A la poursuite de demain : critique magique

Simon Riaux | 18 mai 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 18 mai 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58

A la poursuite de demain (Tomorrowland) est un des projets de Disney les plus importants de ces dernières années, réalisé par un maître de l’animation (Brad Bird, l’homme derrière Le Géant de fer et Les Indestructibles), porté par une star internationale (George Clooney). Et pourtant, personne ou presque n’a entendu parler du métrage. Le studio lui-même a veillé à ce qu’aucune critique ne soit publiée en amont de la sortie, malgré des retours très positifs de la presse.

DEMAIN NE MEURT JAMAIS

En sortant de la projection du film, le cœur battant, les yeux écarquillés, la situation semble finalement très logique. Au-delà de la question de l’agenda, le Studio s’étant piégé tout seul en coinçant son blockbuster au milieu de ses sorties Marvel et au beau milieu d’un embouteillage estival, force est de constater que Tomorrowland bouscule le paysage hollywoodien actuelle avec une grâce et une insolence étonnantes.

Ce récit initiatique dans lequel une jeune fille part à la recherche d’un univers mystérieux où se seraient retranchés inventeurs et créateurs du monde entier l’assène tout le long de son intrigue : l’univers est désenchanté, l’aventure a désormais un goût de cendres, l’inventivité a disparu au profit d’une morgue cynique. Brad Bird confie donc à son épopée la mission de redonner des couleurs à un genre moribond, tout en invitant le spectateur au rêve.

 

Photo George Clooney, Britt RobertsonAttention chérie, on va sauter

 

Il y parvient grâce à une direction artistique fabuleuse, qui mélange harmonieusement les grandes heures de la SF, nous précipitant ainsi de scènes steampunk, en délires dignes d’un Asimov, avant de ressusciter l’héritage de Jules Vernes. Dans ce cadre idéal, Bird déploie la mise en scène ludique dont il a le secret. Le cinéaste joue sur tous les niveaux de profondeur, précipite l’action et le mouvement dans les moindres recoins de l’image et transforme ainsi chaque scène en un Rubik’s Cube frénétique.

Et c’est à coup d’idées géniales et de jeux scéniques inattendus que le metteur en scène écrase littéralement les autres productions Disney. On est ainsi passablement amusés de voir que deux adolescentes et un jet pack suffisent pour balayer instantanément 10 ans de scènes d’action standardisées par Marvel.

 

Photo Britt RobertsonLe parc de demain

 

PIRATES DES GROS CALIBRES

Marvel, que le film tacle en long et en large, tout comme la politique actuelle des majors (celle de Disney donc). Ici George Clooney nous rappelle combien les films de super héros et leur suites sont absurdes, là, Bird moque les fans de Star Wars nouvelle génération, caricaturés en robots meurtriers et stupides. Enfin, Hugh Laurie, grand méchant du film, est clairement associé à la figure de Walt Disney, tandis que le scénario efface le projet d’origine (faire la promotion de l’attraction Tomorrwland des parcs à thèmes) pour rendre un hommage ultra-francophile à Jules Vernes.

Film de pirates, le métrage l’est jusque dans son écriture. Après Tomorrowland, difficile d’attaquer gratuitement Lindelof, qui travaille un rythme à contretemps particulièrement malin, tout en déjouant systématiquement les attentes des spectateurs. Cet espèce de Bioshock enfantin n’hésite ainsi pas à nous frustrer et nous prendre à rebrousse-poil, nous reprochant notre désir de rêvasser à peu de frais.

 

Photo Hugh LaurieCorporate man

 

La dernière création de Brad Bird est une invitation au voyage exigeante, euphorisante, dont l’inventivité est à elle seule contenue dans la longue introduction du film, qui voit un enfant successivement réaliser son rêve, rencontrer un singulier amour de jeunesse, et découvrir malgré lui la source de sa mélancolie à venir. Un tourbillon tel que Disney ne nous avait plus habitués à en produire, et que le studio semble avoir presque peur de dévoiler au public.

 

Affiche

Résumé

Ne manquez pas A la poursuite de demain, film d'aventure et de science-fiction inventif et racé, réalisé par le papa des Indestructibles.

Autre avis Geoffrey Crété
Une merveille et un petit miracle, capable d'invoquer aussi bien notre âme d'enfant avec des scènes virevoltantes et réjouissantes, que notre esprit d'adulte avec son discours lumineux sur le monde.
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Lecteurs

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commentaires
herve
04/08/2021 à 18:00

@JeSuisUneGrosseCochonne

je suis étonné qu'il n'y ai pas de fautes dans ton pseudo. Tu la copié/collé? avoue

KEVIN DIOLES
01/08/2019 à 07:29

On reste émerveillé devant cette ville imaginaire, comme Monsieur DISNEY avait l'intention de le faire à l'époque ou il à créé son premier Parc d'attraction. L'idée de rassembler toute l'élite humaine pour créer un nouveau monde est bien trouvée.Nos 2 personnages principaux, Frank et Casey nous entraînent dans une aventure très mouvementée. On rit par les situations, on est émerveillé par les décors, et le final nous laisse penser à une vie meilleur grâce à tous ces personnes créatifs à l'imagination débordante.MA NOTE 8/10

Sylvain
06/10/2015 à 09:06

Film prenant à contre pied la morosité habituelle des films futuristes.
Il est plaisant de voir un film où il n'y a pas 50 cadavres à la minute, avec un futur (enfin, univers parallèle) où les zombies et autres monstres/ démons/ etc... ne cours pas la rues, bref, un truc optimiste et qui se regarde en famille, tout simplement.
J'ai adoré !

JeSuisUneGrosseCochonne
25/07/2015 à 17:56

Sait quoi tout sait message de merde ?

mcds
13/06/2015 à 08:20

Les monstres anim3s n'ont pas pu écraser ce film génial qui nous prouve qu'un bon scénario vaut tous les effets du monde. Parlez zn au maximum et partagez sur dfb et twitter.

roger
19/05/2015 à 21:26

""...difficile d’attaquer gratuitement Lindelof"
lol ?"
Lol ?

sylvinception
19/05/2015 à 17:08

"...difficile d’attaquer gratuitement Lindelof"
lol ?

Zanta
18/05/2015 à 15:52

Excellente news.
Quand un blockbuster non adapté d'une franchise, et mené par la vision originale d'un réalisteur, est réussi, nous sommes tous gagnants.
Reste à espérer que le box-office suive.

Et Brad, on te fait totalement confiance pour les Indestructibles 2.

Crichton
18/05/2015 à 14:17

Ah comme quoi, de temps en temps on est d'accord ;-)

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