Wonder Woman : critique Wonderbra

Geoffrey Crété | 8 juin 2017 - MAJ : 14/10/2019 17:23
Geoffrey Crété | 8 juin 2017 - MAJ : 14/10/2019 17:23

Bien longtemps après le cultissime Barbarella avec Jane Fonda en 1968, il y a eu Catwoman avec Halle Berry en 2004 et Elektra avec Jennifer Garner en 2005 : deux navets insolites qui ont participé malgré eux à la place des super-héroïnes dans l'arène du blockbuster hollywoodien, occupé à 99% par les mâles. Alors que Marvel prépare Captain Marvel avec Brie Larson pour 2019, DC s'avance sur le terrain avec l'un des personnages les plus iconiques, la bien-nommée Wonder Woman. Beaucoup d'attente, beaucoup d'espoirs, beaucoup de craintes... et un film qui comblera les fans ?

L'AUBE DE L'INJUSTICE

Soyez prévenus : il n'y a pas de scène post-générique dans Wonder Woman. Lorsque le film s'achève, il y a donc tout le temps pour réfléchir à l'étrange superproduction de Patty Jenkins, où Gal Gadot reprend son rôle de super-héroïne après une apparition dans Batman v Superman : L'Aube de la justice et avant son retour dans Justice League le 15 novembre. 

Car si la première aventure de Wonder Woman au cinéma, après l'inoubliable série des années 70 avec Lynda Carter, est très loin d'être un désastre ou un mauvais film dans son genre, elle est aussi loin d'être à la hauteur du pari.

 

Photo Gal GadotGal Gadot incarne Wonder Woman 

 

DIANA, LA GUERRIÈRE

L'aventure commence pourtant bien. Après une introduction pas très fine qui ressemble surtout à une version artificielle des scènes post-générique Marvel (référence lourde et pas indispensable à Batman pour lancer grossièrement le film), Wonder Woman propulse le spectateur dans le fameux monde des Amazones, sur l'île de Themyscira. Une véritable plongée dans un univers hors du temps, qui ne ressemble à rien dans le genre.

Palettes de couleurs dorées et chatoyantes, matières travaillées sur les costumes, mélange entre décors naturels et environnements numériques colorés (dont l'amusante barrière magique) : entre le péplum et l'heroic fantasy, la direction artistique affiche une volonté claire et nette, parfaitement séduisante et rafraîchissante. Il sera facile d'y voir une version de luxe de Xena, la guerrière, mais la vérité est inverse : c'est un héritage des comics Wonder Woman, et une part incontournable de sa mythologie. Que le studio et la réalisatrice Patty Jenkins assument cet aspect du personnage et lui consacrent tant d'énergie, loin des canons du genre contemporain, est une belle entrée en matière. 

 

Photo Gal Gadot, Connie NielsenGal Gadot et Connie Nielsen, sa mère et reine des Amazones 

 

MORTAL KOMBAT

Mais très vite, il y a les premiers symptômes d'un blockbuster bancal. Dès la première grande scène d'action, menée par une Robin Wright furieuse, la machine s'enraye. Montage qui triture l'action, utilisation maladroite des ralentis (au mieux moyens, au pire affreux), dramaturgie ordinaire : Wonder Woman n'impressionne pas. L'intrigue avance vite, trop vite pour traiter les nombreux éléments présents.

Aussi amusante et excitante soit-elle, cette première partie sur l'île paradisiaque semblera finalement trop courte ou trop longue, puisque l'héroïne quittera vite ce soleil enchanteur pour plonger dans la grisaille de la Première Guerre mondiale. Et si le film s'étire sur 2h21 divertissantes, il aura toutes les difficultés du monde à aborder ce personnage iconique avec intelligence.

