Bird Box : le roman original fournit-il des explications sur la fin du film produit par Netflix ?

Mise à jour : 26/12/2018 00:28 - Créé : 22 décembre 2018 - La Rédaction
photo, Sandra Bullock
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Porté notamment par Sandra Bullock et John Malkovich, la nouvelle production horrifique de Netflix ralisée par Susanne Bier est une adaptation du roman à succès du même nom signé par Josh Malerman. Si nous avons eu l’occasion de donner notre avis sur la qualité du film, il s’agit ici de se pencher sur les nombreuses questions qu’il laisse sans réponse.

 

ATTENTION SPOILER

C’est pour certains l’une des faiblesses du Bird Box de Netflix : le film laisse après visionnage une bonne dose de frustration et de questions sans réponse. Parmi les plus évidentes : qui sont ces créatures qui poursuivent les protagonistes et ont causé la fin du monde ? Quelles sont leurs motivations ? Existent-elles réellement ?

Les réponses pourraient se trouver dans le premier livre de Josh Malerman, d’abord connu comme chanteur dans le groupe de Rock The High Strung. Son roman Bird Box bénéficie d’un très joli succès critique et public aux États-Unis avant d’être finalement adapté par Netflix. Petit exercice de comparaison…

 

MALORIE PAS BEAUCOUP

Comme le film, le roman adopte la double temporalité. Le premier arc scénaristique s’intéresse à un présent dans lequel Malorie accompagnée de deux enfants cherchent à rejoindre un hypothétique refuge en empruntant une rivière pleine de danger. Le deuxième arc est un flash back qui revient largement en arrière, des premiers incidents qui ont conduit à l’apocalypse jusqu’à la situation présente. Les deux fils de l’histoire finissant par se rejoindre dans le final.

photo, Sandra Bullock"Allez les enfants, en route pour une vie de merde !"

 

La Malorie du film, incarnée par Sandra Bullock, est beaucoup plus âgée que celle du roman. Cette dernière est présentée au début de la catastrophe comme une adolescente tombée enceinte après une histoire d'un soir et à qui les circonstances vont imposer d’apprendre à devenir mère. Le choix de Sandra Bullock, comédienne cinquantenaire, pour tenir le rôle peut d’ailleurs poser question.

 

Photo Sandra Bullock"Puisque je vous dis que j'ai 17 ans et demi !"

 

QUI SONT LES CREATURES ?

D’abord présentées dans le film comme des entités invisibles, les créatures se comportent comme des êtres maléfiques qui impriment dans l’esprit des victimes des images qui les poussent irrémédiablement au suicide. Leur nature reste relativement mystérieuse.

Alors que Douglas (John Malkovich) y voit la conséquence d’une attaque chimique menée par la Corée du Nord, on peut imaginer d’autre pistes : invasion alien ? Hystérie collective ? Ou encore créatures inter-dimensionnelles à l’instar de celles imaginées par Stephen King dans The Mist ?   

Avec l’incursion de Gary dans le huis-clos, les monstres vont prendre d’un seul coup une forme plus concrète. Nous apprenons en effet que des individus déviants ou déséquilibré sont autorisés à les voir sans périr et sont donc à même de les décrire. Dans un ressort scénaristique un peu grossier, Gary étale même des dessins sur une table basse, bien en vu des survivants (et du spectateur). On y découvre des représentations hétéroclites mais qui empruntent assez clairement au bestiaire de Howard Phillips Lovecraft, peuplé de démons immémoriaux et tentaculaires hibernant dans les profondeurs de la terre ou aux frontières de notre dimension.

Hypothèse renforcée par le fait que Lovecraft se plait justement à manipuler le concept de la folie et que sa plus célèbre création Cthulhu, faisaient sombrer les gens dans la démence et leur inspirait un culte de dévotion, tandis que la question de la vision, de l'impossible description de monstruosités tapies dans les ténèbres, compose l'essentiel de son esthétique.

photo Tom HollanderGary, le type chelou que tu n'aurais jamais laissé venir à ta pendaison de crémaillère

Le roman ne va pas aussi loin dans ses explications. Si le personnage de Gary existe bel et bien, les groupes de psychopathes qui finissent par constituer la vraie menace dans le film de Netflix sont totalement absents.

