Critique : Patema et le monde inversé

Nicolas Thys | 7 juillet 2013
Nicolas Thys | 7 juillet 2013

Parmi la multitude de films d'animation japonais qui nous arrivent mois après mois sans fléchir et souvent de piètre qualité, le dernier en date étant l'horrible et horripilant One piece Z qui donne non pas envie d'ouvrir le manga mais de dévorer l'écran et le projecteur des salles où il est diffusé pour en être débarrassé, Patema inverted fait figure de haut de gamme. Rien d'extraordinaire à se mettre sous la dent mais une idée intéressante, ce qui n'est déjà pas si mal, une réalisation plutôt soignée même si certains artifices tournent en rond et des personnages sympathiques (même si les spectateurs d'Upside down de Juan Solanas auront l'impression de les avoir déjà croisés avec une quinzaine d'années de plus).

Une jeune fille vit dans un monde souterrain et se retrouve projetée dans celui du dehors. Problème : pour elle, la gravité est inversée, le ciel est comme un immense précipice et il lui inspire une peur terrible. Heureusement, elle est sauvée par un adolescent qui a les pieds sur terre alors qu'il rêve d'atteindre les étoiles, et qui va s'attacher à elle. L'histoire, romantico-naïve, est assez tordue et n'évite aucunement les pièges liés aux lois physiques, mais elle reste suffisamment bien agencée pour qui ne se posera pas trop de questions.

L'ensemble est rythmé et l'animation efficace, fluide et sans réel défaut majeur malgré une exécution qu'on suppose trop rapide dans certaines scènes en plan large. Décors et couleurs sont maîtrisés et ce produit est meilleur que les standards télé et DTV bien qu'il reste loin de l'harmonie et de la prouesse technique des Ghibli. Mais si le réalisateur, Yasuhiro Yoshiura, s'amuse c'est dans la mise en scène des espaces renversés et c'est là que réside l'essentiel. Alors que le film nous perd peu à peu dans un récit parfois complexe, le cinéaste aime à nous projeter dans des effets de renversements sidérants et impeccables. Il en use comme un enfant surdoué d'un jouet, ce qui est à la fois jouissif et frustrant. A force d'expérimenter, il finit par ne plus calculer ses effets et en fait un peu trop. On ne lui en tiendra toutefois pas trop rigueur tant il parvient à modifier les perspectives et donner le vertige à la sortie des salles quand on lève les yeux au ciel. Rien que pour ça, Patema inverted mérite le détour.

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