Après Escape Game, quels sont les jeux qu'il faut absolument adapter au cinéma ? (ou pas)

Simon Riaux | 2 mars 2019 - MAJ : 02/03/2019 15:39
Simon Riaux | 2 mars 2019 - MAJ : 02/03/2019 15:39

Transformers a rapporté des milliards, Escape Game est dans les salles, Monopoly est toujours coincé dans les arcanes de développement de l’enfer, tandis que MGM et Mattel viennent d’officialiser la mise en chantier d’un film View-Master. Les jeux et jouets sont désormais une source notable d’inspiration pour le cinéma.

Du coup, on s’est posé avec notre sérieux légendaire la question de savoir quels étaient les jeux (de société, de plateau, traditionnels) qui se prêteraient le mieux à une adaptation, et qui serait le réalisateur idéal pour s’y coller.

 

photoEscape Game

 

LES LOUPS-GAROUS DE THIERCELIEU

Lars von Trier est évidemment le candidat idéal, en vue d’une adaptation totalement punk et brutale, tant les principes du jeu réunissent tous les thèmes de son cinéma. On retrouve ainsi le concept misanthrope de groupe social présenté comme une source de secrets, de trahisons et de violence, des personnages portés sur les conflits sanglants, une sale gosse voyeuse et perverse…

 

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On sent bien que le réalisateur de Dogville pourrait donner libre cours à ses obsessions avec ce récit mettant en scène des loups-garous, décimant progressivement un petit village. Et si Lars Von trier n’est pas spécifiquement sur le papier un metteur en scène de fantastique, depuis Antichrist, le cinéaste aime les récits fous et extrêmes, n’hésitant pas à flirter franchement avec le cinéma de genre. Pas de doute, avec lui, cette partie de "Loup-garou" va repeindre le village en rouge.

 

photoLars Von Trier

 

BLANC MANGER COCO

Un jeu de complétion à base d’humour provoc’ bien limite comme il faut ? Cette recette potentiellement hilarante tournerait au désastre raciste dans les mains de tâcherons tels que Philippe de Chauveron, mais on connaît un artiste qui serait bien du genre à transformer cela en trip absurde capable de souligner les impensés et lignes de fractures françaises.

 

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Il s’agit bien sûr de Quentin Dupieux, qui sous sa patine de franc délire, laisse toujours poindre une vision particulièrement mordante de ses contemporains et de l’univers anxiogène avec lequel ils se débattent. On pousserait presque le vice jusqu’à l’imaginer capable de tirer un scénario et tout une batterie de dialogues d’une partie de Blanc Manger Coco (arrosée de LSD).

 

PhotoQuentin Dupieux

 

TIME'S UP

Un jeu où les participants, répartis dans deux équipes se lancent des défis afin de faire deviner à leurs alliés des mots, en les décrivant et/ou les mimant, le tout limité dans le temps. Comme personne n’a jamais eu l’idée d’y jouer autrement que beurré comme une tartine, chaque session vire invariablement au chaos, à l’hystérie et à la démence.

 

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Et qui mieux pour capturer l’essence de la folie, la tension d’un groupe d’individus toujours sur le point de se foutre sur la gueule, que l’immense Kathryn Bigelow ? De Aux frontières de l'aube en passant par Strange Days, la réalisatrice a toujours impressionné par la toute-puissance de son style, qui est encore montée en flèche avec Zero Dark Thirty et Detroit.

 

Photo Kathryn BigelowKathryn Bigelow

 

LES AVENTURIERS DU RAIL

Alors oui, bien sûr, sur le papier, pour transformer un jeu de plateau avec des trains en film à grand spectacle, on songe bien sûr à des cadors comme David Lean, des maîtres comme Mankiewicz, Powell ou Pressburger. Sauf que comme ils sont tous morts, et la grande fresque hollywoodienne avec eux, on change notre fusil d’épaule et on propose le projet à Harmony Korine.

 

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Là, forcément, le metteur en scène de GummoSpring Breakers et bientôt Beach Bum se fera un plaisir de détourner le concept et d’allier grande aventure avec remake fluo de Scarface. On s’imagine déjà, bouche bée, devant le récit de chauffeurs de locomotives steampunk, lancés à pleine bourre dans les plaines nord-américaines, tout en enfilant à l’aspirateur des kilomètres de rails de cocaïne, le tout au gré de reprises branchouilles de standards de la pop.

 

photo Beach Bum

 

RISK

Un jeu mettant en scène une guerre totale, sur tous les continents du monde ? Ne cherchez plus, il nous faut Michael Bay, qui semblé né pour diriger un tel projet. Tout d’abord, Michael est un technicien hors-pair, spécialiste de la pyrotechnie d’envergure, amateur des effets physiques à même le plateau, et maître incontesté de la grosse explosion qui tâche.

 

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Ensuite, un récit étalé sur l’ensemble du globe terrestre lui donnerait l’excuse ultime pour nous balancer trois millions de couchers de soleil, et enchaîner à un tempo de malade les bombardements, éboulements et autres effets de texture tarés. Autant d’idées qui lui permettraient d’offrir un film somme réunissant la cinégénie d’un Rock et le porno martial de ses Transformers.