 

Photo Robin WrightRobin Wright : House of Rage

 

UNE FEMME SOUS INFLUENCE

Wonder Woman le personnage est ainsi l'un des grands problèmes de Wonder Woman le film. Candide par essence, elle débarque dans le monde violent et imparfait des humains avec une âme pure. Son innocence est nécessaire et indispensable, et offre des scènes touchantes et attendrissantes, comme lorsqu'elle découvre une simple glace (une scène tirée des comics). C'est aussi le grand moteur comique du début, qui prend un plaisir irrésistible à confronter l'héroïne aux règles de cette société anglaise, pour insister sur le sous-texte féministe (les secrétaires, les vêtements, les sphères interdites aux femmes) ou pour du gag visuel primaire mais efficace (l'épée, les portes d'un grand magasin).

Mais l'écriture est si grossière, si répétitive, que cette naïveté glisse vite vers une bêtise qui fonctionne contre le personnage. Wonder Woman a beau parler couramment le grec ancien et avoir une culture extraordinaire, son ignorance face à certains phénomènes laisse songeur. Elle a une force spectaculaire et un cœur pur, mais passera la majorité du film avec des œillères, incapable d'entendre Steve Trevor (Chris Pine) ou s'adapter aux circonstances. C'est d'autant plus gênant que les dialogues insistent parfois lourdement sur le féminisme ("Je suis l'homme de la situation", annonce t-elle très vite), tout en répétant des motifs ultra-classiques de l'héroïne hollywoodienne.

 

Photo Gal Gadot "C'est votre version des amures ça ?"

 

WONDER MAN

Ainsi, l'évolution de Wonder Woman passera inexorablement par l'héroïsme et l'amour d'un homme. Si la romance entre Diana et Steve, inévitable et héritée des comics, est d'abord charmante car légère, elle alourdit vite le film jusqu'à le mettre sur les rails du film d'action sommaire. Ce sont littéralement les mots et le courage d'un homme, qui annonce lui-même sauver la situation, qui permettent à l'héroïne de s'émanciper, de vaincre ses faiblesses, dépasser ses limites - en somme, exister en tant que super-héroïne.

 

Photo Chris PineChris Pine est Steve Trevor

 

Il aura fallu attendre l'avènement de la plus célèbre des super-héroïnes sur grand écran pour entendre un personnage aussi iconique déclamer de manière solennelle et ringarde que l'amour sera son combat, sa religion, sa force, et le salut du monde, comme dans une mauvaise publicité pour du parfum. Si la "soumission par l'amour" est un motif central dans les comics, il nécessait plus de finesse et certainement moins de dialogues grotesques pour ne pas couler dans une telle niaiserie.

L'interprétation très premier degré de Gal Gadot n'aide pas, l'actrice étant à peu près incapable d'apporter la moindre nuance au personnage. La voir se tenir le visage entre les mains, entrouvrir la bouche à intervalles réguliers ou froncer les sourcils pour exprimer une émotion binaire, pose un véritable problème. C'est particulièrement frappant face au charismatique Chris Pine : dans un rôle sans profondeur qu'il décrit lui-même comme stéréotypé, il apporte une énergie naturelle et donne vie à chacune de ses scènes, aussi banales soient-elles.

 

Photo Gal GadotGal Gadot joue la surprise-la peur-l'excitation-la vie

 

CAPTAIN AMAZONE

Wonder Woman a des idées à défendre. De la bande de bras cassés (avec un casting de gueules qui contrebalance la plastique hollywoodienne du couple-star) à la photographie riche, le film de Patty Jenkins offre des choses intrigantes. Lorsque l'héroïne révèle pour la première fois son célèbre costume, c'est dans une séquence puissante, brillamment orchestrée, à la hauteur de l'imagerie majestueuse de cette Amazone féroce et hallucinée qui brave les balles du camp ennemi.

Quand le fabuleux thème découvert dans Batman v Superman : L'Aube de la justice débarque, l'action vire définitivement vers le cool pour offrir des cascades et des coups enthousiasmants. Le film sert donc des moments de bravoure réjouissants, où l'héroïne balance un tank, traverse des murs, explose un clocher ou de la roche à mains nues.

