Theoden, un coup de point dans la tronche d'un ennemi, et un sauvetage inopiné d'Aragorn et sa bande.

Mais bien sûr, c'est son amourette avec Faramir qui est rajoutée dans la version longue. Tous blessés, ils reprennent du poil de la bête après la victoire, et tombent d'un coup amoureux, arrangeant bien les affaires des scénaristes pour ne pas laisser cette héroïne pleurer au mariage d'Aragorn et Arwen. Le duo a ainsi quelques moments et plans pour donner un peu de vie à ce coup de foudre happy end. À noter qu'une scène de mariage entre eux a été tournée, mais ne figure pas dans la version longue.

 

photoPuisqu'on vous dit que ça finit bien tout ça

 

FARAMIR LE MARTYR

Pauvre Faramir. Introduit dans Les Deux Tours, le frère de Boromir prend plus cher dans la version longue, quand il n'est toutefois pas occupé à badiner avec Eowyn. Sa relation conflictuelle avec son père Denethor, amorcée dans d'autres scènes coupées du film précédent, prend un tournant littéral, au point que l'intendant formule directement sa préférence pour Sean Bean.

La séquence en question, où Denethor reproche violemment à son fils de ne pas avoir arraché l'anneau à Sam et Frodon, rend plus crédible son sacrifice désespéré. La vision de Boromir, substituant son frère à l'image, étale encore plus cruellement les obsessions du dirigeant couard. Heureusement, cet accès de noirceur est contrebalancé par un dialogue attachant avec Pippin, accentuant un peu plus l'humanité dont fait preuve le personnage rejeté, incapable d'être le héros que tout le monde veut voir en lui.

 

photo, John NobleJohn Noble porte mal son nom ici

 

Sa crémation orchestrée par Denethor prend alors des airs de procession funèbre, une farce en opposition totale avec la bataille gargantuesque qui fait rage en contrebas. Un détail très important marque dans cette marche dépressive : alors que l'intendant clame la fin du Gondor, un plan révèle la floraison de l'arbre du roi. De quoi souligner encore plus le décalage entre les lubies de ce leader en carton et les réalités guerrières, une belle idée dont la version cinéma se passe malheureusement.

Finalement, Faramir apparait comme la principale victime et le symbole du mal qui ronge son père. Un rôle qu'il assume bien moins dans le montage sorti en salles.

 

photoLes fleurs du bien

 

L'ARMÉE DES MORTS

Un très gros morceau supprimé, qui permet d'en voir plus du royaume des morts, où Aragorn va chercher de l'aide. Invoquant la malédiction d'Isildur, qui a condamné cette armée de lâches à errer entre la vie et la mort dans les montagnes, le héros s'engouffre dans le chemin des morts avec Legolas et Gimli, espérant trouver un renfort de taille pour la bataille.

Commencent ainsi plusieurs minutes d'exploration des cavernes hantées, où le trio marche sur des ossements, traverse des fumées pas très catholiques et s'enfonce dans les ténèbres, jusqu'à arriver au cœur des lieux. Là, les héros se retrouvent encerclés par les fantômes, face au  ̶N̶i̶g̶h̶t̶ ̶K̶i̶n̶g̶ roi des morts.

Dans la version cinéma, Aragorn sort sa belle épée pour stopper le roi, propose un marché pour les libérer tous en échange de leur aide, et le spectateur reste sur ce "suspense" jusqu'à la bataille finale, où les héros débarquent avec leur armée de copains morts pour taper de l'orc. Dans la version longue, c'est très différent : les morts disparaissent sur un silence qui inquiète les héros, puis tout s'écroule, et des milliers de crânes se déversent sur Aragorn, Gimli et Legolas. Ils fuient tant bien que mal dans ce tableau dantesque, et retrouvent finalement l'air libre.

