Doctor Sleep, Ça 2, Simetierre... la mode Stephen King est-elle en train de retomber, encore ?

Geoffrey Crété | 15 novembre 2019
Geoffrey Crété | 15 novembre 2019

La suite de Shining a mal démarré au box-office américain, et rappelle que la marque Stephen King n'est pas si solide que ça.

Le succès monstre de Ça en 2017 (plus de 700 millions) semblait crier que Stephen King était de retour en force pour de nouvelles générations. D'où La Tour sombre, Simetierre, Dans les hautes herbes, Doctor Sleep, et une foule de projets annoncés.

Mais du clown et de l'écrivain, qui est vraiment le plus fort ? Alors que Doctor Sleep vient de mal démarrer aux États-Unis, et d'annoncer une perte pour le studio, et que Ça : Chapitre 2 a bien déçu avec un score loin du premier opus, la question se pose, encore. Stephen King fait-il vraiment vendre dans les salles de cinéma ?

 

photo, Ewan McGregorRegarder le King dans les yeux

 

SLEEPING BIDE

Entre le succès de Ça, l'étiquette Shining et le choix de Mike Flanagan, auréolé du succès de The Haunting of Hill House sur Netflix, Doctor Sleep semblait être une opération sûre et confortable. Que la critique soit relativement bonne, et que Ewan McGregor et Rebecca Ferguson soient de la partie allait dans ce sens. La seule concurrence rayon nouveauté, aux États-Unis, était Midway, le film de guerre de Roland Emmerich. Les voyants étaient donc au vert et le studio avait même commencé à parler d'une suite, totalement imaginée pour le coup.

Pourtant, Doctor Sleep, qui aurait coûté environ 50 millions selon Variety et Deadline, a démarré deuxième, avec seulement 14 millions de dollars. C'est loin des 25-30 millions estimés par le studio, et c'est peu, surtout comparé à Simetierre qui avait encaissé 25 millions dès son démarrage pour un budget d'environ 20. Comparé au clown Pennywise, c'est encore pire bien sûr : le premier avait engrangé dans les 50 millions pour son premier week-end, et sa suite, environ 37.

 

photo, Bill SkarsgårdUne chance sur deux : le succès ou le rejet

 

Deadline estime déjà que la Warner et ses partenaires devraient perdre minimum 20 millions, voire plus si Doctor Sleep n'atteint pas les 100 millions au box-office domestique. Dans le reste du monde, le film a jusque là encaissé dans les 20 millions.

Ce pâle démarrage résonne côté business, à plusieurs niveaux. Et l'un d'eux est bien sûr le nom de Stephen King puisque l'auteur superstar a regagné en popularité depuis quelques années, et semblait être considéré comme une marque et donc un argument de vente à lui seul. Une idée qui repose quasi uniquement sur le succès de Ça, tandis que les autres adaptations anciennes ou récentes confirment ce que tout le monde aura pu constater depuis des décennies.

Car au-delà de la durée de Doctor Sleep (près de 2h30) n'a pas aidé, c'est la foi marketing en Stephen King qui est remise en question - encore.

 

photo Doctor Sleep, Ewan McGregorLa sortie, sans passer par la case succès

 

TOUR FRAGILE

Il n'y a qu'à regarder l'année 2017, où sont sorties deux adaptations de Stephen King coup sur coup, pour voir que l'auteur n'est pas une assurance de succès. Oui, Ça a rejoint la liste des plus gros succès du cinéma d'horreur avec ses 700 millions au box-office, pour un budget d'environ 35. Mais quelques semaines avant, La Tour sombre a largement déçu avec seulement 113 millions, dont 50 côté domestique, pour un budget proche des 70 millions. Sans parler d'une revue de presse catastrophique, et d'un projet de saga abandonné et transformé en série depuis.

Ces dernières années, sur six adaptations, trois sont allées directement sur Netflix (Jessie, 1922, Dans les hautes herbes), alors que la logique aurait voulu que les studios se jettent dessus pour surfer sur la vague.

