Vice Versa : critique du psy

Simon Riaux | 1 avril 2016 - MAJ : 07/10/2020 19:04
Simon Riaux | 1 avril 2016 - MAJ : 07/10/2020 19:04

Après quelques productions accueillies un peu plus fraîchement par la critique, on commençait à se demander si Pixar n’avait pas tout à fait été dirigé par Disney, perdant au passage ce grain de folie et cette exigence en matière d’écriture qui avait permis au studio de devenir le fer de lance de l’animation américaine. Vice-Versa apporte une réponse rassurante à cette question, sans toutefois s’avérer aussi incroyable que le prétendait la rumeur.

Après Rebelle, Cars ou encore Monsters University, Pixar n’a pas choisi son nouveau projet au hasard. En mettant en chantier un film littéralement consacré aux émotions, le réalisateur Pete Docter indiquait clairement sa volonté de créer une œuvre originale, revenant au noyau de l’ADN Pixar.

Et de ce point de vue, Vice-Versa est une impeccable réussite. En terme de rythme tout d’abord, le film, emmené par d’excellents dialogues, fuse sans discontinuer et nous entraîne dans un délirant road movie au cœur de la mémoire enfantine. Les répliques s’enchaînent avec fluidité, riches de sous-entendus, elles divertissent les plus jeunes et offrent aux adultes un sous-texte qui enrichit considérablement le film.

 

promotion-vice-versa

 

Il en va de même pour les sentiments générés par l’aventure. En choisissant de traiter frontalement de la fin de l’innocence, et de l’importance d’accepter en soi la tristesse et la mélancolie pour avancer, Docter refuse toute dictature positiviste, et se moque de l’injonction actuelle du divertissement pour tous. Dans Vice-Versa, le spectateur fait face à ses propres angoisses, à la question de l’oubli, de la résilience, tandis que les personnages (qui sont autant de concepts, de souvenirs) doivent gérer des problématiques dures, voire cruelles, telles que la notion de disparition, de sacrifice. En résulte des vagues d'émotions primaires et particulièrement fortes, qui nous ramènent tous à nos propres souvenirs et à la place que nous leur accordons, avec une simplicité parfois bouleversante.

 

photo

 

Pour autant, le métrage n’est pas le chef d’œuvre absolu vanté par la rumeur, pas plus que la renaissance annoncée de Pixar. La faute à une direction artistique peu inspirée. En effet, à l’exception d’une poignée d’idées géniales (les pensées paradoxales et leur jeu sur les dimensions), le look global du film semble curieusement générique. On a ainsi l’impression d’assister au défilé printemps-été d’une gamme de bonbons Haribo, plus qu’à une des galerie de personnages dont le studio a le secret. Il en va de même pour les décors, qui n’émerveillent ni ne surprennent et semblent avoir été conçus pour enrober efficacement un brillant scénario plus que pour en démultiplier l'impact.

Au final, si Vice-Versa n’est peut-être pas la perle tant attendue, il demeure la preuve du talent phénoménal de l’écurie Pixar et de sa capacité intacte à nous émerveiller. C’est déjà énorme.

 

Affiche française

Résumé

S'il n'est pas le renouveau tant espéré, la faute à une direction artistique qui manque de charme et de folie, Vice-Versa est la preuve du talent demeuré intact d'un Studio cher au cœur des cinéphiles.

Lecteurs

(5.0)

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commentaires

Number6
02/04/2018 à 10:01

Un de mes Pixar culte instantanément.

mikegyver
06/07/2015 à 14:33

film tres moyen.

Il y a une idée (le systeme de memoire) et.....c'est tout. On se retrouve devant un court-metrage allongé de + d'1 heure artificiellement,

et le spectateur morfle....le moment genant ou tu comprends qu'il ne va plus rien se passer jusqu'a la fin fait froid dans le dos, passé le concept d'introduction.

D'ailleurs les enfants present on bien resumé le truc "c'est rigolo la fin"....et oui l'explication du concept est bien, la fin est drole (sequences pendant le generique) et rien du tout entre.

On s'ennuie ferme.Bref on peut maintenant le dire, Pixar est en chute libre, alors la faute a Disney je ne pense pas du tout, mais le disney-bashing est tellement facile

mesangelique
03/07/2015 à 19:31

Bien que nous retrouvions le cocktail gagnant de Disney, le fait de sourire et verser une larme pour un même film d’animation, on retrouve la pincée de sel de Pixar avec l’originalité et l’angle de vue du scénario. L’idée est bonne nous permettant de nous émerveiller de nouveau et retrouver nos souvenirs d’enfance avec les sentiments et agissements d’une petite fillette de 11 ans qui se mélangent dans sa tête. Les personnages sont tous attachants, la rencontre avec Bing Bong est touchante et le passage par l’esprit Abstraite amusante. Ce n’est pas le chef d’œuvre attendu par la presse mais on passe un bon moment qui change l’esprit.

Bolderiz
23/05/2015 à 08:59

J'adore le concept de ce Pixar, je suis d'accord sur "le look" général du métrage qui fait presque... obsolète! A voir car je pense que c'est une bonne cuvée Pixar (mais pas millésimée)...

bof
21/05/2015 à 14:07

Grand fan de Pixar, mais terriblement déçu par Monsters U, j'ai cliqué avec une certaine fébrilité... Critique très intéressante, merci, qui rassure sans totalement convaincre. Je me réjouis de juger par moi-même.

Skybadin
21/05/2015 à 12:15

J'ai envie de le voir !!

Postman
21/05/2015 à 12:10

Jolie critique qui fait sens, et joliment troussée en plus !
Merci !

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