Rocky : le classement des films de la saga, du pire au meilleur

Christophe Foltzer | 1 avril 2022
Christophe Foltzer | 1 avril 2022

Creed est ce soir à 21h10 sur France 3.

Que reste-t-il encore à dire sur la saga légendaire de Sylvester Stallone ? Et c'est là qu'on a eu un coup de génie : et si on faisait un classement, comme tout le monde ? En plus, on l'avait jamais fait.

Et c'est vrai qu'avec huit films en 41 ans, il y a de quoi faire avec la saga Rocky. D'autant plus qu'elle a bercé notre enfance, notre adolescence et notre vie d'adulte. Rocky, c'est un peu comme Pascal le grand frère, c'est le type sympa et un peu bourru qui nous a expliqué la vie et qui était toujours là quand on avait besoin de lui. Mais il a eu aussi son lot de moments difficiles, même si on n'a jamais douté de lui. Alors pour célébrer son retour sur les écrans, on vous propose un petit classement.

Attention toutefois, ce classement est on ne peut plus subjectif et ne pourrait faire office de vérité absolue et définitive.

 

Photo Rocky IVTu seras K.O.

 

8. ROCKY V (1990)

Alors oui, certes, on a un peu l'impression de tirer sur une ambulance, mais il faut bien reconnaitre que Rocky V est le mouton noir de la franchise, le film qui a failli condamner la saga tout entière. Pourtant, ça partait bien à la base : retour du réalisateur du premier film, John G. Avildsen, retour dans les quartiers pauvres de Philadelphie, Rocky était ruiné et devait tout reprendre à zéro pour s'en sortir.

Pourtant, cela ne prend pas. La faute peut-être à un scénario un peu trop schématique qui a du mal à passer. Ceci dit, on ne peut lui reprocher de tenter des trucs avec, notamment, en toile de fond, la transmission, thème développé par la suite et le fait que, cette fois, l'histoire ne se déroule pas sur le ring mais dans la rue. Méchant caricatural, Stallone en pleine descente de gloire, rythme mou et mal agencé, Rocky V nous montre que l'Etalon Italien, passées les années 80, n'était plus que l'ombre de lui-même.

 

photo Rocky VUne transmission qui a du mal à passer

 

7. ROCKY III (1982)

Oh, ça risque de gueuler là, nous en sommes bien conscients. Comment peut-on oser mettre Rocky III en bas de classement ? Que fait-on de l'oeil du tigre ? Que fait-on de Mister T ? Ben pas grand chose en fait parce que, à y regarder de plus près, et avec les années qui ont passé, le film ne tient que moyennement la route.

Certes, il a une haute portée symbolique dans ce qu'il nous raconte de Sylvester Stallone et de son égo-trip des années 80. Certes il a une bande originale du feu de dieu, mais que reste-t-il au-delà de ça ? Un scénario un peu bidon qui caricature les deux précédents films en poussant aux forceps la mise en danger du personnage principal pour relancer l'intérêt, Un méchant charismatique, certes, mais qui se révèle bien plus fonctionnel qu'autre chose et surtout les prémices d'une sérialisation mal maitrisée et un peu gênante. Cette sensation de se retrouver face au nouvel épisode d'une série télé qui renouvelle artificiellement l'intérêt de l'ensemble. L'oeil du tigre, ok, mais ça manque quand même pas mal de souffle rétrospectivement.

 

Photo , Sylvester StalloneRisin' up, back on the streets...

 

6. CREED II (2018)

Ce qui frappe avec Creed II, c'est le désir de piétiner tout ce qu'avait installé le précédent film. Adonis n'est plus un personnage à part entière, mais un appendice de Rocky, destiné à rejouer les combats de la génération précédente. Type flamboyant porté par une ambition folle et une colère sourde, il est devenu un post-ado insatisfait, d'une toxicité fatigante à l'égard de son entourage. Rocky se voyait dirigé vers une sortie bouleversante, de simplicité et de dignité, on nous rejoue la carte du coach de vie au crépuscule de son existence...

N'évoquons même pas la mise en scène, qui manque cruellement de caractère et n'a rien à proposer en matière de boxe (la comparaison entre Steven Caple Jr. et Ryan Coogler est douloureuse). Reste le superbe duo formé par Dolph Lundgren et Florian Munteanu, perclus de douleur et de frustration, ainsi que la composition toujours impeccable de Sylvester Stallone. Ils narrent à eux trois une belle fable de la paternité tourmentée, qui sauve le film.

 

photo, Sylvester StalloneD'Etalon Italien à vieux maitre... 