 

Photo Gal Gadot

 

Mais avec le dernier acte, et surtout le climax, Wonder Woman perd des points. Le spectateur retrouvera ainsi ce paresseux terrain de destruction artificiel dans le prolongement direct de Batman v Superman : des fonds verts transformés en parking géant et nocturne, sans réelle profondeur, avec des bâtiments qui explosent comme de bombes atomiques, des flammes pour donner de la matière à l'image grise et une créature en CGI aussi convaincante qu'un vieux boss de Dark Souls.

Un mauvais twist (qui n'a aucune autre fonction que celle de surprendre, quitte à n'avoir aucun sens, et au point qu'aucune question ne sera posée) n'aide pas le climax à prendre une forme satisfaisante. Alors que Danny Huston apporte au diabolique Ludendroff sa voix caverneuse et ses traits inquiétants, le grand méchant tournera alors à la mauvaise plaisanterie, autant en terme de design que de mise en scène. C'est d'autant plus regrettable que le réalisatrice Patty Jenkins a un certain sens de l'image, notamment lorsqu'elle utilise l'espace pour apporter une touche d'étrangeté à une confrontation entre Wonder Woman et son ennemi, pourtant écrite à la truelle.

Le film frustre également du côté du fameux docteur Poison, incarné par Elena Anaya. Le design fantastique de ce visage à moitié masqué promettait beaucoup, mais ce mystérieux personnage sera honteusement sous-exploité. Un choix particulièrement gênant puisque l'actrice espagnole, cantonnée à quelques scènes et lignes de dialogues, impose d'emblée une étrangeté fascinante qui aurait énormément servi le film.

 

Photo Danny Huston, Elena AnayaDanny Huston et Elena Anaya sont de très méchants Allemands 

 

WONDER WARNER

Wonder Woman a donc des hauts et des bas, plus ou moins attendus et exaspérants. Le film sera sans aucun doute moins clivant que Batman v Superman : L'Aube de la justice, qui a déchaîné les passions jusqu'à être considéré comme le pire film de la décennie ou l'un des plus grands films de super-héros de tous les temps - adieu les nuances. Plus léger, plus limpide et moins occupé à énoncer son intelligence supposée, il sera probablement plus fédérateur que Man of Steel. Dans tous les cas, le résultat est largement plus solide que Suicide Squad.

Mais en toute logique, il manque à la première aventure solo de l'héroïne cette identité très forte, capable de fasciner ou assommer. La musique est à ce titre significative : hormis le thème de Wonder Woman, finalement peu utilisé, la partition de Rupert Gregson-Williams est d'une banalité affolante, donnant l'impression d'avoir été entendue deux cent fois par le passé - et probablement encore deux cent fois à l'avenir.

 

Photo Gal Gadot, Chris Pine, Saig Taghmaoui

 

Wonder Woman laisse donc la sensation d'une superproduction timorée, qui n'ose pas totalement s'assumer pour se libérer (un peu) des carcans du divertissement hollywoodien. Une problématique qui saute aux yeux lors d'un échange dramatique entre Diana et Steve pendant le combat final, qui sera montré deux fois au spectateur : d'abord avec un parti pris fort de mise en scène, puis en version classique, afin d'évacuer tout mystère, souligner le sens pourtant évident et ainsi contenter chaque spectateur.

Au pire, Wonder Woman est une superproduction bancale, maladroite, voire ridicule lorsque le personnage iconique est rangé de force dans le cadre hollywoodien. Au mieux, c'est quelques belles idées discrètes, des images sensationnelles et une poignée de moments saisissants. Mais la plupart du temps, c'est le b.a.-ba du blockbuster moderne.

 

Affiche française

 

Résumé

Des images saisissantes, des moments iconiques, une énergie enthousiasmante, mais (encore) l'impression d'avoir affaire à un énième film de super-héros limité et trop carré pour satisfaire. Loin d'être un ratage mais également loin d'être à la hauteur des attentes et espoirs, Wonder Woman apporte de belles couleurs à l'univers DC sans imposer une vision qui aurait rendu justice à la super-héroïne iconique.

