Expendables 3 : critique papy fait de la résistance

Simon Riaux | 1 avril 2021 - MAJ : 02/04/2021 10:02
Simon Riaux | 1 avril 2021 - MAJ : 02/04/2021 10:02

Expendables 3 tient plus du footing gériatrique que du cassage de bouche en règle. Comme ses deux aînés, il débarque sur Amazon le 1er avril. On espérait que Expendables 3 saurait préserver l'âme de ces fiers guerriers des années 80. Manque de pot, le ver Hollywoodien semble avoir tout à fait rongé la pomme, malgré les efforts du réalisateur Patrick Hughes.

JETABLE(S) 3

Après son plastiquement impressionnant Red Hill, le choix de Patrick Hughes pour diriger ce troisième volet des aventures de nos mercenaires préférés semblait loin d'être déconnant. Malheureusement, force est de constater que le metteur en scène n'a pas eu les moyens de ses ambitions, à moins qu'il n'ait récemment souffert d'une ablation des globes oculaires, pratique rare et hasardeuse, souvent handicapante quand on doit raconter quelque chose avec des images. Les Expendables n'ont jamais affiché des budgets somptuaires, le précédent se transformait par endroit en soupe numérique mal réchauffée, mais ce nouvel opus assume désormais totalement sa nature de machin produit à la va vite, espérant gagner le plus possible en misant le moins possible. 

 

photo, Terry CrewsQuand le costumier est daltonien

 

 

Cascades affreuses, rares, scènes d'action filmée n'importe comment, décors allant de l'entrepot abandonné à l'entrepot dépeuplé, en passant par l'entrepôt désamianté, l'ensemble est douloureux à regarder, et ne tente jamais de masquer sa laideur. On trouvera ici et là quelques jolis plans sur la ganache de Sly, toujours plus burinée et monumentale, mais c'est bien peu en regard de la promesse initiale. Fonds verts hideux, effets spéciaux numériques indignes des stars qu'ils sont supposés mettre en valeur, tout concourt ici à ruiner les efforts de Hughes pour sortir les Expendables de l'ornière esthétique du volet précédent.

 

photo, Jason Statham, Wesley SnipesJeux de couteau, jeux de blaireaux

 

L'HEURE DES PROS

Une pauvreté technique que le spectateur serait prêt à accepter si comme d'habitude, les action men assuraient le spectacle. Hélas, à l'exception notable de Sylvester Stallone et Ronda Rousey, l'intégralité du casting est aux fraises. Il est rageant de voir Wesley Snipes quasiment disparaître du film après une trentaine de minutes, Arnold Schwarzenegger et Harrison Ford chercher le chemin des toilettes tandis que le malheureux Jason Statham jette péniblement une paire de couteaux numériques pour nous faire oublier que Antonio Banderas semble militer pour sa propre euthanasie. La partition la plus désolante est sans doute celle de Mel Gibson, qu'on se réjouissait de voir ici camper un vilain très vilain, mais qui se contente de récupérer son chèque, dont on espère qu'il n'aura pas été rédigé par l'auteur de ses répliques.  

 

photo, Mel GibsonBrêle Gibson

 

À leur décharge, le scénario ne comportant que deux scènes d'action d'envergure, rien d'étonnant à ce que ce petit monde se contente d'une ou deux séquences de footing avec mitraillettes dans des décors d'une pauvreté abyssale. Plus rageant encore, la franchise néé du désir nostalique de retrouver une forme du cinéma d'action quasiment disparue, en en réunissant les plus grands artisans, décide de saccager sa propre note d'intention. En faisant la part belle à un casting de jeunes muscles fraîchement amputés du cerveau, le scénario nous flanque de personnages secondaires inutiles et inintéressants, qui occupent bien trop d'espace, comparativement aux géants de l'action old school. un choix absurde, qui voudrait s'attirer les grâces d'un public qui n'a de toute façon que faire du cinéma d'action à l'ancienne 

