C'est quoi sa guerre ? Avant Rambo : the Last Blood, on revient sur le premier film de la saga

Simon Riaux | 30 août 2019 - MAJ : 30/08/2019 13:39
Simon Riaux | 30 août 2019 - MAJ : 30/08/2019 13:39

Sylvester Stallone sera bientôt de retour à l’occasion de Rambo : Last Blood, dès le 25 septembre 2019. Le vétéran du Viêtnam va une nouvelle fois y massacrer plein de méchants, armé de son arc et de son gros couteau.

Devenu une des franchises emblématiques de la carrière de son interprète, la saga s’est transformée et a muté à travers les âges, au gré des changements de mode, des bouleversements politiques et de la carrière de Sly. Alors que le cinquième chapitre de cette fresque qui fleure bon la viande approche à grands pas, on revient sur les épisodes précédents.

Et on commence avec Rambo de Ted Kotcheff, sorti en 1982.

 

photo Sylvester Stallone à Cannes, lors de l'hommage qui lui a été rendu à l'occasion de la projection de Rambo en mai 2019

 

POURQUOI C’EST SA GUERRE

Cette première apparition à l’écran du personnage est une adaptation du best-seller de David Morrell. John Rambo, vétéran du Viêtnam, où il a officié dans les Forces Spéciales et écopé d’un bon trauma des familles, est incapable de se réinsérer au sein d’une société qui ne le comprend pas, ne veut pas porter la croix de ses anciens combattants amochés, mais surtout, associe cruellement les soldats à l’administration qui les a précipités dans un conflit perçu comme injuste.

Errant dans l’état de Washington à la recherche d’un frère d’armes, il découvre bientôt que ce dernier est décédé. Il est alors pris en grippe par le shérif local, qui le voit comme un parasite possiblement fauteur de troubles. L’agressivité qui est opposée à Rambo réveille en lui la violence et la paranoïa qu’il a hérité de la guerre. Quand la police le malmène, il se transforme en véritable machine de guerre, lancé dans une vendetta contre les autorités.

 

photoLa pêche, la super-pêche

 

Après avoir allégé la charge salariale des forces de l’ordre du comté de Hope, John Rambo met la petite cité à feu et à sang. Seul son ancien supérieur et mentor, le colonel Trautman, parviendra à l’arrêter, en lui permettant de verbaliser la terreur et la rage qui l’animent, alors que le soldat est sur le point de provoquer une sanglante confrontation avec l’armée, qui encercle le commissariat où il s’est retranché.

À noter qu’initialement, le héros devait mourir, ainsi que le shériff, laissant Trautman seul survivant du massacre. Une sorte de Frankenstein inversé donc (le créateur survivant à sa créature) qui constituait déjà la conclusion originale du roman.

 

UNE FLECHE AU BOX-OFFICE

Le film de Ted Kotcheff est un éclatant succès au box-office. Il rapporte 125 milions de dollars pour une mise de 15 millions. De nos jours, il s'agirait d'un succès remarquable, pour peu qu'on injuste l'inflation : le film aurait coûté dans les 39 millions de dollars et rapporté plus de 330 millions de billets verts. Une rentabilité dont rêveraient beaucoup de longs-métrages originaux, classés R et ne bénéficiant pas d'une marque établie prélablement au box-office pour assurer leur renommée. Rambo s'impose ainsi instantanément comme un personnage central de la pop culture américaine et de la carrière de Sylvester Stallone.

 

photoOn avait dit bien dégagé autour des oreilles, c'est ça ?

 

Mais le projet revient de loin, et avant d'être un énorme succès pour Kotcheff et Stallone, il est passé entre bien des mains. De la Columbia vers Warner Bros, John Milius se pencha sur le projet et Clint EastwoodRobert De Niro ou encore Kris Kristofferson furent envisagés pour tenir le haut de l'affiche. De même, le script changea plusieurs fois, au gré des velléités de ses auteurs ou producteurs, les personnages décédant ou survivant selon les versions. Au final, John Rambo ne dut sa survie qu'au flair des producteurs sentant le succès venir.

 

GUERRE INTERIEURE

Dans son discours, mais aussi sa mise en scène et sa caractérisation des personnages, Rambo témoigne des mutations en cours au coeur de la machine Hollywoodienne. Le Nouvel Hollywood et son cinéma souvent noir, pour ne pas dire nihiliste, sont à l'agonie. Le bide de La Porte du paradis de Michael Cimino vient de couler la United Artists, et les studios ne font plus confiance dans les auteurs qui ont émergé dans le sillage de Bonnie et Clyde ou Easy Rider. Le succès de toute une génération d'artiste s'étiole, le public veut des oeuvres plus positives, plus colorées, et les exécutifs trépignent de leur offrir, tout en reprenant directement la main sur le contenu et l'orientation des projets qu'ils valident.

