Parasite, Midsommar, Dragons 3... les meilleurs films de 2019 jusque là

La Rédaction | 15 août 2019
La Rédaction | 15 août 2019

La rédaction partage son classement des meilleurs films de 2019, sur les sept premiers mois.

Non, 2019 n'est pas encore terminée, loin de là. Oui, Ecran Large a déjà l'envie (et le temps) de dresser un top et un flop des films de l'année, et profiter de l'été pour un bilan à mi-parcours.

Alexandre, Déborah, Prescilia, Christophe, Simon et Geoffrey ont donc survécu à une discussion collective intense, pour arriver à un classement démocratique des cinq meilleurs films de l'année, sortis entre janvier et mi-août.

 

photo, Lupita Nyong'oQuand tu sais que tu étais aux portes du top de la rédac

  

PARASITE

Après Snowpiercer : Le TransperceneigeThe Host et plus récemment Okja (premier film Netflix du Festival de Cannes), le réalisateur coréen Bong Joon-ho revient sur le devant de la scène avec son dernier long-métrage intitulé Parasite. Récit arachnéen d’une famille coréenne dans la misère sociale qui réussit à s’insérer à force de fourberies à l’intérieur d’un foyer aisé.

Depuis le début de sa carrière, Bong Joon-ho se plaît à mettre en scène les dichotomies du monde, qu’elles soient sociétales ou environnementales. Vision satirique de la société coréenne moderne devenue perverse et vicieuse, Parasite nous emporte sans ménagement dans les affres et désarrois de cette famille pauvre.

Dans Parasite, on rit comme on est effrayé. La frontière entre l’humour et l’horreur est d’ailleurs fine. Car derrière les faux sourires, et les faux rires, se cachent l’étrange et l’inquiétant qui dissimulent la bête tapie dans l’ombre, prête à surgir à tout instant. Le rire permet de maintenir au loin cette monstruosité grotesque qui se cache dans le placard et lorsque celui-ci s’arrête, la violence explose. En résulte un long-métrage à la violence psychologique comme physique mordante et incroyable. À l'instar de ses autres films, Bong Joon-ho s’amuse à flouter cette frontière des genres. De la comédie à l’horreur, la ligne est parfois fine.

Notre critique du film est par ici.

 

photoUn jeu de dupes jubilatoire comique, violent et effrayant

 

LA FAVORITE 

Avec La Favorite, le réalisateur Yorgos Lanthimos signe une somptueuse revisite du film d’époque qui maîtrise aussi bien sa lumière, ses plans audacieux que ses costumes et ses décors chargés. Porté par un casting trois étoiles, le récit nous plonge au début du 18e siècle dans la Cour de la reine Anne (Olivia Colman) dont la santé est aussi fragile que l'équilibre mental.

Laissant au second plan les affaires politiques, elle s'affaire surtout à être toujours plus convoitée par ses deux favorites, Lady Sarah (Rachel Weisz) et Abigail Hill (Emma Stone) qui elles aussi cherchent à s'attirer les préférences de la reine.

Dès lors, les deux femmes se lancent avec assurance, perversion et ingéniosité dans une compétition malsaine où tous les coups sont permis, la manipulation sexuelle en premier lieu. La Cour devient alors un immense terrain de jeu pour le réalisateur et ces femmes. Les différents anachronismes (musiques contemporaines et répliques trop vulgaires pour être d'époque) rajoutent toujours plus d'extravagance à cette histoire démente et très drôle malgré tout son cynisme.

La Favorite est également un récit intelligent et féministe où les femmes, aussi émouvantes, fragiles, perfides et menteuses soient-elles, se suffisent à elles-mêmes. Elles se comblent sexuellement, se blessent, s'aiment, se rabaissent, se jalousent et tirent les ficelles du pouvoir sans aide de la gent masculine qui est d'ailleurs reléguée au second plan et ne sert que les intérêts de Lady Sarah et Abigail. 