Et les trois autres ont eu des résultats relativement gentillets. Simetierre s'en est bien sorti avec plus de 112 millions, dont 54 côté domestique, mais ça reste moins que Simetierre version 1989 qui a fait mieux avec l'inflation. Ça : Chapitre 2 a un score très honorable (462 millions dans le monde, dont 211 côté domestique), mais très inférieur au premier film à tous les niveaux (plus de 700 millions dont 327 côté domestique). Et Doctor Sleep, donc, qui aura une place discrète parmi les flops 2019, parti comme ça.

 

photo, Jason ClarkeAvancer en terrain miné parmi les cadavres de King

 

SIMETIERRE DES ADAPTATIONS

Est-ce vraiment une surprise ? Après des dizaines et des dizaines d'adaptations de Stephen King, il semble clair que l'auteur n'a jamais été un attrait réel pour le public. Pour un Carrie au bal du diable (près de 34 millions pour un budget inférieur à 2 millions), un Shining (près de 46 millions pour un budget de 19), un Cujo (plus de 21 millions pour 8 de budget) ou un Christine (plus de 21 millions pour 10 de budget), il y a de lourdes poignées de films oubliés, boudés par le public en salles, et, au mieux, considérés par des classiques sur Nanarland.

Qui se souvient de The Mangler, Firestarter, Cat's Eye, Peur bleue, La Créature du Cimetière, Un élève doué, Coeurs perdus en Atlantide, Le Bazaar de l’Epouvante, Les Ailes de la Nuit, Fenêtre secrète ou Dreamcatcher, l'attrape-rêves ? Ou du moins, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'amour des navets ou la nostalgie d'une découverte adolescente ?

 

Photo La créature du cimetièreComment transformer une nouvelle géniale en navet (La Créature du cimetière)

 

Comment Stephen King en est-il arrivé là alors ? Parce qu'il a bénéficié d'une première fournée très puissante d'adaptations, menée par des réalisateurs de premier plan (Brian De Palma, Stanley Kubrick, David Cronenberg, John Carpenter, George A. Romero). Ils ont lancé le mouvement avec une telle force, et forgé des œuvres si importantes et indémodables, que ce sont des carottes de luxe après lesquelles tout le monde court depuis. Et parfois d'une bien triste manière, à l'image de Carrie, la vengeance, nouvelle adaptation sortie en 2013 et oubliée presque instantanément.

Au fil des années, des navets et des échecs financiers, plusieurs films ont régulièrement redoré le blason cinématographique (ou simplement économique) de la marque Stephen King, et balayé ces souvenirs douloureux et risibles. En 1985, Les Démons du maïs de Fritz Kiersch avec Linda Hamilton, a été un énorme succès vu son budget minime. Stand by Me de Rob Reiner aussi, en 1986, en plus d'être considéré comme un grand et noble film. Le réalisateur a remis le couvert avec Misery, là encore succès critique et public, qui a permis à Kathy Bates de décrocher un Oscar en 1991.

En 1994, c'était Les Evadés de Frank Darabont, de retour en 1999 avec La Ligne verte, succès phénoménal (plus de 290 millions). Et en 2007, il adaptait The Mist qui ravivait la flamme des fans. Puis, il y a eu Ça en 2017. Jamais plus d'une décennie sans qu'une adaptation soit adoubée par le public, voire la critique.

 

Photo , Michael Clarke DuncanLa Ligne et les billets verts

 

CHAPITRES SUIVANTS

La contre-performance de Doctor Sleep va-t-elle avoir de réelles conséquences dans ce contexte ? Pas sûr, puisque de nombreuses adaptations sont déjà lancées. Mike Flanagan travaille sur Chantier, L'Excursion, et a même évoqué d'autres projets avec Stephen King. Le Fléau va revenir en série de 10 épisodes, en 2020, avec James Marsden, Alexander Skarsgård, Whoopi Goldberg et Amber Heard.