 

PLUS FORT, PLUS GORE

Le pouvoir des créatures du roman transforme les humains en tueurs sanguinaires avant de les pousser au suicide. Cet élément est quasi absent du film où les victimes se donnent la mort sans prêter attention à leurs congénères. Les symptômes atroces du mal sont copieusement décris par Josh Malerman dans son roman à l’occasion des sorties menées par les personnages hors de la maison. L’auteur exploite d’ailleurs parfaitement les ressorts de la perception subjective des héros qui privés de la vue ne peuvent compter que sur leurs autres sens pour ressentir une menace qui se meut à quelques centimètres d’eux. Un levier pratiquement inexploité dans un film (sauf quand le groupe tente de conduire un véhicule à l'aveugle, et constate qu'une forme d'entité les traque).

 

photo, Sarah PaulsonSarah Paulson dans l'une des (trop?) rares scènes violentes du film

 

Dans le roman, la corruption touche indistinctement les hommes et les animaux. Malorie perd ainsi son chien qui l’accompagnait lors d’une sortie pour trouver des vivres. Plus tard, au cours de son périple dans la barque avec les enfants, le groupe est attaqué par des nuées d’oiseau devenus fous et meurtriers qui s’abattent sur eux.

 

LA FIN

Comme dans le film, Gary est dans le roman l’élément qui rompt le fragile équilibre du refuge. Il se contente pour cela d’ouvrir portes et fenêtres pour permettre aux créatures d’entrer. Les rescapés s’entretuent ou se suicident, mention spéciale à Olympia qui se pend avec le cordon ombilical de son nouveau-né. On comprend que le film n’ait pas voulu aller jusque-là. Tom fait partie des victimes alors que la production de Netflix le laisse survivre plus longtemps. Malorie restée seule avec les enfants doit se décider à partir et tenter sa chance à l’extérieur.

Quand elle finit par atteindre le refuge avec les enfants, le livre nous gratifie d’un ultime et terrible rebondissement en nous apprenant que la plupart des personnes présentes se sont elles-mêmes crevées les yeux pour échapper aux monstres. Eric Heisserer, scénariste de cette adaptation (également à l’œuvre sur Premier contact), s’en explique : "Il y a beaucoup de réalisateurs d'horreur qui se disent : " Non, nous devons en finir avec l'idée que l'humanité est foutue et nous sommes tous condamnés parce que c'est la vie". Il nous a semblé plus intelligent de rendre cette fin plus optimiste. Je suis une personne qui penche généralement vers une fin optimiste même dans les films d'horreur dystopiques. Je ne suis pas du genre à embrasser le nihilisme étant donné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ».

 

Photo Sandra BullockLe colla maillard qui tourne mal

Dans un dernier acte plein d’espoir, Malorie va donc enfin donner un nom à Olympia et Tom, et symboliquement libérer les oiseaux avant de les envoyer jouer avec les autres enfants, abattant le mur qu’elle avait construit autour d’eux.

Le livre se clôture comme le film sur une fin ouverte, sans donner d’explication claire sur la nature des créatures ou sur une éventuelle façon de les vaincre. Un choix qui se défend mais qui réduira les plus frustrés à espérer une suite qui verra peut-être le jour sur Netlfix avant d’arriver en librairie.