 

photoLe verdâtre cercle des enfers

 

Comme le hasard fait bien les choses, ils tombent nez à nez avec quelques navires de mercenaires, qui ont rejoint les forces ennemies. Aragorn les somme de renoncer, Legolas manque son tir d'avertissement à cause de Gimli et abat un figurant (qui n'est autre que Peter Jackson oui), et alors que l'équipage se moque devant ce petit trio qui les menace, l'armée des morts surgit de la montagne pour les attaquer. Les morts hurlent de rage et les vivants, de peur. La mise en scène de cette apparition est d'ailleurs similaire à leur arrivée sur la bataille de Minas Tirith.

Cette armée des morts a soulevé beaucoup de questions, entre les libertés prises avec les livres (chez Tolkien, ils utilisent uniquement la peur comme arme, et poussent les vivants à fuir), et la rumeur qui voudrait que Peter Jackson n'ait jamais aimé leur rendu (peut-être parce qu'il repensait aux hanteurs des Les 12 travaux d'Astérix en les voyant à l'écran).

Dans tous les cas, la version cinéma joue plus la carte du suspense, de l'attente, et de la surprise, en zappant plusieurs étapes, pour directement montrer l'arrivée enragée de l'armée verte. Ce qui est d'une redoutable efficacité dans la narration - même si l'image des crânes qui menacent d'emporter et étouffer les héros vaut à elle seule le coup d'œil.

 

photo"Vos histoires ne m'intéressent pas ! Vous savez l'heure qu'il est ?!"

 

LES GOLIATHS D'OSGILIATH

Le Retour du Roi a beau narrer la défaite de Sauron et la victoire des héros imaginés par J.R.R. Tolkien, les forces du bien sont loin de n’y rencontrer que d’éclatantes victoires, comme en témoigne la scène coupée se déroulant à OsgiliathL’heure est grave, la Communauté est éclatée et les troupes de Sauron menacent la grande cité du Gondor : Minas Tirith. Dirigée par Denethor II, cette dernière semble vouée au chaos, son souverain n’acceptant pas la mort de son fils aîné Boromir. 

Ivre de chagrin, il opte pour une stratégie viciée, inconséquente, qui permettra aux Orcs de prendre la ville d’Osgiliath, où se trouve en faction Faramir. Lors de cette scène, absente de la version cinéma, il nous est donné à voir combien les humains, s’ils ne manquent pas de courage, sont alors impuissants face à ses ennemis nombreux, organisés et sauvages, loin de tout code de l’honneur. Le décor est funèbre, bien loin de la lumière irisée qui présidera aux séquences de la version cinéma se déroulant dans la cité en ruine, le jour venu.

Ce qui est aujourd’hui frappant avec cette séquence épique, qui mélange plusieurs techniques différentes, et met en scène quantité de figurants, c’est combien elle sert de répétition à une partie du climax de La bataille des cinq armées. Bien des années plus tard, Peter Jackson retravaillera un découpage très voisin dans l’ultime chapitre du Hobbit, alors que les héros luttent dans des ruines glacées. L’interminable attente, les adversaires invisibles, l’affrontement perçu comme perdu d’avance, tout ici rappelle et appelle la formidable conclusion de sa trilogie du Hobbit. 

 

photoUn combat perdu d'avance

 

DE L'OR EN MORDOR

Si le périple de Frodon et Sam ne manquait pas de scènes fortes dans la version cinéma, notamment la spectaculaire et inquiétante rencontre avec Shelob, formidable arachnide et véritable chien de garde de la citadelle de Cirith Ungol. Cette dernière accueille d’ailleurs une scène coupée, ou plutôt augmentée, qui permet de mieux mesurer le potentiel chaotique des troupes de Sauron. En effet, alors qu’ils sont occupés à se partager les biens de Frodon, les orcs ne peuvent manquer de se disputer et de s’entretuer sans pitié. Sur ces entrefaites, Sam survient et sauve son compagnon. 

Présente en salles, cette scène gagne en fluidité et en intensité, tout comme elle permet au spectateur d’appréhender un peu ce très beau décor. En outre, Sam continue de s’y imposer comme un aventurier non seulement dédié à sa cause, mais à son ami et sa survie. C’est d’ailleurs lui qui bénéficie le plus de tous les ajouts durant la traversée du Mordor, tant la version longue du film met à l’honneur son évolution. 

