Don Quichotte, Annihilation, Predator, Mute : nos plus grandes attentes pour 2018

La Rédaction | 1 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 1 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

La rédaction regarde 2018 d'un œil plein d'envies et d'espoirs.

The Irishman de Martin Scorsese, Les Frères Sisters de Jacques Audiard, Annette de Leos Carax avec Adam Driver, Roma d'Alfonso Cuaron, le nouveau Bong Joon-hoAu poste de Quentin Dupieux, Sicario 2 : Soldado, le nouveau film Cloverfield anciennement intitulé God Particle, Mortal Engines, Un raccourci dans le tempsConvoi exceptionnel de Bertrand Blier, High Life de Claire Denis avec Robert Pattinson, Euphoria avec Alicia Vikander et Eva Green, The Beach Bum de Harmony Korine, The Death and Life of John F. Donovan de Xavier Dolan, sans oublier les incontournables Les Indestructibles 2Avengers : Infinity War, AquamanBlack Panther, Tomb RaiderMission : Impossible 6Jurassic World 2 : Fallen KingdomX-Men : Dark Phoenix, ou encore Solo : A Star Wars Story...

2018 offre déjà un certain nombre de choses susceptibles de créer l'attente et l'excitation. Après nos bilans de 2017, la rédaction pose donc un petit regard sur l'année qui arrive, avec la liste de nos principales attentes.

NB : une partie de l'équipe ayant déjà vu Phantom ThreadCall Me by Your Name et La Forme de l'eau, les titres sont quasi absents.

 

Photo Daniel Day-Lewis

 Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson

 

SIMON RIAUX

UNDER THE SILVER LAKE

Après The Myth of the American Sleepover et It Follows, le réalisateur est forcément attendu au tournant. Et comme on ne sait pratiquement rien de Under the Silver Lake, en dehors du fait qu'il serait pratiquement achevé et que son casting est dément, forcément, notre imagination fait des loopings. Tout au plus a-t-on appris qu'il s'agira d'un thriller particulièrement noir, situé dans le Los Angeles contemporain.

Quand on sait avec quelle aisance David Robert Mitchell a su réimaginer des totems aussi référentiels que le teen movie ou l'horreur à la Carpenter, on ne peut que s'exciter à l'idée de le voir autopsier le film noir. Et il devrait le faire en bonne compagnie, puisqu'il sera notamment accompagné d'Andrew Garfield et Riley Keough. Avec une telle aura de mystère et un CV prestigieux mais encore tout frais, Mitchell a toutes les chances de montrer sa création sur la Croisette ou l'un des autres festivals historiques. Espérons que Cannes, qui avait montré It Follows à la Semaine de la Critique avec le succès que l'on sait, saura ne pas laisser passer le cinéaste.

 

Maika Monroe

 It Follows

 

STEVEN SPIELBERG 

Pentagon Papers en janvier, Ready Player One  en mars. On le sait, à la manière d'un général Napoléonien, quand le réalisateur regroupe ses forces, travaille intensément et prépare un retour, c'est pour lancer toutes ses forces dans la bataille. En 2002, quelques mois à peine avaient séparé Minority Report et Arrête-moi si tu peux ; en 2005, même chose pour La Guerre des mondes et Munich.

On s'attend donc logiquement à une claque d'une puissance équivalente, étant entendu que Pentagon Papers s'annonce comme une des réflexions les plus brillantes de ces dernières années sur la politique et le concept de vérité, tandis que Ready Player One a pour mission de détourner les blockbusters actuels, critiquer leur recours à la nostalgie pour mieux leur faire la peau. Avec la rage d'un jeune homme plus que l'irritabilité d'un vieux con, Steven Spielberg revient pour mettre un coup de boule à l'Amérique de 2018. Et on est prêts à le recevoir.