 

photo"Bon c'est un peu ma guerre quand même hein"

 

Ainsi, le métrage apparaît infiniment plus léger et abordable que d'autres oeuvres sur le même sujet, beaucoup plus linéaire et compatible avec les canons du divertissement grand public. Mais si Rambo n'est pas Voyage au bout de l'enfer, le film n'a pas pour autant abandonné toute complexité ou ambition politique, loin s'en faut. On pourrait même y voir, sous ses oripeaux de divertissement rythmé et intense, une forme de dénonciation extrêmement forte. Ainsi, le cinéma américain ne l'a pas attendu pour dénoncer les horreurs du Viêtnam et plus globalement, les errements de la classe politique américaine. Toutefois, on note dans ce premier chapitre un élément rarissime dans le cinéma américain traitant de la guerre et de ses conséquences.

Le personnage de John évoque à plusieurs reprises le front et le combat, mais jamais, absolument jamais, ne s'autorise à diaboliser son ennemi. Pour critique que le genre soit à l'égard de l'administration américaine, rarement l'ennemi des troupes états-uniennes aura été décrit avec autant de respect (une donnée qu'abandonnera totalement la saga dès Rambo II : La Mission). Car le récit embrasse totalement la nature de son anti-héros, devenu un outil envoyé à la boucherie, désormais inutilisable, brisé, rejeté par le système qui l'a engendré. Le super-soldat ne souffre pas seulement d'un manque de considération, il souffre d'avoir été dupé et poussé à commettre des actes qui le hantent.

 

Photo Sylvester StalloneJeux de couteaux, jeux brutaux

 

Cette conscience politique aiguë s'accompagne de plusieurs ingrédients qui demeureront les signatures de la saga. La présence de la nature, la capacité de John à ne faire qu'un avec elle, le camouflage, son armement, la nécessité de se soigner à la dure, le bandeau, la destruction finale, le trauma de la détention et de la torture... Toutes ces marques constitutives de l'identité de la franchise et présentes jusqu'à aujourd'hui impriment la pellicule, à l'exception de l'arc, qui fera son apparition dès l'épisode suivant.

Sur un plan artistique, le film doit beaucoup, pour ne pas dire tout à Sylvester Stallone. Il se battra comme un beau diable pour ramener le montage (intiialement de plus de 3h) à une durée raisonnable de moins de 100 minutes, et assure une interprétation bouleversante du personnage. Ce dernier deviendra constitutif de son image, et cristallise la star comme l'ambassadeur d'un cinéma certes musclé, mais aussi porte-voix d'hommes brisés par l'histoire de leur pays. Un héros populaire, un déçu de l'American Way of Life qui n'a plus que ses poings pour parler.

 

photo

commentaires

Moonroe
13/09/2019 à 20:49

Pour certain arrêtez de faire les cinéphiles averti avec des critiques qui ne même pas plus large que ce que vous critiqués en mal.
Nous ne critiquons pas un film d’auteur là, ce n'est que du pure divertissement et j'ai été voir le premier opus au cinéma et me sis régalé.
Pour ce genre de film il faut l'avoir vu dans un vrai contexte des années 80' ou ce genre fascinait pas mal.
Tu mattes des films au cinosh en 2019, tu ne vois que décors bleus, rôles surjoués, etc...
Il a le mérite d'avoir été fait, le mérite d'avoir plu... Là j'ai l'impression d'avoir affaire à des pros du cinéma qui pourraient faire mieux si l'on leur donnait une caméra dans les pattes...

Aller Dav, ta critique à la noix sérieusement... Donne moi tes films préférés et on ne reparlera.
Ne regarde pas ce genre de nanars comme tu le dis et tape toi un réservoir Dog, un Albinos Alligator , LA confidentiel ou encore Memento ce sont de très bons film tu verras :)

Stallone c'est un acteur de toute un génération avec les Scharzi, Patrick Swayze, Eddy Murphie et j'en passe... Serte ils n'ont pas fait que des bons films, mais ils ont fait des années 80' l'une des plus belle période des ces dernières décennies.
Années 80' sont les années les plus riches en productions cinématographique et musicale.

Tu ne dois pas les avoir vécu quand je vois ce que tu écris. Ma fille de 17 ans m'envie d'avoir connu ces années quand je lui mets un Breakfast Club ou La Journée de Ferris Bueller...
Pourquoi je mets cela me diras tu et probablement que tu n'en as rien à faire me diras-tu...

Je mets cela car je veux que tu t'y plonges car on commence à en revenir dans les films des années 80'

exp : Stanger Thing (série Netflix qui cartonne), le dernier Tarantino Once Upon a Time… in Hollywood, Les Gardiens de la Galaxie avec leur BO avec le Walkman à cassettes de StarLord et d'autres viendrons crois moi ;)

ComprendsPas
09/09/2019 à 08:46

Peut-être bien le meilleur film de Stallone...

