Avengers : l'Ère d'Ultron - critique sous-héroïque

Simon Riaux | 22 décembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 22 décembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Avengers : L'Ère d'Ultron débarque au cinéma chargé de plusieurs impérieuses missions : parvenir à pulvériser les records au box-office détenu par l’épisode précédent, déjà réalisé par Joss Whedon, réitérer l’exploit de rassembler à l’écran une troupe hétéroclite de super-héros et renouveler l’univers Marvel, pressé de muter faute de faire du surplace. Un programme herculéen et probablement trop ambitieux.

DARK (MAIS PAS TROP) AVENGERS

Après un premier quart d’heure remarquable d’intensité, qui parvient le temps d’une scène introductive à enterrer les morceaux de bravoure les plus spectaculaires du premier opus, le château (nazi) de cartes commence à trembler dangereusement. Car l’édifice est tiraillé entre deux ambitions irréconciliables : retrouver l’humour goguenard qui fait la marque de Marvel et offrir aux personnages un développement plus sombre, qui introduise l’attendu Captain America : Civil War.

 

PhotoBon, on fait des blagues ou on fronce les sourcils ?

 

Passé les 20 premières minutes aux allures de grand huit, le rythme de l’ensemble commence à bégayer, comme si Joss Whedon ne parvenait jamais à allier le drame à venir et l’exigence humoristique de sa note d’intention. Un paradoxe qui contamine petit à petit tout le projet. Ainsi, l’hystérie spectaculaire (synonyme de plans séquences numériques, virtuoses mais dénués de toute réalité) étouffe la direction artistique et lui interdit, malgré le budget pharaonique, de nous émerveiller.

 

 

photoIl est scié Ultron

 

Les situations s’enchaînent et se multiplient dans une suite de décors interchangeables, sorte de gloubi boulga urbain sans âme, qu’une photographie aux airs de filtres Instagram tente de caractériser, et Avengers : L'Ère d'Ultron ne tarde pas à faire de la peine à côté de son contemporain Mad Max : Fury Road en terme de spectacle photographique. Le scénario est à l’avenant et fait son possible pour allier exigences commerciales et appels du pied aux geeks, sans véritable souci de cohérence. Que le film convoque la légendaire Vision ou fasse un clin d’œil à Black Panther, aucun de ces ingrédients n’est lié ou incarné, et ne parvient donc à nous exciter.

 

Photo Chris Evans... vous voulez pas nous remettre Tom Hardy ?

 

SHOOT TO KILL

Enfin, malgré une poignée de scènes particulièrement jouissives, comme le combat enragé et jubilatoire entre Hulk et Iron Man ou encore les répliques délicieusement amorales balancées par un Ultron charismatique, de véritables soucis d’écriture se font jour. Peut-être à cause d’une trop grande précipitation, sans doute pour plaire à une frange du public américain ouvertement conservateur, Joss Whedon prête le flanc à une idéologie réactionnaire particulièrement malsaine.

 

Photo Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen

 

Ainsi, les quelques moments formidablement divertissant du film pèsent peu face à la tirade de Scarlett Johansson, qui explique tranquillement que sa stérilité fait d’elle un « monstre » (vous avez bien lu). "Si tu tires pour tuer tu es un Avenger", déclame ainsi Hawkeye, transformant les héros rigolards en soldats agressifs et bas du front.

Avengers : L'Ère d'Ultron marque le premier échec véritable de Marvel, le stade où les divers éléments de sa recette se seront parasités au point de rendre l’ensemble illisible et déplaisant. Et malgré les images iconiques, en dépit d’une action trépidante, le film souffre ainsi de son programme ingérable, qui transforme un exercice de générosité en une performance boulimique.

 

Affiche

 

Résumé

Joss Whedon échoue justement là où le précédent film marquait des points, face à un programme bien trop chargé, il se casse les dents et livre un épisode surgonflé, schizophrène et indigeste, qui finit par nous assommer.