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
25/03/2020 à 11:04

@Zorgiona

En quoi serais-je anti-féministe exactement ? Je suis curieux.

Penser que Gal Gadot n'est pas une grande actrice, bien dirigée ici, est-ce du sexisme ? Ne pas adorer Wonder Woman, c'est sexiste ? Doit-on dire amen à tout film "de femme" ? Est-ce ça, le féminisme ?

Ou bien est-il possible d'être féministe (càd penser que l'égalité est vitale, indispensable, et nécessaire), sans que ça ait un rapport avec apprécier ou non un blockbuster de super-héroïne ? J'ose encore espérer que c'est le cas. L'égalité, le féminisme, c'est aussi parler de tous les cinémas, sans donner de point bonus ou malus à quiconque, basé sur son genre.

Zorgiona
25/03/2020 à 10:03

Je viens de voir la critique faite sur le film Wonder Woman et la comédienne qui l’interprète et je suis effaré par cette critique. Celui qui l'a écrite est un anti-féministe, quand à sa critique sur le film j'aime mieux pas en parler car je deviendrais grossié.
En ce qui me concerne le seul reproche que l'on peut faire au film c'est certains raccord de scène à scène ne colle pas, tout le reste est parfait ainsi que les actrices et acteur.

Flo
31/01/2020 à 13:50

Admirable, adorable, élégant, épatant, étonnant, etc etc…
Quelques synonymes les plus appropriés pour le mot Merveille… Wonder.

Enfin le cinéma nous offre une héroïne ne se prenant pas pour un cliché masculin. Ni adaptée en « Kawaï » pour plaire aux plus petites. Ça commence déjà bien en mettant en avant l’ambition de l’univers DC via un nouveau logo. Ça continue aussi bien avec ce plan sur notre bonne Terre, vue de manière plus positive, voir écolo (beaucoup de « vert »). Et d’une voix off touchante, mettant le personnage principal au centre de toute l’histoire.
Touchant aussi de voir direct un mini-Diana rigolote au milieu d’une flopée de guerrières automatiquement courageuses. Avec la révélation d’une Robin Wright super forte comme on ne l’avait jamais vu (et ne reverrons plus jamais?).
Et un superbe résumé historique, à base de tableau mouvant… Quelque chose de très « Snyderien », en plus clair. Avec une nouvelle origin story à base de morts de dieux… Intéressante, connu ailleurs (revoir "Xena", "La Colère des Titans"…), et n’empêchant pas de raccorder aux fondamentaux par la suite. + ce qui a été utilisé récemment dans les comics sur le mystère sur Diana.
– Au passage, je verrais bien Emily Carey (« Di » à 12 ans) en Donna Troy… Un jour –
Tout ça pouvant être complètement ridicule, ne serait-ce qu’avec ces effets au ralenti, tout ce coté naïf et désuet… Mais trouve justement sa facture dans ce coté « rétro et mythologique », qui fait passer tout ça innocemment.
Tout reposant aussi sur Gal Gadot (bien que dénuée d’yeux bleus), enfin utilisée à sa mesure dans un film, montrant le paradoxe d’une belle et pure guerrière… mais capable également d’être une « gamine » instruite, rebelle, souriante à pleine dents. Si on n’a rien envie de chercher comme tromperie et grosses ficelles de grosse productions ciné, on peut se laisser aller à être séduit.

