Papa ou maman : la Critique divorcée

Par Laurent Pécha
4 février 2015
MAJ : 15 août 2023
1 commentaire

Après le carton du Prénom, le duo Delaporte/de La Patellière tente à nouveau d’offrir à la comédie française une œuvre populaire et recommandable avec l’aide à la réalisation du novice Martin Bourboulon. Pour ce faire, ils ont deux solides atouts : un excellent couple de comédiens et surtout un pitch de départ laissant espérer de grandes saillies politiquement incorrectes. Tentative réussie ?

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A l’image de l’étonnant plan séquence virtuose (dans l’univers de la comédie française) qui ouvre le film, Papa ou maman montre très vite qu’il navigue au dessus de ce que le genre nous offre à longueur d’année. Bien écrit, joué et filmé, avec un soin tout particulier accordé à la photo et aux cadres, le récit incongru de ces parents qui vont vite s’entredéchirer pour ne pas avoir la garde de leur progéniture et pouvoir s’épanouir professionnellement, séduit. On se remémore le génialissime jeu de massacre de La guerre des Rose qui opposait il y a plus de 25 ans Kathleen Turner à Michael Douglas et on se dit qu’on est alors parti pour un festival de coups bas tous plus hilarants les uns que les autres.

Malheureusement, les dés sont trop vite pipés. A ne pas savoir sur quel pied vraiment danser et ne jamais choisir entre un ton réaliste ou outrancier, le film perd son spectateur. On passe ainsi à des situations relativement plausibles (et souvent très drôles) comme l’achat d’une maison pourrie pour bien dégoûter les enfants et ainsi les obliger à choisir l’ex-conjoint, à des moments franchement embarrassants à l’instar du père emmenant sa fille dans une boite de strip-tease tandis que la mère montre ses seins aux copains de sa fille lors d’une soirée d’anniversaire (sic).

Tout l’art du récit comique était ici de rester dans les clous d’un pitch improbable tout en cherchant à constamment le crédibiliser. En s’en éloignant trop souvent, les auteurs de Papa ou maman font preuve d’un manque d’efficacité que l’abattage des comédiens compense en partie. Quant à l’espoir d’être face à une vraie comédie mordante et politiquement incorrecte, à l’instar justement du film de De Vito qui allait jusqu’au bout de sa noirceur hilarante, on reste bien trop sur sa faim. Mais la tentative laisse espérer des jours meilleurs. Patience est mère de vertu paraît-il.

Rédacteurs :
Résumé

Un pitch prometteur et vraiment amusant que les auteurs du film exploitent malheureusement bien trop maladroitement. Reste quelques séquences très drôles et un rendu visuel/narratif bien au dessus de la comédie française type.

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Flo

C’est aussi Papa dans Maman, au final.

Clairement du film de mise en scène, qui ne raconte rien du tout… Mais qui le fait avec une gourmandise effrontée.
Sur un postulat simple : inverser l’enjeu d’une garde pour enfants, afin que l’égoïsme des parents triomphe. Quitte à se faire la guerre avec coups de p#te sur coups de p#te. Et traumatiser les dits gosses avec un tas de transgressions censées être stratégiques… mais ça on s’en fout (de toute façon, ces enfants sont d’affreux jojos, alors…).
C’est du cartoon, furieux et malpoli, et la scène prologue – un plan séquence plus marrant que virtuose – nous révèle déjà ce qui sont les deux protagonistes principaux… des psychopathes en puissance.
La complicité entre les sosies de Kate Capshaw et Michel Leeb (donc Marina Fois et Laurent Lafitte, maîtrisant humour à froid, raplapla ou sadomasochiste), est totale.
Et assez tendre, à sa manière.