 

5. ROCKY II (1979)

Le risque était grand de tomber dans la redite et le ridicule après le coup d'éclat que fut Rocky et c'est tout à l'honneur de sa suite d'en éviter la plupart des pièges. Cependant, soyons honnêtes, Rocky II est très en deçà de son prédécesseur. Déjà parce que le premier film n'appelait pas forcément une suite, et puis parce que, mine de rien, les prémices du pétage de plomb à venir sont déjà très présents.

Quand on s'y attarde, Rocky II contredit pas mal de choses de ce qu'était à la base Rocky. Pour preuve la fameuse course en ville, suivie par les enfants sur un remix funky de Gonna Fly Now. Alors oui, c'est sympa, c'est entrainant et c'est logique quelque part, mais la starification du personnage de façon si outrancière en réduit quelque peu l'impact. Tout comme cette obligation de victoire et de happy-end. Si Rocky II reste un bon film, ses héros commencent déjà à tourner un peu en rond. S'il est un gros classique, son effet miroir joue quelque peu contre lui aujourd'hui. Et c'est bien dommage.

 

Photo Sylvester StalloneLe retour de la vengeance qui finit bien... avec des enfants

 

4. CREED (2015)

On a tous bien flippé à l'annonce de Creed, parce que ça sentait la capitalisation cynique alors que le dernier épisode de la saga semblait bien définitif. Heureusement, le projet a été confié à Ryan Coogler, décidément l'homme de la situation et le résultat nous a surpris et enchanté. Malgré des défauts évidents.

Si le film force un peu trop sur le pathos de son histoire, on ne peut que lui reconnaitre d'immenses qualités, ne serait-ce que celle de ne pas singer complètement son modèle pour trouver sa propre identité. Le rapport père-fils, mentor-élève, au centre de la saga est respecté et Adonis Creed trouve naturellement sa place dans cet univers. Rocky en est d'autant plus touchant qu'il est devenu indissociable de son interprète. En ne le mettant pas au coeur du récit, Creed fait le bon choix et nous permet d'assurer avec sérénité une transition que l'on craignait plus que tout.

 

Photo CreedUn passage de flambeau émouvant

 

3. ROCKY IV (1985)

Bon, alors là, c'est clairement le plus grand plaisir coupable de l'univers. Tout y est démesuré, à commencer par l'égo de Sylvester Stallone. D'une naïveté hallucinante, Rocky IV est en totale contradiction avec les débuts de la saga et ressemble davantage à un pastiche qu'à un glorieux épisode supplémentaire.

Et pourtant, ça marche du tonnerre. Avec sa BO incroyable, ses idées à la con (on en parle du robot sex-slave de Paulie ?), des valeurs américaines qu'on nous dégueule au visage, de son méchant russe robotique, de la mort d'Apollo Creed juste parce qu'il fallait une motivation, de l'entrainement dans la neige, du KGB, du peuple russe qui partage au final les valeurs yankees, mettant ainsi fin à la guerre froide en un combat de boxe et ouvrant la voie à l'impérialisme...

Tout transpire le film Reaganien décomplexé, la surenchère et la cocaïne. Et c'est peut-être pour ça qu'on l'aime autant. Parce que Rocky IV n'est pas un mauvais film, c'est un Z pété de thunes fait avec tellement d'inconscience et d'orgueil, qu'il ne tient pas la route une seconde en tant que tel. En revanche, il se transforme instantanément en barres de rires et nous donne envie de nous mettre à la muscu dans une ferme paumée de Sibérie. Et ça, c'est balèze.

 

photo Rocky IVMessage subtil et pétage de plombs intégral

 

2. ROCKY BALBOA (2006)

Franchement, on n'y croyait pas, surtout 16 ans après Rocky V. Et pourtant, Rocky Balboa est probablement ce qui est arrivé de mieux à la saga. Stallone nous refait le coup de la déchéance mais cette fois, ça fonctionne. Parce qu'il a vécu lui-même une grosse traversée du désert, parce qu'il vieillit et qu'il est éclipsé par la jeune garde et qu'il en a encore dans le ventre.

En fait, c'est probablement le film qui nous montre le plus le coeur-même de la saga. Cette fois, il est vraiment un outsider, cette fois, il a vraiment tout à prouver et cette fois, il sait qu'il ne gagnera pas à la fin. Il ne peut pas gagner, mais il y va quand même, pour se prouver qu'il est encore vivant, pour se prouver que tout ce qu'il a vécu a un sens et pour se prouver qu'il peut vivre sans sa femme.

