Critique : Blind detective

Vincent Julé | 20 mai 2013
Vincent Julé | 20 mai 2013
Tout juste auréolé du Grand Prix au Festival du film policier de Beaune pour Drug War, Johnnie To est déjà de retour à Cannes avec Blind Detective. Se prendrait-il pour Takashi Miike ? En mode stakhanoviste et automatique ? Si comme son titre l'indique, il est question d'un détective aveugle, ce nouveau film lorgne moins du côté polar made in HK, dont il est l'un des maîtres, que de sa veine comédie romantique, moins connue chez nous. D'ailleurs, le film n'aurait pas dû s'appeler Blind Detective, featuring Andy Lau, mais plutôt Crazy Detective avec Sammi Cheng. Car la révélation, c'est elle.

Lui est un détective très doué contraint à l'abandon après être devenu aveugle, mais qui continue de gagner sa vie en résolvant des affaires non élucidées pour la police. Sa méthode est de se mettre à la place du tueur, à la manière du personnage de Hugh Dancy dans la nouvelle série Hannibal avec Mads Mikkelsen. Elle est une jeune détective prometteuse, énergique, entière, qui porte un sentiment de culpabilité depuis la disparition de son amie d'enfance. Elle et lui... leur rencontre tient presque de l'accident, frontale, physique, dans la douleur. Il n'y aura pas de valse hésitation entre eux, plutôt des cris, des coups, des marques. Cette lutte des forces est au coeur du film, le polar contaminant la romance et inversement.

Ce romantisme de plus en plus exacerbé et violent s'incarne à l'écran par l'actrice Sammi Cheng, gamine de 40 ans, qui relègue Andy Lau au rang de sidekick et qui porte le film pendant ses 2h10, jusqu'à la folie, l'hystérie et une certaine saturation. Mais même s'il saigne des yeux et des oreilles à la fin, le spectateur ne peut s'empêcher de (leur) décrocher un sourire complice.

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