Les Nouveaux Héros : critique Indestructible

Christophe Foltzer | 27 février 2017
Christophe Foltzer | 27 février 2017

Jusqu'ici, Disney et les super-héros c'était avant tout le chef-d'oeuvre de Pixar, Les Indestructibles. Mais les temps ont bien changé. Disney est aujourd'hui le grand pourvoyeur de Marvel et de tous ses copains en collant. Il faut croire que ça ne lui suffisait pas puisqu'avec Les Nouveaux Héros, il tente de nous imposer un univers original. Avec un résultat pour le moins discutable.

Non pas qu'on ait un problème avec le fait de se taper un énième film de super-héros, mais ces Nouveaux Héros, à l'image des Mondes de Ralph ne dépasse jamais son concept accrocheur et régresse dès lors qu'il s'agit de raconter une histoire. Passe encore qu'on ait droit à une énième origin-story de mec bien geek, marqué par son passé, qui cherche à rétablir l'ordre des choses et à se faire accepter, passe encore les seconds couteaux tous plus clichés les uns que les autres, passe encore les bons sentiments qui dégoulinent de tous les côtés... Non, le vrai problème c'est qu'on se demande bien pourquoi ce film existe, sous cette forme tout du moins.

 

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En ne se décidant jamais sur son histoire, Les Nouveaux Héros s'embourbe dès la fin de sa longue introduction. Des thématiques fortes y sont présentées, vecteurs d'émotions et d'une dramatugie bien que stéréotypées mais éprouvées, mais elles ne sont jamais vraiment exploitées, le film préférant se perdre dans un festival geek sacrifiant ses personnages et son histoire au prix d'une immédiateté fatigante.

 

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Alors certes, la technique impressionne, les designs (à deux ou trois mauvais choix près) sont inspirés bien que s'inscrivant dans la logique artistique des films en CGI, oui le robot est rigolo et touchant, mais tout cela manque vraiment trop d'humanité et de spontanéité pour marquer le spectateur. On en ressort évidemment déçu, la grande aventure promise n'a pas eu lieu et on ne peut s'empêcher de penser que Les Indestructibles n'ont pas encore trouvé leur digne successeur.

 

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Terminons en disant que le film semble totalement sous l'emprise des canons du moment, Dragons 2 en tête, et que, de ce fait, il manque d'âme pour convaincre. Et puis bon, comment ne pas penser au Big Guy and Rusty de Frank Miller et Geoff Darrow tant le principe semble copié à l'identique ? Comme pour prouver qu'une recette efficace ne fonctionnera jamais sans une véritable histoire.

 

Affiche

 

 

Résumé

Techniquement abouti et impressionnant, Les Nouveaux Héros déçoit énormément par la frilosité de son aventure qui ne sort jamais des sentiers battus. A défaut de Nouveaux Héros, nous n'avons au final que d'embarrassants remplaçants.

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commentaires

Flo
15/02/2020 à 10:26

"Big Hero 6", la preuve qu’on ne peut « réinventer la roue » pour une histoire que si celle-ci n’a pas une popularité à la mesure du médium. Le concept ici est simple pour Disney Animation: prendre dans le catalogue Marvel les petits persos qui ont un potentiel inexploité (surtout pour des héros non américains) et passer ainsi sur la cible adolescente et plus asiatique, voir attirée par cette culture, histoire de changer un peu de l’overdose récente des contes de fée (déjà une tentative avec "Les Mondes de Ralph").
« Ce n’est pas une adaptation » a dit le producteur Roy Conli, et c’est assez salvateur dans ce cas précis. Les changements de titres français (un peu bateau), allemand, japonais se justifient d’autant mieux.

Ici on a en quelques sortes des « cousins » des Indestructibles, pouvant d’ailleurs être du même univers.
Ou au mieux, faire partie du futur du MCU, dans un monde futur ou alternatif, où San Francisco aurait été « racheté » par le Japon. Les nombreux clins d’oeil très spécifique à la firme y sont en plus légion – au passage, Marvel aurait pu, tant qu’il y sont, remplacer les 4 Fantastiques par les Indestructibles…

Dans l’esprit, même si ce sont les pages d’un Mickey et pas du logo Marvel Studios que l’on voit tourner en introduction, c’est en tout cas très proche d’un « Marvel movie ». Avec comme pour leurs films, une exposition très lente, avec en plus une musique de fond trop présente, donnant ici l’impression d’arpenter une convention scientifique de geeks, et présentant beaucoup de personnages qui ne sont que des archétypes sans identités connues autres que leur alias. Bons, mais pas centraux à l’intrigue (l’introduction du chouchou Baymax est le seul bol d’air dans ce laps de temps). Tout ça en fait pour mieux préparer à un bouleversement affectif et rythmique passé les 15 premières minutes.