 

photoJusqu'au bout, il voudra la bague au doigt

 

Lorsqu’il menace directement Gollum, ou quand il entraine le porteur de l’anneau dans une séquence d’infiltration aussi amusante que tendue, c’est désormais lui qui prend en main le trajet. Conscient que Frodon souffre à cause de l’anneau et que seul lui peut l’aider à achever sa mission, tout en soulageant le poids qui mine ses épaules. Il est frappant de voir comme la caméra lui donne désormais la main sur l’action, notamment quand le duo doit se faire passer pour deux soldats de Sauron, afin d’échapper à tout un peloton d’orcs mal léché qui croise leur route. 

Pour autant, les ténèbres ne sont pas les seules à se greffer à cette traversée étendue. Peu avant que les deux comparses accompagnés de Gollum ne pénètrent dans le Mordor, Peter Jackson nous rappelle qu’il n’est pas seulement un geek hyperactif ou un maître du récit épique, préférant nous offrir une parenthèse enchantée. C’est frappant lors de la séquence où le trio découvre la statue abandonnée d’un ancien roi du Gondor, que le cinéaste transformer, d’un plan à l’autre, entre un présage terrible, puis une vision quasi-bucolique, à la poésie certaine. 

À coups de petites touches, qui apparaissent jusque dans les ultimes rebondissements de cette quête, alors que Gollum se voit gratifié d’une réplique supplémentaire en plein volcan, la version longue concourt à densifier le voyage, à en démultiplier la dimension éprouvante et la gravité. 

 

photoSam, héros en devenir

 

LA BOUCHE DE SAURON

Certainement l'image la plus forte et marquante de la version longue. Alors qu'Aragorn et son armée se positionnent devant la Porte noire pour attirer l'attention de Sauron, et aider Frodon et Sam à terminer leur cauchemar, quelqu'un vient à leur rencontre. Ou plutôt quelque chose : la Bouche de Sauron, émissaire envoyé pour discuter avec énerver les héros, en prétendant que leurs hobbits ont été trouvés et tués, et en brandissant la cote de maille de Mithril de Frodon. "Qui aurait pu croire qu'un être aussi petit, pourrait endurer tant de douleur ?".

Tout ça se termine vite puisqu'Aragorn avance pour décapiter le porte-parole (dans le livre, c'est bien plus bavard et il s'agit vraiment de négocier, notamment pour sauver Frodon), mais en une minute, cette Bouche de Sauron marque les esprits avec son design fantastique. Les yeux cachés par des morceaux de métal, les dents longues et acérées, la voix terriblement étrange (Bruce Spence se cache derrière), la vivacité de ses mouvements de tête dès qu'une personne parle, en font une créature fascinante, qui apporte une touche bienvenue de bizarrerie baroque au milieu des combats.

Que la bestiole semble sortie d'un film de Guillermo del Toro rappelle que le cinéaste devait réaliser un épisode de la trilogie Le Hobbit, et que ça aurait probablement fait des étincelles de cinéma fantasy.

 

photoLa moue est aveugle

 

LA (LONGUE) BATAILLE DES CHAMPS DE PELENNOR

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, tant les deux scènes constituent les principaux morceaux de bravoure de la saga, cette deuxième bataille fut très différente du siège de Helm dans sa conception. Bien plus chargée en effets visuels, elle multiplie les CGI - la faute aux innombrables armées qui s'affrontent - toutes plus uniques les unes que les autres. Et pourtant, New Line a tout de même dû couper dans cet affrontement titanesque.

Preuve de l'ampleur sans pareille du premier montage du film, certains plans bourrés d'effets spéciaux ont été prélevés. Dépassant rarement les 30 secondes, ces scènes ajoutées dans la version longue font durer le combat pour le plus grand plaisir des spectateurs en y insérant des bastons inédites. Outre le moment de gloire d'Eowyn où elle sauve les miches de son paternel, de nombreux plans fugaces retrouvent leur place. Les ajouts sont forcément difficiles à repérer lors d'un visionnage classique, mais renforcent encore un peu plus la grandiloquence de cette séquence désormais mythique.

Au début de l'affrontement, les orcs échouent à forcer les défenses de Minas Tirith, achevant de créer un parallèle avec Helm. Sauf qu'ici, ils n'y parviennent pas. L'arrivée de grond, bélier surpuissant, est alors amorcée par un chant guerrier orc, accentuant l'aspect massif de la tête-de-loup.

 

photoGothmog, bien plus présent

 

La section avec les oliphants est également rallongée de plusieurs plans. On y voit par exemple Gamling achever un spécimen particulièrement coriace ou un cavalier se faire balayer par une défense ornée de piques. Plus tard, on voit Aragorn, Legolas et Gimli sauver la mise d'Eowyn et du même mouvement tuer Gothmog, le patron boursoufflé des armées orcs.

Mais la séquence la plus iconique, et de loin la plus spectaculaire, reste la rencontre entre Gandalf et le Roi-Sorcier d'Angmar. Il est difficile à croire qu'un studio ait pu couper un passage aussi important à tous les niveaux, à croire que la réduction de la durée du film a été un véritable casse-tête. Les deux figures antagonistes représentant de façon tangible les luttes manichéennes qui secouent la Terre du Milieu et surtout la domination étouffante du camp de Sauron se rencontrent enfin. Le plan du Nazgul emplissant le cadre et l'espace sonore, vampirisant la pellicule, est un des moments les plus impressionnants de la trilogie.

Lorsqu'il met Gandalf, personnage établi comme puissance alliée inflexible, à terre, il multiplie à l'infini les enjeux de la bataille. Améliorée de partout, la version longue de la scène que certains retiennent comme un des passages les plus épiques d'une adaptation qui déborde pourtant d'héroïsme est indispensable pour tout fan de batailles homériques qui se respecte.

 

photoNaze VS Nazgul

 

PIPPIN ET MERRY, LA BROMANCE

S'il y a bien des personnages qui ont été soignés dans la trilogie, c'est Pippin et Merry, à l'origine ressorts comiques, puis de plus en plus impliqués dans une guerre qui ronge progressivement leur joie de vivre et d'être ensemble. Tout au long de l'aventure, ils se rendent compte que leurs gaffes peuvent avoir des répercussions bien plus graves qu'une simple réprimande, et leur relation, simple au début, en ressort de fait bien plus belle.

Dans Le Retour du Roi, c'est le Palantir qui complique les choses. La séparation est inévitable, et la version longue ne va pas se gêner pour la rendre encore plus déchirante. Les adieux sont difficiles, lorsque Merry contemple aux côtés d'Aragorn et la gorge nouée le départ de son compagnon. Ils se pensaient inséparables. Les forces noires à l'oeuvre leur donnent tort. Les propos rassurants d'Aragorn n'y font rien : la séparation de l'attachant tandem figure avec douleur la cruauté des évènements à venir.

 

photo, I Billy Boyd, Dominic MonaghanUne séquence rallongée de quelques mots

 

Car la suite des évènements impose aux deux compères, chacun de leurs côtés, de se remettre en question. Leur engagement au service des dirigeants du Gondor et du Rohan est bien plus important grâce à deux scènes qui ne manquent pas de souligner le parallélisme de leur choix. Dans les deux cas, le constat est amer : le cauchemar de la guerre va les rattraper qu'ils le veuillent (Merry et Eowyn) ou non (Pippin et Gandalf).

Dans tout ça, le plus bouleversant reste les retrouvailles, tragiques à première vue. Merry cherche son ami sur le champ de bataille, alors qu'Eomer pleure l'inconscience d'Eowyn. Rallongée, cette errance désespérée se termine de nuit dans la version longue, de jour dans la version courte ! Ainsi, la scène souligne la façon dont ils ont changé radicalement et dont leur lien s'est endurci. Le pari est gagné : le duo de personnages a marqué au fer rouge les spectateurs, encore plus dans le montage étendu.