 

Photo Michael BayMichael Bay

 

LES PETITS CHEVAUX

Jappeloup, c’était bien gentil, mais on sentait que Guillaume Canet en avait encore sous le pied. Artiste plus inclassable qu’il n’y paraît, aux propositions capables de refouler l’huître défraîchie dans Les Petits Mouchoirs, comme de surprendre par leur douce folie dans Rock'n'roll, on croit dur comme fer qu’il pourrait faire un grand machin étrange en s’emparant des Petits Chevaux.

 

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On y suivrait une bande de canassons, qui décident de tous partir en vacances, alors que l’un d’entre eux, après une vilaine blessure doit être prochainement transformé en lasagnes de boeuf. Mais balek, c'est l'occasion de saillir une jument sympathoche et de manger des crustacés avec des pauvres. L'occasion pour le public français de découvrir enfin le film d'animation qu'il mérite.

 

photo, Guillaume CanetGuillaume Canet

 

SCRUPULES

Un peu tombé dans l’oubli, Scrupules est un jeu de société qui proposait à ses participants de s’interroger les uns les autres pour deviner leurs vices, hypocrisies et préjugés. Rien de tel pour s’engueuler, réaliser soudain que votre beau-frère fantasme sur une stagiaire ou que votre cousine détourne les fonds d’une association humanitaire.

 

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Et du coup, Fabien Onteniente, roi de la comédie épaisse pour prime time semble tout indiqué pour encapsuler les vicissitudes d’un public qu’il s’est souvent amusé à caricaturer jusqu’à l’absurde dans de jolies pépites comme All Inclusive. Il aura sans doute la belle idée d’y injecter un poil de Dubosc, une pincée de Duléry et une bonne bielle de Lanvin.

 

photoFranck Dubosc

 

CACHE-CACHE

Un enfant ferme les yeux quelques secondes, et quand il les rouvre, tous ses amis ainsi que sa famille ont disparu. Rendu fou par l’angoisse, il se met à les traquer pour mieux les zigouiller. Bon bah là, c’est clair comme de l’eau de moche, il nous faut Ari Aster, le tout jeune réalisateur de Hérédité.

Le cinéaste a fait montre d’un sens aiguisé du découpage et de la construction narrative, tout en massacrant avec la minutie d’un artiste du scalpel l’architecture de la famille nucléaire. On imagine parfaitement comment il investira les névroses d’un enfant dont le jeu innocent va dévoiler les atrocités d’un monde bien plus hostile qu’il ne l’avait imaginé.

 

Photo Toni Collette Hérédité

 

LE JEU DES 7 FAMILLES

Arnaud Desplechin a brossé le portrait de quantité de personnages fascinants, au gré d’une carrière foisonnante. Intellos torturés, familles dysfonctionnelles, artistes empêtrés, amants éplorés, étudiants brillants… Ils forment un ensemble à la fois chaotique et cohérent de destinées, qui se sont parfois croisées au fil de ses œuvres, générant un semblant de Desplechin Cinematic Universe.

 

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Or, on sait le metteur en scène friand de super-héros (ainsi qu’il l’avait expliqué dans une excellente interview à nos confrères de Cinemateaser) et c’est donc lui qui se doit d’adapter le Jeu des 7 Familles au cinéma, qui deviendrait devant sa caméra une sorte d’Avengers du cinéma d’auteur français. Paul Dédalus pourrait s’allier avec Jimmy P. après avoir renoué avec Esther, avant que Les Fantômes d'Ismaël ne leur prêtent main forte pour mettre une peignée à Jean-Pierre Léaud, sorte de Thanos arty.

 

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commentaires

Paehon
04/03/2019 à 08:58

@vlad par là

Une adaptation de 40K serait mon rêve de geek ultime. Mais c'est certainement impossible à adapter, juste poser les bases de l'univers prendrait min. 20 minutes.
Une série Eisenhorn pourquoi pas ?

Olivier637
03/03/2019 à 07:42

Je suis soufflé par le sujet de l’article et la pertinence de vos propositions de réalisateurs sur des scénarios aussi debiles.

Certaines de vos propositions sont très crédibles à la réflexion.

On vit une époque incroyable.

vlad par là
02/03/2019 à 21:19

ça ferait du mal de voir blanc manger coco, vu que c'est une reprise du jeu gratuit cards against humanity, si ça ne fait pas un scandale en france, il y'aura de très forte chance qu'il y'est bad buzz au usa/uk...

Sinon moi j'aimerai bien voir une histoire dans le background d'infinity ou de warhammer 40k

Bryan
02/03/2019 à 19:26

Risk en série, ça pourrait être pas mal. Avec David Benioff et D.B Weiss aux commandes

BlastGrowl
02/03/2019 à 18:21

Vous avez oublié le légendaire Jeu de l'Oie, dont une adaptation par George MIller (Babe, mais aussi Mad Max) saura contenter les grands et les petits...

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