Pour le reste, on est dans un agréable festival de mash-up d’influences super-héroïques et japanim, où l’animation comme l’action est dans les très bonnes normes du genre:
Le personnage d’Hiro Hamada est un mélange entre Peter Parker (il a une tantine un peu larguée), Tony Stark, ou le gamin Max Kenton de Real Steel. Il est même encore plus roublard en sachant bluffer et utiliser des robots retournant la force de ses adversaires façon « judo ». Le fait d’être en animation le rend moins agaçant que si c’était un petit génie en live, justifiant au maximum ce format, et provoquant plus d’étonnement dans ses réactions émotionnelles.

Sa relation avec Baymax convoque autant les genres méchas japonais (Fulguro-Poing bien visible), qu’en grande partie le Géant de Fer (déjà abondamment cité chez Groot cet Eté dans les GotG): mini bout machine voulant se réassembler morceaux par morceaux, relation petit bavard-grand placide, robot pris entre nature bienveillante et destructrice dans une scène brusque innatendue…
Ce personnage « marshmallesque » remporte l’adhésion grâce à son caractère fait pour attirer tous les âges (mode calin activé) et est un bon partenaire pour les scènes de dialogues insolites, mais générateur aussi de sagesse. Un coté « à la Totoro» aussi dans sa forme low tech qui flirte avec l’épuration de style à la Miyazaki.

Beaucoup d’influences référentielles également chez les autres personnages, qui se caractérisent d’emblée par leur allure et personnalité, sans plus puisque manquant de place pour ne pas déséquilibrer le film:
Honey Lemon dans un genre Sailor Moon, Wasabi avec des lames un peu à la Wolverine, mais un caractère totalement opposé (et moins cliché que sa version comic d’origine), Fred/Fredzilla en pure geek obsédé par les Kaiju entre autre, GoGo Tomago en Tron style. Tous alimenté par un coté machine, pas (encore?) mystique.

Quant au vilain Yokai, il est assez superbe et ne perd pas trop de temps à se montrer (dans une ville où plus personne ne circule en pleine nuit). Un mélange entre Lord Deathstrike, le Phalanx et le Croque-Mitaine de l’animé… Les 5 Légendes.

De plus l’ »enquête » autour de lui est moins prévisible qu’on ne le croit (3 suspects possibles s’y détache), sans prendre trop de temps au coeur du film, qui reste, ça a été dit un peu partout, le travail de deuil du héros dans différentes phase (elles n’y sont pas toutes exploitées à fond, mais le renoncement, le marchandage et la colère y sont en bonne place).

Tout petit bémol, le film aurait autant gagné à se finir 30 secondes plus tôt, juste au moment du « réveil » final. Cela aurait fait un peu plus Pixar que Disney, ici ça surligne un peu trop ce qu’on voyait venir de loin. Mais comme il s’agit aussi d’une séquence super héroïque typique (ils foncent glorieusement vers la caméra), ça passe, même l’émotion interrompue.

Bref c’est jeune, c’est frais, pas toujours mémorable mais sacrément honorable dans le contexte de ce genre de production. A suivre ou pas, très bon divertissement.

Number6
27/02/2018 à 21:14

Pas aimé. Dire que ça a gagné, comme tous les ans avec Disney, l'Oscar de l'anime devant des perles, comme le chant de la mer par exemple.

Moi même
27/02/2018 à 20:57

Ce dessin animé est l'adaptation d'un comics Marvel (big hero 6 de son vrai nom)

diez
23/02/2015 à 21:14

A coup d'une inondation de références et clins d’œil, il y a un moment où j'ai juste l'impression de voir du pompage à tout va tellement ce nouveau film ne propose rien qui lui est propre. Un autre film lambda sans identité.

Il y a des moments amusants comme celui où le robot est déchargé, mais c'est tout. L'animation pour enfant n'excuse pas tout, créer est important, Disney ne le fait clairement pas.

Ce que je ne comprend pas c'est que la plupart de leurs courts métrages sont inventifs, originaux et rafraîchissants...

RiffRaff
16/02/2015 à 09:31

Une très bonne surprise. Alors, certes le scénario est assez convenu mais les personnages sont attachants et le thème des super-héros bien traité.
La réalisation est sans faille, on regrettera juste un léger manque de caractérisation sur les personnages secondaires, défaut qui sera sans doute corrigé dans les inévitables suites.

Bolderiz
15/02/2015 à 16:52

Pasmal, pas mal, sauvé par sa technique magnifique et quelques très beaux moments il est vrai que les persos clichés auraient mérités plus de profondeur mais l'ensemble est plutôt bien tenu. Je n'en suis pas sorti déçu mais rêveur car le film aurait pu être un putin de chef d'oeuvre si le scénar avait décidé une fois pour toute de suivre une voie claire et précise plutôt de courir trop de lièvre à la fois...

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