Critique : Âmes de papier (Les)

Sandy Gillet | 24 décembre 2013
Sandy Gillet | 24 décembre 2013

Derrière ce titre un peu énigmatique mais à forte charge poétique se cache un film qui ne traite pas son sujet et qui ne va même pas ou bout de ses ambitions. Un constat un peu triste mais qui n'étonnera personne tant Les âmes de papier symbolise un peu ce cinéma français qui a du mal à aller au-delà de son pitch et de ses bonnes intentions de départ. Un acte manqué coutumier au sein d'un paysage de plus en plus désolant et désolé. Et pourtant, on pouvait espérer du belge Vincent Lannoo quelque chose de plus foutraque voire de plus ambitieux, lui dont la filmo était composée jusqu'ici de docu-fictions parfois drôles et au ton souvent juste.

Point de tout cela ici sinon dans le personnage joué par Pierre Richard qui bien qu'un peu brouillon emporte le morceau face à un Stéphane Guillon qui ne sait faire... que du Guillon. Il faut dire qu'il est peu aidé par cette histoire d'écrivain reconverti dans les oraisons funèbres par volonté d'être au plus près de son épouse morte quelques années plus tôt. L'idée était bonne ceci dit. Guillon traînant sa carcasse déprimée et peu amène. Guillon en marge d'une société dont il finit par ne côtoyer que sa voisine qui pleure son chien dorénavant empaillé et son voisin rescapé des camps de la mort (Pierre Ruchard donc). Guillon qui se découvre le don de ramener les morts, ou plutôt un mort. C'est là que l'histoire se brouille, le film avec. De quelque chose d'un peu suranné on tombe dans du fantastique de pacotille mal maitrisé. Guillon sourit et force un registre romcom qui ne lui va pas. Julie Gayet en face est très fade et le petit garçon qui lui sert de fils aussi. La mise en scène ne fait que passer les plats et claquer les portes tel un mauvais vaudeville.

Ce n'est même pas rageant, ce n'est même plus rageant alors même que l'on a devant nous quelque chose qui tente de sortir de l'ornière léthargique du tout venant de la production actuelle. On lui sera gré au moins de cela. Mais c'est vraiment tout ce que l'on peut faire / dire pour ne pas enfoncer un film qui n'a de toute façon pas besoin de nous pour retomber très rapidement dans les oubliettes de la twilight zone cinématographique.  

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