Le Péril Jeune, L'Auberge espagnole, Deux moi... Cédric Klapisch, réalisateur culte ou phénomène dépassé ?

Geoffrey Crété | 14 septembre 2019
Geoffrey Crété | 14 septembre 2019

La sortie de Deux moi est l'occasion de revenir sur la carrière et la place de Cédric Klapisch.

C'est son 13e film, et pour ceux qui ont grandi avec Le Péril jeuneUn air de famille et L'Auberge espagnole, il est dans le paysage français depuis des années. Cédric Klapisch a connu des succès publics et critiques, les César, mais aussi le creux de la vague, comme si le vent avait tourné.

Alors que Deux moi est une belle surprise (voir notre critique ici), deux ans après le réussi Ce qui nous lie qui est passé un peu inaperçu, retour sur la carrière du réalisateur.

 

photo Klapisch begins

 

PAS DE PÉRIL SANS PARI(S)

Cédric Klapisch a explosé en 1994 avec Le Péril jeune, l'histoire d'une bande de gentils sales gosses, et ce n'est pas un hasard. Il a été refusé deux fois à l'IDHEC (ancien nom de la FEMIS, l'une des écoles suprêmes de cinéma en France), a écrit un mémoire intitulé Le non-sens au cinéma qui parle de Woody Allen et Tex Avery, est passé par l'université de New York où il a tourné un court-métrage avec le futur réalisateur culte et iconoclaste Todd Solondz, avant de revenir en France comme technicien, notamment sur Mauvais sang de Leos Carax.

Un parcours étrange et hors-norme, qui reprend une trajectoire classique avec son deuxième court-métrage, Ce qui me meut en 1989. Comme Spielberg et son Amblin, ça deviendra le nom de sa boîte de production, une dizaine d'années plus tard.

Mais tout démarre véritablement avec Riens du tout en 1992, comédie sociale avec Fabrice Luchini en patron qui tente de sauver son entreprise et ses employés avec des méthodes étonnantes. Son premier long-métrage est soutenu par Les Productions Lazennec, qui produit les premiers essais d'Eric Rochant, Philippe Le Guay et Mathieu Kassovitz. Quelque chose se passe, et Klapisch en fait partie.

 

photoLuchini, déjà là

 

Riens du tout attire un demi-million de spectateurs en salles, et ce n'est pas rien. C'est même un joli succès. Mais le vrai miracle arrive après : Klapisch réalise un téléfilm pour Arte, dans le cadre d'une commande autour du thème "Les années lycée". Diffusé à la télévision en 1994, il rencontre un gros succès, triomphe en festival, si bien que Gaumont (et notamment Pierre-Ange Le Pogam, futur bras droit de Besson) lui offre une sortie en salles l'année suivante.

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commentaires

rodolphe
15/09/2019 à 03:00

Mon avis qui ne tient qu'à moi. Après le Bataclan et la crise dite "migratoire" qui ira jusqu'à son terme, le cinéma Français ne se relèvera pas je pense de cette prétention de décrire un moment de jeunesse et dont 'l'Auberge Espagnol' témoignage à sa façon. Car c'est quoi cette jeunesse ou il manque l'autre grande partie et pas des moindre si vous voyagez ce que je veux dire et dont tout le mode a peur maintenant. Et cette Europe Utopique à la Klapisch devenu un asile psychiatrique ? Le cinéma français est mort car il ne peut plus, ne sait plus ou veut plus décrire ce qu'est devenue la France et L'Europe par sa jeunesse. Trop sordide. Je ne comprendrais jamais comment le pays des lumières et de Voltaire a pu se rabaisser à ce point dans son cinéma au politiquement correct d'auteurs de troisième zone et les critiques avec. L'histoire nous jugera comme des lâches incapables de voir ce qu'on voit, rien moins. De toute façon, même si Rossilini, Pasolini ou Antognoni revenaient avec leur néo-réalisme qui décrivait si bien l'après guerre Italien et dont nous aurions bien besoin, de toute façon, nous serions bien incapable de comprendre de quoi il s'agit tellement l’esprit Français a été formaté au padamalgam. Cédric Klapisch, quelle imposture avec son péril jeune quand on voit la jeunesse aujourd'hui et le pays avec. Son cinéma c'est trompé car si on suit son raisonnement filmique, on aurait jamais dû avoir ce pays d'aujourd'hui. Il a voulu voir du divertissement dans une jeunesse somme toute maîtrisable quand il s'agissait de décrire le signe d'une barbarie à venir dans cette jeunesse et sa fausse quête faite en carton pâte. Une faute irrémédiable et des comme lui il y en eu à la pelle, encensés par la critique encore aujourd'hui, dansant sur les braises d'un monde effondré et barbare comme dans le 7ème sceau de Bergman. Comme dans tous mensonges pour gagner temps et fausse gloire, un jour ou l'autre, comme dans tout pacte faustien, il faudra payer. Ce que le cinéma aujourd'hui paye cruellement.On ne joue pas impunément avec la barbarie car cette jeunesse de l'époque de Klapisch a créé un monstre à plusieurs têtes.

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