The Terror : Infamy - après trois épisodes de sa saison 2, la série d'horreur de Ridley Scott inquiète beaucoup

Lino Cassinat | 29 août 2019
Lino Cassinat | 29 août 2019

The Terror paraît bien mal engagée dans sa transition de minisérie à anthologie, tant George Takei et Ridley Scott peinent à convaincre.

On avait envie d'y croire après l'époustouflante saison 1 de The Terror, mais les grands schémas de la création artistique s'appliquent parfois de manière implacable. The Terror était conçue comme une minisérie adaptée du livre éponyme du légendaire Dan Simmons, mais la chaîne AMC et le producteur Ridley Scott ont décidé face au succès public et critique de continuer l'aventure avec une saison 2 originale, portée par une toute nouvelle équipe artistique.

Mal motivée et sortie de nulle part, The Terror : Infamy promettait cependant de faire les choses bien et de s'attaquer à un beau sujet. De quoi garder espoir ?

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !

 

photoToi qui entres ici...

 

TERROR 404

Un épisode plus tard, on se dit qu'il faut bien laisser le temps à la machine de se lancer. Deux épisodes plus tard, on se dit que parfois, quand même, on est bien naïfs. Trois épisodes plus tard, il faut bien se résigner : The Terror : Infamy est engagée dans la mauvaise voie, n'a absolument pas l'air de vouloir en sortir et nous fait globalement craindre une bien mauvaise saison 2. La qualité du récit est bien partie avec Dan Simmons, et le duo Alexander Woo / Max Borenstein semble incapable de prendre la relève et de construire une ambiance prenante.

Rien que résumer l'intrigue pose problème pour le moment. Il y a bien une histoire de contexte historique traumatique - à savoir, la déportation des communautés japonaises en Amérique au lendemain de Pearl Harbor -, agrémenté d'un gros bout de romance impossible et interdite assez difficile à mâcher. Ah et il y a un fantôme familial tout ce qu'il y a de plus classique aussi, et qui aurait bien besoin d'aller faire un tour chez l'osthéo de Linda Blair.

Mais pour l'instant, on est bien en peine de tenter d'expliquer de quoi The Terror : Infamy parle, car rien ne lie ces trois arcs, qui ne font que se parasiter les uns les autres et se développent à la vitesse d'un obèse lancé dans une course de haies.

 

photoVous avez dit combien de temps d'attente ?

 

THE THREAT IS DÉBILE

L'exposition dure beaucoup plus que de raison : il faut attendre l'ultime image de l'épisode 2 pour que la sécurité de la communauté soit concrètement compromise et arrive au coeur du récit avec leur déportation en camp de concentration, et au bout de trois épisodes, les personnages n'ont toujours pas pris conscience de la menace.

Évidemment, il est très difficile de construire un antagonisme convaincant si le danger ne se pointe jamais, et malheureusement, la plus mauvaise conséquence de cette interminable introduction, c'est que The Terror : Infamy ne fait jamais peur.

 

photoAttention au vilain fantôme qui fait du thé

 

Il y a bien eu deux moments un peu trashouilles, mais à part provoquer une légère crainte d'une visite future chez un ORL, on est loin de l'insidieuse et glaciale saison 1.

L'absence de menace prégnante est le facteur principal de cette baisse drastique du trouillomètre, mais pour compléter le tableau il faut aussi ajouter un recours à des mécanismes d'horreur vieux jeu, le jeu des acteurs très inégal, et surtout cette très encombrante béquille scénaristique : la romance entre Chester (Derek Mio, incompréhensible Gérard du pire acteur de la série alors qu'il en est l'acteur principal) et Luz (Cristina Rodlo, dans un rôle à l'extrême inverse de celui de Too Old to Die Young).

 

photoNWR, je reviens quand tu veux

 

Preuve que le script fait diversion depuis trois heures, leurs atermoiements mouillés phagocytent tout le récit et font passer l'histoire de fantôme et l'enfermement en camp de concentration au second plan. À tel point qu'on se demande régulièrement si on n’a pas lancé un vieil épisode de Dawson (ou de True Blood peut-être, dont de nombreux épisodes ont été écrits par Alexander Woo).

Non vraiment, ce début de saison fait un peu peine à voir et ne tient vraiment pas la comparaison avec The Terror première du nom. En l'état, en ne donnant en plus aucun signe d'amélioration, on n’est guère optimiste pour la suite, et on ne peut qu'honnêtement vous recommander, pour le moment, de relancer une partie de Project Zero ou Forbidden Siren. On se revoit dans sept épisodes pour le bilan.

Un nouvel épisode de The Terror : Infamy est diffusée chaque semaine sur Amazon Prime Video en France.

 

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commentaires

WilliamFoster
31/08/2019 à 23:29

Pour avoir visionné la saison 1 deux fois à ce jour je peux dire ne lui trouver aucun défaut, et trouver ces 10 épisodes somptueux.
La s2 semble s'annoncer comme tout à fait vaine, j'ai vu l'e1, je n'irai pas plus loin.
N'est pas auteur qui veut, en particulier Ridely Scott.

La girafe
30/08/2019 à 11:05

1ère saison en effet surestimée à mon avis (malgré une bonne réalisation et de bons acteurs). Peut-être n'aurais-je pas du lire le roman avant.

Grutu
29/08/2019 à 17:47

Personnellement j'ai bien accroché à ces 3 premiers épisodes... je préfère de loin ce début de saison, j'ai trouvé la saison 1 assez bien mais avec des longueurs qui m'ont souvent données envie d'abandonner.

Chris
29/08/2019 à 14:37

Déjà je comprend pas tout le foin qui à été fait sur la très moyenne et bourrée de longueurs saison une.

Pouet
29/08/2019 à 12:53

Epoustouflante saison 1 ? C’était superbement bien réalisé, interprêté mais que c’était lent, long et étiré pour finalement pas grand chose. Je ne sais même plus au final si j’ai aimé ou détesté.

Glowy
29/08/2019 à 11:55

"TERROR 404", excellente celle-ci!

Mariokébab
29/08/2019 à 11:46

Pauvre Linda Blair....

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