Puis on passe dans l’histoire à une histoire un peu comme dans le "Vayana" de Disney: càd que si rien n’oblige à quitter une Île du Paradis, la grande envie d’aventure de Diana doit attendre que son destin « sonne » à sa porte. En passant en un clin d’œil de la 1ère révélation du potentiel de Diana à l’arrivée en grande trompe de Steve Trevor et de la Guerre, Diana se doit d’aller là où elle croit être utile, et agir.
On se retrouve maintenant avec un duo de « screwball comedy » entre la fille et le mec. Au début par curiosité, puis au fur et à mesure chacun se renvoie la balle entre ce qu’ils croient savoir, ou ce qu’il connaissent vraiment, et enfin en quoi peuvent-ils courageusement croire. S’il fallait le rapprocher d’un duo, on pourrait citer la relation Sherlock Holmes-John Watson, où le personnage le moins « super fortiche » a le rôle de la conscience du héros, lui permettant de ne pas s’égarer trop loin.
On pourrait aussi se dire qu’on a là un « Steve » Rogers/Captain America qui aurait été coupé en deux… Où dont on aurait interverti les pouvoirs et le caractère avec Peggy Carter. Très bon « sidekick » que Chris Pine, classieux et saisissant jusqu’au bout.

À partir de là le film tombe dans un long tunnel de comédie, souvent dramatique, interrompue de temps à temps par une pincée d’action… drôle aussi. Tout les trucs de différences de culture, de gags « féministes », de clins d’yeux (les lunettes à la Clark Kent, vite brisées)… Très long, surtout tout ce qui se passe dans la barque, ça ressemblerait ainsi presque à du Marvel. Ou tout simplement à un bon film d’aventure mainstream, rempli de seconds rôles pittoresques et très typés, dosé avec ce qu’il faut, quitte à en mettre un peu plus…
Au moins a-t-on un contexte de fin de Guerre, et d’Armistice s’approchant, qui n’est pas mauvais. Mais cela, comme pour le contexte féministe, n’est pas surexposé, central avant tout quitte à empiéter sur l’aventure… Ce qu’est le film d’abord, assez tout public et fédérateur.
Et ce bien que ça se passe pendant un guerre sanglante, avec des choses pas bien jolies… Mais ça, c’est aussi marqué dans les livres d’histoire des plus jeunes, alors…
Le film parle bien de choses intelligentes, mais il ne le fait pas directement, n’essaie pas de se rendre plus intelligent que toute la concurrence. Et assume son manque régulier de subtilité, comme s’il avait vraiment été réalisé peu de temps après cette guerre, sans qu’aucun film du même genre n’existât avant lui.
– on peut citer comme fautes de gout 2-3 ricanement de méchants grotesques, qu’on croirait sortis du Batman ’66. Ou l’absence de suffisamment de dialogues en langue étrangère sous-titrées, nous donnant à la place de l’anglais avec accent un peu ridicule –
Cette envie de faire ainsi peut être aussi irritable pour certains, que juste rafraîchissante pour d’autres.

Gadot, toujours, est le point de mire de cette « méthode ». La voir dire in extenso « c’est Ares c’est sûr, et c’est quoi ça? et ça? et pourquoi les gens sont comme ça? et pourquoi on ne s’arrête pas? et pourquoi on n’intervient pas? »… Soûlant à force ? Et bien c’est à partir de ce moment là que, face à l’horreur, elle dit Stop ! Et se bouge, à la mesure de ses pouvoirs, et du contexte aussi. Car en temps de guerre, le « code des super héros » autorise la voie létale – idée non écrite, mais bien réelle. Et encore plus « justifiée pour une guerrière.
Alors là, on a droit à du bon actionner moderne, honorable sans être trop beau (contexte de guerre, encore), cassant des murs et des chars, thème musical à fond etc… Bref ça se réveille bien, et ça finit par des gens heureux d’être sauvés et une héroïne souriante, à leur hauteur, et un petit flirt post-combat au passage
– à mon avis Diana et Steve n’ont pas vraiment conclu, absence de regards « gênés » aidant… mais vu leur tempérament un peu moderne, pas sûr non plus –
Tout va bien alors ? Et bien malgré tout, pas de miracle: l’envers du décor de la sale guerre, la responsabilité de le montrer, cela reste présent, comme pour insister sur le fait que Wonder Woman ne devrait même pas être là pour tout sauver à elle toute seule… La souffrance inévitable est bien visible, sans triche, touchant au cœur l’innocente, le brisant de plus en plus…
Au moins avec ce passage régulier de la candeur à la gravité, ça nous permet d’avoir une histoire dont les tenants ne sont pas si unidimensionnels (sauf pour certains des vilains).

