Le Pacte des loups : retour sur le miracle sauvage de Christophe Gans

Simon Riaux | 31 mai 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 31 mai 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Le stéréotype est plus que répandu chez les spectateurs français : le cinéma hexagonal est condamné à se diviser entre productions auteurisantes austères ou comédies bas du front. Et pourtant, en 2001, un film est venu balayer cette affirmation : Le Pacte des loups, véritable phénomène culturel, médiatique et public déferle sur les salles françaises. 

Beaucoup auront longtemps espéré y voir le film évangélisateur qui allait pousser producteurs et distributeurs à embrasser la cause du grand cinéma d’aventure et de récits assumant de fortes ambitions mythologiques. Las, presque 20 ans plus tard, Le Pacte des Loups fait toujours figure de cas d’école. Revenons sur ce film résolument à part dans le paysage français. 

 

photo, Mark DacascosUn film qui tape fort

 

SANG NEUF ET VIEILLES ARTERES 

Comment Christophe Gans a-t-il pu, dès son deuxième film en tant que réalisateur, rassembler un budget de 200 millions de francs (32 millions d’euros actuels), un casting énorme et une équipe technique venue des quatre coins du monde ? Pour cela, il faut revenir un peu en arrière, car lorsqu’il met la main sur le synopsis qui deviendra son deuxième long-métrage, il est déjà bien plus qu’un metteur en scène en début de carrière. 

Rédacteur en chef emblématique du légendaire Starfix, créateur de HK Magazine, et chroniqueur pour Rapido, émission présentée par Antoine de Caunes, Christophe Gans est non seulement un immense cinéphile, mais également un journaliste qui transmet sa passion comme une traînée de poudre, avec une contagiosité rare. Défendant un pan du cinéma, allant d’Argento à Bava, en passant par Cronenberg ou John Woo, que la critique institutionnelle n’a pas encore digéré, il devient rapidement un des journalistes travaillant dans le champ du cinéma parmi les plus influents.

 

PhotoChristophe Gans sur le tournage de Crying Freeman

 

À une époque où l’usage d’Internet est incomparable avec celui qu’il est aujourd’hui et où la presse écrite ne lui a pas encore cédé un pouce de terrain, cette position n’a rien d’anodine. Pour une génération entière de cinéphages, Starfix et Christophe Gans deviennent les passeurs d’une esthétique remuante et renouvelée, un peu comme le firent quelques décennies plus tôt Les Cahiers du Cinéma, engendrant une génération de réalisateurs dont le travail créatif et innovateur sera d’abord passé par une dimension critique. 

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commentaires
Hasgarn
01/07/2020 à 13:38

L’artwork qui illustre l’article est de Matthieu Lauffray. On en trouve d’autres dans son artbook « proto ».
Je n’ai jamais vu le travail de Caro sur ce film.

Camille
06/06/2020 à 10:42

Je l'ai revu recemment et frenchement auj ça passe pour un nanar : kungfu, l'Indien, la bête elle même qui ressemble à rien...Quitte à regarder un film français d'époque je préfere Fanfan la Tulipe avec Vincent Perez et Guillaume Galienne.

beutenhemm
03/06/2020 à 00:25

Dac avec toi dirty Harry, Ben t'es un peu pugnace. Kolby, '' bousiller '' et pas '' bousier ''.
Aussi non, tout va bien. ;)

Dirty Harry
02/06/2020 à 14:25

Au delà des petits détails qui plombent le film (toujours ce sérieux plombant chez Gans, Le Bihan aussi charismatique qu'une endive tiède et la vision de la monarchie trois fois à coté de la plaque, comme si la France était une dictature depuis 17 siècles la bonne blague !), le film a une belle ambition, hybride des choses improbables (feuilleton à costumes/Mangas/Western...) et a plutôt de la gueule, là où notre système montre ses limites c'est que Christophe Gans a été éjecté de France suite à l'immense succès de ce film, Canal+ commençait à se remplir de médiocres qui, jaloux de ce coup d'éclat, lui en ont voulu ! Il a du partir au Canada faire une série B adaptée d'un jeu vidéo alors qu'il aurait fallu lui faire un chèque deux fois plus gros pour faire du gros film stylé !! Ce film est le reflet d'un monde qui n'existera jamais plus (sauf si une bombe explose Paris et tous ces producteurs médiocres et bêtes à qui le mot "ambition" fait peur)

Ben
02/06/2020 à 11:33

@M1pat
Plutôt que de dire n'importe quoi, tu devrais t'intéresser au sujet et tu découvrirais assez facilement que "le milieu" qui déteste Besson n'existe pas. C'est Besson qui s'est toujours présenté comme un mal aimé des critiques, ce qui est faux mais fait parti du story telling Besson.

Et tous ces soi-disants réalisateurs qui ne seraient pas aimé en France et se seraient donc expatriés chez les Ricains qui sont eux tellement plus ouverts que nous, font d'excellents scores au box office en France. Le Pacte des loups a fait 5 millions d'entrées rien que sur le territoire français, en 2001.

Je ne sais pas si tu étais né en 2001, mais moi oui, et un film comme Le pacte des loups qui n'est ni plus ni moins qu'un manga live de par son contenu et le traitement des personnages y a rencontré un succès phénoménal - surtout pour un film aussi hybride.

Je serais toi - ainsi que ceux qui passent leur temps à s'autoflageller parce que Français -, je lirais et je m'informerais plus.

M1pats
02/06/2020 à 09:32

@réalisateur maudit

"Fantômas, un film d'action avec Vincent Cassel sous le masque, le film fut annulé lui aussi car le producteur Thomas Langman voulait en faire une comédie. "

Haha je suis plier, ils ne pensent qu avec les comédies ces bouffons, eux le seigneur des anneaux ils en auraient fait une comédie avec Franck Dubsoc

M1pats
02/06/2020 à 09:28

Avec Luc Besson les seuls qui osent faire bouger le cinéma fr en faisant autre chose que des comédies immondes ou drames lourds, et pour cela ils sont détestés dans le milieu

Kolby
01/06/2020 à 17:41

.... Concernant les mad movies et impacts, plus de bois pour en faire des revues et papiers a lecture, la technologie nous a bousier les seule chose qui nous servait de preuves. Pas que ... Mais a chacun son époque et à chacun de faire la différence dans ces choix

Kolby
01/06/2020 à 17:36

@real maudit... Ben
Je ne comparé pas Gans a letterrier mais plutôt de réalisateur en devenir français. On arrive pas a leur faire confiance dans des prods a budget realiste. Au state ces Real en question, on leur a offert leur chance ce qui n'as pas été le cas en France. Aja on le remarque de la colline a des yeux, Jeunet pour alien, letterrier ne rejette pas son talent, il est énorme. Même les 2 belge qui sont derrière badboys3. En France, cette simplicité qu'à les USA a donner leur chance au nouveau venu ne saurait se faire en France avec des films aussi important. C'est ce qui a cassé Gans vue que la plupart de ces projets n'a pas abouti faute aux producteurs et aux manque de confiance de certains.

pc
01/06/2020 à 15:02

A quand une réédition bluray digne ce nom...

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