 

 

 

L'ÎLE AUX CHIENS

Wes Anderson : on le caricature souvent en décorateur de maison de poupées, ce qui prouve qu'au final, bien peu de monde a déjà posé les yeux sur une maison de poupée. Il est un des créateurs les plus iconoclastes, inclassables, et polyvalents de sa génération, capable de générer une imagerie infiniment plus variée que la caricature que ne le reconnaît et dont chaque récit semble mû par un impératif poétique parfois d'une mélancolie et d'une noirceur extrême.

Du coup, on espère fortement retrouver dans Isle of Doges, récit dystopique dans lequel un enfant japonais va chercher son toutou exilé sur une île où les chiens ont été bannis, la douceur et la dureté de Fantastic Mr. Fox, proposition qui recueille souvent l'admiration des plus féroces adversaires du cinéma d'Anderson. Orfèvre dédié à la création de mondes à la fois jumeaux du nôtre et pourtant radicalement différents, le metteur en scène devrait bénéficier une nouvelle fois d'un casting incroyable pour donner vie à ces clébards, qu'on est impatients de retrouver.

 

 

GEOFFREY CRÉTÉ

THE HOUSE THAT JACK BUILT 

Le nouveau Lars von Trier est destiné à remuer les esprits - probablement plus que le grandiose Melancholia, certainement moins que le brutal Antichrist et les étrangement ratés Nymphomaniac. D'abord prévu comme une série, The House That Jack Built suivra ainsi Jack, un tueur en série, au fil de douze années de crimes qui vont forger le détraqué qu'il est au fond de lui. Un rôle en or pour Matt Dillon, dont la carrière est à nouveau retombée depuis sa nomination aux Oscars pour Collision, et qui croisera notamment la route de Bruno GanzYu Ji-taeUma Thurman, ou encore Riley Keough.

Entre les mains d'un cinéaste de la trempe de Lars Von Trier, ce portrait d'un serial killer qui ne s'appelle pas Henry devrait être une odyssée sanglante, éprouvante et inattendue. Le tempérament de sale gosse du Danois devrait lui permettre de repousser les limites du sujet pour poser un regard sans concession sur son protagoniste. De quoi rêver d'un retour en forme du réalisateur de Dogville et Dancer in the Dark, qui n'a pas caché son désir de revenir à Cannes, d'où il est théoriquement interdit depuis cette polémique lors de la conférence de presse de Melancholia en 2011. 

 

Photo Matt Dillon

Matt Dillon sera le Jack du nouveau Lars Von Trier

 

TODOS LO SABEN 

Le nouveau film d'Asghar Farhadi sortira le 9 mai 2018. Autant dire que le réalisateur d'Une séparation et Le Passé (prix d'interprétation pour Bérenice Bejo) sera à Cannes, d'autant qu'il est porté par Penélope Cruz et Javier Bardem, tous deux couronnés au festival. Longtemps resté mystérieux et sans titre, le film suivra Carolina, de retour dans son village natal en Espagne avec sa famille. Les retrouvailles vont évidemment prendre une tournure inattendue, suite à quelques événements étranges.

Après avoir magnifiquement franchi la barrière de la langue dans Le Passé, décrié par certains, le cinéaste iranien s'envole vers un autre pays d'Europe pour une nouvelle histoire de famille qui sera sans surprise tendue et installée dans les rouages du thriller. Difficile de ne pas s'attendre à une nouvelle œuvre écrite au cordeau, où il démontrera encore son talent fabuleux pour dessiner les conflits et contradictions des personnages. Avec Penélope Cruz dans le premier rôle, il y a en plus l'espoir de voir l'actrice retrouver un peu de sa puissance passée, trop longtemps étouffée par de grosses machines hollywoodiennes.

 

Une séparation

 

MUTE

Quoi qu'on pense des précédents films de Duncan Jones, d'un Moon traité comme un classique en puissance à un Warcraft considéré comme maltraité à sa sortie, Mute s'annonce comme un petit événement dans son genre. Fortement inspiré par Blade Runner, en développement pendant des années avant de se concrétiser, cette histoire de Berlin futuriste racontera comment un barman muet (Alexander Skarsgård) part à la recherche de sa petite amie disparue, au milieu d'une vague d'immigrations et avec l'aide de deux chirurgiens américains.

