Critique : Nous avons gagné ce soir

Marion Justinien | 1 juin 2013
Marion Justinien | 1 juin 2013

Nous avons gagné ce soir est l'un des meilleurs films de Robert Wise, une approche réaliste du monde de la boxe et de ses coulisses, qui s'appuie sur le scénario très documenté d'Art Cohn, journaliste sportif et fan de boxe. Le futur réalisateur de West Side Story et La mélodie du bonheur délivre une fiction courte (70 minutes), montée en temps réel. Ses talents de monteur, notamment auprès d'Orson Welles (il fut le monteur de Citizen Kane) l'aident à construire une mise en scène fluide et dynamique où la caméra à l'épaule entraîne le spectateur au cœur du ring. Cette mise en images restera d'ailleurs une référence, inspirant nombre de cinéastes, dont un certain Scorsese pour Raging bull

Les séquences d'avant-combat sont pleines de sens. Les coulisses, où se préparent les combattants, sont une antichambre stressante. Les boxeurs y défilent les uns après les autres. Naïf, jeune, croyant... toutes les formes d'espoir sont portées par l'envie de gagner et de devenir le « champion ». Mais la loi du ring, cruelle, est reine en son palais. La corruption gangrène le monde de la boxe. Les combats sont truqués, et les boxeurs subissent un système dans lequel les managers règnent en maitre. Et Wise de réussir sa métaphore du rêve américain, où les allures les plus frêles, les plus cabossées ont leur chance. Mais toujours avec un prix à payer. 

Le dernier plan révèle ainsi tout le message du film. Deux enseignes lumineuses se tiennent côte à côte « Paradise park » (dirigée vers la salle de combat) et « Dreamland ». Cette dernière est accompagnée d'une flèche pointée en direction de Ryan, allongé sur le trottoir, brisé. Verdict : les rêves coûtent chers !


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