Autre avis Geoffrey Crété
Le petit équilibre magique du premier Avengers s'est écroulé dans cette machine de guerre vaine, bancale et automatisée, où les personnages n'ont plus le temps d'exister. Seule la course compte, et tant pis si elle est triste, fade, manque cruellement d'émotion et d'envergure, et fait même pâle figure à côté de certains films solo du MCU.
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Lecteurs

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commentaires
Flo
15/02/2020 à 10:18

KO Debout ! Enfin non, assis. Voilà un nouveau standard du « film ultime de super-héros » qui sera très dur à dépasser.
Normal, en tant que "Hyper Film", usant de la même sorte de narration qu’un bon film historique, avec plein de personnages, d’intrigues etc… Déjà comme le premier d’ailleurs, mais optimisé à la puissance 100.
Des comme ça, il en existait de plus en plus comme les "Young Adults" adaptés (trop littéraires), les Nolan (un peu trop froids et cérébraux) ou les "Transformers" (de plus en plus vulgaires et bêtas).
Avec dans le cas de Whedon toujours ce « problème » de gestion du montage: par exemple une séquence de groupe commence à peine, puis on enchaîne avec une autre qui s’éternise tellement que lorsqu’on revient à la précédente, on se demande ce qui a pu s’y passer tout ce temps. Limite si on s’attend à voir un encart avec marqué « pendant ce temps ». Très comics.

Qu’importe, le film se permet au milieu de scène d’action multiples encore plus ébouriffantes et virtuoses de nous faire oublier que le pitch est quasi similaire au premier – vilain fou mégalo veut dévaster la Terre « pour son bien », face à ça les héros ne sont d’accord sur rien avant de prendre sur eux-mêmes pour contre-attaquer dans la douleur (peut-être la seule raison d’être des Vengeurs?) – et de prendre le temps de mieux raconter des choses qu’avant. Notamment le poids de plus en plus lourd d’être une icône héroïque vers laquelle les gens se tournerait trop, et la tentation de laisser tomber au profit de solutions trop « faciles » pour être honnêtes. La grosse pause de milieu de film fait du bien, à condition de ne pas s’être trop soûler par tous ce qui s’y passe dans la première moitié. Ce fameux dispositif d’hyper film se savourant peut-être encore mieux en faisant des pauses entre-temps, comme pour une intégrale de série tv ou de comics; "AAoU" est quasi l’équivalent d’une saison entière, plus limité et débarrassé du « gras », du superflu pour aller plus à l’essentiel.
Au moins, tant que les personnages sont caractérisés au mieux de leur modèles papier, tout passe. Et c’est le cas, comédiens quasi tous justes:

-Steve Rogers est toujours aussi « droit dans ses bottes », confiant et courageux, ici enfin leader incontesté de tous ces égos, le meilleur de tous car le coeur héroïque de l’équipe. Et assez cool pour laisser ses camarades se foutre de lui quand il pinaille sur les gros mots. La Classe !
-Le Banner/Hulk de Ruffalo fait pour moi enfin oublier la version de Norton, tout en revenant paradoxalement aux doutes et au caractère dangereux, incapable d’aimer autrui sans mettre trop de gens en danger, déjà développé dans le film de Leterrier. Et c’est bien dommage qu’on ne sache pas ce que Wanda lui a montré, ni qu’il ne puisse toujours pas parler (et Betty, il l’a oublié? dommage aussi, Vision/Bettany en une chez lui ???? );
-Thor est toujours aussi noble, mais plus décontracté grâce aux coutumes humaines (merci à Jane, « la seule à vraiment bosser dans le couple »). Pas trop d’accord sur un quelconque comique principal du film de sa part. C’est juste une question de temps en plus. Il se paye même le luxe d’être un deus ex machina, « le gars qui sait ce qu’il faut faire et comment ça va se passer dans 2-3 ans »;
-Tony Stark en fait tout le temps à sa tête rigolote comme d’hab, avant d’essayer de réparer ses erreurs par héroïsme… Oui, il ne fait que ça depuis le premier film solo, et ça marche toujours. Mais là aussi, comme c’est aussi bien une longue histoire qu’un film « d’exception », le coup du Stark qui trafique dans le dos des autres avant de remontrer patte blanche est un de moments régulier dans les comics. Pas encore à un gros niveau dramatique, la faute à Civil War prévu que pour l’an prochain;
-Nick Fury gâche un peu sa sortie de l’an dernier (un an de black out, c’est assez peu à son échelle) en cavalerie de secours, mais on s’en remettra;
-Natacha continue d’être la prima donna du groupe, aussi franche et « glacée » que surprenante lorsqu’elle devient émouvante. Un peu d’origine story et, détail inédit, Banner épinglée à son palmarès cette fois (elle a flirté avec presque tous les Vengeurs dans les comics);
-Clint a plus de choses à faire, mais pas comme le hooligan qui aime remettre en cause les ordres de ses chefs comme la version classique (bien qu’il reste sarcastique par moment), mais confirmé comme sa version Ultimate avec une vie pépère en parallèle. Whedon a tenu parole en lui ouvrant un univers personnel plus terre à terre. Pas le meilleur personnage, mais celui le plus identifiable avec le public lambda, l'équivalent du Xander de "Buffy" pour l’équipe, c’est vrai. Et un bon mentor bref pour les petits nouveaux;

