Whiplash : critique battante

Mise à jour : 23/05/2018 20:48 - Créé : 16 mai 2017 - Simon Riaux

Après avoir raflé les Grands Prix et Prix du Public du Festival de Deauville et de Sundance, Whiplash arrive dans les salles hexagonales auréolé d’un prestige indiscutable. Pour autant, si le film de Damien Chazelle pourra aisément prétendre jouer les contre-programmations de luxe, il n’est peut-être pas la claque annoncée.

whiplash
13 réactions

Rarement cette année un duo de comédiens aura révélé une si étonnante alchimie, une semblable incandescence. Whiplash est avant tout un duel au sommet, emmené par un couple de comédiens abrasifs, dont la moindre inflexion électrise l’écran, dont chaque parole cingle avec une précision chirurgicale. Miles Teller confirme une fois de plus son formidable potentiel, ainsi que l’énergie du contretemps, l’art du retrait qu’il maîtrise à la perfection. En double colérique et négatif, J.K. Simmons compose un antagoniste tour à tour fascinant et terrifiant.

 

photo, Miles Teller, J.K. Simmons

 

Mais si cette direction d’acteur phénoménale s’accompagne d’une mise en scène indiscutablement maîtrisée, on ne peut pas dire que Damien Chazelle parvienne pour autant à totalement transformer l’essai. Son sujet, l’art de la batterie, lui permet un temps d’insuffler une originalité un peu artificielle au film, jusqu’à ce son académisme le rattrape.

Les affres de la transmissions, les relations conflictuelles entre maître et élève sont autant de terreaux riches, dans lequel Whiplash échoue à offrir une proposition singulière. Que l’on songe à Full Metal Jacket, voire même au Maître de Guerre, et l’on réalise rapidement que le métrage n’invente rien, se contentant hélas de recycler avec habileté une recette connue.

 

Affiche française

Résumé

Porté par deux comédiens d'exception, Whiplash s'avère une composition soignée et talentueusement exécutée, mais qui manque un peu d'inspiration.

commentaires

maxleresistant 17/05/2018 à 02:28

Ce film est parfait
5 etoiles

annatar 07/03/2015 à 21:29

Autant pour moi , je pensais que damien chazelle était canadien ... Je suis confus. Tant pis , la nouvelle génération de réal canadiens fera mal quand même ( villeneuve notamment) !

annatar 07/03/2015 à 21:22

Très bon ce petit film. Pour une première réalisation on peut parler de coup de maître. La nouvelle génération de réalisateurs d'origine canadienne risque de faire très mal dans les prochaines années .

guillaumeMT 15/02/2015 à 14:56

J'ai oublié de noter!

guillaumeMT 15/02/2015 à 14:55

Je viens de voir le film, et voilà pourquoi j'aime le cinéma ! Pour des petit chef d'oeuvre comme celui ci.
Les scèneS de batterie son tout simplemenT magnifique (surtout le final !) magnifiquement bien interprété et filmer. Un des meilleurs film de 2014!

pepel 31/01/2015 à 15:19

Dans Full Metal Jacket, la première partie du film montre un sergent instructeur, humilier et engueuler une nouvelle recrue, laquelle finira par se suicider. Il s'agissait d'une critique prononcée des méthodes militaires. Nous avons ici la même chose. Nous ne sommes pas dans une caserne mais dans une école de musique et le sergent est un prof. Pourquoi pas? Mais là où Kubrick dénonçait, Chazelle, lui, glorifie. Et de reprendre le discours habituel de Clint Eastwood: seuls ceux qui sont réputés, quitte à s'avilir, à souffrire (voir à mourir cf Million Dollar Baby) ou à écraser les autres, réussissent leur vie. Les autres sont des moins que rien, des sous-hommes, des ratés. Peut-être que la scène la plus nauséabonde est celle où l'on voit pleurer la brute: voyez comme il est humain! Il faut le plaindre. Non, il ne faut pas le plaindre ce type est un sadique. Evidemment, les pauvres cons qui essaient d'arrêter le massacre sont montrés comme des empêcheurs de tourner en rond; le père est un raté, il n'aurait pas pu en être autrement.
Que des critiques (entre autres Télérama, "chrétien de gauche"…) trouve ce film formidable, dénote un malaise certain. On est Charlie mais on accepte volontiers que l'humiliation et la dégradation d'un être humain soit un moyen normal d'arriver à l'accomplissement. Il y a comme un hiatus, le terrorisme des uns étant plus justifiable que celui des autres.
Enfin, et ce n'est pas le moindre, tous les musiciens que je connais (dont des percussionnistes) vous diront que la pire des choses pour faire de la bonne musique est d'être crispé sur son instrument!!! Du plaisir, bon sang!
En résumé, c'est un film honteux... filmé et joué correctement.