Viendra un dernière partie un peu moins forte, sacrifiant à l’habituel combat de fin nocturne (fin de jour, fin de film, facile). Classique, ce qui ne devrait pas être un reproche dans un tel cas. Imagerie un peu trop « fake », twist aux 3/4 prévisible, légère frustration d’avoir un Ares sans yeux rouges, mais content de le voir en armure… fabriquée avec des morceaux d’engins de guerre (un peu à la Magneto). Oui, ça doit péter, ça doit taper, taper et se relever, c’est dans les conventions du genre. Faut pas que l’esprit du spectateur « sorte » du film entre-temps, sinon on est cuit.
Mais l’émotion régulière du film ne s’absente pas longtemps, suffit d’un long plan sur le visage résigné de Chris Pine. Son dialogue de sourd avec Diana. Ou de la détresse de Gadot, à deux doigt de passer en mode "berserk"…
Et pourtant, elle ose dire le mot complètement tabou. Ce qui la différencie à peine d’un Superman: elle se bat pour L’Amour. Voilà, on en fait ce qu’on veut, on peut se dire que c’est totalement débile… Mais la Guerre et l’Amour, main dans la main ou complètement opposés… n’est-ce pas un chouia une simple vérité humaine parmi tant d’autres ?
Et le calme et la bonté de conclure, un poil gâché par ce saut final qui voudrait être du pur super héroïsme… et qui sonne un peu trop faux (elle vole ou bien?)

Pour finir, on peut rajouter que ce film gagne à être vu en introduction à tous les films du DCCU (la partie moderne devenant ainsi un flashforward). Il permet de mieux équilibrer cet univers, et même de se placer comme pendant intéressant au MoS de Snyder.
Warner semble avoir arrêter de penser à faire leurs films comme s’il fallait être complètement opposés à la concurrence. Mais on peut comprendre le fait qu’ils trouvent légitime et important de laisser une femme mettre en scène le premier film solo sur Wonder Woman. Après être apparue en presque guest dans un film conçu et réalisé par un homme. Au bout de 75 ans.

Et pour la suite ? Forcément, des monstres mythologiques (elle en a parlé pendant le « Doomsday »). Puisque les dieux sont tous morts, ça semble logique que aucun Pouvoir ne peut plus empêcher le Tartare de s’ouvrir, ce genre de chose.
Espérons que Patty Jenkins ne tombe pas dans la routine des derniers "X-Men", avec des films "WoWo" ne se passant que dans le passé, pendant que d’autres réals (hommes?) auraient la primeur du présent. Si années 30 il y a, que ce soit une partie d’une intrigue continuant à notre époque. Et qui sait, avec la résurrection des dieux un jour (sauf si la Ligue devait devenir le nouvel Olympe). ????

Pat
12/05/2019 à 12:23

Film fade et sans grand intérêt qui a eu du mal à maintenir mon attention jusqu'à la fin.
Chris Pine charismatique ? Certes il a une gueule sympa mais assez passe-partout comme acteur, il est d'ailleurs un Capitaine Kirk peu marquant.

gregdevil666
09/06/2018 à 14:42

J'ai trouvé ça fade, laid, convenue, mais sympa. Un genre de MARVEL STUDIO quoi...

Yellow submarine
16/06/2017 à 12:21

Hé bien personnellement j'ai passé un excellent moment devant ce film.
Bon deux trois doublures numériques sont franchement raté mais ce n'est qu'un détail au vu de la qualité du film dans son ensemble.

Étonnamment et contrairement au premier avenger la guerre n'a pas l'air cool du tout, c'est sale glauque.
Je trouve étonnant de retrouver une telle représentation dans un blockbuster familial superheroique.

Je vous trouve étonnamment dur avec ce film avec du recul, le sujet était franchement casse gueule, mais on a la un film maîtrisé de bout en bout.