-Pour ceux qui iraient tiquer sur les détails divergeant sur les origines des suivants, précisons que ça ne change en rien leur personnalité, et c’est ça qui compte d’abord:
Si les jumeaux sont des « optimisés » (pas des Inhumains?) plus que des mutants, on pourra dire que c’est parce que c’est un monde où il n’y a vraiment « plus de mutants », pour l’instant. Au moins Wanda et Pietro restent ses orphelins désespérés et trop dépendants l’un de l’autre, capable du meilleur mais facilement influençables par le premier venu, Magnéto comme Ultron.
-Ce dernier n’est peut-être pas directement « Pym factored » (rien n’est totalement tranché), Whedon a eu l’intelligence de suivre les comics et de garder en tête que ce n’est pas un robot agissant comme tous les robots, avec démarche saccadé, froide logique etc. C’est un être vivant et complètement frappadingue, réagissant comme un humain en colère. Même avec un look insectoïde/écorché/Terminator, on n’en a jamais vu des comme lui. Oublié HAL 900 ou Skynet, celui est plus effrayant par sa folie pure;
-Son presque fils Vision est magnifique, le plus beau des Vengeurs, le deuxième meilleur après Steve, le coeur émotionnel de l’équipe car obligé d’exprimer cela mieux que n’importe qui pour justifier qu’il « est ». Très fort, je trouva pas mal aussi sa façon de phaser.

Les autres personnages sont bien fichus, remercions Marvel d’avoir sorti le chèque pour faire venir ceux qu’on aime bien, des autres films ou d’ailleurs… sauf pour Strucker, un petit gâchis, c’est vrai, pour le « Nick Fury de l’HYDRA ». Mais bah, il a l’habitude dans les comics, il ressuscitera

Tant de détails dans ce film, tant de trucs cool pour le public fan ou non, tant de moyens poussés jusqu’au bout, au point de ne pas forcer sur la musique par exemple pour éviter trop d’overdose.
Et des scènes spectaculaires mais toutes le plus claires possibles et diurnes. Fini les scènes de nuits à l’intérêt économique (plus facile de cacher certains plans) et symbolique (fin de jour=bataille finale). On peut en profiter pour avoir une pensée pour les mise en scène à la Zack Snyder, qu'elles mettent la pédale douce sur ses filtres: ces héros ont déjà une apparence iconique et une manière de se battre itou. Plus, c’est du dessin animé ou du jeu vidéo, c’est trop.
Trop, on n’en a même pas eu totalement ici, Whedon se réservant le droit de nous retirer la chaise d’où on est assis pour LA phrase complète qu’on attend toujours et passer à une fan statue hors de prix pour collectionneur qui a du coup moins d’intérêt… La cerise sur le gâteau, ce sera une prochaine fois.
En attendant, tu peux te reposer pépère, tu as réussi.