Mute arrivera a priori en 2018, sur Netflix. Il y a aussi Paul RuddJustin TherouxNoel Clarke et Florence Kasumba au générique, et pour peu qu'il ne sombre pas dans l'hommage simplet à Blade Runner et aux effets faciles, comme l'overdose de néons colorées, le film a des chances d'être une magnifique odyssée mélancolique dans une ambiance de film noir ; d'autant que Duncan Jones le présente comme une suite spirituelle de Moon, qui se déroule dans le même univers (Sam Rockwell est d'ailleurs annoncé au casting).

 

Photo Alexander Skarsgård

Alexander Skarsgard dans Mute 

  

ALEXANDRE JANOWIAK

ANNIHILATION

En 2015, Alex Garland nous offrait une des plus belles œuvres de science-fiction sur l'intelligence artificielle avec Ex Machina. Avec Annihilation, adapté du bestseller de Jeff Vandermeer, le réalisateur s'attaque à une œuvre passionnante ultra-mystérieuse et aux sous-genres multiples : un thriller de science-fiction horrifique, surréaliste et paranormal.

Les premières images de son film laissent d'ailleurs présager d'un long-métrage esthétiquement sublime aux idées visuelles improbables et terriblement excitantes. Et ce n'est pas le superbe casting féminin formé par Natalie Portman, Jennifer Jason LeighTessa Thompson et Gina Rodriguez qui nous fera penser le contraire. Ne reste maintenant plus qu'à espérer qu'Annihilation aura le droit à une sortie en salles en France et ne devra pas se contenter d'une simple diffusion sur Netflix, pour que nous puissions vraiment profiter du spectacle.

 

 

L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE 

Quand un projet maudit réussit enfin à se concrétiser, il y a toujours ce petit pincement qui nous empêche d'y croire totalement. Pourtant, après 17 années de galère, L'Homme qui tua Don Quichotte va enfin voir le jour en mai prochain (probablement au Festival de Cannes). Impossible donc, après tant d'années à patienter et espérer découvrir ce film maudit de Terry Gilliam, de ne pas le placer parmi nos plus grandes attentes de l'année 2018.

Certes, le réalisateur américain a perdu de sa maestria d'antan au fil des années mais L'Homme qui tua Don Quichotte, que nous avait si bien teasé Lost in La Mancha, est sans doute l’œuvre de tous les possibles et pourrait bien relancer le cinéaste. Avec son pitch mi-aventureux mi-fantasmagorique et son fabuleux casting porté par Jonathan Pryce et Adam Driver (un des meilleurs acteurs de sa génération), le long-métrage s'annonce à la fois romanesque, lyrique et lunaire. De quoi nous satisfaire amplement.

 

Poster

 

THE FAVOURITE 

Le cinéaste grec Yorgos Lanthimos est clairement l'un des réalisateurs les plus talentueux et les plus surprenants de sa génération. Après sa dystopie loufoque et perturbante The Lobster, le réalisateur nous glaçait le sang en 2017 avec son conte horrifique métaphysique aux airs de tragédie grecque Mise à mort du cerf sacré.

Son prochain film, The Favourite, est donc inévitablement très attendu. Racontant l'histoire de la reine Anne, dernière monarque de la Maison Stuart, et la rivalité des femmes de sa cour dans la course au pouvoir, le tout dans un triangle amoureux sulfureux, The Favourite est d'autant plus intrigant qu'il marque un vrai tournant dans la carrière du cinéaste. Habitué des histoires contemporaines, le réalisateur s’attelle ici à une œuvre d'époque et historique. De plus, il ne s'occupe pas du scénario de son film, une première. Enfin, avec Emma Stone, Rachel WeiszOlivia Colman et le jeune Joe Alwyn (Un jour dans la vie de Billy Lynn) au casting, le cinéaste gagne encore en ampleur. Impossible de ne pas déjà fantasmer de The Favourite avec tout ça.