matti 12/01/2015 à 11:51

Je corrige quelques erreurs de ma critique : 1. il faut lire : " de façon abusive ... " ( pas de virgule ) .
2. il faut lire : " Jo Jones "

La liste de films pourrait être beaucoup plus longue : Straight No Chaser ,

Autres points plutôt négatifs : les personnages secondaires n'ont aucune chance , ils sont à peine ébauchés , pourquoi inventer les personnages de Nicole ou du père pour n'en rien faire ou si peu ?
Le filmage , à base de plans très serrés et souvent très courts , ne crée pas un espace dans lequel on respire à son aise .
Etc ... etc ...

matti 12/01/2015 à 08:14

Le film est difficile à avaler si l'on se fait du jazz une idée qui ne corresponde pas à celle que défend le pédagogue fou qui officie dans cette école de musique inventée pour les besoins du film . L'anecdote à propos de Charlie Parker , déjà utilisée dans le très insuffisant biopic commis par Clint Eastwood , que Miles Davis ne voulut jamais voir , est interprétée de façon, abusive par le prof cinglé , dont le discours sur Parker et Armstrong ne tient pas , pas plus que les références
qu'il propose au jeune protagoniste , personnage plutôt déplaisant lui aussi , qui est invité à s'inspirer exclusivement du jeu de Joe Jones et surtout , hélas , de Buddy Rich ,
Bref , en plus d'être une ordure , le pédago maboul expose des théories esthétiques à la limite de la débilité .
La seule scène qu'on peut sauver , si l'on est indulgent ,serait celle du concert final ,
En matière de film musical , revoyons plutôt Honky Tonk Man ou un film de Kelly et Donen , et pour le jazz , à la rigueur , Autour de Minuit , ou mieux Jazz On A Summer Day ou A Great Day in Harlem .

Ded 30/12/2014 à 23:03

Narration concentrée sur le sujet, que même un embryon de romance cucul-la-praline étouffé dans l'œuf ne viendra parasiter, pour mon plus grand plaisir... Interprétation épidermique des deux acteurs (très bien "castés")... Et même si ce n'est pas là le scénario du siècle, les rebondissements, nourris des revirements d'humeur du sadique de service, ont suffisamment joué avec ma perspicacité, tout en malmenant mes instincts de spectateur-revenu-de-tout, pour m'emporter vers un climax euphorisant en une apothéose musicale totalement jubilatoire... Waouh ! je n'avais jamais entendu "Caravan" dans une version aussi démentielle !
D'autre part, s'il est vrai que cet ersatz de "Monsieur Propre", en mode force obscure, vouant toute son énergie destructrice (ou constructive ?!) à l'élimination des tâches musicales, beugle et manie le langage fleuri comme le sergent instructeur Hartman de "Full Metal Jacket"... il est important d'insister sur le fait que toute comparaison avec Kubrick s'arrête là...

Zapan 24/12/2014 à 22:14

Houlà , on reste très loin de Kubrick (je ne vois pas la comparaison) mais le film est excellent, tout comme ses acteurs.

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