En résulte un film puissant, bouleversant qui en appelle à la nostalgie et à la mélancolie sans jamais prendre son spectateur pour un imbécile. Un film tendre, triste, profondément humain, fort, une énorme déclaration d'amour à ses fans et au personnage. Quand en de rares instants il retrouve l'oeil du tigre, c'est toute notre enfance qui revient en mémoire et qui s'exprime par nos larmes. Rocky nous rappelle qu'il a toujours été là et mais qu'il ne le sera plus très longtemps. Alors il convient d'en profiter au maximum pendant le temps qu'il nous reste.

 

photo Rocky BalboaToujours debout, toujours vivant

 

1. ROCKY (1976)

Evidemment, il ne pouvait en être autrement. Encore aujourd'hui, le meilleur film de la saga reste celui par lequel tout a commencé. Parce qu'il représente un ancien monde, un état d'esprit et une société dont les jeunes générations n'ont pas conscience. Parce que surtout, avec Rocky Balboa, c'est probablement le film le plus sincère de la série.

Ancré dans le réel des années 70, il met tous les moments emblématiques de la saga en place. Rocky n'est pas un film heureux, c'est un film sur l'espoir et le dépassement de soi. S'il s'inspire de faits réels de très loin, il est surtout le moyen pour Stallone de prouver qu'il existe et de lancer sa carrière. Tourné en 28 jours pour moins d'un million de dollars, Rocky est un succès gigantesque, récompensé par trois Oscars (dont meilleur film et meilleur scénario).

 

Rocky : Photo Sylvester StalloneIl ne s'est pas viandé

 

Récit émouvant sur les laissés pour compte à une époque où l'Amérique se remet encore du Vietnam et des luttes pour les droits civiques, il en profite aussi pour raconter le quotidien des couches les plus pauvres de la société américaine avec une justesse troublante. Un pied de nez à l'establishment, un message d'espoir, très représentatif des années 70, en lignée directe avec le Nouvel Hollywood, Rocky reste encore aujourd'hui un très grand film et un pur chef-d'oeuvre.

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commentaires
John Spartan
02/04/2022 à 08:09

"Ses idées à la con (on en parle du robot sex-slave de Paulie ?)".

Hahaha le fou rire que j'ai eu en lisant ça. Je voyais pas ça sous cet angle.

Ethan
02/04/2022 à 07:41

@Robin
Ton classement ressemble un peu au mien à part que le 2 est pour moi mieux que le 6 et peut-être mieux que le 1

Les Creed ne sont pas de vrais suites direct. Ils sont des suites qui ne tiennent pas compte des événements du 6 en ce qui concerne la relation entre rocky et son fils puisque ils reprennent la même intrigue

RobinDesBois
02/04/2022 à 01:09

1. Rocky I et Rock Balboa ex aeco
2. Rocky 3
3. Rocky 5
4. Rocky 2
5. Rocky 4
6. Creed
7. Creed II

Classement sans objet
02/04/2022 à 00:08

Cela n'a aucun intérêt de classer les rocky. Pourquoi ne pas classer les meilleurs moments du premier rocky par tranche de 5 minutes, piyr en déduire qu'evidemment le match et l'entraînement sont les meilleurs moments, et que désolé on tire sur l'ambulance avec la scène de la patinoire par exemple. Et là de vous écrier... Mais Non Pardi "Rocky c'est un tout et ne peut être décomposé"
Pardon ? Rocky c'est un tout ?
Voilà vous avez compris.. Rocky c'est un tout. Je vous accorde à la rigueur de sortir le spin off de la série, mais sinon quel est l'intérêt de mettre Rocky 5 en dernier et Rocky 1 en premier ?
Désolé on tire sur l'ambulance ? Non vous tirez sur Rocky, point barre

SebSeb
01/04/2022 à 20:08

Totalement d'accord avec votre placement du 4, mais pour Rocky Vs Drago, encore meilleur !!!

jules.soleilhavoup64
07/02/2022 à 19:28

je préfère Rocky 3

Sprig
01/02/2022 à 14:00

Article intéressant mais dommage que le classement soit finalement devenu "entre le 3 et le 4, quel est votre Rocky préféré" ?

Pat Rick
31/01/2022 à 20:56

@ Ethan
"Ce sont des spin offs qui ne prennent pas vraiment compte la fin du 6"

Oui, je me suis fait la même réflexion.

Ethan
31/01/2022 à 20:32

@Pialco
Tu me connais Rocky c'est sa marque
Il a toujours provoqué
Allez cogne champion
Regarde face à Appolo il a toujours fait ça
Dans ces moments-là il ne se protège pas

Pialco
31/01/2022 à 18:27

Je comprends pas lnengoument pour le 3 ,j aime certain passage mais le combat final gache beaucoup de chose car par realiste ,quand rocky demande a cluber de le frapper

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