Critique : Oh boy

Matthieu Leniau | 11 juin 2013
Matthieu Leniau | 11 juin 2013

Plébiscité dans son pays d'origine, l'Allemagne, où il a remporté 6 Lola (l'équivalent de nos César) dont celui du meilleur film, Oh boy confirme la réputation qui le précédait. C'est un film léger, un bout de vie au coeur du quotidien de Niko Fisher, jeune berlinois paumé et rêveur. Mais avant tout, c’est une course au café qu’il n’aura jamais, comme pour nous montrer que cette histoire n’a ni début ni fin, sinon une continuité ornée de rencontres délicieuses.

Exorcisé des considérations existentielles, qui font du quotidien une succession de contraintes préétablies, Niko vit chaque moment avec spontanéité, agit avec cette nonchalance stupide pour certains, jalousée par d’autres. Dans le rôle du jeune garçon, Tom Schilling signe une performance frivole tout en retenue, pour 1h28 de balade sans prise de tête. Ces 24 heures extraordinaires auxquelles nous assistons, animées par une fatalité sans nom, sont une succession de sketchs mêlant humour et désillusion, qui transforment le moindre fait et geste du personnage en calamité, dont le ridicule ne peut qu’amuser le regard détaché du spectateur.

Grâce à un scénario modeste et fluide, chargé de dialogues incertains mais pleins de vie, le film allie finesse et pince-sans-rire, pour aboutir à un résultat des plus captivants. La mise en scène joue, au fil des mésaventures, la carte de l’effacement, au profit de l’émotion vraie et juste, sans abus. A l'image d'un noir et blanc, qui vient confirmer l’aspiration poétique de l’oeuvre et une bande originale aux airs jazzy particulièrement mélancolique.

Avec Oh boy, l’allemand Jan Ole Gerster n'a pas volé ses multiples récompenses et avec ce film réussi et prometteur, il imprime durablement nos rétines, au point d'attendre son prochain long avec un réel enthousiasme.

Résumé

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire