Il était temps : Critique

Perrine Quennesson | 4 novembre 2013 - MAJ : 27/03/2020 14:12
Perrine Quennesson | 4 novembre 2013 - MAJ : 27/03/2020 14:12

On ne le dit sûrement pas assez mais Richard Curtis est un bienfaiteur de l'humanité. Véritable référence en matière de comédies romantiques pour avoir signé les scénarios de 4 mariages et un enterrement ou encore de Coup de foudre à Notting Hill, l'homme n'a, en fait, réalisé que 3 films à ce jour : l'incontournable et instantanément culte Love, Actually, l'hilarant « je veux changer de métier et d'époque depuis que j'ai vu ce film »Good Morning England et Il était temps. Et avec ce dernier, le cinéaste signe et confirme : il est l'un des meilleurs conteurs, si ce n'est le meilleur, de sa génération.

Il est ici question de Tim, grand rouquin gauche de 21 ans, qui découvre le jour de son anniversaire que les hommes de sa famille possède un don étrange : ils peuvent voyager dans le temps. Et que désire un grand jeune homme maladroit à la chevelure de feu ? Trouver l'amour, bien sûr (oui, on se calme, on est chez Curtis, pas dans American Pie).

Avec un pitch qui ressemblerait à un mélange d'Un jour sans fin et d'Hors du temps (d'autant plus qu'il y a Rachel McAdams), Curtis se permet pour la première fois d'approcher le fantastique. Mais contrairement à un Retour vers le futur ou autre L'Effet Papillon, les conséquences, les effets néfastes et le voyage dans le temps lui-même ne sont pas au centre du récit. Il s'agit juste ici d'un gimmick, d'un outil pour finalement raconter une histoire d'amour mais aussi de théoriser sur le temps qui passe.

 

photo, Rachel McAdams

 

Trouver l'amour, si c'est le but premier du personnage, n'est pas une fin en soi pour le film qui va plutôt s'intéresser à l'amour au sens large du terme. Et c'est là que le long-métrage gagne en puissance : quand il ne se contente pas seulement de nous raconter comment un homme va tout faire pour rencontrer le femme de sa vie mais qu'il aborde les limites d'un tel pouvoir et le sujet de la famille. Le personnage de Tim a ainsi le temps de vieillir, de s'apaiser et de grandir afin de changer de perspective sur sa vie. Contrairement à Love, Actually et Good Morning England qui s'intéressaient à un instant T dans la vie de leurs personnages divers et variés, Il était temps apparaît comme, malgré sa touche fantastique, la comédie romantique la plus terre à terre qui soit. Dans le sens qu'elle laisse le temps au personnage de faire ses erreurs, de les modifier, d'apprendre et d'évoluer sur le cours d'une vie.

 

photo, Domhnall Gleeson

 

Mais, attention, il s'agit bien de Richard Curtis dont on parle ici, pas question donc de s'ennuyer sur la théorisation d'une existence et l'inévitabilité du deuil. La présence de personnages secondaires formidables comme Tom Hollander en écrivain acariâtre ou Richard Cordery en oncle particulièrement perché apportent avec les personnages principaux, pas niais pour un sou, leur lot de drôleries, en particulier dans la première heure. Ensuite, l'humour laisse de plus en plus la part belle à l'émotion et à « la morale » où le réalisateur british nous explique qu'il faut savoir apprécier la banalité et savourer les petites joies. 

 

Affiche fr

Résumé

Oui, ce n'est pas particulièrement original, ni révolutionnaire, non ça ne vous apprendra rien sur les grandes vérités de ce monde et ça ne vous fera pas philosopher sur la société mais c'est dit avec une telle intensité et de façon si poignante qu'il vous sera difficile de questionner le résultat. Grosse, très grosse quantité de mouchoirs à prévoir.   

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