Predator 2 : c'est sanglant une suite, la nuit

Mise à jour : 07/10/2018 14:33 - Créé : 7 octobre 2018 - Simon Riaux
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Jusqu’à récemment, Predator 2 comptait parmi ses suites frappées du sceau de l’infamie. Et pourtant, cette continuation de la célèbre saga vaut bien mieux que la réputation qu’elle s’est longtemps trainée.

 

JUNGLE JUICE

Commençons par ce qui peut effectivement fâcher. John McTiernan n’est plus là, et ça se sent. Ce  Predator 2 ne peut espérer révolutionner la représentation de l’action, et n’ambitionne jamais de penser vraiment son sujet, au-delà de sa stricte mission de divertissement.

Rien à dire sur le corps du héros d’action, un décor urbain jamais envisagé comme le réceptacle d’une quelconque vision… Ceux qui avaient vu dans le film précédent une sorte de fable de SF virile et consciente, doublée d’un film action et d’horreur brillant se retrouvent forcément un peu affamés quand se rallument les lumières de la salle.

 

photo, Predator 2 Comme un écho de Blade Runner

 

De même, on aura beau adorer Danny Glover et bien comprendre l’intérêt de varier de registre après Schwarzenegger, jamais cet excellent comédien ne parvient à s’imposer, dans le récit ou face au Predator. Est-il trop marqué par son rôle dans L’Arme Fatale ? Pas nécessairement, mais son énergie semble toujours un peu à côté, comme pour limiter la portée de l’univers dépeint dans ce chapitre, une figure, incontestablement rassurante et plaisante, qui empêche l’ensemble de s’imposer comme bourrinerie de SF.

 

FLINGUE DES ANNEES 80

Faut-il pour autant jeter à la poubelle ce Predator 2 ? Que nenni ! Tout d’abord, le métrage constitue à ce jour la suite la plus équilibrée à Predator premier du nom. Et ce, en grande partie parce que le métrage (pourtant de 1990) embrasse totalement la décomplexion des eighties. La représentation d’un Los Angeles en proie aux gangs, à l’ultraviolence, à la pollution, sur le point de l’explosion sociale, humaine, écologique et raciale est menée avec un mélange de frontalité et de candeur qui paraît impossible aujourd’hui, et s’avère instantanément rafraîchissante.

 

PhotoAprès une image comme celle-ci, qu'on ne vienne pas dire qu'il n'a pas sa place en ville...

 

Il en va de même pour l’esthétique, globale, qui propose une photo plutôt léchée, ainsi que quantité de plans canons. En effet, le réalisateur Stephen Hopkins, si on l’a aujourd’hui bien trop vite oublié, est un technicien de très haut vol, à défaut d’être un auteur de génie. Mais l’artisan derrière le pyrotechniquement démentiel Blown away ne s’en laisse pas conter.

Les scènes de meurtre sont sauvages, leur photographie toujours complexe et aguichante pour les pupilles, et le délire urbain où évoluent les personnages devient rapidement un personnage palpable. Le tournage est réputé avoir été extrêmement complexe techniquement, et à bien des égards, chaque image en témoigne parfaitement.

Et puis bon, il y a Bill Paxton, ce qui est un symptôme clair de film des années 80 indispensable, même si son rôle est loin d’être aussi mémorable que dans Aliens.

 

Photo Gary Busey Danny Glover et Gary Busey

 

MYTHO-LOGIQUE

Côté mythologie, c’est franchement le grand écart. D’un côté, on pardonne mal au film de jeter le précédent à la poubelle, en abandonnant quasiment toutes les références au film de John McTiernan. Pire, on trouve dans le métrage des restes parfois embarrassants de ce qu’aurait pu être, de ce qu’aurait dû devenir le projet. Ainsi, il semble que le rôle de Gary Busey est une transformation de celui qu’aurait dû tenir initialement ce bon vieux Schwarzie. Ce dernier a décliné, n’appréciant manifestement ni Stephen Hopkins, ni le scénario, et s’énervant carrément contre la décision de téléporter le récit en ville.

Busey, dans le making-of du film, dévoile ce qui ressemblait à une tentative oubliée de ramener le premier héros dans le récit, via une enquête qui aurait mis en lumière la venue des Predator sur Terre, pendant que Dutch subissait une cure anti-radiation dans un hôpital dont il finissait par s’échapper.

