Le Hobbit : La bataille des cinq armées - critique finale

Simon Riaux | 3 novembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 3 novembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Il est là, l'ultime volet du grand œuvre de Peter Jackson, dévoué et enchaîné à Tolkien depuis une quinzaine d'années. Avec Le Hobbit : La bataille des cinq armées, le cinéaste tente d'achever sa formidable épopée et, encore une fois, de se dépasser.

LE RETOUR DU ROI JACKSON

On aura tout entendu concernant cette nouvelle trilogie, que le réalisateur néo-zélandais ne souhait pas diriger initialement. Qu'elle était dispensable, trop diluée, numérique, balourde... bref, qu'elle échouait partout où Le Seigneur des Anneaux avait triomphé. Si ces reproches étaient partiellement justifiés à l'encontre du premier volet du Hobbit, les cyniques n'auront plus d'autres choix désormais que de prendre leur mal en patience. Car Le Hobbit : La bataille des cinq armées s'impose comme une des plus intenses aventures vues sur grand écran depuis des années.

 

Le Hobbit : La bataille des cinq armées - PhotoUn anneau, pour leur donner deux trilogies, à tous

 

Avec sa guerre démentielle, qui occupe plus d'une heure de récit, le metteur en scène met son imagination et notre endurance à l'épreuve. Pas un plan sans une idée détonnante, pas une séquence qui ne s'articule autour d'une dramaturgie et d'un décor resserré mais magnifié, le tout sur un rythme terriblement soutenu. De l'enfer de flammes crachées par Smaug, à l'intervention finale des Aigles, le texte de Tolkien est ici sublimé à travers chaque image. La quête initiatique se mue lentement en une odyssée tragique, souvent plus touchante encore que Le Seigneur des Anneaux.

 

Le Hobbit : La bataille des cinq armées - Photo*Jouer devant un fond vert et y croire*

 

MON ROYAUME POUR UN CŒUR

C'est que Peter Jackson a entendu les critiques et en a tenu compte. L'implication émotionnelle du spectateur est ici maximale. Dans ce dernier épisode, les alliances se font et se défont, les personnages meurent et trahissent, sauvent et sacrifient. Le tout avec un étonnant mélange de cinéginie et de sobriété, qui ne cesse de surprendre. Ainsi, entre deux poses iconiques de guerriers ravageant des crânes d'orques, on est saisi par la poésie émanant de Gandalf, bourrant sa pipe au milieu du champ de bataille, comme pour mieux narguer la désolation qui l'entoure.

 

PhotoMéchant pas beau

 

Bien sûr, il reste ici et là des scories numériques de mauvais goût (et presque toutes réservées aux scènes de Legolas), tout comme il est évident que Peter Jackson a tronçonné au moins une demie-heure de son film pour sa sortie en salle. Ces éléments pourront gêner, éventuellement diminuer l'expérience. Mais en aucune façon ils n'entravent l'accomplissement de cette fresque grandiose, d'une générosité et d'une furie salvatrices en ces temps de divertissement lyophilisé.

 

Affiche française

Résumé

Le meilleur volet de cette trilogie est aussi un des films les plus intenses et surprenants de son auteur, dont l'ahurissante bataille n'est pas sans rappeler la folle inventivité d'un Braindead.

Autre avis Geoffrey Crété
Un bouquet final sous forme d'orgie numérique éreintante et vite dégoulinante, qui manque cruellement de finesse et précision dans sa construction dramatique. La saturation est là, et la magie a été consumée par un projet et des moyens qui ne se seront jamais bien mariés.
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Lecteurs

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commentaires
Flo
18/02/2020 à 14:29

« Toi qui entre dans l’univers du Hobbit, abandonne tout cynisme! »

Et bien ça y est, ou presque, on referme toutes les boîtes une à une.
Après un début intense mais trop court avec Smaug (10 minutes en gros, frustrant pour ce qui est le seul vilain titanesque crédible du cinéma actuel), on reprend le fil de la thématique dévoilée plus clairement dans le précédent film: faire une version Heroïc Fantasy du "Trésor de la Sierra Madre". Où la soif de l’or aveugle les aventuriers les plus solides en apparence, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un Mal cupide qui (pour Tolkien aussi?) parle de la même voix. D’où Cumberbatch se dédoublant en Smaug et Sauron, ou les tentés perdant la tête sifflant tel des serpents.
Un superbe conte sur le Consumérisme à tout prix, gros fléau majeur de notre époque faut-il bien le rappeler.

