Diana : critique

Perrine Quennesson | 17 septembre 2013 - MAJ : 18/06/2020 12:58
Perrine Quennesson | 17 septembre 2013 - MAJ : 18/06/2020 12:58

Massacré façon puzzle par la presse britannique qui ne supporte pas vraiment que l'on touche à sa Princesse de cœur, Lady Di, Diana d'Oliver Hirschbiegel est pourtant un biopic soigné et original.

Concentré sur les deux années qui ont précédé le tragique accident du 31 août 1997 au pont de l'Alma, le film raconte la romance tumultueuse de Diana Spencer et Dodi Al-Fayed. Dodi Al-Fayed ? Pas vraiment, et c'est ce que nous apprend ce long métrage basé sur le livre Diana : Son dernier amour de Kate Snell. En effet, suite à son divorce d'avec le Prince Charles, la jeune et belle femme est tombée éperdument amoureuse d'un chirurgien d'origine pakistanaise, Hasnat Khan.

En utilisant cette histoire, Hirschbiegel est surtout intéressé à l'idée de faire le portrait d'une Diana passionnée, folle de son beau médecin. Folle au point de se définir elle-même comme une « mad bitch » (folle furieuse). Car la passion va être dévastatrice pour Lady Di quand le chirurgien, peu enclin à subir la pression médiatique, préfère s'éloigner. Avec une obstination et des techniques dignes des plus grands stratèges, elle va le manipuler afin de le garder près d'elle, jusqu'à le rendre jaloux (enter Dodi, enfin) par presse interposée. Cette séquence d'ailleurs est l'occasion de mettre en scène la relation ambiguë entre l'héroïne des tabloïds et ces derniers : victime de leur acharnement (au point d'en mourir ?) à faire d'elle la star de leur roman-photo, elle savait également jouer d'eux à l'occasion. Une sorte de pacte avec le diable.

 

photo, Naomi Watts

 

Par ailleurs, Diana nous montre une Lady Di amoureuse, presque fleur bleue qui donne parfois au film des teintes de romance à l'eau de rose pas toujours subtile, accumulant les clichés du genre : « je cours dans l'herbe car je suis triste » ou encore « on s'embrasse dégoulinant à cause de la pluie après une violente dispute » sont des exemples de lieux communs que l'on retrouve aussi ici. Mais ces « dérapages » sont aussi justifiés par le fait que ce biopic n'est pas classique : il ne se base pas tant sur des faits (le chirurgien dont il est question dit d'ailleurs que le film est un tissu de mensonges) que sur des on-dit autour d'une romance (réelle) mais secrète. D'ailleurs le film semble prendre une certaine distance avec son sujet en le transformant en soap et en éloignant les personnages réels clés de la vie de Diana : ainsi jamais ne voit-on le Prince de Galles ou Elizabeth II, William et Harry étant à peine esquissés lors d'une séquence.

 

photo, Naveen Andrews, Naomi Watts

 

Mais la grande force de Diana est évidemment son casting avec une Naomi Watts impressionnante, d'abord par sa ressemblance physique, mais aussi par sa justesse et sa délicatesse à ne jamais trop en faire. L'autre surprise vient de Naveen Andrews qui 20 kg après Lost fait son retour dans ce biopic où il crève l'écran en Hasnat Khan, homme tiraillé entre l'amour et la raison, séduisant et mature.

Et grâce à ce casting et à la mise en scène inspirée d'Oliver Hirschbiegel, Diana ne tombe finalement jamais trop du mauvais côté de la ligne du biopic romanesque mais parvient à distiller un étrange suspens qui tient le spectateur en haleine. On se surprend alors, nous aussi, à laisser notre esprit vagabonder sur ce qu'aurait pu être la vie de Lady Di. 

 

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