Le mieux à faire encore, c'est de lire notre critique qui est juste ici.

 

photo, Emma StoneEmma Stone

 

ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD 

Un nouveau film de Quentin Tarantino est toujours un événement et avec Once Upon a Time... in Hollywood, l'événement est à la hauteur des attentes. D'abord parce qu'il s'agit tout simplement d'un de ses plus grands films à date, et ce, même si le cinéaste a déjà livré plus de pépites (voire chef d'oeuvres) que bon nombre de ses collègues hollywoodiens : Pulp FictionReservoir DogsJackie BrownKill Bill : Volume 1 et Volume 2 ou Les 8 Salopards.

Un de ses meilleurs films parce qu'encore une fois, le réalisateur réussit à se réinventer. Once Upon a Time... in Hollywood, s'il contient la marque indéniable de son concepteur n'en est pas pour autant un trip fun meta totalement déglinguo et tordant. Au contraire, ce film sur l'Hollywood de 1969, année transitoire pour l'industrie du cinéma, des séries et de l'Amérique globalement, est bien plus introspectif et se veut une jolie réflexion sur une ère terminée et perdue.

Avec son neuvième film, Quentin Tarantino rend donc hommage à cette période tout en y mettant sa patte et en y laissant sa trace. Pour lui, le cinéma est magique, libérateur, protecteur et surtout un moyen de s'évader du réel. En résulte ici, une oeuvre d'une mélancolie bouleversante, particulièrement dépressive et poétique, et surtout d'une sublime tendresse envers ses personnages incarnés par l'excellent Leonardo DiCaprio, le délirant Brad Pitt et l'émouvante Margot Robbie.

Notre critique du film par ici.

 

photoMélancolie quand tu nous tiens

 

MIDSOMMAR

Avec HéréditéAri Aster est instantanément devenu un des réalisateurs américains à suivre. Son second film confirme toute la singularité et la radicalité de ce cinéaste qui choisit de décortiquer nos liens sociaux pour en analyser les effets pervers et les déviances. Là où son premier film empruntait le chemin de l'horreur classique en décrivant comment se désagrège une cellule familiale sous l'influence d'un deuil non préparé et d'une influence démoniaque, il s'éloigne ici des canons du fantastique pour proposer une fable cathartique.

Nous y suivons l'éclatante Florence Pugh, minée par une tragédie familiale et un couple qui bat de l'aile, coincée avec son compagnon et ses amis au beau milieu d'une communauté suédoise célébrant le solstice d'été au cours d'un rite réactivé une fois tous les 90 ans. Aster s'amuse à retourner insidieusement les attendus du genre, en faisant de la secte un lieu certes violent et dangereux, mais également la seule planche de salut face à un corps social américain abêtit, vulgaire, et trop individualiste pour pouvoir aller vers l'autre.

Mis en scène avec une intelligence et une rigueur peu commune, Midsommar se place dans les pas de Ken Russell (et notamment de ses Diables), pour mieux nous offrir un commentaire acide sur la toxicité de nos rapports aux autres et la lâcheté ordinaire. Vertigineux, obsessionnel et hallucinant.

Notre critique du film par ici.

 

Photo Jack Reynor, Florence PughLe choc de l'année

 

DRAGONS 3 : LE MONDE CACHÉ 

Dragons 3, c’est le titre à balancer en exemple à tous ceux qui s’obstinent à dire que les films d’animation sont réservés aux enfants. Le dernier volet de la trilogie signée Dean DeBlois est le plus mature et intimiste de tous. Il se range du côté des Toy Story et compagnie qui ont su émouvoir les parents, peut-être plus que leurs bambins qui s’arrêtent fatalement à une première lecture là où le film en contient davantage.