 

photo, Dominic MonaghanUn sacré écuyer

 

THE LORE OF THE RINGS

Last but not least, ce troisième opus est également l'occasion pour Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens d'approfondir légèrement l'univers de Tolkien. Les ajouts sont parfois de l'ordre de la référence. Par exemple, lorsque Gimli explique vouloir entrainer ses cousins nains dans la bataille, Legolas lui rappelle qu'ils sont déjà en guerre.

Mais ils sont également plus consistants et servent véritablement l'intrigue. Après l'entrevue avec Denethor, Gandalf fait ainsi un petit cours d'histoire à Pippin, lui expliquant le passé du Gondor, peuple désormais réduit à l'ombre de ce qu'il fut jadis. Le passage, révélant le panorama noir à l'horizon, préfigure les conflits d'intérêts qui minent un peu plus tard la citadelle. Plus de précisions qui renforcent forcément les enjeux généraux et anticipent avec appréhension la bataille à venir. Le dialogue au balcon, rallongé lui aussi, précise la tactique orc et fait grimper un sinistre suspense avant le combat.

Quand il nargue Sauron avec son épée reforgée, Aragorn s'appuie par exemple sur des éléments de contexte. La vieille rivalité qui subsiste entre la cité blanche et la tour noire finit par desservir le tyran, comme si la connaissance de Gandalf et l'héritier du trône étaient finalement plus efficaces que leur force physique, forcément inférieure. Car au fond, malgré les batailles gargantuesques et les excès de discours épiques, la victoire dans Le Seigneur des Anneaux ne tient pas forcément à la force de frappe. D'où l'intérêt de se replonger dans les versions longues.

 

affiche française

commentaires

José
24/06/2020 à 16:59

Très bon article !
Tit coquille sur Pippin et Merry:

Dans tout ça, le plus bouleversant reste les retrouvailles, tragiques à première vue. Merry cherche son ami sur le champ de bataille [...]

C'est Pippin qui cherche Merry sur le champs de bataille, pas le contraire.

Nyl
24/06/2020 à 15:33

@zetagram

Moi, ça m'a toujours fait marrer cette séquence. Surtout avec les autres Ourouk l'encourageant (sous une pluie de flèches).
Et cela a atteint le paroxysme quand il se jette dans les mines, avec un cri de victoire ( j'ai compris banzai ou autre cri de kamikaze en ourouk).

Bref, il a allumé l'étincelle, si on peut dire c)

zetagundam
24/06/2020 à 15:04

J'ai beau aimer cette trilogie, je lui trouve trop d'éléments qui m'empêche de la placer dans les incontournables.

Déjà niveau casting :
-Viggo Mortensen, tout bon acteur qu'il soit, me donne à chaque fois que je le vois un sentiment d'ennui (sentiment encore plus confirmé par les différents bonus de la trilogie ou j'ai l'impression que c'est le mec le plus apathique du monde). J'aurai bien vu Lance Henriksen, mais sûrement trop vieux, avec sa gueule burinée qui dans mon imaginaire correspond plus à ce que devrait ressembler un rôdeur
-Dominic Monaghan, le hobbit aggressif, qui me donne envie de lui mettre des baffes
-Elijah Wood, trop jeune, car dans mon souvenir, Frodon est le plus âgé de la bande des 4 Hobbits alors que dans le film cela semble l'inverse
-Semi-déception concernant Gandalf car j'aivais toujours imaginé Cristopher Lee dans le rôle mais je dois avouer que Ian McKellen est parfait dans le rôle

Ensuite quelques fautes de goûts au niveau de la réalisation qui me sorte des films avec l'exemple le plus flagrant lors de la bataille du gouffre de Helm ou l'on voit un Uruk Hai se croire aux J.O. avec sa torche.