Marche ou crève va devenir un film, réalisé par André Øvredal. Même chose pour Salem, Roadmaster, The Outsider et Lisey's Story, avec Julianne Moore. Sans oublier la série La Tour sombre.

Et si l'idée d'un univers étendu Kingverse n'a pas été concrétisée après l'échec de La Tour sombre, nul doute qu'elle a un avenir dans un monde où la franchise n'y échappe plus.

 

Photo  Idris ElbaL'homme de la plaine

 

Hormis rappeler que se reposer sur un classique déjà adapté comme Shining ou Carrie n'est en rien une idée en or, et vraisemblablement enterrer toute idée d'agrandir l'univers de l'Overlook au-delà des livres, Doctor Sleep ne devrait donc pas trop chambouler le cycle du Roi de la peur.

Et tant mieux si l'écrivain reste une source d'inspiration, vu que beaucoup de ses histoires méritent toujours de dignes adaptations. On avait listé quelques-unes de nos envies dans ce dossier.

 

photoStephen King très, très mis en avant

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commentaires
Geoffrey Crété - Rédaction
19/11/2019 à 18:52

@Maradeo

Comme vous terminiez en parlant de votre avis, je concluais sur la même note.

Les nuances sont là, puisqu'encore une fois, je dis que le score du deuxième film est très honorable. Je ne nie jamais cela. Mais il est aussi bien moins rentable, par son box-office et son budget rallongé. La rentabilité est un fait, pas un avis. Libre à vous de penser qu'une suite qui coûte plus et rapporte nettement moins n'est pas une déception, bien sûr.

Que cela puisse être éventuellement expliqué par des facteurs extérieurs n'y change pas grand chose quand on arrive au bilan d'ailleurs. Comme dit précédemment : ce n'est pas une analyse de Ça, qui est cité parmi d'autres. On a une rubrique (L'heure des comptes), où on le fait. Et on le fera pour ce film. Rien n'est omis, car ce n'est pas une analyse détaillée de ce cas, mais un dézoom sur plusieurs films et années.

On peut trouver toutes les raisons qu'on veut, et je n'irai jamais affirmer comprendre le succès, demi-succès ou échec d'un film. Cela dépend de trop de facteurs (marketing, période, météo, concurrence, durée du film, critique, effet de surprise...), donc on parlera toujours de facteurs, d'hypothèses, pas de vérités. Encore une fois, cet article n'est à aucun moment présenté comme un décryptage du box-office de Ça 2.

Carrément pas d'accord non plus avec vous donc, mais encore une fois : notre job n'est pas de vous dire quoi penser, ni de vous persuader. On propose des points de vue.
Votre "bonne façon" n'est pas "la" bonne façon. Etre en désaccord ne signifie pas que l'autre pense mal, raisonne mal.

Bonne continuation également

Maradeo
19/11/2019 à 18:43

Justement, c'est du box office dont je parle. Et contrairement à ce que vous pensée, les points que j'ai cités pèse dans la balance. Un film d'horreur de 2h50, ça a rebuté bien du monde, croyez-le ou non (d'ailleurs, ce fait est souvent cité, dans les bonnes comme les mauvaises critiques). Quand à la nostalgie 80's, je cite Stranger Things par simple exemple (le plus évident) et par rapport aux côté "amblin" sur lequel le premier film peut sembler se reposer (Ou le fait concrètement, c'est selon. Des gosses, des bicyclettes, etc...). Tout ça n'existe presque plus dans le deuxième film (ça n'a été que très peu vendu d'ailleurs), c'est un fait, pas une analyse. Quand au point sur la partie adulte, je parlais du bouquin (voir du téléfilm) et non du Chapitre 2, et là aussi c'est un fait, beaucoup pense que cette partie est moins intéressante que la partie enfant, suffit d'aller voir sur les forums dédiés, j'en ai moi même débattu sur un topic consacré au King. Vous parlez de nuances, mais justement, il faut nuancer sur ce qu'est le premier film et est le deuxième, car à bien y regarder, ils diffèrent sur pas mal de points, surtout si on commence, comme vous, à "analyser" le box office.