Même a la fin la scène avec ares, finalement le déchaînement d'sfx est totalement justifié par l'état d'esprit de Diana à ce moment la.

Succès pour une fois amplement mérité.

Fennec
14/06/2017 à 18:16

Bon ben je venais faire ma critique mais vous m'avez ôté les mots de la plume.

Un film prometteur gâché par une musique omniprésente et imbuvable. Un déroulé tellement linéaire avec des enjeux très terre à terre, on sombre dans le cliché très régulièrement. Les dialogues sont plats.

Et bon dieu que la bouillie numérique est infâme. La première partie sur l'île est absolument dégueulasse numériquement parlant. 20 figurants devant des fonds verts mal incrustés. Ce genre de cinéma devrait s'inquiéter de faire moins bien que Game of Thrones niveau CGI et niveau combats filmés. C'est fou d'avoir plus de temps, plus de pognon, plus de moyens, et de faire moins bien.

Quant à la scène finale, vous l'avez très bien résumé, c'est la sempiternelle bouillie de feu et de fumée sur un décor de parking numérique où on peut s'envoyer des grosses bagnoles en CGI dans la gueule. Au passage, toutes les règles sautent, et tout le monde vole, balance des rayons lasers, soulève le bitume, et crache du feu. Comme un enfant de 6 ans qui joue avec des figurines.

Pour moi Gal Gadot porte le film grâce à son charisme et son incroyable élégance dans le costume. Je pense qu'elle est belle, et que ça suffit à convaincre énormément de monde. Son jeu est un peu monolithique, mais le rôle veut ça et elle n'est vraiment pas aidée par la mièvrerie et naïveté des dialogues.

Les seconds rôles sont insipides et n'apportent rien au scenario. Ca joue souvent pas très bien, et c'est la valse des clichés.

Said Taghmaoui est "l'acteur arabe qui n'a pas de rôle parce qu'il n'a pas la bonne couleur de peau" (sic) et RIEN D'AUTRE.
L'indien est indien donc bah forcément il comprend mieux que les autres charlots le coeur pur de Wonder Woman (ah ces indiens, des concentrés de sagesses qui passent leurs journées à lire le coeur des hommes). Bonus : il fait des signaux de fumée. et RIEN D'AUTRE.
Et notre scientifique avec son masque énigmatique... bah elle s'agite devant des fioles pour montrer qu'elle est méchante et qu'elle veut tuer des gens. et RIEN D'AUTRE.

Bref pas une réussite.

Accessoirement, je m'attendais à ce qu'ils soient presque "lourds" sur le côté féministe, mais je suis presque déçu que non. A part trois phrases rapides, il n'y a en réalité AUCUNE différence entre un blockbuster de mec et un blockbuster de nana. On aurait peut-être pu une légère réflexion sur cette inversion des rôles, ça aurait pu avoir un léger impact sur le schéma du film mais pas du tout. Je n'ai pas encore tranché, je ne saurais dire si c'est un piège qu'ils ont évité ou si c'est dommage.

Bref déçu.

zetagundam
09/06/2017 à 17:17

Sans être un chef d'oeuvre, cela faisait un moment que je n'avait pas passé un aussi bon moment au cinéma car mes dernières expériences cinématographiques avaient franchement été laborieuses.
Par contre, j'espère que DC n'ira pas plus loin dans l'humour et qu'ils resteront dans la lignée des excellents MAN OF STEEL et BATMAN v SUPERMAN

fleurs 12
08/06/2017 à 15:46

bonsoir , le film est bien

lemon
08/06/2017 à 12:45

En gros, tu es un geek, un fan de l'univers comics marvel ou tu as adoré Catwoman, DareDevil et Jar Jar Bins, tu vas kiffer
Mais si tu aimes le renouvellement et une approche différente du genre super héros après avoir adoré les premiers spiderman, xmen, avengers mais dormi devant les suites, tu passes ton chemin

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