Critique : Planes

Nicolas Thys | 28 septembre 2013
Nicolas Thys | 28 septembre 2013

A l'époque du Roi Lion 2 et des suites multiples, nulles et peu onéreuses, Disney avait la décence de ne pas fourguer ses sous-produits "made in DisneyToon studios" en salles. Après une petite vagues d'exceptions, le studio est repris en 2007 par John Lasseter et Ed Catmull qui sont revenus au DTV. Pourquoi n'ont-ils pas continué avec Planes  ? Après tout, ils annoncent la donne dès l'ouverture : "Le Monde de Cars" (les avions remplaçant les voitures). Donc pas Cars, mais un sous-Cars dans un monde vaguement similaire, une fausse suite, un faux spin-off.

Techniquement, c'est banal : aucune audace visuelle, aucune séquence spectaculaire, un travail minimal de recherches sur les mouvements en vol puisque, par un détour scénaristique, le protagoniste vole bas, les autres volent haut donc on les aperçoit à peine, une animation sommaire, fluide et pourtant sans vitalité, un travail minimal sur les textures et le rendu 3D. Tout semble plat, inconsistant et sans nuance. Planes n'est même pas le Disney de l'année : ce sera La Reine des neiges prévu dans quelques mois. A quoi bon sortir cette chose en octobre ?

Conçu par un studio qui ne fait guère que des trucs qui bougent pour gamins en manque de personnages caricaturaux, autrefois fouillés et devenus indigents, ce produit marketing est d'abord destiné à des individus n'ayant jamais vu un seul film et donc peu habitués aux schémas narratifs hollywoodiens, sans surprise ni nuance. Savoir qu'il a été imaginé et écrit par John Lasseter, renvoie directement aux problèmes créatifs de Pixar ces dernières années.

D'aucuns diront que le studio à la lampe est en perte de vitesse depuis le rachat par Disney en 2006, que Lasseter a retourné sa veste pour devenir un commercial. Mais ce qui fait défaut depuis sept ans, c'est Joe Ranft, décédé en 2005 et que Lasseter avait crédité coréalisateur de Cars. Vu les dégâts de Planes et l'implication du big boss, on peut aisément se demander si Pixar ne reposait pas en grande partie sur le génie créatif de Ranft qui a participé, parfois en seconde main, à la fabrique et à l'écriture de tous les Pixar depuis Toy Story, avant cela au Roi Lion et à La Belle et la bête. Après son décès, on a guère eu que Ratatouille et les suites des films que Ranft a pu concevoir ou consolider qui valaient vraiment le coup.

Lasseter étant artistiquement mal en point depuis plusieurs années, affirmer que son studio et lui peinent à se remettre du décès de Ranft n'est pas peu dire. Et, par à-coups, même s'il est une production Disney, Planes en est l'un des symptômes.

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