 

Photo Barry Keoghan, Colin Farrell

Mise à mort du cerf sacré : l'un des chocs de la rédaction en 2017 

 

CHRISTOPHE FOLTZER 

THE PREDATOR 

Autre monstre sacré du cinéma fantastique estampillé 80's, le Predator n'avait plus connu de vrai retour depuis, oh, allez, Predator 2. C'est dire. Alors certes, Predators était bien sympa, mais on était loin de la boucherie attendue. Et ne parlons pas des Alien vs. Predator, par respect pour notre intelligence à tous. Sauf que là, The Predator promet du lourd et pour une seule raison : Shane Black

Déjà présent dans le film original de John McTiernan, créateur de la franchise L'Arme Fatale, réalisateur du meilleur film de super-héros du monde (Iron Man 3), Black semble être l'homme idéal pour faire revivre le rasta le plus mortel de l'univers. Pourtant, cela suscite quelques inquiétudes, en regard des éléments que nous connaissons pour le moment sur le film avec notamment Olivia Munn, Boyd Holbrook et Trevante Rhodes. La présence d'un gamin ne va-t-elle pas édulcorer l'ensemble ? L'histoire sera-t-elle réellement aussi folle qu'annoncée ? Shane Black convaincra-t-il autant sur le terrain de l'horreur que dans l'écriture de ses personnages et ses dialogues ? On comprend l'angoisse : on a été tellement déçu ces dernières années que, fatalement nous sommes méfiants. Mais on a envie d'y croire. Parce que le film sera classé R et parce que Shane Black. Tout simplement. En salles le 15 août.

 

Affiche teaser

 

ALITA : BATTLE ANGEL 

Dans le genre arlésienne, l'adaptation du manga Gunnm se pose là puisque James Cameron devait la faire depuis quasiment 30 ans. Finalement, c'est Robert Rodriguez qui s'en charge et le réalisateur de la saga Avatar est simplement producteur. La bande-annonce dévoilée il y a quelques semaines a soufflé le chaud et le froid chez les fans de la BD. L'univers, bien qu'un peu trop propre, semble fidèle, tout comme les premières bribes du scénario. Le look de Gally avec ses gros yeux a en revanche beaucoup dérangé.

Un parti-pris audacieux qui, paradoxalement, rend le projet encore plus intrigant. Battle Angel semble suivre grosso-modo la trame de l'animé sorti dans les années 90, ce qui est une excellente chose puisqu'il était très bon et faisait office d'excellente introduction à cet univers. On espère donc que Rodriguez, dans sa bonhommie habituelle, n'aura pas surchargé son film en péripéties inutiles et en détours scénaristiques pour inclure un maximum d'éléments de différents chapitres, au risque de provoquer une indigestion chez le spectateur. L'homme étant capable du pire comme du meilleur, nous sommes fébriles et on compte sur James Cameron pour le cadrer. Sinon, hormis ces petits détails, ça a l'air tout bon. Vivement le 25 juillet donc.

 

 

SAINTE VIERGE 

On le met dans nos attentes de 2018 alors qu'on ne sait même pas quand il sortira. Si ça se trouve, ce sera en 2019, et on le remettra dans notre prochaine liste. Parce qu'il s'agit quand même du nouveau film de Paul Verhoeven qui, à bientôt 80 ans, prouve qu'il n'a rien perdu de sa férocité. Après un Elle magistral et super couillu, notre Hollandais Violent préféré a semble-t-il réussi à conserver sa patate en nous promettant un film sulfureux sur cette nonne lesbienne, durant la Renaissance Italienne.
 