Sauf qu’il y a « de la grosse bataille d’épisode finale » à mener à un moment donné. Et si on est bien secoué par le combat du Conseil Blanc qui nous ramène au "Fantômes contre Fantômes" de Peter Jackson (et avec « Dark Galadriel » enfin en action), tout ce qui pourra rester du film pour le spectateur serait une succession non-stop de fight épiques. Quasi rien à redire dessus, le tout étant hyper énergique et bien lisible (parce que montré au public en HFR?).

Si l’on peut se plaindre de montrer du peuple en colère, de l’ajout d’humour burlesque avec le seul Alfrid (aussi outré que dans un "Harry Potter") ou de l’historiette Tauriel/Kili, le tout se fait avec assez de classe british pour ne pas paraître si forcé que ça. On n’est pas chez Michael Bay ici, Jackson ne va pas essayer de vraiment raconter une romance trop à contrario d’un spectacle brassant en priorité le destin de plusieurs populations. Tolkien ne devait pas être non plus à l’aise avec ces histoires féminines, question d’époque, mais ça aurait aussi été étrange que leur condition soient moins importante que les hommes dans ce monde. En l’évoquant en aparté, à peine cela sert-il au futur rapprochement entre elfes et nains, c’est au moins ça.

Quant aux personnages, le paradoxe de Bilbon (qui peut être aussi celui de l’acteur Martin Freeman) reste bien d’être à la fois dans et en dehors de l’intrigue, tel un spectateur. D’une certaine manière, il serait un mélange à la fois de Frodon et de Sam.
Comme Thorïn en serait un de Boromir et Aragorn, même si c’est la première partie qui dominera un peu le plus pour sa perte.
Alors les autres personnages resteront bien moins en mémoire que partie prenante d’un grand tout (qui se souvient à la perfection du nom de chaque nains?), il n’y a pas assez de place pour plus que ce qui est écrit à part une présence graphique forte pour tous, l’inaltérable Gandalf semble le résumer assez bien à Bilbon à la fin.

Maintenant pour ce qui est de la pertinence du choix d’une trilogie très élargie (alors que pour "LOTR", on dira au contraire qu’il n’y en aura toujours pas assez), pensons certainement au fait que le studio Warner/New Line n’aura accepté de financer le tout qu’à cette condition « marketable » car proche en nombre de la première saga, sans ça un condensé aurait pu être de mise. Quitte à ce que le tout n’ait pas l’air équilibré ou trop ménanique pour certains, mais ça ne servira de toute manière à pas grand chose de se plaindre car:

Grâce à ses menus compromis artistiques, le film a une qualité cinématographique d’une ampleur juste et généreuse, ce que beaucoup d’autre productions n’atteignent pas pour des raisons inverses (demandez-vous pourquoi David Fincher n’arrive pas à faire valider des films plus ambitieux à la fois visuellement et scénaristiquement). Il y a du graphiquement beau et de l’épique en grande quantité là, et c’est au moins suffisant à défaut d’être exceptionnel, ce que aucun film de cette saga ne peut atteindre depuis le premier.
La faute à l’absence de surprise maintenant que l’univers est connu, le regain de spectateurs et lecteurs, l’impact culturel énorme et les nombreuses parodies fleurissantes depuis 13 ans etc… Il n’y aura de toute façon plus la même sensation qu’en Décembre 2001 (il y l’impact historique de l’après 11/09).

Et puis surtout ce n’est ici « qu’un film », pas totalement l’histoire de la saga, des choses étant de toute manière rognée pour être le plus fluide possible. La « vraie » version, hors de simple ambition uniquement divertissante, restant les versions longues, qui font de l’ensemble une saga monumentale de plus de 20 heures. Et donc visible au mieux de manière morcelée selon le rythme que l’on veut et en totale liberté.
Comme pour un livre en somme.
La boucle est bouclée.

Pour tout ça, Merci d’avoir tenu le coup Peter, et à très très bientôt.

Green Walker
04/11/2019 à 14:40

Pour voir ce film de manière convenable, sans avoir le mal de mer par une durée de 4h, il vous faut impérativement un écran ayant une fréquence de rafraichissement de 144hz,.

