Broken City : Critique

Patrick Antona | 26 juin 2013
Patrick Antona | 26 juin 2013

Auteur de classiques du genre policier à connotations sociales et raciales des 90's comme Menace II Society et Dead Presidents, Allen Hughes (sans son frère Albert)  s'attaque cette fois-ci, avec Broken City, à une peinture de la corruption urbaine qui fleure bon le revival d'un certain cinéma à charge tel qu'il fleurissait dans les années 70. Mais, malgré des prémices plus qu'engageants, avec une scène digne d'un film de vigilante, et un casting trois étoiles dominé par le duo Mark Wahlberg/Russell Crowe, la sauce ne prend pas et on finit par s'ennuyer au fil de la morne enquête qui s'en suit.

 

 

 

A partir d'un scénario bien bateau -  un ex-flic (Wahlberg efficace dans la sobriété)  espionne la femme infidèle (Catherine Zeta-Jones) de son ancien ami et actuel maire sulfureux de New-York (Russell Crowe), et se retrouve embarquer dans un complot dont les éléments sont bien vite éventés - Allen Hughes assure le service minimum. Entre des caractères qui évoluent sur plusieurs années sans changer physiquement d'un iota, des ficelles scénaristiques bien grosses (ah ces papiers compromettants que l'on retrouve dans la poubelle), des dialogues confondants de naïveté et une facilité dans la manière où le héros s'insinue dans l'arène politique de la plus grande cité du monde, Broken City finit par susciter plus de lassitude que de frissons.

 

 

 

On est bien loin de l'ambiance délétère et sexuée du Jade de Friedkin (la face hyper-botoxée de Catherine Zeta-Jones suscitant d'ailleurs plus le malaise que l'envie) ou du punch du Prince de New York de Sidney Lumet. Hughes semble vouloir se concentrer  sur ses cadres bien soignés et s'évertuer à restituer avec sens une ambiance urbaine mélancolique qui ne fait pas toc. Mais à part quelques rares séquences bien singulières (une séance de cul porno-chic, un duel politique télévisé), tout s'avère bien laborieux, avec un suspense proche de l'encéphalogramme plat.

 

Résumé

Au final, cette tentative de raviver le thriller sur fond de corruption politique ne convainc absolument pas, et nous fait bien regretter le temps où les Hughes Brothers ruaient dans les brancards et accouchaient de sacrés brulôts.

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