Les Anarchistes : La critique révoltée

Christophe Foltzer | 10 octobre 2015
Christophe Foltzer | 10 octobre 2015

Dans le Paris de la fin du XIXème Siècle, un policier fauché a pour mission d'infiltrer un groupe d'anarchistes qui menacent le pouvoir. Mais la découverte de la camaraderie au sein de l'organisation et de l'amour complique la donne.

Qu'on ne s'y trompe pas, Les Anarchistes n'a rien du pamphlet de bruit et de fureur que nous promet le titre et c'est probablement son plus grand défaut. En effet, le film se révèle être en réalité une fresque romanesque proposant une galerie de personnages colorés, perdus dans une société dans laquelle ils ne se reconnaissent pas et qui ne les reconnait pas, fustigés par les autorités, isolés et qui, réunis par une cause commune, parviennent à recréer un petit monde davantage à leur image.

Un monde dans lequel les sentiments et les valeurs humaines constituent le plus important de tous les combats et méritnte que l'on meurt pour eux. Il ne faut évidemment pas longtemps au spectateur pour faire un parallèle entre l'univers dépeint par le film et notre société en voie de déshumanisation.

Si les personnages se montrent attachants du début à la fin, on pourra par contre regretter qu'ils ne soient pas davantage fouillés, la romance entre Tahar Rahim (impeccable) et Adèle Exarchopoulos prenant le pas sur le reste. Car il n'est pas ici question d'un film d'action pur et dur mais plus d'un film de chambre à la croisée des genres qui verse enfin dans les prétentions de son titre sur la fin.

Si on aurait aimé davantage de colère et de révolte dans un film s'appelant Les Anarchistes, reconnaissons néanmoins au réalisateur Elie Wajeman une très belle reconstitution du Paris de la fin du XIXème siècle et de ses moeurs et des moyens à la hauteur de ses ambitions, servis par une technique et une mise en scène solides. S'attaquer à pareil sujet pour un second film n'a pas dû être de tout repos et on se plait à rêver que d'autres suivent cet exemple risqué, imparfait certes, mais doté d'une réelle envie de faire du vrai cinéma et au final, tout à fait honorable.

Résumé

S'il n'est pas le film que l'on attendait, Les Anarchistes comporte néanmoins suffisamment de qualités pour faire passer la pilule et force est de reconnaitre qu'il ne s'est pas attaqué à un sujet et à un genre faciles à produire en France. Et, à ce titre, il mérite qu'on l'encourage.

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