Mais à voir les réactions très contrastées qu'il y a eu sur ce film (enchaînements de plusieurs sortes d’aventures), il est normal que devant sa grande densité tout le monde ne puisse le prendre dans son intégralité, et beaucoup préfèrent pour en parler ou l’analyser se raccrocher qu’à certains moments plus « parlants » pour eux que d’autres.
Décortiquons donc ce mille-feuille filmique dans l’ordre:

Le début commence de manière fracassante comme un film de Deuxième Guerre Mondiale, avec attaque d’un fort nazi enneigé.
Et ce qui était LE plan d’action du premier film (plan-séquence donc) est éliminé de l’équation très vite pour qu’on n’attende pas trop la redite dans la bataille finale, qui aura donc un autre dispositif visuel. Après c’est vrai que démarrer de cette manière a de quoi avoir l’air très bordélique, surtout se passant dans un environnement montagneux gris. Mais comme tous film de ce genre, une fois qu’on a passé le cap, les yeux s’habituent à ce mode de filmage. Si l’on ne peut ou ne veut pas, tant pis, ne pas se plaindre sinon.
Au moins on les voit ici avec déjà un bon esprit d’équipe. Le temps étant passé depuis New York, certainement ont-ils finit par se regrouper après leurs aventures solo pour rôder leur façon de travailler ensemble dans un même but, le sceptre et HYDRA. Et pour leur évolution perso, c’est déjà bien aussi: Cap enfin en bon leader stricte mais sympa, Hulk pas grand chose de nouveau sauf l’utilisation de moyens naturels pour le calmer (inspiré, comme pour le dernier film solo, du cycle comics de Bruce Jones), Thor encore plus puissant et familier avec la Terre, Iron Man a guéri ses angoisses et peut même sortir de son armure dans un endroit hostile pour enquêter, etc… Tout le reste présenté est facile à décrypter: héros contre méchants nazis, il n’y a rien de plus pour se départ. Si ce n’est un petit teaser de "Infinity War", et une mini explication avec Wanda semant le doute en Stark par vengeance envers ses actions passées dans les armes (on n’en sort pas, et oui!), Tony étant un peu le « traître idéal » de l’équipe, marotte régulière des comics d’ailleurs. Sacré « pré-générique » tout de même.

Mais la suite, petite comédie de moeurs, reste aussi « speed » dans l’exposition que tous les films Marvel précédents. Pas dans les rapports des personnages, prenant le temps de se détendre, au calme, comme des gens un tant soit peu normaux, enfin. On plaisante, on flirte, on joue avec le gros marteau (avec un petit clin d’oeil à un comic « What If » où la Veuve est capable de le soulever). Légère faute de gout néanmoins en ce qui concerne la vf, outre le fait que le nom des « Avengers » ne soit pas traduit « Vengeurs » et que Strucker parle avec la voix du… docteur Erskine (par contre les jumeaux ont perdu leur accent), avec trop de vouvoiement entre certains personnages. Inutile.
On a alors, avant confirmation explicite plus tard, Banner et Stark jouer les « savants fous ». Où leurs créations les plus grandioses finissent fatalement par les dépasser et devenir dangereuses.
Surtout c’est l' "auto création" d’Ultron qui est flippante de vélocité. Pourquoi tant de rapidité ? A cause de la Gemme, ce genre là ? Pourquoi aussi lui donner tant de puissance d’un coup là où il lui a fallu bien plus de temps dans les comics pour se dire que ce serait bien de pirater la Terre entière pour aller et faire ce qu’il veut tout de suite, et pas dans 30 ans ?
Parce que ça reste un film bien sûr, avec un coté événementiel qui passe le coté « à suivre » des comics ou série tv. Tout le plan fou du vilain doit s’y exposer maintenant, sans limite visible. Pensez aussi à laisser de coté le complexe à la Frankenstein entre Stark et lui auquel on pouvait trop s’attendre: c’est là aussi justement du déjà vu et revu au cinéma, ce n’est pas le sujet. On a là au contraire la grande originalité de voir s’animer le premier robot fou et ironique du cinéma (vu ses parents, tous les Vengeurs, rien d’étonnant à cette « dysfonction ») qui carbure à la rage pure, et pas à l’analyse désincarnée – « oui, j’allais prendre le temps de vous expliquer mon plan machiavélique ». Et dans ce cas pourquoi ne pas s’amuser aussi à lancer tous les missiles de la Terre d’un coup ? Parce que les meilleurs super vilains ont aussi un égo démesuré, qui est à la fois leur force et leur grosse faiblesse les poussant à la faute (il veut à tout prix un corps physique extraordinaire lui aussi). Pas besoin d’expliquer comment il marche, pourquoi et avec quelle profondeur, c’est de la pure SF classique un peu comme "À la poursuite de Demain", pas comme "Chappie" ou "Ex Machina". Rien que ça, c’est assez excellent et jouissif, et il ne faut pas le bouder.

