Oldboy : Critique

Laurent Pécha | 1 janvier 2014
Laurent Pécha | 1 janvier 2014

Si on ne s’étonne plus depuis longtemps de la facilité qu’a la machine hollywoodienne à remaker tout et n’importe quoi (pour ne pas dire plutôt n’importe comment), on est nettement plus surpris de découvrir à la barre de ce Old boy US, Spike Lee. On aurait effectivement compris qu’un yes man s’attelle à la relecture du film choc de Park Chan-Wook, à charge pour lui de capitaliser sur l’aura d’une œuvre emblématique du cinéma du Pays du Matin calme. Mais, tout en perte de vitesse flagrante qu’il est (son dernier film phare, Inside man, remonte à 2006), Spike Lee demeure un auteur, avec qui plus est des intentions artistiques et politiques souvent très marquées. Alors pourquoi ?

Et c’est sûrement de là que vient l’intérêt principal d’Old boy. S’amuser à déceler où se cache le cinéaste de Do the right thing dans un récit qui s’éloigne finalement assez peu du film original, si ce n’est surtout une fin moins choquante que son prédécesseur mais finalement plus logique. S’il y a un aveu d’échec à la fin de la projection et ce malgré la présence du plan signature de Lee (ce fameux travelling flottant sur deux personnages qui discutent), il faut aussi avoir en tête que le montage visible est loin d’être celui qu’approuve le réalisateur, lui qui avait proposé un premier cut de 3 heures.

 

 

En l’état, en cherchant vainement à faire abstraction du modèle coréen (il serait vraiment intéressant pour le coup d’avoir le ressenti de quelqu’un de vierge sur le sujet), on se retrouve devant une œuvre bizarre qui alterne, parfois au sein d’une même scène (voir le plan séquence de la baston, qui n’en est finalement pas tout à fait un), le pas mal et le nettement moins bon. A l’image d’un look visuel bigarré, d’un jeu de comédiens outrancier (hormis la très juste miss Olsen) et de rebondissements abracadabrants que n’aurait pas renié une bonne production Canon des 80’s, Old boy a le mérite de désarçonner quelque peu le spectateur pas certain d’avoir eu le pourquoi du comment quand la lumière de la salle se rallume.

 

 

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