Star Trek : Sans Limites - critique au fin fond des étoiles

Geoffrey Crété | 28 avril 2021 - MAJ : 28/04/2021 14:20
Geoffrey Crété | 28 avril 2021 - MAJ : 28/04/2021 14:20

Star Trek : Sans Limites, ce soir à 21h00 sur CStar.

Enrôlé par Disney pour relancer Star Wars avec Star Wars : Le Réveil de la Force, l'autre grande franchise de science-fiction, J.J. Abrams cède la place à Justin Lin pour ce Star Trek : Sans Limites. Le réalisateur de Fast & Furious 5 et Fast & Furious 6 embarque ainsi Chris Pine, Zachary QuintoZoe SaldanaSimon Pegg et quelques nouveaux visages dans la première vraie aventure spatiale de la nouvelle franchise. De quoi contenter tous les fans et amateurs de science-fiction ?

LE RéVEIL DE LA FORCE

Enfin. Il aura fallu que J.J. Abrams s'envole vers une autre grande franchise de science-fiction pour que Star Trek, enfin, embrasse les étoiles. Exit la Terre, décor important des deux premiers épisodes : avec Justin Lin (Fast & Furious 5, Fast & Furious 6) à la barre, Star Trek : Sans Limites décolle pour de bon dans l'espace, au-delà de la fameuse "frontière de l'infini". Avec une planète étrangère, des aliens à tous les étages et une armée d'ennemis belliqueux pour propulser les héros dans une aventure sauvage et spectaculaire. 

 

Simon Pegg Star TrekCette fois, on va vers les étoiles

 

Il y a donc d'abord une vraie magie à l'oeuvre dans Star Trek : Sans Limites, dans l'esprit de l'affiche colorée qui a ravi les yeux. La nébuleuse franchie par l'Enterprise est symbolique : la nouvelle franchise tirée de l'oeuvre de Gene Roddenberry ose enfin s'aventurer au-delà des frontières connues, pour s'installer dans le décor-hommage d'une planète mystérieuse et perdue. Les personnages seront séparés, affronteront divers dangers, et devront composer avec l'environnement pour vaincre l'adversité ensemble.

Dans sa première partie, le film de Justin Lin donne la belle sensation que la saga est prête à décoller pour assurer sa mission première, en remettant l'exploration, la découverte et l'émerveillement en première ligne du cahier des charges hollywoodien. Mieux encore : le titre prend de belles couleurs lorsque l'Enterprise est égorgé et décarcassé dans une bataille spatiale épique, qui promet un spectacle sauvage. Le statu quo semble renversé, enfin, pour donner de la profondeur à l'éternelle fin du monde au coeur du blockbuster hollywoodien.

 

Photo Chris PineUn atterrissage difficile

 

L'ATTAQUE DES CLONES

Épique, ce morceau de bravoure où un essaim de sentinelles spatiales désintègre le vaisseau emblématique sera pourtant le pic de l'aventure. Passé cette scène qui plonge dans un fantastique et furieux chaos, Star Trek : Sans Limites se crashe, dans les deux sens du terme.

Le scénario compose différents duos avec les héros séparés sur la planète étrangère (Kirk et Chekov, Scotty et Jaylah, Spock et Bones, Uhura et Sulu), comme un faible écho de l'apocalypse qui a brisé les certitudes de l'équipe. Mais lorsque le film se repose sur ses personnages, il confirme le peu d'imagination et d'âme qu'il a.

 

Photo Zoe Saldana, John ChoDes seconds rôles, très secondaires

 

L'histoire n'est qu'un prétexte spectaculaire pour illustrer le complexe de Kirk face à ses choix et son père disparu, tandis que Spock questionne à nouveau son humanité et sa mortalité. Réduite à une figuration de luxe, Uhura n'existe qu'à travers sa vague romance, malgré l'illusion de quelques moments de bravoure ostentatoires et artificiels (délivrer des informations, principalement, et lourdement).