Du pain béni pour le réalisateur, totalement dans son élément. Mais si on attend aussi le film, c'est également pour Virginie Efira. Magistrale dans Victoria, elle prouve enfin quelle grande comédienne elle est et Sainte Vierge pourrait être le rôle de la consécration. Si Verhoeven l'a choisie après un second rôle dans Elle, c'est qu'il a une idée en tête et on ne doute pas une seconde qu'elle puisse se montrer sulfureuse, vénéneuse et complexe. Alors c'est sûr, il faudrait déjà que le film soit tourné, ce qui n'est pas encore le cas à l'heure actuelle, mais on insiste : Sainte Vierge risque d'être un des grands moments de 2018. Au pire ce sera celui de 2019. On a le temps. 

 

Affiche officielle

 Affiche teaser

 

LINO CASSINAT

UNDER THE SILVER LAKE 

David Robert Mitchell devrait nous revenir en 2018 avec un film nommé Under the Silver Lake, dont on sait rien si ce n’est son casting complet (comprenant Andrew Garfield, Riley Keough et Topher Grace) et son genre, un thriller neo-noir. Pourquoi l’attend-t-on alors ? Tout simplement parce que le réalisateur n’est rien de moins que l’artiste qui nous a apporté It Follows en 2014, probablement un (le ?) des meilleurs films d’horreur de la décennie, à voir sur grand écran et pas ailleurs. Beau à en crever, profond, intelligent dans les moindres détails de sa mise en scène, mélancolique, le film est une réussite totale dans son rendu cinématographique.

Mais surtout, et c’est le plus important pour un film d’horreur, c’est une expérience véritablement suffocante, qui colle une pression de malade et nous sert une peur viscérale, loin des jump-scare Blumhouse. Bref, après un truc pareil, David Robert Mitchell pourrait nous sortir son film de vacances ou une vidéo de son chat qu’on l’achèterait quand même.

 

Maika Monroe

It Follows

 

SUNSET

Le Hongrois László Nemes, primé à Cannes et aux Oscars pour son premier film Le Fils de Saul, sera de retour en 2018. On ne sait pas grand chose de sa nouvelle œuvre, qui se déroulera avant la Première Guerre mondiale à Budapest, et suivra le destin d'une jeune fille orpheline « forte et courageuse », incarnée par Juli Jakab. Mais comme pour David Robert Mitchell, l’ancien assistant de Béla Tarr pourrait sortir n’importe quoi après l’ahurissant Fils de Saul qu’on serait hypé.

On avait affaire à l’époque à une déflagration totale : hyper immersif, peu bavard mais pourtant très sonore, constitué majoritairement de long plans séquences chorégraphiés que n’auraient pas reniés Cuaron ou Inarritu, filmé en pellicule et surtout à des années lumières de tous les melo clichés et grand guignolesques sur les camp de concentration. Un uppercut dont on sort vidé, KO debout. Et pourtant, on réclame le deuxième à cor et à cris. Sunset, on t’attend.

 

Photo Jakab Juli

Juli Jakab, héroîne de Sunset

 

LA FORME DE L'EAU 

Guillermo del Toro aime tendrement le cinéma et les monstres. Le cinéaste ne s’est en effet jamais senti plus à l’aise qu’en faisant surgir l’humanité chez les créatures qu’il filme, les rendant plus sympathiques que les humains eux mêmes, et ça donnait toujours des oeuvres sensibles et attachantes. Du coup, après le dispensable Crimson Peak, le voir revenir avec le très personnel La Forme de l’Eau, histoire d’une femme de ménage muette tombant amoureuse d’une créature aquatique, ça nous donne envie.

D’autant plus que ça a l’air vraiment bien : le film a en effet gagné le Lion d’Or à Venise. En tout cas on le soutient pour les Oscars, d’autant plus vu la poisse légendaire du mexicain. Mais bon, il va probablement se faire snober comme un malpropre : on sait déjà il n’a pas été retenu dans la catégorie maquillage alors que le personnage principal est un vrai monstre à l’ancienne sans effet numérique. Go go Guillermo !