Donc It 2 une déception ? C'est vous qui vous vous en faite cette idée. Warner n'a jamais mentionné que le film était une déception par rapport au premier, ça, c'est vous qui le dite, c'est un point de vue, pas une analyse ni une contextualisation.

Donc on peut débattre longtemps, mais je suis carrément pas d'accord avec vous, ni avec l'article. Après, oui, c'est logique et intéressant de l'interroger, mais il faut le faire de la bonne façon aussi, pas en omettant des points qui semblent pourtant eux aussi tout aussi logique et évident.

Après, je suis pas là pour taper sur l'article, c'est pas mon but, je dénonce simplement des faits qui ont quelque part, certainement pesé aussi dans la balance au niveau du box office.

Enfin bref. Bonne continuation.

Geoffrey Crété - Rédaction
19/11/2019 à 11:31

@Maradeo

En quoi ça nous arrange ?

C'est "relatif" oui, c'est même toute l'idée de l'article : le contexte, pour relativiser (entre un film et sa suite, deux adaptations, le budget et le box-office...)

On écrit noir sur blanc que regarder le score de Ça 2 est intéressant en comparaison du premier. On ne dit nulle part que c'est un échec ("score très honorable"), et on répète régulièrement que le box-office n'est pas noir ou blanc, et se place souvent dans les nuances, les contextes, les comparaisons. On n'invente pas les chiffres, pas plus qu'on ne les cache.
Mais Ça 2 est une déception vu le carton du premier. Une suite qui fait à ce point moins bien que le premier, avec un budget qui a grimpé, et un buzz pré-existant, c'est logique et intéressant de l'interroger.

Stranger Things existait toujours et cartonnait toujours quand Ça 2 est sorti, la durée n'a jamais été une condition absolue à un succès-échec, la partie adulte n'a pas franchement quoi que ce soit de moins grand public (et d'ailleurs, le fait d'avoir ici des acteurs connus est même un atout promo...)... Tout ça relève bien de point de vue, et on n'a pas dit le contraire. Mais rien ne nous arrange ici, on tente juste de prendre du recul sur les récentes adaptations de King. Ce n'est pas une analyse de Ça 2.

On ne parle pas de notre avis sur le film ici, mais de business.
Et oui, on le répète chaque jour : notre avis n'est qu'un avis, jamais nous ne disons détenir la vérité, ou avoir comme job de dire aux lecteurs quoi voir-aimer-penser.

Si vous avez adoré, on est ravis. Mais ça n'a rien à voir avec le box-office, les billets verts. On parle souvent des succès de films qu'on a trouvés mauvais, ou des bides de films qu'on a défendus, d'ailleurs.

Maradeo
19/11/2019 à 11:18

Ouais enfin, vous contextualisé un peu ce qui vous arrange aussi... Je suis plutôt d'accord avec K.

Vous prenez en exemple It Chapter 2, mais le film a quand même tapé près de 470 millions (pour un budget de 75), ce qui reste, à l'heure actuelle, exceptionnelle pour un film d'horreur. Le film reste hyper rentable en remportant plus de 6 fois sa mise... Alors Ok, c'est en dessous des 700 millions du premier, mais faut pas oublier que le film fait plus de 30 minutes supplémentaires, ce qui n'est pas rien, surtout pour un film d'horreur, que le premier film a bénéficié d'un aspect nostalgie 80's alors en plein boom avec Stranger Things (ce qui n'est plus forcément le cas avec ce deuxième film), et sans parler de la partie adulte qui se veut plus "difficile d'accès" que la partie enfant (certains allant même jusqu'à la qualifier de "moins intéressante), d'autant plus pour ceux connaissant l'oeuvre de King... Tout ça (hé hé), ce sont des points que vous semblez oublié et qui sont ô combien important, qu'on aime ou pas le film. Après, vous parlez aussi de déception vis à vis du film, mais là, on est d'accord, ça n'engage que vous ? Parce que si la critique est en effet bien plus mitigé sur ce deuxième film (et c'était prévisible avec les points que j'ai cité), d'autres (comme moi), ont également adoré le film. Donc déception, c'est relatif...

