Critique : Amour et turbulences

Laurent Pécha | 3 avril 2013
Laurent Pécha | 3 avril 2013

La bataille de la meilleure comédie romantique française de l'année ne fait que commencer. Alors qu'il y a encore peu, une poignée de jours, Sandy écrivait dans sa critique de 20 ans d'écart que nous n'avions pas vu de meilleure comédie romantique depuis L'Arnacoeur, le même refrain trotte dans un coin de la tête de l'auteur de ces lignes à la sortie de... Amour & turbulences. Quoi, la France serait-elle enfin en train d'imposer sa patte à un genre longtemps chasse gardée de nos amis américains ? Qui plus est, pour le coup, avec Nicolas Bedos et Ludivine Sagnier dans le rôle du couple qui s'aimait, ne s'aime plus mais finalement va s'aimer. Une sacré gageure, on en convient mais, si, si, il faut nous croire - on serait presque  prêt à vous rembourser si on se plante - tant le premier film (cinéma) d'Alexandre Castagnetti offre un festival d'inventivités visuelles quasi inédites à notre niveau de production hexagonale.

On le sait depuis longtemps : dans l'univers très codifié de la comédie romantique, le suspense est rarement de mise. On sait tous (ou presque) comment tout ceci va finir. L'important, c'est le voyage entre et pour le coup, Amour & turbulences multiplie les trouvailles pour le rendre le plus attrayant possible. D'une unité de lieu que l'on craignait terriblement théâtrale - un ancien couple se retrouve coincé côte à côte dans un vol New York-Paris avec un des deux bien décidé à tenter la reconquête -, va naître un récit incroyablement cinématographique. Faisant de la transition visuelle son cheval de bataille, Castagnetti nous régale de retours incessants dans le passé du couple avec une sophistication réjouissante. De plans séquences ludiques en changements narratifs incessants et excitants - la même scène racontée par tel ou tel moitié du couple diffère terriblement -, Amour & turbulences décline, avec une rare élégance, l'éternelle histoire du couple qui se brise alors qu'ils avaient tout pour... Et nous de prendre fait et cause pour l'un ou l'autre (selon notre sexe) sans que pour autant le film ne se décide à prendre partie (quoique...).

Et pour rendre la joute amoureuse aussi savoureuse, le réalisateur s'appuie sur un duo de comédiens matchant à la perfection : Nicolas Bedos, parfaitement irritant en séducteur invétéré mais pourtant étonnamment touchant quand il laisse son cœur prendre le contrôle de son cerveau et Ludivine Sagnier, adorable étourdie, féministe convaincue par une mère envahissante, et pourtant prête à vivre le grand amour. Ces deux là, bien épaulés par une galerie de seconds rôles judicieusement envahissants quand il le faut (le meilleur pote loser, la mère castratrice, le chef de cabine complice,...) sont bien l'arme de choix d'un réalisateur extrêmement doué pour toucher le cœur de midinette qui sommeille en nous. Et de le faire en n'oubliant jamais que tout ceci doit rimer avec cinéma, propulse Amour & turbulences à des hauteurs rarement vues, jusqu'ici, dans notre pays.

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