Enfin, plus encore que la non-direction artistique typique des productions Millenium ou l'usage aberrant de ce casting pléthorique, c'est le manque global d'énergie qui sidère. Jamais une cascade n'impressionne, à aucun moment une réplique ne fait mouche, ni un rebondissement ne nous surprend. La faute à un montage qui alterne entre longues phases de coma et tentatives de dissimuler les manquements techniques, les limites des décors ou la pauvreté des chorégraphies. Des gardes-fous qui interdisent au tempo du film de favoriser le spectacle et achèvent donc de tuer dans l'oeuf l'embryon de divertissement promis par ce troisième chapitre.. 

 

 

 

 

Affiche française

Résumé

Le réalisateur Patrick Hughes a beau ne pas être un manchot, il ne peut compenser une direction artistique paresseuse, un scénario qui piétine les ambitions originelles de la saga et un casting en déroute. 

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Lecteurs

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commentaires
Pat Rick
02/04/2021 à 20:56

Le moins réussi car il perd du temps avec la "jeune équipe", ça reste malgré tout divertissant.

Pierre
02/04/2021 à 01:01

Le film commençai bien, jusqu'au moment où stallone dit qu'il veut une nouvelle équipe... Qu'elle trahison.

Tuk
02/04/2021 à 00:19

Pour les nostalgiques de ce type de films d'actions, ces films sont trés généreux ! Ils aurait pu etre mieux, mais ils ont déja le mérite d'etre là...Et cerise sur le gateaux, avec des casting de dingues !

zetagundam
01/04/2021 à 20:46

Entre la réalisation foireuse et le casting de "Newbies" bons à rien sauf à plomber le film celui-ci, contrairement aux 2ers épisodes, n'est bon que pour la poubelle malgré la présence de Mel Gibson

Papy fait de l' incontinence
29/09/2020 à 16:16

Montage nul.

Scenario nul.

Dialogues nuls.

Scenes d'action magnifiquement nuls.

L'hommage aux action movies des annees 80/90 meritait une mise en scène plus classique et moins hachée. Trop de découpes, du coup on ne peut apprécier les scenes de baston.

Déjà le 2 m'avait saoulé, mais ils ont réussi la performance de faire du 3 un film encore plus mauvais que son prédecesseur. Bravo les papys.

Papy en vadrouille
29/09/2020 à 10:44

à part un Harrison Ford ou un Statham, tous les gros bras ou les gros Bras Vintage, sont chargés en trucs exotiques,
on aurait aime chargé les scenaristes, et donner plus de sous aux infographistes pour un resulat plus convenable

Driss
28/09/2020 à 21:04

Evitez cette daube et regardez plutôt la série Gangs Of London, en particulier l'épisode 5 réalisé par Gareth Evans. De rien ;-)

Rouge carré
28/09/2020 à 20:27

Quel gâchis avec un casting pareil d’écrire une bouse pareille et quelle mauvaise idée de faire de mel Gibson le méchant et pas l’un des membres de l’équipe.
Saga vraiment naze malgré un casting que je rêvais de voir réuni quand j’étais gosse.

Lougnar
29/05/2019 à 10:22

Ratatak : Bien d'accord ! Mais en tout cas ce troisième opus niveaux couleurs et netteté est largement supérieur aux autres !
Le combat final oui est pas super. Surtout qu'ils auraient du mettre Mel Gibson en débardeur afin de voir sa carrure ! A la Blood father (ça lui va trop bien).
J'espère qu'Expendables 4 sera mieux en tout point et part pitié viré les jeunes, Banderas et Ford !!!!

Ratatak
28/05/2019 à 17:20

Le plus dommageable c'est qu'ils aient totalement édulcoré la violence brute des 2 premiers, il y a un vrai gros effort de Hughes dans les cadres et la compo; sans parler de la photographie, avec des effets plus graphiques cela aurait été encore plus fou...

Et le combat final entre Mel Gibson et Sly est totalement raté...

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