Sinister 2 : critique sinistrée

Laurent Pécha | 19 août 2015
Laurent Pécha | 19 août 2015

Après un premier épisode qui fut une des meilleures productions Blumhouse tout en étant l’une des plus rentables (plus de 77 millions de recettes mondiales pour une mise de départ de 3 millions), la tentation de continuer la saga était grande. L’occasion de ressortir l’étrange boogeyman, Bughuul, et d’alimenter une mythologie encore peu développée dans le film fondateur. Attention toutefois à la (mauvaise) redite.

Malgré l’absence d’Ethan Hawke (et pour cause), un des principaux attraits du premier film, Sinister 2 s’annonçait sous de bons auspices : un boogeyman graphiquement inquiétant, l’efficacité de ces fameux « home movies » qui nous avaient tant fait sursauter dans l’original et la présence derrière la caméra de Ciarán Foy, auteur de débuts plus que remarqués avec Citadel.

Pourtant, tout va très vite tourner au cauchemar, mais uniquement pour le spectateur. Avec son héros qui n’en est jamais vraiment un (l’adjoint du shérif du premier film qui fait le lien entre les deux histoires), une Shannyn Sossamon censée remplacer le côté « star » apporté par Hawke mais totalement sous-exploitée (le rôle de la mère courage et puis c’est tout), un récit tiré par les cheveux de bout en bout (à vouloir recoller sans cesse les morceaux avec l’histoire originale, on sombre plus d’une fois dans le ridicule), Sinister 2 plonge dans tous les faux pas de la séquelle ni faite, ni à faire.

 

 

On se dit alors que quitte à se retrouver face à un film particulièrement bête (oubliez vite la jolie mise en abyme du premier et sa réflexion sur l’impact des films d’horreur sur la jeunesse), on va au moins pouvoir sursauter facilement grâce à des séquences horrifiques dans la lignée de ses redoutables devancières (remember l’effroi survenu à la vision de la tondeuse meurtrière). Peine perdue tant la mise en scène et encore plus le montage brillent par leur absence totale d’imagination. Toutes les séquences de meurtres sont d’une paresse visuelle sans nom, et seuls les néophytes pourront vraiment prendre du plaisir à bondir de leur fauteuil.

Multipliant les moments embarrassants, à tel point que les comédiens finissent par anticiper les pensées du spectateur qui hésite à quitter la salle (« il ne faut plus rester là », « je ne veux plus voir un autre film »,…), Sinister 2 est un douloureux gâchis. A croire qu’après Insidious, Blumhouse semble prendre un malin plaisir à détruire les jolis édifices horrifiques mis en place.

 

Résumé

Tout le contraire de l’excellent Sinister. Une suite ratée de A à Z.

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Lecteurs

(2.7)

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commentaires
jen
11/04/2018 à 22:45

le premier est un chef d'oeuvre de realisation, et l'histoire est palpitante. Sinister 2 c'est une parodie du premier. Amer.

west666
19/08/2015 à 14:58

Et bin moi qui avait un doute après le premier qui était assez sympathique faut le dire mes doutes sur ce deuxièmes volets s'avère vrais !!!!merde une demi étoile ça doit etre une cata !!!!

Bon bin on verra bien mais surement pas au ciné tant pis encore un flop.

cowa
19/08/2015 à 14:31

En même temps, peut-on vraiment leur en vouloir ? Ils annonçaient déjà la couleur avec le titre...

Sam
19/08/2015 à 14:16

Content de lire une critique de Laurent Pécha !

lolilol
19/08/2015 à 12:28

Le premier n'avait déjà strictement aucun intérêt et pourtant j'aime Blumhouse...

Momo Imzouren
19/08/2015 à 11:39

Chacun ces goût après tous

sylvinception
19/08/2015 à 10:57

Alors comme ça le premier était une pure "réussite" ??
J'ai pas dû voir le même film alors, et je crois ne pas être le seul dans ce cas...

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