The Square : critique de la réjouissante Palme d'or

Alexandre Janowiak | 21 août 2017 - MAJ : 27/08/2018 16:38
Alexandre Janowiak | 21 août 2017 - MAJ : 27/08/2018 16:38

Le réalisateur Ruben Östlund faisait figure de favori pour intégrer la sélection de ce 70e festival de Cannes avec son The Square. Finalement, c'est à la dernière minute qu'il est entré en course pour la Palme d'Or pour la remporter à la surprise générale. A juste titre ?

WILD PALME

Ruben Östlund est un fidèle de la Croisette et un habitué des prix. Passé par la Quinzaine en 2011 avec Play, Un Certain Regard en 2008 (Happy Sweden) et en 2014 avec Snow Therapy, le cinéaste nordique s'est vu, à deux reprises, récompensé par les jurys. Cette année, il atteint le stade ultime en concourant pour la fameuse Palme avec The Square. Mieux il la reçoit des mains du président du jury Pedro Almodóvar.

Le long-métrage raconte l'histoire d'un conservateur de musée d'art contemporain préparant une nouvelle exposition expérimentale intitulée The Square. Il s'agit d'un carré instalé sur une place de Stockholm représentant "un sanctuaire de confiance et de bienveillance [...] où nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs." Mais, après s'être fait dérobé son portefeuille et son portable par des pickpockets très inspirés, la bienveillance du dit directeur va s'avérer beaucoup plus mince que prévue.

 

PhotoSuivez le guide

 

ART THERAPY

Dès les premières minutes, Ruben Östlund donne le ton. Une interview totalement absurde sur l'art contemporain entre Christian, directeur de musée, (Claes Bang) et une journaliste américaine (Elisabeth Moss) ouvre The Square. Avec une mise en scène d'une virtuosité sans égale cette année en compétition, le long-métrage se moque allègrement de l'art. Des expositions loufoques (des petits tas de gravats, des chaises empilées très bruyantes...) à l'impressionnant dîner avec l'homme-chimpanzé (Terry Notary possédé) il nous offre des séquences tordantes, grinçantes, choquantes, inattendues mais lourde de sens. 

 

PhotoClaes Bang est la vraie révélation du film

 

Comme pour son Snow TherapyRuben Östlund met une nouvelle fois la confiance (perdue) des sociétés nordiques au centre du récit grâce à un personnage principal, superbement écrit et interprété par l'impérial Claes Bang. Le cinéaste se joue de ce directeur qui déplore une bourgeoisie hypocrite, regrette une société aux valeurs dissonantes - pleurant les immigrés mais ne cherchant pas à les aider - et en manque de confiance, mais qui s'avère pourtant lui-même de la haute, égoïste et incapable de croire en qui que ce soit. Tellement effrayé par l'autre qu'il refuse, dans une scène ubuesque, de confier son préservatif usagé à sa conquête d'un soir.

 

Photo Elisabeth MossOn s'assoit ?

 

TOO MUCH ART ?

Malgré sa maestria artistique et sa belle portée philosophique, The Square est peut-être un peu trop démonstratif et finit par naviguer à vue. A l'image de son superbe travelling vertical final, où Christian semble s'enfoncer dans un escalier qu'il gravit étage par étage, le film s'enlise dans un récit qui s'éternise (et frôle l'essoufflement). Ruben Östlund tourne en ridicule l'art, critiquant les fines différences qui le séparent de la com'. Malheureusement, à trop vouloir en faire, on se demande parfois si le réalisateur ne finit pas lui-même par sombrer dans ce qu'il dénonce.

 

Affiche française

 

 

Résumé

Doté d'une mise en scène impressionnante et d'un humour caustique tordant, The Square , à défaut de contenter tous les esprits, les marquera assurément. L'empreinte des grands films.

commentaires

Stivostine
21/08/2018 à 23:14

Beaucoup aimé ce film, chui bien rentré dedans, les pauvres vs les riches tout un programme.....au fait danny boyle ne fera pas le JB, divergences artistiques, tu m'étonnes.

Grunt
21/08/2018 à 19:22

Beaucoup de choses à dire mais le cœur est absent. Je préfère encore regarder des films avec Frankie Avalon et Annette Funicello.

vivele cinéma
10/01/2018 à 20:43

nul et chiant

yonnah
29/10/2017 à 21:34

intéressant mais à force de détails et vouloir trop dire et expliciter on s'impatiente .dommage trop long .On n'en demande pas tant .L'insistance est lourde malgré un sujet passionnant .

ICARE
24/10/2017 à 18:27

Les commentaires précédents donnent le niveau de culture cinématographique de leurs auteurs! Qu'ont ils apprécié d'une mise en scène fabuleuse (ils doivent certainement mieux apprécier la caméra sur l'épaule) d'une musique dont personne ne fait mention (et que dire des silences- pourquoi l'unique voiture du film est une Tesla-?) Quelles "palmes d'or" ont-ils déjà vues? Pour eus, Bunuel doit être le roi des ringards!

corleone
30/05/2017 à 11:11

Sigh va voir ailleurs si j'y suis pauvre gnouc.

Sigh
30/05/2017 à 09:34

Corleone, comme d'habitude, tais-toi et laisse les adultes parler.

corleone
29/05/2017 à 22:11

Et revoilà le retour du donneur de leçons, j'ai nommé Mysterek.
Welcome back !!!

MystereK
29/05/2017 à 15:53

@Gdevie

Il y des très bon films que je trouve trop long, ou trop comique, ou trop tragique, etc... c'est juste qu'il y a une élément qui et "trop" et que cela n'influence pas sur toute la qualité du film. Alors non, ce n'est pas une manière polie de dire que le film est nul, c'est juste une manière de dire que le film est.... trop long, ou qu'il aurait pu être plus court sans en souffrir :-). Il ne faut pas toujors interpréter ce que disent les autres en vous prenant comme référence, les gens n'utilisent pas tous les mêmes métaphores ou le même parlé politiquement correct que vous.

MystereK
29/05/2017 à 15:50

@La rédaction,

c'est à Raiden que je m'adressais. Il dit que Okja méritait plus la Palme d'Or que les deux autres. Qu'il puisse affirmer cela sans voir vu les 3 films est juste absurde. On exprime un avis sur un film quand on l'a vu, comme vous, ou alors on explicite "selon les ctritiques d'EL il semble que tel film méritait plus la Palme que les autres", mais prendre l'affirmation pour soit alors qu'on en sait rien fait que le commentaire n'a aucune valeur critique.

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