Prisoners : critique labyrinthique

Jérémy Ponthieux | 30 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:49
Jérémy Ponthieux | 30 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:49

En 2007 débarquait dans les salles Zodiac, retour au polar signé David Fincher. D'une durée imposante, le long-métrage s'affirmait comme une magistrale enquête sans fin, magnétisant par son rythme singulier et la précision métronomique de ses cadrages. Œuvre majeure de son cinéaste, elle aura entraînée quelques pâles copies dans son sillage jusqu'à ce qu'un certain Denis Villeneuve redistribue aujourd'hui, avec Prisoners, les cartes d'un genre dont on pensait avoir fait le tour.

LOKI DORT

A priori, rien ne semble distinguer Prisoners d'un autre thriller du même genre, avec son crime odieux et son insatiable soif de vengeance. Rien, si ce n'est tout d'abord un script qui dévoile avec malice ses nombreux mystères. L'enquête policière à proprement parler n'est pas d'une invention folle et il n'est pas très difficile d'en saisir les aboutissants. Sa mythologie est d'une cohérence à toute épreuve, mais elle puise sa source dans de nombreux faits divers maintes fois narrés dans les canards à sensations.

 

Jake Gyllenhaal PrisonersJake Gyllenhaal

Sauf qu'en segmentant sa structure en deux, le récit densifie ses effets de surprise et trouve l'équilibre entre le professionnalisme policier et l'adrénaline paternelle. Ses deux facettes agissent d'ailleurs en miroir, puisque du papa Keller au détective Loki s'opère progressivement un rapprochement, étau conduisant à une image finale mémorable. 

 

Photo Hugh JackmanHugh Jackman

POLAR SUR LA VILLENEUVE

Doté d'un double niveau de lecture, Prisoners est aussi un film qui met en balance la morale américaine et ses ramifications, qui la met en jeu dans une situation critique, jusque dans une foi qui sert d'assise désespérée au père de famille. Tout cela sous l'œil d'un canadien de génie, Denis Villeneuve, qui fait réellement de ce long-métrage une œuvre d'envergure. Son audace formelle est celle d'un rythme hypnotisant et doucereux, radiographiant dans de longs plans l'insoutenable tension qui s'y joue.

Ne se laissant jamais prendre dans la pulsation frénétique de son suspens narratif, Denis Villeneuve imprime une atmosphère désespérée qui va à contre-courant du style hollywoodien en vigueur, jusque dans une durée qui excède les deux heures et demie. Enfin, il révèle à la face du monde l'immense talent dramatique de Hugh Jackman, qui ouvre ses tripes en périssant psychologiquement minute après minute comme aucun autre acteur n'en aurait été capable. 

 

Résumé

Littéralement acclamé par William Friedkin himself, Prisoners est bel et bien un long-métrage d'envergure, sorte d'entrée en force de son réalisateur dans le circuit miné de la production hollywoodienne, bousculant le genre si codifié du film policier.

commentaires

alex
31/05/2019 à 13:29

Un film dense et qui a du corps, acteurs au top, réal et rythme maitrisés et prenants c'est vraiment un film qui nous plonge dans son intrigue et c'est devenu rare je trouve. J'aime beaucoup ce réal.

Giuseppe
18/07/2015 à 16:48

de9c19 j aime ,j aime et j aime tant te lire e0 chaque fois c est tes arectlis sont une source intarissable qui m abreuve et je de9guste chaque ligne avec de9lectation et une grande envie de tout remettre en cause .Tu as le Talent, tu as le coeur mais surtout,tu as du courage رانيا تبارك الله عليك

annatar
06/02/2015 à 21:51

Comparé hâtivement à seven ou zodiac du grand fincher , prisoners est en fait beaucoup plus proche de films tel gone baby gone ou mystic river , et l'on pourrait aisément croire qu'il est adapté d'un roman de dennis lehane que ce soit à travers la ville ou se déroule l'histoire ( banlieue de boston),les thèmes abordés ( disparition d'enfants , personnages sombrant dans la violence et perdant pieds peu à peu etc ...) . Doté d'une intrigue prenante et d'un casting de haut vol , avec notamment un jackman sur la corde raide particulièrement convaincant , prisoners, très bien réalisé et magnifiquement photographié , ne souffre que d'un final pas forcément à la hauteur du reste d'un long métrage qui s'avère toutefois être un digne héritier de ses glorieux ainés.

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