Baby Boss : critique caca boudin

Simon Riaux | 1 juin 2017 - MAJ : 04/06/2018 15:12
Simon Riaux | 1 juin 2017 - MAJ : 04/06/2018 15:12

Comédien et également réalisateur de films tels que la trilogie Madagascar ou encore Megamind, Tom McGrath n’est pas sur le papier un des talents les plus fulgurants de l’animation américaine. Mais avec Baby Boss, il signe probablement son meilleur film.

Affiche officielle
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CACA BOUDIN

Sur le papier, cette histoire de jeune garçon découvrant avec horreur que son nourrisson de frère adoptif n’est pas un marmot mais un agent infiltré chargé de contrer l’amour grandissant des adultes pour les chiots sentait un peu la couche de la veille. Avec des productions telles que Dragons, Dreamworks avait su se hisser quasiment au niveau de Pixar, mais la faible rentabilité de ces productions prestigieuses a récemment amené la maison mère à vendre sa filiale à Universal.

On craignait donc que le studio, pas franchement connu pour maîtriser le sujet, ne fasse de cette œuvre un produit extrêmement balisé, conçu pour moissonner les porte-monnaie plutôt que de nous conter décemment une histoire. Et durant la première demi-heure de Baby Boss, cette crainte est parfaitement fondée. Gags lourdauds, humour manquant de rythme et presque exclusivement destiné au plus jeune ne font que souligner une technique un peu faiblarde (les textures comme l’animation sont parfois proches de l’indigence).

 

PhotoMake it rain

 

 

AREU AREU

Et pourtant, le film mute progressivement, jusqu’à devenir véritablement surprenant. D’une part, parce qu’il troque progressivement ses blagounettes lourdingues pour un authentique comique de situation, souvent rentre-dedans, voire bien graveleux, comme en témoigne un échange de tétine particulièrement fleuri. Baby Boss joue et gagne la carte du méta, à coup de références assumées au cinéma d’aventure, et ose même un simili-gag pédophile aussi malaisant que franchement drôle.

 

trailerSuck on deez

 

De même, le métrage s’enrichit progressivement d’un discours politique assumé, qui parvient à ne pas parasiter la narration. Et sous ses gags à base de biberons, le vernis enfantin de l’ensemble dévoile une charge plutôt sincère contre la culture d’entreprise, la gloire du tout travail et la mystique du cadre supérieur dynamique.

Au final, pas sûr que les tous petits rigolent passé la première bobine du film, mais gageons que leurs parents seront sinon touchés par la parabole bien troussée par le scénario et résisteront difficilement aux vannes acides disséminées par l’atroce enfant qu’interprète Alec Baldwin en VO, véritable obsédé du pot de vin et du transit lacté.

 

Affiche officielle

Résumé

Si le film ennuie poliment quand il s'adresse (un peu grossièrement) aux plus jeunes, il sait aussi ménager un humour féroce et une charge inattendue contre la vie en entreprise.

commentaires

ARHEU
19/03/2017 à 15:36

Stupidité et laideur,quant au second degré il participe à l'effondrement de la société créatrice toute imparfaite qu'elle soit,second degré prétexte évidemment pour séduire les plus faibles et en tirer bénéfices.
LOLO CACA PROUT-PROUT

Lolo Pecho
16/03/2017 à 22:32

Dreamworks doit encore sortir Baby Boss et Captain Underpants avec la Fox. Ce n'est qu'en 2019 avec Dragons 3 que Universal commencera à distribuer les films Dreamworks.

Avez-vous des infos sur le doublages Français ?

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