Sinon, en me basant sur la version longue DVD, mais il me semble que l'interlude du Retour du Roi tombe comme un cheveux sur la soupe car placé un peu trop tôt

Mera
24/06/2020 à 12:42

"Naze VS Nazgul"

Lol

La scène est décevante, certes très ironique avec l'épée en flamme du Roi Sorcier mais elle se termine aussitôt...Étonnant que Jackson vire la scène pour la version ciné, non seulement elle dure une petite minute mais en plus ça reste crédible par rapport à la phrase du Roi Sorcier lorsqu'il annonce mettre en PLS Gandalf.

Birdy
24/06/2020 à 12:13

Un peu facile le coup des fantômes qui gagnent la baston à eux tous seuls non ?

J'ai commencé à revoir tout ça en version longue avec mon fils. J'ai vieilli je pense, car... c'est long et maladroit très souvent dans le 1, et la moitié des persos me tapent sur le système.
Legolas et sa partie de surf en pleine baston, à compter les morts avec Gimli, face à des pseudos monstres assoiffés de sang, qui tombent comme des mouches pour une pichenette...

J'accroche plus trop.

Coquille?
24/06/2020 à 10:25

", et un sauvetage inopiné d'Aragorn et sa bande."
Ne serait-ce plutôt :
", et un sauvetage inopiné PAR Aragorn et sa bande."?

Nyl
24/06/2020 à 09:44

N'ayant pas aimé la première fois, j'ai retenté l'expérience hier soir.
Alors, le retour du roi reste un très bon film, notamment pour son arc de l'assaut de Sauron sur Minas Tirith (j'inclus les péripéties de Frodon dans la grotte et sa capture, dedans) et la bataille de la Porte Noire.
Néanmoins, les débuts sont d'une incroyable lenteur. Ce fut assez pénible à suivre, avant que Sauron décide de se bouger. Et cela expliquerait pourquoi je n'ai pas apprécié le film, la première fois. Les mises en places sont longs et pas forcément indispensable à mes yeux.
J'aurai préféré que certaines soient coupés, notamment Pipin avec l'intendant et le sacrifice de la compagnie de Faramir. Certes, ça montre la folie de Deathor et c'est bien mis en scène. Mais était ce nécessaire ? Je ne pense pas.
Ca aurait été mieux de cut et d'ajouter la scène de la confrontation entre le Roi Sorcier et Gandalf ( d'autant que c'était teasé dans le film, par la promesse du Roi Sorcier de le briser).
De plus, des scènes de la version longue, seul la confrontation de Gandalf avec le Roi Sorcier, le rapprochement Faramir et Eowyn ( d'autant que tout deux perdent une figure paternelle ( ça aurait été touchant à voir et aurait expliquer pourquoi ils sont ensemble à la fin) et la mort de Saroumane me semblent importantes et intéressantes à retenir. Le reste, on pouvait aisément le passer et ça alourdit inutilement le récit ( qui n'en a pas besoin).

Opale
24/06/2020 à 07:26

Total chef-d'oeuvre absolu.

Necrowbastos
24/06/2020 à 00:05

Je suis quasiment d'accord avec tous vos points excepté la mort de saroumane. Je la trouve très réductrice et décevante pour un antagoniste d'une telle envergure. Voir Gandalf le combattre grâce à sa magie, ça aurait été mieux. Là on assiste simplement la destruction de son bâton et à un gag qui semble tout droit sorti des films "y'a-t'il un flic" ( le mec se fait poignarder, puis il tombe, puis il atterit sur des pieux... ).

Numberz
23/06/2020 à 23:49

@pseudo

En lisant l'article, j'avais également en tête le jeu EA. Lorsque j'y jouais sur PC, je me suis demandé d'où ils sortaient ça. Mais ce passage me plaisait. Et quand est venue la version longue du film, pour le coup je n'ai pas été surpris de la scène.
Et du coup, encore moins surpris par leur arrivée à Minas.

Plus

votre commentaire