Fred
18/11/2019 à 11:19

En même temps il faut voir le niveau de certaines adaptations poir n en citer qu' une parmi tant d autres dont vous faites référence la tour sombre ce film est une insulte à son oeuvre une épopée qui regroupe l ensemble de son oeuvre dans un film vraiment raté

Birdy
16/11/2019 à 09:13

Un film aura toujours plus de mal à entrer dans la tête de ses personnages que le livre d'origine. Et King est sans concession avec eux, et donc avec nous. Il détruit pièce par pièce la psyché de ses protagonistes et, souvent, l'horreur vient de l'intérieur. De nous. Plus facile à adapter quand c'est un clown bête et méchant qu'il faut illustrer. Sinon... il faut un grand réalisateur, et qu'on lui foute la paix sur l'adaptation.

Endor
16/11/2019 à 02:33

Un élève doué et coeur perdu en Atlantide sont de très bons films, succès et qualité ne sont pas synonymes. Et adapter du king edt plus difficile qu'il n'y paraît. Le format série sied mieux qu'un film, son univers a besoin de temps pour développer les personnages, psychologies et portrait de société. Le fléau promet bien en ce sens. Enfin, quasi toutes ces œuvres ont une version cinéma, on a vu pire comme échec...

captp
15/11/2019 à 21:19

Après les romans de King ont quand même, avec le succès, copieusement augmenté en page et les récits ce sont beaucoup complexifiés. Je trouve pas trop déconnant que les plus gros succès soit justement les 1er qui n'étaient pas des pavés et avec une intrigue assez linéaire et super cinématographique . Je cherche une bonne adaptation d'un gros roman complexe de King et j'en trouve pas. Des nouvelles (les évadés, stand by me) des romans "simple" (la ligbe verte, misery) oui.
Le vrai problème, selon moi, c'est qu'il file les clefs de ses romans ambitieux aux mauvaise personnes. Faudrait des réalisateurs extrêmement talentueux et en terme de ciné king c'est quand même un peu le ravi de la crèche.
Reste à voir si le format série rendra plus hommage aux livre avec le fléau et la tour sombre.
*j'ai vu passé que running man allé être aussi adapté (le film avec swarzy n'a rien à voir avec le livre)

Dutch Schaefer
15/11/2019 à 19:51

Que des daubes ces dernières années!
Des suites (Doctor Sleep) ou des remakes (CA et SIMETIERRE) entre nous qui sont des purges immondes!!!!!!!
J'ai revu MAXIMUM OVERDRIVE et SIMETIERRE 2 c'est nettement mieux! lol

Ringo
15/11/2019 à 19:39

Le succès des livres de King réside à la fois dans une horreur crue et sans fard (donc ne pouvant être adaptée que pour un public dépassant les 16 ans) et surtout trouvant toute sa saveur dans le développement des personnages. Chaque livre est l'étude psychologique approfondie d'un personnage. Personnellement, je ne comprends pas le succès de Ça, si fade à côté du roman, trop timide, avec un clown grotesque. Docteur Sleep, finalement, est beaucoup plus proche du King littéraire, avec des personnages fouillés et développés, où l'on souffre du coup pour le sort de certains personnages (quelle scène que celle du meurtre de l'enfant, pourtant filmée hors champs, et au pouvoir décuplé par la vision impuissante de l'héroïne). Kubrick avait "trahi" King mais offert une introspection dans l'esprit finalement plus proche du livre que ne le pensait King (l'adaptation TV fidèle signée Mick Garris et validée par King était proprement... nulle à chier).

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