Après c’est le classique debrief, « c’est ma faute » de Stark « mais j’avais de bonne raisons qui me font rire nerveusement, ne vous inquiétez pas je vais réparer ». Et vlan! au passage encore une part de culpabilité avec l’introduction du salaud Klaue « je connais, mais je ne lui ait rien vendu, lâchez-moi un peu ». On est dans un petit arc de « film catastrophe »où Stark se la joue moins, à expier à nouveau son attitude passée, mais générale aussi. Dans une nouvelle série de grosses scènes d’action ahurissantes également, encore jusqu’à un épuisement attendu. D’autant que sans grande finalité malgré son ampleur, les seuls enjeux qui reste étant le Vibranium (inutile pour les imperméables à la référence), les visions créées par Wanda et au rituel « Hulk qui pète les plombs juste quand il ne le faut pas ».
Pire, l’échec des Vengeurs censé mettre les médias en ébullition est à peine relayé par Maria Hill vers les héros. Tant mieux si ça conforte le film dans l’idée de coller aux personnages le plus possible sans trop se disperser. Mais vu les conséquences de leurs actes, quelques inserts de journaux tv ou papier auraient été de bon ton. Whedon laisse sa place aux frères Russo pour ça.

Puis re-accalmie, plus longue cette fois, façon huis-clos dramatique. Avec « des petits bouts d’humanité » qui font plaisir aux analystes, comme avec Clint Barton et sa famille et, ce que beaucoup ont retenu principalement dans la critique, la relation Banner/Romanoff qui brouille les pistes dans le coté « Belle et la Bête », chacun se réclament alternativement de l’autre. Un genre de relation assez inédite pour ces héros dans les comics.
Le reste passe un peu au dessus de tout ça, entre les brefs échanges un peu trop forcé entre Steve, puis Fury, avec Stark. Ou bien Thor qui va chercher ses réponses ailleurs, à la mesure de son statut divin (Whedon a toujours un peu de mal à écrire pour lui de son aveu, étrange). Assez bavard et un peu forcé, surtout avec si peu de contexte général, mais pas de raison de s’y focaliser négativement: c’est un peu l’angoisse du perdant qu’on a ici.

Et puis bon après le repos, un nouveau type de film, de poursuite cette fois: contre-attaque, recherche du vilain, nouveaux alliés au bon moment, et même un demoiselle en détresse, que du classique encore, mais du bon et hyper bien rythmé, rien à redire dessus.
D’autant que les choses s’y enchaînent de manière assez inattendues. Et à l’inverse très attendues pour d’autres (la gemme pour le superbe Vision, la volte face des jumeaux, le gros retour du SHIELD…). Avec aussi un Cap qui se bat (en grande partie à mains nues) au corps à corps contre Ultron sur un camion à toute vitesse. Quel type !
Il en reste surtout un coté super kinétique dans l’enchaînement de scènes d’action qui sont un peu « la norme » de ce genre de film… mais qui reste presque plus lisible que la normale si on ne se soûle pas trop vite par habitude. Pas du tout comparable avec un "Transformers" ou "Man of Steel".