 

Affiche teaserQuand on arrive en ville...

 

Mais, en une scène, ce  Predator 2 parvient à faire oublier la légèreté avec laquelle il feint d’ignorer le formidable travaille accompli quelques années plus tôt. Alors que se dessine sa conclusion, il va non seulement nous donner à voir les fameux « elder predators », mais aussi l’intérieur d’un vaisseau.

Et dans ce vaisseau se trouvent plusieurs trophées, dont un, qui va totalement bouleverser la franchise, pour l’emmener dans une direction inattendue. Il ne s’agissait alors que d’un clin d’œil, une blague à destination du public… Dans le décor, on peut remarquer un crâne d’Alien. Les fans vont faire le reste. Les Prédators chassent-ils les xénomorphes ? Depuis quand ? Dans quel but ?

C'est du côté des comics que la connexion entre Aliens et Predators avait été effectuée. Mais elle n'avait pas alors le statut d'évidence, voire de culte, qui allait progressivement s'imposer. Il s'agit à l'époque d'un clin d'oeil sympathique. Mais cette présence dans le métrage de Stephen Hopkins légitime la chose, lui donne une véritable matérialité, et va déclencher un raz de marée de questions et d'hypothèses.

Bien sûr, cet épisode n’égale jamais la perfection brute du chef d’œuvre de John McTiernan, mais il en constitue une suite non seulement correcte, mais qui aura su, bien qu’involontairement, enrichir énormément la mythologie de la saga.

 

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commentaires

Yuma 09/10/2018 à 22:21

Énorme tout simplement, ambiance surchauffée dans une jungle urbaine étouffante. Sauvage et violent, ce predator me fait beaucoup penser a Robocop et sa vision cauchemardesque du futur de l'époque ! Culte !

Marmelin 09/10/2018 à 09:49

@ECRANLARGE: suivant vos conseils je l'ai revu hier. Et ce qui m'a le plus frappé c'est le coté sanglant du film. Je pense que nos jours un film comme ça serait pg18 et il y aurait tout un débat sur la violence du film.
Et dire que la première fois que je l'ai vu (a 12 ans) je n'avais pas été plus choqué que ca par la violence.
Les temps changent...

prof west 08/10/2018 à 15:49

Predator 2 reste et restera une très bonne suite avec des acteurs terribles amen

Le Waw 08/10/2018 à 05:45

Cette pas la maestria de MCT, mais il reste des de la franchise celui que je préfère regarder.

Sharko 07/10/2018 à 22:57

Je n'ai jamais compris la haine et l'indifférence de Predator 2. Sans dépasser le maître, Hopkins a fait du bon travail. Trés content de ne pas être le seul à le penser et vivement la version NC 17.

Hasgarn 07/10/2018 à 22:07

Rorov, prend une verveine et va faire un somme. Tu as le droit de ne pas aimé McTiernan mais faut argumenter un chouïa plus avant.

Ok ?

Fais un bon dodo.

OLvsEL 07/10/2018 à 21:07

C’est quoi son prochain film à Mct d’ailleurs...?

Shadow75 07/10/2018 à 20:39

Rorov94
Allez prendre votre tisane et vous coucher au lieu de raconter des conneries parce que là je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi débile.

Rorov94 07/10/2018 à 20:11

Meilleur en tous points que le film de Mct.
Stephen Hopkins est UN GÉNIE.
Même ses films les plus mineures:BLOWN AWAY,THE GHOST AND THE DARKNESS,LOST IN SPACE,JUDGMENT NIGHT sont meilleurs que :NOMADS,MEDECINE MAN,ROLLERBAL,THOMAS CROWN.
Donc quand ont fait le compte Mct est très,très surestimé!
Même DIE HARD 2 est supérieur au 1 er.
Mc Tiernan n'a fait que 3 superbes films:HUNT FOR RED OCTOBER(chef d'oeuvre),THE LAST ACTION HÉRO(classique instantané et BASIC.
Sinon faut arrêter avec Mct...

Loh 07/10/2018 à 19:08

Predator 2 n’a jamais été considéré comme un ratage frappé du sceau de l’infamie comme vous le dites au début.
Au contraire il a toujours plutôt eu bonne réputation malgré un box office faiblard
Et il traverse très bien les années grâce à une ambiance urbaine assez atypique pour un film de ce type et des scènes d’action bien violente et énervées

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