Evasion : critique avec barreaux

Simon Riaux | 13 novembre 2013
Simon Riaux | 13 novembre 2013

En dépit du bon sens, on avait envie d'y croire. Malgré son réalisateur manchot, sa bande-annonce gentiment craignos et son Schwarzenegger tout cassé, Évasion nous faisait du pied et cela nous plaisait. Nous rêvions de sueur, de castagne dans les douches, de méchants matons, de répliques suintant la testostérone, d'un vrai film de mecs tatoués. Hélas nous nous retrouvons avec un insipide DTV sur les bras.

Que s'est-il donc passé pour que la réunion tant attendue de Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger s'accomplisse en catimini et n'ait pas droit au quart de la promotion de la dernière descente d'organes de Miley Cyrus ? Le temps ma bonne dame. Si on le dit intransigeant avec les comédiennes honorées par la nature, il est bien plus cruel encore avec les gros bras. Car on pourra faire semblant de ne pas s'en offusquer, mais entre les doublures, le montage épileptique et le découpage qui oublie régulièrement de se focaliser sur l'action, il ne reste plus beaucoup de baston. Signe de la modestie physique de l'ensemble, le mixage sonore essaie un peu piteusement de dynamiser les rares tatanes distribuées par nos héros. Reste quelques insultes qui fleurent le mitard, et du babillage d'actionner moyen, pas de quoi nous énerver le palpitant.

 

  

Ce n'est pas non plus le scénario, très bavard et truffé de clichés rances qui rassasiera le spectateur. Si ce dernier n'en attend évidemment pas monts et merveilles, sans doute se sentira-t-il un peu floué par le dénouement ridicule et bas du front qui lui est proposé, quand tous les dialogues lui rabâchent depuis une heure et demie combien les protagonistes sont de géniaux rois de l'évasion. Évasion qui prend donc son temps, ce qui est d'autant plus regrettable que le décor unique du film s'avère d'une pauvreté et d'une neutralité assommantes. Point de travail d'ambiance, de jeux de lumière ou de mise en scène de l'oppression, on ne se croit jamais enfermé au cœur d'une pénitencier. Le plus problématique est sans doute les nombreuses similarités que le lieu entretient avec la prison de Volte Face, sans jamais parvenir à égaler les mémorables vingt minutes emballées il y a plus d'une décennie par John Woo.

 

 

 

Enfin, on se demande bien pourquoi le distributeur du film n'a pas jugé bon de le présenter à la presse. Il semble évident que la décision a été prise de ne pas prendre le risque de voir le métrage s'attirer une volée de bois vert, un choix qui s'apparente in fine à du pur sabotage. Car bien peu de gens auront finalement entendu parler de cette œuvre qui, si elle demeure décevante, pouvait cristalliser et attiser la nostalgie de bons nombres de médias et spectateurs.  

 

 

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commentaires
Glob
02/02/2017 à 00:13

"Je pense pas comme vous donc vous êtes nuls, vous êtes nazes, vous êtes moisis, point"

Thanks bro

olivier
26/12/2014 à 17:35

Bonjour,
je ne suis pas du tout d'accord avec vous, comme d'habitude. Je trouve que ça n'a pas la gueule d'un DTV. De plus, la fin n'est pas ridicule du tout. Ok, c'est pas le dénouement du siècle je vous l'accorde.
Ce n'est pas mal filmé non plus. Oui y a pas beaucoup de baston mais ils essaient de sévader non? Ce n'est pas un film où les héros essaient de liberer un gus en Syrie où là, effectivement, ça aurait castagner sévère.
Et sinon, qu'entendez vous par descente d'organes de Miley Cyrus? Encore un terme que vous ne maitrisez pas manifiestement. Vous pensiez faire une comparaison marrante mais c'est juste risible car vous ne savez pas ce qu'est une descente d'organe.
Bref, je passe sur la "e" en trop ("d'unE pénitencier") pour terminer la critique de votre critique toute moisie.

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