A l’opposé même dans sa dernière partie de total film de super héros ("MoS" ayant d’ailleurs voulu en faire plus niveau que "Avengers" en négligeant l’émotion) vu le dispositif de fin qui voit les héros prendre le temps de sauver des innocents autant que de détruire le méchant. Sur une bataille forcément longue, ça peut paraître trop forcé… mais de la part de super-héros (et pas tous américains – asgardien, russe, d’Europe de l’Est, robot) c’est une obligation un tantinet morale à le montrer, n’en déplaise aux fans de bourrinages décomplexés limite faf.
On en est pas encore à la radicalité stylistique de Mad Max Fury Road, lequel raconte la même histoire d'Aller-Retour, mais dans une ambiance Post-Apocalyptique, "où l'on n'a plus besoin de héros" (dans Ultron, ce n'est pas encore le cas, même si certains d'entre eux envisagent la chose).
Pas trop de ralentis trop tape à l’oeil ou de numérique trop extrême, ses personnages ayant une brutalité (pas de « kung fu style » par exemple) directe, plus terre à terre.

Les réactions qu’on a pu lire un peu partout n’y cherchant que de la négativité ? :
Comme souvent une bonne dose de mauvaise foi avec une attente forcément déçu par le fait que, contrairement au premier film, celui-ci soit une continuation plus qu’un aboutissement, ou qu’une ré-invention totale (c’est vrai que ça aurait aussi été splendide de changer un peu de braquet)… Et plus encore, c’est le fait qu’avec tant de « films dans le films » en un, pour un studio qu’il est facile d’accuser de tout grâce à ses succès public et aussi critique – on ne se plaint toujours que vers le haut – il est plus dur d’appréhender ce genre là sans en vouloir une cohérence totale associée à un peu plus de simplicité. Ou l’inverse.

Whedon néanmoins « esclave » du film, simple employé voué à seulement mettre en valeur ces héros dans l’intérim, avec une solide équipe technique ? Complètement faux, vu ce qu’il nous montre et qui coure aussi un grand pan de sa filmo, même (indirectement?) sur des scénarios qu’il a à peine survolé:
Des héros qui sont fatigués d’être les seuls capable de sauver le monde encore et encore ? Et qui cachent leurs doutes et leurs amertume derrière une façade solide, enjouée ou noble et sentencieuse (Jack Traven dans Speed, Buzz l’Eclair, et ici Cap ou Thor), ou bien qui n’hésite pas à l’exprimer sarcastiquement, et parfois à essayer de marchander avec leur destin (Buffy, Malcolm Reynolds de Firefly, et ici Iron Man ou la Veuve). Certains plus ambigus, hybride, instables comme la Ripley de Alien Résurrection, Angel, Hulk ou les jumeaux Maximoff ont une noirceur monstrueuse qui les fait basculer régulièrement d’un coté ou d’un autre. Et d’autres sont des « normaux » sympathiques, qui observent fraîchement tout cela d’un oeil extérieur).
Et tous doivent faire avec leur différence pour mieux s’unir pour le Bien. Tout y est, la démarche personnelle d’un auteur est respecté, pas complètement de Yes Man en vue.

Est-ce que cela en fait un grand film ? Plutôt un grand Spectacle du Genre, rien de plus. Et surtout pas chef-d’oeuvre, impossible d’abord avec les limites de la production aussi bien financière que parallèle (les films en écriture avancée ne doivent pas non plus être trop parasités), d’où quelques coupes manifestes dont certaines trahissent l’expérience tv du réal: avec la manière dont les séquences se détachent comme des épisodes – pratique pour les futurs coupures pub – mais qui n’entament pas le dynamisme dans l’ensemble néanmoins. Et surtout avec un concept tel que cette équipe qui voit un groupe d’égo très forts mettre de coté brièvement leurs différences de points de vues (on en est pas encore à « l’explosion » de "Civil War") pour vaincre une grande menace, par esprit de justice et d’amitié plus que par intérêt. Sinon, par exemple, Thor serait parti avec le Sceptre et basta! Et atteignant ainsi un pur idéal héroïque qui les lie tous en dépit de leurs oppositions, qui est là pour dans un quête de courage et qui donne envie d’être meilleur, ne serait-ce que moralement (un autre avertissement pour Zack Snyder en passant)…
C’est ça, une bonne aventure des Vengeurs telle qu’on peut en lire dans les comics, et il ne faut pas trop s’y prendre la tête et le kiffer un max même avec la fin d’un épisode 2 plus positif que « dark », voyant aussi les héros se reformer de manière plus humble: plus de « tour d’ivoire Stark » mais un complexe, voir une école, en verdure et au sol, plus près du monde.