 

 

 

BONUS : LORDS OF CHAOS 

Décrit comme un « Trainspotting pour millenial », Lords Of Chaos est un biopic sur les tumultueuses années 90 en Norvège et la scène black metal naissante (et plus particulièrement sur le groupe Mayhem, pour les connaisseurs).  C’est réalisé par le crépusculaire cinéaste Jonas Akerlund, qui a vécu une partie de cette histoire et qui ne sort pas de nulle part : ancien membre du groupe Bathory, réalisateur de très nombreux clips audacieux pour d’innombrables stars et de Spun, soit la version bien de Requiem For A Dream. Meurtres, Sky Ferreira, black metal, églises qui brûlent, occultisme, Rory Culkin, suicides, ados dépressifs, black metal, satanisme, black metal. What else ?

 

Affiche

 

FLORIAN DESCAMPS

THE IRISHMAN 

Qu'il est triste que seul Netflix ait pris le pari de réunir autant de monstres sacrés dans un film. Qu'il sera triste que le monde entier ne puisse correctement le découvrir en salle. Ces regrets exprimés : qu'il est bon d'attendre à nouveau un film de Martin Scorsese avec Robert De Niro et Joe Pesci au casting !

Les Affranchis revient évidemment en mémoire, on sait Scorsese en grande forme après son subversif Silence et il faut ajouter au trio Al Pacino, Anna Paquin et Harvey Keitel. Quand en plus le film se veut l'adaptation du best-seller I Heard You Paint Houses de Charles Brandt sur la vie et les relations mafieuses du syndicaliste Frank Sheeran, la réussite laisse peu de place aux doutes : le cinéaste est en terrain familier. Une seconde grosse production Netflix (105 millions de dollars) qui risque de solidement revigorer le géant du streaming après l'échec artistique Bright.

 

Photo Joe Pesci, Martin Scorsese

Martin Scorsese et Joe Pesci 

 

ROMA

En 2007, Alfonso Cuarón a imposé sa virtuosité au monde avec Les Fils de l'homme. En 2013, il a réitéré avec Gravity. Entre deux, il réalisait l'un des meilleurs épisodes de la saga Harry Potter avec Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban. Ce que l'on sait de Roma ? À vrai dire pas grand chose, si ce n'est que son intrigue prend place dans le Mexique des années 70, que les caméras du cinéaste retrouvent d'ailleurs pour la première fois depuis Y tu mamá También.

Tourné à l'automne 2016, le film connait depuis une longue post-production jonchée « d'opportunités financières qu'il est possible de trouver au fil des mois pour répondre aux ambitions » (notre article à ce sujet est ICI) et dont le résultat satisferait à date le Mexicain. De bien maigres informations qui suffisent tout de même à lancer un : vite, une date de sortie !

 

Photo Alfonso Cuarón

Alfonso Cuarón

 

DOMINO

Choix amplement assumé pour son auteur, quand bien même le réalisateur divise, notamment dans la rédaction. C’est que si Brian De Palma n’a plus convaincu depuis près de 10 ans et la surprise Redacted, le cinéaste reste un point de repère cinéphilique, une madeleine de Proust où il y a toujours à prendre malgré la déception. Son Passion n’était pas forcément bon mais on y retrouvait la joie de sa mise en scène. Le Dahlia noir était médiocre, mais y transpirait ses thématiques et névroses. Le cinéaste, même fatigué, reste un artiste singulier et en ce sens, chaque nouvelle œuvre est importante.

Prévu pour 2018, Domino tracera donc l'épopée vengeresse de Christian (Nikolaj Coster-Waldau), officier danois lancé dans une course poursuite à travers l'Europe suite à l'assassinat de son coéquipier, avec l'aide d'une collègue incarnée par Carice van Houten. Un scénario en l'apparence banal mais dont on sait le cinéaste capable d'en tirer le meilleur. On lui donne sa chance ? 

 

Photo Brian De PalmaBrian de Palma

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commentaires
Adyton
21/02/2018 à 16:14

Apparemment quelques belles pépites cinématographiques nous attendent encore.