Quant au grand méchant incarné par Idris Elba, il souffre du problème récurrent des superproductions actuelles, incapables de façonner un bon antagoniste digne de ce nom. Krall se révèle n'être qu'un sous-Khan, le grand méchant de Star Trek Into Darkness, puisque c'est un capitaine qui cherchait avant tout à protéger son équipage, et veut désormais se venger de la Fédération. Tout ça est expédié dans la dernière partie, dans quelques scènes poussives où les héros regardent des vidéos explicatives - et tant pis si le danger est toujours présent et menace Yorktown. Dramaturgie de très bas étage, et vain effort pour donner une identité à cet alien qui est en réalité un humain énervé.

Les enjeux humains de ce troisième épisode sont donc d'une platitude totale, empêchant le film de s'épanouir une fois lancé. Un soupçon de vie arrivera néanmoins avec Jaylah, l'alien incarnée par Sofia Boutella (vue dans Kingsman : Services SecretsLa Momie avec Tom Cruise ou encore Climax) : un personnage classique de guerrière stylisé, particulièrement mise en avant dans la promo pour vendre de la pure science-fiction, et qui se révèle finalement plus drôle et attachante que les héros.

 

Photo Sofia BoutellaIci se cache Sofia Boutella

 

PREMIER CONTACT

Malgré des défauts plus ou moins évidents, Star Trek Into Darkness avait conquis les amateurs de science-fiction et les fans avec une introduction sensationnelle, explosion de couleurs et de matières qui donnait un sens à cette renaissance au cinéma. En plus de singer ce modèle dans une introduction à la fois insignifiante et trop fonctionnelle, puisque liée au Macguffin, Star Trek : Sans Limites enferme les héros et le public sur une planète terne. 

Ce caillou n'a aucune faune ni flore pour séduire, et baigne dans une palette de couleurs peu enthousiasmante. Pas aidé par les péripéties simplettes des protagonistes (ils ont réussi à caser une scène de poursuite avec des motos), Justin Lin n'en tire rien d'amusant dès qu'il n'a plus de vaisseau à carboniser ou d'hologrammes à manier. La planète a priori mystérieuse et dangereuse devient vite un décor classique de Terre-bis, entre roches grossières et arbres ordinaires. Malgré le soin apporté aux maquillages des aliens, le film souffre d'une direction artistique fade, incapable d'émerveiller et envoûter.

 

Photo Zachary QuintoSpock, le fameux

 

ENTERPRISE

La promesse d'un film 100% spatial n'est même pas réellement tenue. Malgré ses airs de Halo, Yorktown, le coeur de la Fédération, ressemble cruellement à une Terre futuriste. Le climax, où un vaisseau se plante dans l'eau au milieu d'un paysage de buildings, rappelle immanquablement Star Trek Into Darkness - et une tonne de blockbusters du même type.

Plus tard, l'Enterprise est reconstruit comme par magie en avance rapide. En l'espace de quelques secondes, le vaisseau renaît sous les yeux du public et de l'équipage, tous prêts à repartir pour une nouvelle aventure. Le métal est immaculé, les sièges flambants neufs, les moteurs prêts à s'enflammer à travers les étoiles. Le nouvel Enterprise (l'Enterprise-A) est identique au précédent, comme s'il n'avait jamais été déchiré par une armée de monstres spatiaux, et que son équipage n'avait pas été décimé.

Ce qui est réellement Sans Limites dans ce troisième Star Trek, ce n'est pas l'imaginaire et la science-fiction : c'est le business ordinaire à la chaîne. Avant même que le film sorte, le studio annonçait en fanfare un quatrième épisode, avec le retour de Chris Hemsworth (un projet qui n'a toujours pas vu le jour, l'avenir de la saga étant en suspens). La légende continuera donc de s'écrire, encore et encore. Vers l'infini, peut-être, mais pour l'au-delà, ça reste à voir.