Malgré des scènes de vol toujours plus époustouflantes et quelques combats obligatoires qui font le travail, Dragons 3 a rangé au placard son action pour une réflexion plus poussée sur le développement de ses personnages. Le public a découvert Harold qui sortait de l’enfance, puis de l’adolescence pour enfin le voir devenir un adulte, rappelant au passage aux grands ce qu’ils ont traversé pour le devenir et montrant aux plus jeunes ce que grandir signifie réellement.

Parce que jouer les grands à dos de dragons est bien plus plaisant que les dures décisions à prendre et les sacrifices à faire pour devenir quelqu'un de responsable. Harold l’a d’ailleurs compris en tant que nouveau chef de Berk, futur mari et sauveur autoproclamé des dragons. Sinon, Dragons 3 n'ennuiera pas les plus jeunes qui auront quand même droit à un récit épique et une bonne dose d'humour caractéristiques des deux premiers chapitres.

Bref, faut rien spoiler du tout, mais c'est trop bien, il faut le voir. Notre critique du film est par ici d'ailleurs et le test Blu-ray avec bonus par .

 

photoC'est si beau !

 

Ils ont failli y être : UsLe Chant du loup90'sTraîné sur le bitumeLes Enfants de la merEl ReinoTriple frontière...

 

photo, François Civil, Mathieu Kassovitz, Omar Sy

commentaires

Mr Vide
19/08/2019 à 09:32

Midsommar, Once upon a Time...oui.
Très bons films. Heureux de les avoir savouré au cinéma. Pour Midsommar c'est une honte que des personnes galèrent pour le trouver en salle! Alors que des fils limite fabriqués en usine comme Annabelle et autres sont dispos partout. Après je fais pas mon élitiste mais bon ce genre de film " d'horreur" on sait bien qu'ils répondent à une demande de marché car il y a une franchise derrière et ils suivent un cahier des charges. Alors que Midsommar n a rien de vraiment ''arty'' ou d'un accessible film expérimental et qu'il a largement sa place dans les classiques du films , peut être pas d'horreur,mais de malaise .

Hank Hulé
19/08/2019 à 09:16

Margot Robbie "émouvante" dans Once upon a time... ? Sérieux, les gars, faut arrêter le LSD ! Si y a bien un perso tout naze dans ce film, c'est bien cette potiche qui sert juste à justifier le final. Et la scène interminable où elle va se voir au cinoche, quel ennui !
Quant à Dragons 3, c'est quand même le plus faible des 3 avec sa romance à deux balles entre les bestioles.
Edmond, Green book, grâce à Dieu, El Reino... : y avait mieux ailleurs...

Simon Riaux - Rédaction
17/08/2019 à 18:30

@Gabba the hut

Hello.

J'aime beaucoup Border mais je pense qu'on n'était pas assez nombreux à l'avoir vu et kiffé pour qu'il arrive dans un top 5 collectif !

Shagon
17/08/2019 à 10:02

Il faut une boussole pour trouver une copie de Midsommar...
On est juste avant la chasse au trésor dans le Grand Est : ni dans les cinémas d'auteur, ni dans les Multiplexes...
Peut-être en Septembre en VF à moins de 100 bornes un lundi à 13h45...

Meh
17/08/2019 à 07:49

John Wick Parabellum et Le chant du Loup pour moi, sans hésiter !

sccqsxc
16/08/2019 à 17:24

MErci ,faut que je les vois
D'acvcord avec vous sur le fai qu'endgame es un des pire film de l'année, nivereau film de super hero on a la pire tournée depuis 2011

Gabba the Hutt
16/08/2019 à 10:42

Vous n'auriez pas oublié Border?

Flash
16/08/2019 à 09:36

Je suis étonné de ne pas voir "La Mule" dans votre classement.

corleone
15/08/2019 à 23:46

@M1Pats c'est mignon. C'est vrai que j'ai cette manie de souvent tout prendre au premier degré. Desolé.

M1pats
15/08/2019 à 18:36

@corleone

Ni l’un ni l’autre, je t’embête surtout ! C’est toi qui es bête pour ne pas avoir pensé à cette 3ème option. :)

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