 

commentaires

Im_Caduceus 10/01/2019 à 03:01

Superbe film ! Je n'ai malheureusement pas lu le roman mais selon l'adaptation (si c'en est bien une), voici ce que j'ai pu en tirer :

-De mon point de vue, la morale du film est basée sur l'acceptation de soi/de ses erreurs

-L'origine des créatures reste inconnue mais représentent la peur de soi-même, ainsi que les regrets/remords. Théorie fondée lorsque Malorie s'égosille envers les créatures de laisser "ses" enfants tranquilles, ce qui calme brièvement la situation (à ce moment-là elle n'a plus le même recul qu'au début concernant sa maternité)

-Les personnes délusionnelles (fous, troubles mentaux...) peuvent librement regarder ces créatures car non-lucides, elles ne peuvent pas fonder d'idées rationnelles sur leurs choix, les créatures ne peuvent donc pas hanter leur esprit (point précédent). De plus, ils définissent ces "choses" comme purement magnifique car ils n'ont sûrement pas connu de meilleur sentiment (point suivant ;) )

-Le fin mot de l'histoire montre, après toutes les épreuves endurées, une mère qui accepte non-seulement pas SON enfant mais également celui d'une autre personne, elle est donc prête à assumer son rôle à 200%, c'est pour cela que l'environnement final est utopique car rien n'est plus beau que d'être mère (c'est d'ailleurs pour cela que l'on y retrouve miraculeusement sa gynécologue, qui est le déclencheur initial de l'amour envers son enfant)

Désolé pour le comm un peu long, mais voici en gros mon point de vu et merci d'avoir lu ! :)

AlainB 09/01/2019 à 22:29

Perso chu resté sans voix... le film m a bien plus jusqu à la fin... ou presque.... la fin, mais quelle fin... tjr pas trouvé?? Étrange... En fait à 42 balais je n avais jamais vu de film sans fin...

MystereK 01/01/2019 à 23:54

"Son roman Bird Box bénéficie d’un très joli succès critique et public aux États-Unis avant d’être finalement adapté par Netflix ... et plus loin Production Netflix"

Non, ce n'est pas un film adapté et produit par Netflix, le projest est dans les tiroirs depuis 2013 (avant la parution du livre, et le film est produit par trois compagnies dont Universal.. Comme souvent, Netflix n'est que le distributeur.

Satan LaBite 01/01/2019 à 00:53

Sandra Bullock elle est trop bonne !!

Patate 31/12/2018 à 06:30

Pour apprécier le film, il faut s'y mettre dedans. C'est un très bon film qui a laissé place à mon imagination, c'est presque comme si on lisait un livre. Si il y a bien une chose qui m'aurait terrifié, c'est probablement de voir ses créatures surtout si celles-ci sont représentés comme des monstres Lovecraftiennes. À titre d'expérience personnel, pour avoir pris du LSD à grande quantité, je ne peux qu'imaginer le sentiment de folie et d'irrationalité des protagonistes décrit dans le film. Si on pouvait s'imaginer l'Enfer et la noirceur qu'elle y accompagne, ce serait littéralement ça. Un monde que l'on connait mais vu sous un oeil différent, un enfer décrit comme étant magnifique. J'en ai eu froid dans le dos.

Blitz 29/12/2018 à 01:45

Créature lovecraftienne peut-être?
J'aurai aimé en savoir un peu plus sur eux, parce que dans le film, ils apparaissent comme ça sans trop d'explications.
Le film était sans trop de surprises, prévisibles, même Gary l'était. Sur ça, Douglas avait bien raison...

fille qui aime bien trop les films apocalyptiques 27/12/2018 à 19:40

mon Dieu ce film était vraiment superbe, ok il y a une fin ouverte mais c'est dur de donner une explication rationnelle après le début des aventures de Malorie, j'aime beaucoup l’écriture et le déchiffrement de l'histoire par cette rédaction merci beaucoup! cela donnes envie de lire le livre!

MystereK 27/12/2018 à 17:42

AlexisG ça vous dit de laisser les autres se fair leur propre avis et de ne pas avoir les mêmes gouts que vous ? Et puis 'ça pue la merde', c'est pas vraiement une critique de cinéma ni un avis, c'est juste une insulte de bas niveau.

Hugo 27/12/2018 à 01:21

On aurait du regarder parasite

Nico 27/12/2018 à 01:20

J'ai adoré malory

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