  

Star Trek Sans limites Poster

Résumé

Justin Lin remplace J.J. Abrams pour un troisième épisode qui ose enfin s'envoler dans l'espace et se frotter à la magie du matériau culte. Après une première partie enthousiasmante et épique, Star Trek Sans limites rappelle pourtant qu'il n'est qu'une copie quasi conforme des précédents volets.

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Lecteurs

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commentaires
Numberz
28/04/2021 à 22:09

Aller mon petit classement trekien tiens:

1 Star trek, le film
2 La colère de Khan
3 Terre Inconnue
4 Retour sur Terre (nostalgie et tout)
5 First contact
6 A la recherche de spock
7 Generation
8 Star trek 2 version Abrams
9 Star trek version Abrams
10 Ultime Frontiere
11 Nemesis
12 Insurrection

Pas vu le 3e Kelvin...

Trac
28/04/2021 à 20:41

Un bon divertissement , plus proche du style star trek que les deux opus précédent mais vite vu vite oublié .

brucetheshark
28/04/2021 à 15:29

@Arnaud (Le vrai) , assez d'accord, celui-ci est mon préféré des 3 mais on est loin d'un "First Contact" pour ne citer que lui

Arnaud (Le vrai)
28/04/2021 à 14:51

Peut-etre le plus "Star Trek" des 3 films, dont finalement aucun ne rendra vraiment hommage a l'histoire de cette franchise incroyable.
Les Star Trek cru 2010s ne sont que des films d'action qui emprunte un nom sans en saisir le sens.

En reste 3 films qui proposent un spectacle largement au rendez-vous, avec ce qu'il faut de dynamisme, d'effets speciaux, de blagues et de moments de bravoure ... soit tout l'inverse de ce qu'est Star Trek

A partir du moment ou on oublie l'heritage, on peut passer un tres bon moment devant ces films, avec ce 3eme opus dans la liste

Kyle Reese
28/04/2021 à 14:39

C’est dingue de voir comment les studios arrivent à se tirer des balles dans le pied et foutre en l’air des franchises pourtant bien commencé. Une seule solution pour rattraper ça récupérer l’ensemble du cast, avec de bons scénaristes et un réal concerné. Ça a bien été fait par 2 fois alors pourquoi ? Les acteurs étaient suffisamment jeunes pour tenir au moins sur 5 films. Excepté le talentueux regretté Anton Yelchin.

Pat
26/11/2019 à 20:10

Les 2 Star Trek d'Abrams étaient passables celui-ci est sans intérêt.

Seigi
05/11/2016 à 16:13

La fin est pitoyable juste avec de la musique ou frequance lol il détruit une armada lol un peu comme indépendance days avec le virus à mourir de rire ridicule

Zanta
15/09/2016 à 15:47

Une déception.
A cause d'un beau potentiel qu'on devine au détour de chaque scène, mais qui ne sera jamais vraiment exploité.
Le film est clairement plus préoccupé par l'instauration d'un rythme trépidant que de vraiment prendre le temps de profiter du décor de la planète et de laisser s'épanouir ses excellents acteurs. Car oui, les dialogues sont affligeants de niaiserie - on est les gentils et vous êtes les méchants - et les rebondissements artificiels : la prise d'assaut de la base du méchant ri-di-cule et la révélation des motivations du bad guy sent le bricolage mal géré et le gâchis.
Pour le prochain, si seulement leur idée d'un retour du paternel Kirk leur permet de pondre enfin un scénario aussi solide et maitrisé que le premier opus d'Abrams.

Murci
18/08/2016 à 23:23

Remplis d'incohérence.... Décevant à souhait

Diez
17/08/2016 à 13:58

Film sympa. Le moins efficace de la nouvelle saga, mais moment de divertissement bien au dessus que beaucoup de blockbusters de l'été.

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