Surtout que cette équipe dans une telle aventure ne sera plus visible avant longtemps. J’explique: la fin nous en montre de manière assez prévisible une nouvelle génération qui sera coachée par les vétérans. Une équipe plus jeune, plus colorée (Rhodey, Sam – et Vision), plus étrange, plus faillible (Vif-Argent, ses essoufflements et son sacrifice était déjà un indice), plus dangereux (on ne connait pas tout des pouvoirs de Wanda). Donc plus imprévisible. C’est d’ailleurs ce genre d’équipe que la critique aurait à coup sûr préféré voir à l’action dans ce second volet plus que la version « classique » et à peine ambigüe.
Bref, celle-ci sera de retour lors de l’épisode de la Guerre Civile, oui… mais, seulement en second rôle derrière Cap (rôle titre rappelons-le) vs le reste du monde. Et elle ne pourrait être de retour au complet que lors de (l’autre) Guerre, d’Infinité, qui devait être plus un Crossover massif, un « Event » comportant plusieurs équipes dans ses deux parties.

Alors on peut donc profiter sans remords de ce film solide et ultra Fun. Ce n’est pas complètement le genre de cinéma qu’on a l’habitude de voir. Et c'est un peu Tant mieux ?

Figurine
23/12/2019 à 00:11

Tout est tellement enfantin dans cette franchise, qu'à un moment donné on se demande si vous n'allez pas pondre une critique sur la Par Patrouille ou Pyjamask. Sérieusement ça vole pas plus haut.
Alors oui ces films ont le droit d'exister, les adultes ont le droit d'aimer toute cette puérilité qui se prend au sérieux. Mais n'en rajoutez pas. Je viens de regarder les 15 dernières minutes, c'est comme quand j'étais gamin et que je jouais avec mes figurines, bing bang boum ça part dans tous les sens et les gentils finissent par gagner avec 2 ou 3 seconds couteaux sur le carreau. Ils payent des scénaristes ?

Laulelilaule
22/12/2019 à 23:32

Vite vu, vite oublié. Un Marvel quoi.

F4RR4LL
27/04/2018 à 00:28

Pour la première fois de ma vie, je me suis endormis dans la salle à partir du moment ou ils fuient vers la ferme de Hawkeyes. D'une ineptie totale, du début jusqu'à la fin, à trop en faire on récolte une bouillie visuelle sans liant scénaristique qui enchaine les FX.

Le pire marvel du MCU avec Thor 2

corleone
26/04/2018 à 22:30

Le pire film du MCU jusqu'à présent, foutage de gueule de A à Z doublé d'un gros doigt d'honneur à l'histoire culte adapté. Une honte donc même le grand Kevin Feige expert en maniement de l'opinion parle difficilement voire fait tout pour ne jamais en parler .

ET
30/10/2017 à 09:25

@Kev0905

On parle film, pas business. Sinon, Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables sont de grands films.
Et Ant-Man n'est pas un échec côté financier pour info

Kev0905
30/10/2017 à 00:58

Non ce n'est pas le pire Marvel il a quand même 1 ,4 milliards au box office à dire que c'est le pire Marvel je ne suis pas d'accord vous me dite Ant-Man oui ce film est un échec

west666
23/08/2015 à 15:47

Meme si il rest eclairement en dessous du superbe premier volet ,ça se laisse voir ,on ne s'ennuie pas et on a ce qu'on voulait du superhéros avengers non ???

oui
03/05/2015 à 18:28

j'ai adoré

Celes1989
03/05/2015 à 16:36

Pour rattraper une note injustement basse.
A trop attendre d'un film, on est forcément déçu.
Et c'est un bon film, juste non révolutionnaire

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