Krampus : critique presque-Gremlins

Geoffrey Crété | 22 avril 2016 - MAJ : 21/06/2019 14:17
Geoffrey Crété | 22 avril 2016 - MAJ : 21/06/2019 14:17

Une famille en pleine hystérie de Noël, une maison isolée dans une tempête de neige, des créatures bien décidées à transformer les fêtes en cauchemar : Krampus de Michael Dougherty, avec Toni Collette et Adam Scott, a tout pour séduire l'amateur de genre, en quête de la dernière petite pépite qui passera presque inaperçu. Le résultat est-il à la hauteur des attentes ?

THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS

A l'origine, il y a un désir puissant d'aimer Krampus, fable politiquement incorrecte, mi-comique mi-horrifique, sur des créatures qui s'attaquent à une famille américaine pendant les fêtes de Noël. Réalisée par Michael Dougherty, connu des amateurs avec son Trick 'r treat et scénariste des superproductions de Bryan Singer (Superman Returns, X-Men : Apocalypse), cette série B sortie de nulle part semble même avoir des airs de Gremlins.

Et pendant un moment, Krampus offre exactement ce qu'on en attend. Il n'y qu'à voir le générique pour vouloir l'aimer : une vision effrayante d'un grand magasin où des dizaines de personnes se piétinent, se bousculent et se battent autour de cadeaux. Au ralenti et au rythme d'un joyeux chant de Noël, des policiers utilisent avec une satisfaction non dissimulée leurs tasers, une enfant pleure sur les genoux d'un père Noël et un désespoir envahit les visages des adultes. 

 Krampus Toni Colette, toujours excellente

 

Michael Dougherty annonce d'office son intention : détruire la bienséance avec un humour irrésistible, notamment transmis par les excellents Adam ScottToni Collette et Allison Tolman, grande révélation de la première saison de Fargo. Mieux encore : il n'a aucune pitié pour ses personnages, et ne s'encombre d'aucune obligation morale dès qu'il s'agit de ménager ou sacrifier les (z)héros.

Le scénario, qui ne s'aventure pas bien loin sur le terrain de la satire sociale (les démocrates contre les républicains, les bourgeois contre les rednecks, la housewife contre le désordre engendré par les fêtes), rattrape donc son manque d'imagination par un joyeux chaos qui s'empare peu à peu du décor.

 

photoFlocon de neige, flocon de sang

 

LES GRIFFES DE LA NUIT DE NOEL

Articulé autour de la créature éponyme issue du folklore germanique, Krampus n'a en plus aucunement l'allure du film fauché. L'histoire se déroule dans une maison mais également en extérieur, dans un quartier enneigé, isolé par une tempête qui n'a rien d'ordinaire. Le décor idéal d'un petit cauchemar hivernal donc. Le bestiaire est un assemblage de maquillages, effets réels et numériques, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Il bénéficie d'un design souvent excellent, notamment dans sa toute dernière partie.

Mais le film est à l'image du bestiaire en question, capable du meilleur (Krampus) comme du pire (les bonhommes pain d'épice en CGI). Krampus promet beaucoup, et beaucoup trop. Il ne saurait faire véritablement rire, et ne parvient jamais à réellement effrayer. Car contrairement aux Gremlins, le film de Michael Dougherty cherche à provoquer la peur. La légèreté des débuts se transforme ainsi peu à peu en suspense de film d'horreur, avec une poignée de scènes sauvages.

 

KrampusUn clown, évidemment

 

Le réalisateur est cependant incapable d'assurer le double programme de son film. Reste ainsi la désagréable impression d'avoir perdu à presque tous les niveaux, malgré un vrai soin apporté à la mise en scène et une direction artistique globalement réjouissante. Krampus a heureusement la bonne idée de refermer son récit sur une note amusante, qui en fait un digne descendant de La Quatrième Dimension. De quoi en faire un divertissement aussi modeste que recommandable.

 

Affiche française

 

Résumé

Parce qu'il veut à tout prix amuser et effrayer, sans forcément réussir à équilibrer les deux, Krampus lutte pour remplir son double programme. Le petit film culte espéré se révèle donc n'être qu'une réjouissante série B, très bien troussée, et qui réserve quelques bonnes surprises.

Lecteurs

(3.0)

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commentaires

Zardoz
28/08/2016 à 18:46

@DP

La phrase dit que le film cherche à faire peur. Et si tu prends la phase en entier, pas juste coupée, ça continue : "La légèreté des débuts se transforme ainsi peu à peu en suspense de film d'horreur, avec une poignée de scènes sauvages".

Toi, tu disais que le film avait des moments d'angoisse comme les Gremlins et Poltergeist, et de l'humour aussi.

En quoi c'est pas la même chose exactement ? Juste, ça marche pour toi que pour eux. "Les goûts et les couleurs". Mais vous dîtes pareil.

DPO007
27/04/2016 à 11:37

"Krampus promet beaucoup, et beaucoup trop. Il ne saurait faire véritablement rire, et ne parvient jamais à réellement effrayer. Car contrairement aux Gremlins, le film de Michael Dougherty cherche à provoquer la peur"...apparement non

Zardoz
26/04/2016 à 17:32

@DPO007
Mais c'est pas à peu exactement ce que je dis la critique ? :)

DPO007
26/04/2016 à 14:08

Je dirais plutôt que le film est à l'image de Trick Or Treat, d'un humour très noir par moment et des moments d'angoisse qui rappel justement Gremlins et/ou Poltergeist... Bon après les goûts et les couleurs ;) ...Mais ça reste quand même le haut du panier dans le genre moribond actuel je trouve

StarLord
22/04/2016 à 21:18

Bien d'accord avec vous!
Dommage le générique promettait du lourd, et puis au final on a ce sentiment d'attendre que le film demarre vraiment. On sent qu'il y avait moyen de faire un bon petit film et au final c'est raté...

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