Maléfique : critique Jolie-cornes

Geoffrey Crété | 15 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:25
Geoffrey Crété | 15 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:25

C'est d'un œil cynique qu'on observe Angelina Jolie s'envoler dans un tourbillon de CGI pour sa première production Disney, passage obligé des stars soucieuses de leur progéniture. Maléfique marque également les premiers pas de Robert Stromberg, le directeur artistique de l'ignoble Alice au Pays des merveilles de Tim Burton, derrière la caméra. Alors, qu'a-t-il dans le ventre ?

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En 2014, Mickey peut sourire depuis sa tombe : après le triomphe du Monde fantastique d'OzMaléfique confirme, avant Cendrillon de Kenneth Branagh avec Cate Blanchett en 2015, que le catalogue de Disney a encore de beaux jours devant lui. Plus d'un demi-siècle après le classique animé qui a enchanté des générations entières, La Belle au bois dormant effectue ainsi son grand retour, remixé à la sauce moderne.

L'insipide princesse à la pureté désolante retrouve donc sa juste place en arrière-plan, tandis que l'antagoniste, naturellement plus intéressante, se voit offrir le premier rôle. En résulte donc un vaste effort pour construire, nuancer, et au final justifier la personnalité et les actes de Maléfique, gentille fée corrompue jusque dans ses entrailles par la perfidie des hommes.

 

Perfide Angelina

ANGELIQUE...

Arrive alors une relecture bienvenue. Sous son air moralisateur, qui transforme l'une des icônes les plus terrifiantes de nos enfances en victime, Maléfique tend vers une réécriture féministe du conte - du moins, aussi loin qu'une superproduction à 200 millions peut l'être. Enclenchée dans une scène au sous-texte cru, où la fée perd ses ailes à cause de celui qu'elle aime, qui utilise l'équivalent féérique du GHB pour la déflorer, l'intrigue se resserre presque exclusivement sur les personnages féminins. Peu importe que la comédienne Elle Fanning soit d'une fadeur colossale, le film balaye tous les hommes jusqu'au troisième acte, où le fauteur originel est puni et le Prince, rendu impuissant (le baiser).

 

Elle Fanning manque de piquant

  

L'amour d'un homme n'aidera aucune des héroïnes, sauvées dans un twist maternel qui déforme le conte patriarcal. Seul Diaval, le clochard-corbeau, a un vrai rôle, qui débouche presque sur celui du vrai prince lorsque son amour pour Aurore prend forme ; mais même lui n'a pas les armes pour lutter contre les héroïnes d'un film qui se referme sur leur union dans un royaume loin des hommes, accessoires plus que dispensables de leur bonheur (la présence du prince dans la dernière image semble presque aussi irréelle que les troncs d'arbre parlants).

Le choix de la carnassière Angelina Jolie n'est pas anodin : symbole de la castration hollywoodienne, elle dévore la pellicule et rayonne sur le film jusqu'à éclipser tous ses partenaires.

 

 

... MAIS PAS JOLI

Mais le privilège de ce discours sous-terrain se fera au prix de la laideur. Car l'inévitable avalanche d'effets spéciaux démontre surtout un très mauvais goût : si Dieu se cache dans les détails, le diable aussi. En témoigne cette scène où Aurore rencontre plusieurs lucioles bleutées (Robert Stromberg a aussi signé le design d'Avatar, qui lui a valu son premier Oscar) à priori charmantes, qui se révèlent être d'affreuses sirènes volantes en gros plan.

Même chose pour les immondes marraines qui, en plus d'être d'une lourdeur inépuisable, ressemblent aux sœurs de Chucky sous hélium. Sans surprise, Maléfique n'a aucune autre âme que celle de sa star, contrainte à incarner toute la puissance d'une superproduction anémique, sympathique à déguster mais sans aucune saveur raffinée.

 

 

Résumé

Véhicule pour la superstar Angelina Jolie, Maléfique lui doit toute sa force. Pour quiconque survivra à une débauche d'effets spéciaux indigeste, au service d'une réécriture très classique, la maigre mais intéressante consolation d'une lecture moins bête que prévue.

commentaires

Zakari
16/10/2019 à 11:19

Film misandre

Jog
16/10/2019 à 09:45

@Micju

Et donc c'est censé être un commentaire clair ? On est censé savoir ce que ça signifie cette référence de geek ?

Micju
16/10/2019 à 06:34

On dirait la critique de Geek and Gamer et c’est pas un compliment .

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