Star Trek Into Darkness : critique des étoiles

Sandy Gillet | 13 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:53
Sandy Gillet | 13 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:53

Respecter la mémoire d'une institution et de ses adorateurs n'était pas la première préoccupation de J.J. Abrams avec Star Trek. Into darkness poursuit dans  cette voix pour parfaire la recette équilibrée du reboot, et s'arroger une aura et un statut difficilement contestables.

LA CHEVRE ET LE FOU

Tout d'abord en confirmant un sentiment déjà bien réel avec le désir du film précédent, réconcilier novices et geeks. J.J. Abrams pousse d'ailleurs le bouchon plus loin ici puisque en faisant appel à un des « méchants » les plus charismatiques et légendaires de la série), il s'évertue à ne pas laisser sur le carreau celui que l'univers Star Trek a toujours laissé de marbre, lui apportant sur un plateau tout un pan de mythologie qui pouvait lui paraître lointaine. Une sorte de Ying et de Yang qui sur le papier pouvait paraître casse gueule mais qui à l'image prend une ampleur ludique, logique et finalement remarquable.

 

photo, Zachary QuintoSpock vit sa meilleure vie

 

Une réussite rendue possible et évidente grâce entre autre à la mise en scène de plus en plus fluide, ample, parfois certes emphatique, d'un cinéaste qui s'affirme de film en film comme l'antithèse d'un système hollywoodien actuel dont le fer de lance n'est autre que Christopher Nolan. Un filmage qui ne sacrifie en rien au spectaculaire qui fait sens sans pour autant jamais se laisser aller à sursignifier le message intellectuel et politique (nauséeux au demeurant car ultra rétrograde et conservateur) sous-jacent de chaque plan.

 

STAR TREK RISES

En d'autres termes, l'homme se fait plaisir en prenant le temps « d'installer » l'action par des cadres qui respirent le bonheur de ne pas être sur-découpés par un montage à l'emporte pièce. Ceux-ci paraissent d'ailleurs plus organiques que la moyenne. Entendre par là que les fonds vert/bleu se font discrets pour laisser place à de vrais décors à l'ancienne où les acteurs sont sans conteste plus à l'aise pour développer leur jeu et l'appropriation de l'espace scénique. À ce titre la séquence d'intro « bondienne » en diable illustre bien cette volonté de nous plonger sans artifice superflu au cœur de l'action la plus efficace.

 

Photo Zoe Saldana, Chris Pine"On s'est quand même un peu fait niquer sur les costumes"

  

Pour autant, ce deuxième volet est moins spectaculaire. Les grincheux regretteront en effet la séquence qui tue comme dans le précédent opus. Certainement là aussi une volonté du réalisateur qui ne tient pas à faire dans la surenchère tout en ne se privant pas de disséminer de nombreux points chauds tout du long maîtrisant ainsi à la perfection un rythme jamais lassant ou redondant sur plus de deux heures presque et demi que dure le métrage.

L'autre point remarquable est la propension de l'histoire à continuer à creuser ses personnages dont on a pourtant appris à quelque peu connaître les backgrounds lors du premier film. Ce que peu de franchises et autres blockbusters à multiples « sequels » s'attardent de faire aujourd'hui appauvrissant de fait l'intérêt intrinsèque de l'entreprise (sans jeu de mot aucun).

 

photo, Benedict CumberbatchLa bénédiction de Benedict

 

Star Trek into darkness s'approprie cette nécessité scénaristique avec bonheur. Le spectateur, qu'il soit l'auteur d'un mémoire sur la société vulcaine ou le simple quidam entré dans la salle à la recherche d'un spectacle divertissant, est alors tout simplement au taquet. Ce qui était inutilement dilaté et on ne peut plus roublard sur la série phénomène Lost est donc ici beaucoup mieux maîtrisé et mis en valeur prouvant donc s'il en était encore besoin que le bonhomme derrière la caméra a lui aussi évolué devenant à chaque fois un peu plus l'une des rares icônes pop du Hollywood d'aujourd'hui. À charge pour lui maintenant de passer le palier des remakes, hommages, reboots et autres recyclages pour construire une filmographie non pas uniquement en creux mais en propre.

 

Affiche française

Résumé

Avec panache et malice, J.J. Abrams prolonge et approfondit la réussite du précédent film.

Lecteurs

(2.9)

Votre note ?

commentaires

KastorSuper
14/04/2020 à 11:52

JJ Abrams a fait un travail exceptionnel sur ces deux Star Trek! Le second est toutefois un peu moins frais et enthousiasmant que le premier qui est vraiment le top

Sanchez
14/04/2020 à 00:49

Un travail d’orfèvre . Merci JJ d’avoir redonner du souffle et de l’âme aux blockbusters hollywoodien

Flash
13/04/2020 à 20:54

De tous les Star trek que j'ai vu, c'est sans doute le meilleur, avec «la revanche de Khan»

Gregdevil
13/04/2020 à 20:03

Je suis pas fan de Star Trek, je ne jugerai qu'en simple casu, j'ai juste vu les derniers, et j'ai été agréablement surpris par les films de JJ. Celui la surtout. Le 3 par contre été très chiant.

votre commentaire