Critique : Afterschool Midnighters

Nicolas Thys | 7 juillet 2013
Nicolas Thys | 7 juillet 2013

On est devant After school midnighters comme devant un OVNI ou devant une boite de pizza qui marche en comptant jusqu'à 27 avant de se casser la figure. En fait, on est un peu perdu, vaguement perplexe mais comme tout ce qui est absurde est amusant, on rit bêtement pendant une bonne heure et demi. Parce que ce bidule plein d'images qui bougent que nous propose Hitoshi Takekiyo ne ressemble à rien, voire doublement à rien.

Le premier rien c'est parce qu'il est à l'opposé du reste de la production animée japonaise (voire mondiale). Dans les longs, on connait les styles Ghibli et Oshii, qui dominent et que les autres s'acharnent à rattraper, en vain. Dans les courts, on navigue entre le dernier rouleau d'Otomo, les dessins de Koji Yamamura ou les cubes peints de Kunio Kato. Et ici, on est ailleurs. Le film est fait dans une espèce de 3D bâclée, comme si elle n'avait pas été terminée, à l'image de la figure d'écorché, héros malencontreux de cette farce bordélique. Les personnages sont laids, informes, de simples esquisses et le monde qui les entoure n'est guère mieux. A croire que les ordinateurs ont été désertés un peu trop longtemps par les soi-disant humains qui étaient censés finir ce truc.

Que faisaient donc les animateurs ? Les paris sont ouverts, mais les chances sont grandes qu'ils étaient en train de fumer tout ce qu'ils pouvaient trouver, surtout des peluches Hello Kitty, afin d'écrire (hum...) le scénario (blague du siècle) de cette chose étrange !

(Ou ils venaient de découvrir nanarland.com et ils se sont promis d'y figurer un jour. Après tout, leur base de données manque de films d'animation.)

En tout cas, c'est réussi ! Parce que le deuxième rien, c'est bien celui de l'histoire. Elle semble avoir été improvisée d'un bout à l'autre, d'où peut-être l'idée de ne pas terminer les personnages au cas où il faudrait les recommencer ? Pour décrire tout ça, on est bien en peine : l'ambiance est ultra kitsch, les couleurs sans nuance et flashy, du gothico-kawaï puissance mille qui aurait tellement dégouliné de partout qu'il aurait fini par absorber Emily the strange, les Totally spies et Alfred Jarry.

Parce que oui, quand trois gamines entre 5 et 8 ans, qui sont les clichés absolus de la gaminerie, de la geek attitude et de la peste prétentieuse, participent à minuit, à un concours organisé dans leur école par le squelette et l'écorché de la salle de bio sur le point de se faire démolir, rien ne peut vraiment tourner rond. Et les deux cadavres exquis vont tout faire pour encourager ou tuer les trois mioches insupportables à l'aide de démons, d'extra-terrestres, de machines à voyager dans le temps, et de gadgets tellement bizarres qu'on se demande si Mary Poppins n'est pas passée enseigner dans le coin en oubliant son sac.

Alors, oui c'est drôle, non il n'y a aucun second degré, c'est de l'humour pipi caca pour les moins de 3 ans, et oui, la réussite de l'animation est clairement dans son (pseudo)ratage absolu comme celle du scénario dans son non-sens total. After School Midnighters c'est très sombre, tout mignon et plein de bons sentiments à en faire pleurer de joie les Télétubbies et Véronique Courjault. D'ailleurs, si l'éducation nationale nous lit : il faut rendre ce film obligatoire en maternelle ! Nous, on a perdu le reste de nos neurones mais c'était chouette :)

Résumé

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