Knock Knock : critique piégée

Simon Riaux | 21 août 2017 - MAJ : 04/04/2021 23:36
Simon Riaux | 21 août 2017 - MAJ : 04/04/2021 23:36

On n’avait plus vu de film réalisé par Eli Roth depuis son excellent Hostel - Chapitre II et le sale gosse du cinéma d’horreur américain nous manquait. On est donc particulièrement alléché par l’arrivée presque simultanée en France de son cannibale The Green Inferno et du sulfureux Knock Knock.

PLAN A PROIE

Il y sera question d’un père de famille affable (Keanu Reeves), dont le malheur sera, un soir de solitude, d’ouvrir sa porte à deux jeunes femmes à priori perdues, qui ne tarderont pas à entamer une opération séduction particulièrement directe. Sauf que ces demoiselles ne sont pas du tout les hédonistes libertines qu’elles prétendent… Comme à son habitude, le réalisateur agence pour nous un mélange de fantasmes, de mauvais esprits et d’humour noir.

 

Lorenza Izzo, Lorenza Izzo

 

On prend ainsi un malin plaisir à voir Keanu Reeves, éternel Droopy humain, lutter désespérément pour ne pas céder aux avances des tentatrices qui se jettent sur lui, avant de se rebeller et de finalement sortir complètement de ses gonds alors que se referme sur lui un piège fatal. L’alchimie qu’il déploie avec ses deux tortionnaires est pour beaucoup dans les rires (et les frissons) que provoquent le film. Leurs sautes d’humeur, leurs accès de rage sont la source d’affrontements souvent jouissifs.

 

Photo Keanu Reeves

 

TORTIONNAIRE PRECOCE

Hélas, même si Eli Roth sait le plus souvent offrir au spectateur ces petits accès de cruauté ou de punk attitude dont il a le secret, on sent très souvent son indécision. Blague anar ou conte moral ? Comédie noire ou suspense vicieux ? Le metteur en scène ne choisit jamais et ne marie pas toujours les tonalités avec pertinence. Et le rythme du film s’en ressent terriblement, notamment lors d’une conclusion certes amusante, mais étonnamment sage.

Ainsi malgré les rires et les montées d’adrénaline que provoque Knock Knock, prédomine un sentiment de frustration, l’impression que Roth est allé trop vite, a emballé un film de copains divertissant et sexy, mais infiniment moins accrocheur et ravageur que son sujet initial ne le laissait présumer. La faute (encore une fois ?) à la légèreté avec laquelle l'artiste envisage le cinéma, navigant à vue entre le clin d'oeil, la blague juvénile et l'horreur agressive, sans travailler ses ingrédients avec la finesse qui faisait l'impact d'Hostel - Chapitre II.

 

Photo Lorenza Izzo, Ana de Armas

 

Toutefois, on demeure intrigué par ce portrait de mâle sur le retour, qui ne peut tout à fait résister à la tentation. Comme si derrière Keanu Reeves se cachait Eli Roth, ou une certaine idée que se fait Eli Roth de sa carrière. Il devient alors amusant de voir le film comme un mélange de confession, celle d'un homme qui ne pourra tout à fait se ranger, et un exercice d'auto-flagellation de celui qui serait devenu ce monsieur-tout-le-monde, pas assez remuant pour son propre bien.

 

 

Affiche fr

Résumé

Sympathique, Knock Knock divertit sans prendre de véritables risques.

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Lecteurs

(4.2)

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commentaires
Niro
04/04/2021 à 22:50

Du temps perdu, aucun fun, aucune morale, absurde, juste incompréhensible. J’ai pas aimé et ça a été un calvaire d’attendre jusqu’à la fin pour espérer un sens final au film. Déception.

Dutch Schaefer
23/08/2018 à 18:43

J'ai adoré!

warriors
22/08/2018 à 07:26

j'adore Eli Roth !!

toto
22/08/2018 à 06:32

Ce film est nul . Eli Roth est un réalisateur surestimé à part Hostel 2 qui est bien le reste de sa filmo sans plus.

gregdevil666
22/08/2018 à 05:37

Bon concept mais histoire complétement absurde, plus on avance dans le film plus ça deviens n'importe quoi. Dommage le casting, la mise en scène et la photo sont excellente.

Raiden
21/08/2018 à 21:44

Perso j'ai kiffé le film !!
Un retour horrifique en force pour Eli Roth !!

Zapan
10/10/2015 à 07:10

On s'y ennuie ferme dans son film, un pauvre ersatz de funny game et après..? et je ne parle même pas de green inferno...

diez
25/09/2015 à 12:20

Il y a des chances que la bande-annonce vous gâche intégralement le film étant donné qu'elle en montre bien trop. C'est une histoire malsaine qui part d'un vieux fantasme purement masculin et s'efforce avec générosité à exploiter pleinement son idée de base. Eli Roth ménage de bien belles manières tension et suspens en livrant un film de genre aussi efficace que maltraité par des maladresses cassant l'immersion et la fluidité narrative.

Lorenza Izzo et Ana de Armas, au coeur des débats (et ébats), nuancent parfaitement leur partition en illuminant de manière inquiétante et perverse un récit à la structure sans surprise. Keanu Reeves, lui, peut être aussi brillant (son monologue et son implication) que complètement à côté de la plaque en se donnant en spectacle dans un sur-jeu gênant.

Le huis clos d'Eli Roth arrive sans mal à masquer ses carences. En effet le metteur en scène se révèle être extrêmement petit joueur dans ses jeux tortueux. Pour pallier cela, il soigne l'ambiance et charme par la dérision de son propos. On s'agace de fait de cette soudaine sagesse tout en profitant gentiment du spectacle.

Knock Knock, malgré son extrême classicisme, vaut par son ambiance, sa montée en puissance et le malaise qu'il sait installer avec force. Il ne marquera pas le genre, mais ne manquera cependant pas de remplir sa mission : divertir avec humour et tension.

ttf
23/09/2015 à 10:51

Jartic le gars qui se disqualifie tout seul avec la fin de sa phrase entre parenthèse.

Jartic
08/09/2015 à 12:57

Je m'en tape, je m'en fous de ces gouts, on le devine (inception = caca).

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