Baneath88
08/09/2019 à 21:10

Oui, un très beau film malgré la dureté de son propos. Rétrospectivement, il est encore plus émouvant car le voir aujourd'hui. Car c'est voir le symbole d'une génération meurtrie, balayée par les erreurs et le conflit. Un symbole qui va pourtant finir par être associé à l'exact inverse de ce qu'il brocardait (avec les hilarants et décérébrés Rambo 2 et 3). Heureusement que John Rambo remettait un peu de baume au cœur.

Starfox
06/09/2019 à 14:56

Oui c'est vrai qu'on oublie souvent de dire que Rambo est avant tout un homme brisé. Dans ce premier épisode, il est rejeté par l'establishment civil incarné par le policier incarné par Brian Dennehy (magnifique prestation au passage) et utilisé par l'establishment militaire (Richard Crenna, re-magnifique prestation au passage).

Et j'aimerai revenir sur la prestation de Richard Crenna. Jusqu'à tout récemment, j'avais toujours considéré qu'en tant qu'acteur il en faisait un chouille des caisses dans ce film. Je trouvais qu'il cabotinait, les mouvements de la tête, la façon dont il parlait, les rictus buccaux tout ça, ça m'énervait un peu.

Et en fait, je me suis rendu compte que ce surjeu traduisait une forme de fierté militaire d'avoir su former un soldat comme Rambo, sans se rendre compte qu'en formant un soldat quasi-indestructible, il avait détruit - brisé - un homme.

Et ce n'est donc à la toute fin qu'il se rend compte des dégats qu'il a occasionné sur un homme. De fait, le colonel Trautmann, même s'il fait ce qu'il peut pour épargner Rambo des griffes du Shérif Teasle, passe au final pour un personnage monstrueux au même titre que ce dernier.

Jean
01/09/2019 à 07:11

Le film rambo 1 montre bien la considération que l'administration avait contre les anciens combattants d'Indochine et du Vietnam à l'époque au l'œil du public mal traité et injurier après ce qu'il y avait en durée pour certains la dureté des combats et de captivité. J'ai aimé la base de l'histoire de rambo 1

MrGuy
01/09/2019 à 02:32

Ils me font bien rire ceux qui critique le premier Rambo.
Certainement les mêmes qui nourrissent la machine hollywoodienne en se gavant de transformers ou de remake en Images de synthèse des vieux classiques de Disney (qui n'a plus d'idée ceci dit en passant).
Le premier Rambo est un drame social, tout comme le premier Rocky d'ailleurs...

Dav
31/08/2019 à 16:26

Ouah teoo bien znfin le 5emz.

J adore les navets de ce genre, ou 1 lec xoupe du grillage barberle avec 1 couteau et tue 150 gras avecc1 chargeur. Il est troo fort ce sly !
Ce sont surement mes 5 nanars preferes a regarder entre potes spour se marrer de la mediocrite du truc

Pat
31/08/2019 à 16:23

Mon comm n est pas passe :
J'ai toujours apprécié cette saga (sauf le 2 et le 3 remplis de défauts ce sont de mauvais divertissements bourres aux scènes d'action bien faisant dans le too much) mais ce 1er opus est clairement le meilleur des 4meme sil ne vole pas haut du tout non plis, avec tant inciherences, et de trucs surrealites. (en attendant le 5, que je m apprete a adore4 aussi, meme si il a l air extrement banal 1fois de plus, ou ca va etre, moi rambo, moi tuer tout ce qui bouge car pas content).

En gros rambo, c est hulk avec desx couteaux et flingues, il s enerve, il tue tout ce qui bouge.
La meilleure partie de ce film c'est peut-être le début avant l'action n'éclate car c'est le calme avant la tempête. Et apres quand rambo hulk devient vert de la rage, la c est toujours hyper mauvais et mal joue, et on s ennuie grave dedans tant de deja vu.

Troo hate, c est ma serie de film prefere, meme sij aime pas vraiment vu qu aucun n est un film de qualite

Captp
31/08/2019 à 16:14

Ca serait top de faire la critique du 5eme, au lieu de juste faire le premier, car le 5eme s annonce comle etant totalelement superieur a tous les precedents.
Il ny a peut etre que le 1et2 qui soient meilleurs, et le 3et 4eme aussi, mais sinon, ca a l air d etre le meilleur.
Vite 1 dossier dessus svp !

Captp
31/08/2019 à 16:12

J aime le dossier sur le 1, mais pourquoi pas faire aussis 1 dossier sur le 4, qui est fantastique, quand il est en thailande et tue plein de thailandais, apres avoir tue plein d iraniens, apres avoir tues pleins de vietnamiens, apres avoir tue...juste le chef de la police dans la 1.
Parce que ke 4,c est sans doute le meilleur du meulleur de la serie rambo, si on occulte peut etre l episode 1et2, voir le 3.

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