Le Monde fantastique d'Oz : critique magique

Laurent Pécha | 11 mars 2013 - MAJ : 24/08/2019 15:58
Laurent Pécha | 11 mars 2013 - MAJ : 24/08/2019 15:58

Sam Raimi a exploré des univers très différents, d'Evil Dead à Spider-Man en passant par Un plan simple et Mort ou vif. Le voilà aux commandes d'une superproduction Disney, prequel du film culte Le Magicien d'Oz de Victor FlemingJames Franco est le héros face à Mila KunisMichelle Williams et Rachel Weisz, et c'est l'occasion pour le cinéaste de déclarer son amour, encore une fois, au septième art.

Après avoir abandonné (d'un commun accord avec le studio selon ses dires) la franchise Spider-man et être reparti vers le cinéma qui lui permit de se faire un nom (Jusqu'en enfer), Sam Raimi fait un sacré virage d'univers en débarquant sur Oz. L'homme de la trilogie Evil Dead, se lance dans une préquelle du célèbre Magicien d'Oz et le fan de la première heure de se demander si son cinéaste tant adoré n'a pas totalement abdiqué face à la machine hollywoodienne. L'ombre de Tim Burton et son Alice au pays des merveilles plane dangereusement sur ce projet à l'instar d'une bande-annonce faisant bien craindre une avalanche de guimauve dans un monde de CGI aux couleurs criardes et dégoulinantes.  Pourtant, comme les héros du film n'ont de cesse de le répéter, il suffisait d'y croire. Avec une candeur et une foi absolue dans son art, Sam Raimi réussit presque l'impossible pour imposer son Monde fantastique de Oz comme un classique instantané.

 

James Franco et Mila Kunis

  

Pour ce faire, l'artiste se met à nu comme jamais auparavant en faisant de cette étourdissante aventure spectaculaire au pays magique d'Oz, une quasi métaphore de son parcours personnel. Ce magicien roublard, usurpateur qu'interprète avec une malice de tous les instants James Franco, c'est bien évidemment Raimi en personne (lui qui fut magicien avant de passer à la mise en scène) et le parcours qu'Oz va devoir effectuer pour sauver son pays d'accueil du joug des vilaines sorcières est également celui que Raimi a dû effectuer pour parvenir à signer ce gros blockbuster disneyien. Il y a bien là une grille de lecture réjouissante pour qui ne tomberait pas instantanément sous le charme du conte et de ses multiples rebondissements, sources de séquences d'action de haute volée qu'une 3D phénoménale ne rend que plus immersif (enfin de la projection à gogo prouvant à quel point Raimi est né pour filmer dans ce format).

 

Michelle Williams

 

Tour à tour, hommage habile au classique de Victor Flemming - la transition avec Le Magicien d'Oz est subtilement amenée -, citations jouissives des œuvres de son auteur - la naissance de la sorcière réjouira les fans d'Evil Dead et Spider-man -, démonstration technique impressionnante mais constamment au service du récit, Le Monde fantastique de Oz et sa pléiade de comédiens excellents - à commencer par nos trois sorcières, toutes plus cinégéniques les unes que les autres - constitue déjà en soi un divertissement de qualité supérieure. Le génie de Raimi est d'être parvenu à l'amener à des sommets vertigineux avec un deus ex machina en forme de bouleversant hommage au 7 ème art. Rarement un cinéaste n'aura illustré de manière aussi belle le pouvoir d'attraction immuable du cinéma sur les spectateurs. Alors, oui, il suffit d'y croire mais avec Sam Raimi, croire devient une évidence.

 

 

 

Résumé

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