Sinon perso je n'ai pas aimé cette trilogie, qui est un mix entre le sda et l'esprit de del toro qui se marrie mal, puis y'a l'abus des fx, les persos digitaux, le déploiement des armées et leurs manœuvres, legolas qui vole sur les pierres, la pauvreté de l'intrigue au vue de la longeur du film, le fait que les nains dégomment tout façon spectre de la montagne, la longueur, ... Cette trilogie aurait dû être un duo au grand max je pense.
J'ai beaucoup de mal à le voir comme un conte comme ceux qui l'ont aimés dise que c'est filmé ainsi, ... Pour moi c'est plus proche de ces vidéos qu'on retrouve sur youtube qui regroupe les phases de cinématiques et de gameplay narratif qui font 4h.

Opale
04/11/2019 à 13:27

Et paf! Je l'ai encore regardé pour la... je sais plus j'ai arrêté de compter! C'est vrai qu'il y a des fautes de goûts évidentes dans ce film, c'est vrai que ce n'est pas très fin, c'est vrai c'est too much par moments mais l'ensemble a une sacrée gueule tout de même et il y a pas mal de morceaux de bravoures. La version longue gomme quelques manques ou aberration de la version salle.

Madolic
04/11/2019 à 10:07

Un des seuls films où je me suis barré en pleine séance ^^
Cette bataille à coup de boule et avec gros plan sur le visage des nains les cheveux au vent, un vrai clip de Beyonce le truc ^^

Bob
03/11/2019 à 23:54

A voir impérativement en version longue !

tonton@strange-movies
11/01/2015 à 17:58

Une conclusion dantesque et émouvante. Jackson sait conclure ses trilogies de fort belle manière

Sanjy
05/01/2015 à 14:58

En grand Amateur de Peter Jackson, j'attendais ce troisième métrage comme celui qui allait "enfin" nous redonner les frissons d'antant... et même si l'émotion de certains plans est palpable... le constat est quand même foutrement mitigé.
Le premier point que je soulèverai ici ce sont les enjeux du métrage... L'arkhenston et la bataille des cinq armées... j'ai eu l'impression, qu'aucun de ces enjeux n'avaient de réel conclusion... et on en ressort de la salle avec un goût amer en se convainquant que le vrai montage... sera celui de la version longue.
Second point... les personnages.. , ils sont caricaturaux à l'exception de Gandalf et Bilbo... et même si la dramaturgie fait son apparition, on reste spectateur de cette épopée, on ne la vit pas à la grande différence du seigneur des anneaux.
Alors on pourra toujours dire que la matière première n'est pas du tout la même... mais dans ce cas pourquoi l'avoir adapté si c'était pour "râter" tout ce que le seigneur des anneaux 15 ans plutôt avait réussi?

Je reste convaincu que de faire une trilogie a été la plus grosse erreur de ce projet.

Et quand je lis les lignes de votre critique EL... je me demande si j'ai vu le même film que vous...
Je cite :"Avec sa guerre démentielle" ... vous êtes sérieux la ??!! .... La bataille du gouffre de HELM était nettement plus impressionnante...!

Bolderiz
29/12/2014 à 13:39

Revu une deuxième fois, et bien une fois n'est pas coutume, c'est encore mieux en 3D!!

lecteur
28/12/2014 à 03:05

Rien à voir avec le livre. C'est un massacre ! Et une débauche de gris (tout est gris). Je suis dégouté.

Thomastico
26/12/2014 à 00:11

Je viens de voir "le Hobbit : La bataille des 5 armées", et je suis ressortis de la très content. Je dois quand même dire que j'ai dus assez vite laisser tombé le point de vu du puriste que je suis. En effet, après avoir lu le livre plus de 7 fois, il était assez logique de m'attendre a certaines choses, et pas à d'autres.

Le fait que certaines libertés aient été prises, est tout à fait normal, selon moi. Elles sont même légitimes du point de vue qu'il fallait faire le lien entre "Le hobbit" et "le seigneur des anneaux". Il ne s'agit d’ailleurs pas de libertés gratuites. Il n'y a pas de choses dont Tolkien ne parle pas soit dans " le Hobibit" soit dans "le seigneur des anneaux". Le lien avec la première trilogie est donc assurée.

Après, il est vrai qu'il y quelque passe à la "Legolas, The Game" et une histoire d'amour complètement improbable et qui dénature quelque peu certains personnages.

Dans l'ensemble, je pense que ce film est une réussite.

P.S: je comprend pas la comparaison entre ce film et Interstelar...

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