Je suis assez d'accord avec tout ce qui a été écrit mais..... "Iron Man 3 - meilleur film de super-héros du monde" !!!!! Sérieux ????? Mouhahahahahhaha !

Il est classé parmi les pires bouses dans le genre avec le premier Wolverine, The Spirit et Ghost Rider 2 (et souvent moqué sur Youtube, Allociné et autre). Le seule différence étant qu'il n'a pas été un échec commercial à cause du succès des deux premiers volets (cela n'empêche pas qu'on regrette ensuite d'avoir payé son billet). Mais soyons sérieux, je n'ai jamais vu de scénar aussi pourri dans le domaine et j'ai vu quelques nanars.... seul les effets spéciaux et quelques passages le sauve (un peu) et le mette au niveau du film d'action écervelé Pop Corn.

Justement après ça..... se dire que "The Prédator" est entre les main du même type (Shane Black) qui a massacré Iron Man (au point que même Marvel Studio a décidé de faire l'impasse dans son MCU sur tout ce qui s'est déroulé dans ce dernier volet), ça craint.... ça criant même sévère....

Euh
02/01/2018 à 15:31

Cuaron va encore tout casser, un de ceux que j'attends le plus, comme à chacun de ses films il nous mettra une vraie claque.

Par contre, It follows, c'est le film le plus surestimé de ces dernières années, dans le genre film prétentieux poseur, il se pose là (justement) avec un certain... Grave, tiens.

Bonne année !

Alexandre Janowiak - Rédaction
02/01/2018 à 10:11

@Dirty Harry

Le nouvel an n'a pas que du bon pour tout le monde... la faute est corrigée ;)

Bonne année !

Dirty Harry
01/01/2018 à 18:23

Terry Gilliam n'est pas britannique mais est connu comme étant le seul américain de la très britannique troupe des Monty Python (il né dans le Minnesota). Sinon vivement Ready Player One, the Phantom Dread, The Irishman, Domino, Les Frères Sisters d'Audiard, et le retour de Leos Carax. Avec Blier aussi je crois qu'il sort son film cette année, c'est le trio des réals locaux les plus interessants. Et pourquoi pas le Lars Von Trier car le titre empreint de candeur a l'air de recouvrir un film bien pervers.

fedor85
01/01/2018 à 17:19

Pour Spielberg on peut aussi noter les sortie rapproché de jurassic park et la liste de Schindler. Déja enchainé deux films aussi opposé et réussir les deux, chapeau

Geoffrey Crété - Rédaction
01/01/2018 à 15:14

@Blop

Toute la rédaction d'Ecran Large est à peu près d'accord avec ça ;) Et De Palma est considéré par beaucoup de monde comme un très grand.

https://www.ecranlarge.com/films/dossier/1005317-brian-de-palma-tous-les-secrets-du-grand-cineaste-reunis-dans-un-grand-livre-indispensable-pour-noel

Blop
01/01/2018 à 15:11

Totalement d'accord avec Florian descamp.
Le retour de brian de Palma je l'espère grandiose. Ce cinéaste est injustement boudé par ses pairs je trouve. Aucun hommage lui est rendu alors que sa filmographie compte un paquet de classique.
Mais le must reste the irishman
Le retour de robert de Niro chez Scorsese est un événement mais la rencontre de ce dernier avec al pacino passe au dessus.
J'ai envie de dire qu'il était temps et ils réalisent un de mes rêves de cinéphiles.
A quand bill murray chez les coens ?

Lino
01/01/2018 à 14:43

Pas vu. C'est bien? J'ai un peu peur de juste voir une succession d'entretiens un peu mecaniques...
Au passage, meilleur film du monde sur le black metal : un sort pour éloigner les ténèbres (a spell to ward off the darkness).
Une incroyable transe mystique et un de mes 4 films préférés de son année

.
01/01/2018 à 13:33

Je conseille à LINO CASSINAT de regarder le documentaire Until the light take us en référence a Lords of chaos

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